Yerouchalmi

Sionisme et Tradition
Accueil/Index/Questions
JUDAISME RELIGIEUX ?
Chrétiens & Juifs
De VICHY à GAZA !
Israël As du High-Tech
JUIFS du TOP50 de FRANCE
TOUT sur WIKIPEDIA
Israël le plus haï !
Le MOSSAD raconte ENTEBBE
Le NEVEU JUIF de GOERING
BESANCENOT HAMAS/ANTIJUIF
NEW Yerouchalmi 159
Tout sur Israël/Iran
Céline & les Juifs/Scoops
TOP SONGS adaptées en VF
Levinas pour vous tous
Sarkozy/CIA/Juifs/Corses
50 Juifs les + Puissants
Prière & Homme moderne
Les Juifs & l'Islam
HUMOUR JUIF suite
Best Of Vidéos 2010
Parentés/Hébreu-Francais
AZNAVOUR CHANTE ISRAEL
JESUS dans le TALMUD
Hébreu/Ydish lieux d'exil
GivatTakhmoshet/français

25 septembre 2008   -  YEROUCHALMI® N°61  -  25 Ellul 5768


POUR ISRAEL ET LA TRADITION, ENCORE TOUS ENSEMBLE EN 5769

Téléchargez
le PDF en cliquant sur
PDF N° 61  

AU SOMMAIRE DU YEROUCHALMI  ® N°61

1. Jésus dans le Talmud
Félix Perez, auteur de « Origines juives des fêtes chrétiennes »,
et point de vue inédit du
Rav Steinsaltz au Yerouchalmi.

2. Secrets talmudiques pour la réussite du couple 
adapté de notre ami, le Rav Yossef Ben-Shoushan

3. Qui sont donc nos amis les Druzes ?  par www.yerouchalmi.com
4. Sarah et Agar : Roch Hachana, une leçon de vivre ensemble
5. La paix à tout prix, une recette suicidaire !
6. En Cadeau à nos membres :
100 tableaux d'art juif XXème siècle sur air de Kol Nidré
En cliquant sur    Diaporama Kol-Nidré /Art Juif

 ==============================
1. Jésus dans le Talmud
Félix Perez, auteur de « Origines juives des fêtes chrétiennes »
et point de vue inédit du
Rav Steinsaltz au Yerouchalmi.

Les références talmudiques à Jésus ont été censurées (ou auto censurées) au Moyen Age et assez peu réintroduites depuis. Jésus y apparaît comme un juif pharisien très proche de la Loi juive, le contexte des Evangiles y est tantôt confirmé tantôt contredit,…
          Enfin, voici une occasion unique pour nos adhérents de faire un point exclusif sur la vision de Jésus dans le Talmud, avec une analyse inédite et récente livrée par Rav Steinsaltz au Yerouchalmi et des notes de notre ami Avraham Malthete sur les éditions concernées du Talmud.

Dates de vie de Jésus ?
   Le consensus chrétien situe sa naissance vers -5/-7 et sa mort vers 30/33, à l’âge de 35/40 ans. Décès situé par les Evangiles a) sous Hérode (qui meurt en– 4) ; b) pendant que Paul a étudié à l’âge de 20 ans avec Rabbi Gamliel l’ancien (petit fils de Hillel) mort en 50. Les écrits juifs situent la vie de deux personnages ‘Jésus’ :
  • l’un vers -200 (version reprise par Nahmanide) mais qui est mort à Lod et non à Jérusalem
  • l’autre vers -100 (texte du Talmud qui en fait l’élève de Ben Perakhia)
   Certains pensent que les chrétiens auraient tenu à rapprocher la mort de Jésus de la destruction du Temple afin de renforcer son « messianisme prophétique » ; d’autres pensent que ces sources ne se réfèrent pas au Jésus chrétien.

La généalogie de Jésus
   Pour les Evangiles, Joseph n’est pas le père de Jésus. Le Talmud fait de Jésus le fils adultérin :
  • de Myriam (hébreu de Marie) Magdalena (hébreu : la ‘noueuse de tresse’ ou la ‘coiffeuse’),
  • ou de Myriam Stadta (hébreu : l’infidèle), femme de Papos, mari si jaloux, qu’elle l’a trompé 
  • et de Pantera, légionnaire romain dont le nom pourrait être un clin d’œil du Talmud relatif à la 'virginité' de Marie : ‘Pantera’ serait ainsi l’anagramme du grec ‘Partena’, Partenos ou ‘vierge’
  • Jésus serait aussi le jeune homme iconoclaste dont le Midrach cite l’attachement à deux d. ieux, et auquel Rabbi Akiba ferait référence en allusion à ses attitudes et à son statut social dégradé de ‘mamzer’ (fruit d’une infidélité).

La vie de Jésus 
Comme pour les Evangiles, le Talmud mentionne que : a) Jésus est proche des pharisiens, disciple de Ben Perakhia ; b) avec ce dernier, il fuit en Egypte.  
Cependant son comportement « léger », attaché notamment au  physique de l’aubergiste qui les accueille, entraîne la rupture de Jésus avec le Rav, malgré ses tentatives d’accomodement. La dureté de Ben Perakhia sera durement réprouvée par le Talmud qui en fait une source possible des malheurs du peuple juif : que n’aurait-il gardé Jésus à ses côtés, évitant la naissance de l’Eglise...

Le judaïsme de Jésus    
   Les Evangiles décrivent un Jésus qui « n’est pas venu changer un iota à la Loi juive ». Ses discussions sur le frottement des épis de blé le Chabat, pour nourrir des disciples affamés concernent des cas limite de la Loi et non des transgressions évidentes.
   Le Rachbats (Ben Semah Duran, 14ème siècle à Alger) souligne que Jésus est même plus strict que la Loi sur : le divorce qu’il interdit, le regard sur la femme mariée qu’il traite comme l’adultère, ou l’insulte qu’il punit de mort. Il en voit confirmation dans l’observance toranique des premiers judéo-chrétiens et dans leurs discussions limitées aux exigences à imposer aux convertis non juifs. Plutôt que pour les écarts de Jésus avec la Loi, le Rav attribue sa condamnation à ses prétentions messianiques et à sa « proximité » à D. ieu.

La crucifixion
  •  Le Talmud mentionne bien la pendaison du corps mort sur un bois, à la manière des romains de l’époque. Selon Sanhédrin 67a, Jésus a été crucifié la veille de la fête de Pessah. Cette version n’est conforme qu’avec l’Evangile de Jean, alors que les 3 autres évangélistes mentionnent une crucifixion le vendredi, matin de Pessa’h.
  • Depuis l’existence d’un calendrier calculé, Pessah ne peut tomber un vendredi. Le Talmud précise qu’à l’époque des Temples, l’observation l’emportait sur les calculs, permettant ainsi que Pessah à l’époque du temple et de Jésus puisse tomber vendredi (comme chez les 3 évangélistes).
  • Saadia Gaon au 10ème siècle, prétend toutefois que le calendrier calculé existe depuis Adam et s’est toujours imposé, avec l’observation comme façade. L’évangéliste Jean aurait raison: Pessa’h ne pourrait pas tomber vendredi.
Conclusions sur la crucifixion
Le Rav Steinsaltz, interviewé cet été par Yerouchalmi, indique avec assurance que « Saadia Gaon n’a défendu cette thèse du calcul, s’imposant à l’observation, que comme un effet de manche dans une controverse, vitale à son époque, avec les Karaïtes, en passe de s’imposer face aux pharisiens.Dans ce cas, Pessa’h pouvait tomber un vendredi. Cette version doit cependant être absolument écartée, mais pour deux autres raisons :
  •  le Talmud mentionne une exécution une veille de Pessah
  • on ne peut imaginer une exécution romaine de juifs un jour de fête juive (imaginez à Jérusalem des musulmans tués à Ramadan !) ».
-----------------------------

Nota de notre ami, l'expert Avraham Malthete
  

  • La 1è mention de la pendaison de Jésus : Sanhédrin 43a, après la Mishna והכרוז יוצא לפניו וגו'. Les 2 Baraïtot qui lui font quasi suite sont censurées mais sont dans les חסרונות.
  • Le seul manuscrit complet du Talmud est certainement d'origine française et à la Staatsbibliothek de Munich, cote BSB Cod.hebr. 95, daté, d'après le colophon de 1342*.
  • La 1è Baraïta (ci dessus ht/bas de page) est grattée ; la suivante, sur les תלמידי ישו, est lisible. On peut consulter les autres manuscrits pour comparer les גרסאות. Cf. note de l'édition Steinsalz sur les תלמידי ישו, qui a mis la frange extrêmiste orthodoxe en colère (op cit p189)
*Site JNUL  http://jnul.huji.ac.il/dl/talmud/ (im. 686 &687 =folios 342 recto/verso). Lien direct à la page :   http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/bsb00003409/images/index.html 

  • Ce même passage (ci-contre), avec gloses en latin, fruit de clercs catholiques, vient du manuscrit à Florence, cote Biblioteca Nale Cale II.1.8-9
================================
2. Secrets talmudiques pour la réussite du couple 
adapté de notre ami, le Rav Yossef Ben-Shoushan

Les secrets de la réussite des couples selon nos Sages et la contribution des couples ainsi épanouis au bonheur de la Nation et à la présence divine :

Etre unis jusqu'à l'âme
; se confronter pour la bonne cause; se consacrer vraiment à l'autre;
se parler et être transparent; la famille d'amour cellule de base; amour du couple et Israël.
Unis jusqu'à l'âme
         Lorsqu'un couple se forme, une incompréhension peut transformer cet acte collectif en acte simplement individuel ; c’est afin de relier la cellule familiale à l’ensemble du peuple que l’on dit aux mariés : "que vous ayez le mérite d'édifier une maison fidèle dans Israël". Ce souhait ne fait pas allusion aux simples murs, mais à l'âme de la maison, tout comme notre "comportement existentiel" fixe l'importance et la valeur du lieu où nous vivons (comme une plage qui si l’on y établit un lieu de prière passe d’un statut basiquement laïc à celui de sainteté de Synagogue).
Se confronter pour la bonne cause
         C’est donc seulement s'il y a "unité existentielle" entre les membres du couple, que l'on peut véritablement parler de maison. Sans cela, il n'y a que des simples murs. Le mariage est appelé Kidouchine, étymologiquement surplus de Kedoucha ou Sainteté. Les époux ne sont pas que des associés passant un contrat; il leur incombe de dévoiler par leur union une sainteté semblable à celle du collectif par un processus de maturation, certes, hérissé de difficultés. Nos sages disent, à propos de l’épouse "Je lui ferai une aide contre lui" : s'il a mérité, elle sera "une aide", sinon elle sera "contre lui". L’homme doit purifier ses vertus, particulièrement, par
un travail sur sa modestie.
         Le statut d’opposition de la femme est alors plus un remède qu’une punition, car, chaque fois qu'il dévie, il la rencontre comme une "aide contre lui" qui l'oblige à rectifier sa trajectoire. Ainsi, les époux se réajustent et se construisent ensemble, faisant ainsi apparaître dans leur foyer cette "unité existentielle" issue d'une sainteté (Kidouchine).
          Dès lors, les époux doivent savoir que la paix doit passer par une "confrontation", une rencontre frontale, pour accéder á une complémentarité réelle (comme les Sages insistent à confronter leurs idées dans l’étude).

Amour du couple et Israël
          Dans le Talmud (Berakhot 6b), Rabbi Na’hman dit que celui qui réjouit le marié est considéré comme ayant reconstruit une des ruines de Jérusalem. Jérémie dit « on entendra des cris de joie, le chant des fiancés. Rendez hommage à D. car Il rétablira les exilés dans ce pays, comme jadis ». En quoi le fait de réjouir les mariés est-il donc lié au retour des exilés ?   
          Selon nos Sages, c’est "la haine gratuite" qui a entraîné la destruction d’Israël, associée au fait que les juifs ne prononçaient pas la bénédiction de la Tora avant son étude. Leur conscience, certes intacte de sa source divine n’était probablement qu’individuelle, l'esprit de son "collectif national" n'étant dès lors plus au fondement de leur étude. C’est pourquoi ces deux raisons sont citées au même niveau ; l'amour d'Israël se doit d'être l'amour de l'âme collective qui apparaît dans les individus et pas seulement l'amour des individus, sans rapport avec leur essence nationale.
La famille, d'amour cellule de base
          Et malgré qu’autrui ne soit pas soi-même, "tu aimeras ton prochain comme toi même" reste au centre du couple. Dans le contexte d’une époque sans valeur réelle accordée à à la charité. Le couple, chaque famille sont des cellules de reconstruction élémentaire de la Nation disloquée, comme si justement « il reconstruisait une des ruines de Jérusalem ».
          La famille est ainsi perçue comme la cellule fondamentale de l'organisme national en construction. Nos sages nous indiquent que « si l'homme et la femme ont mérité, D. réside parmi eux », confirmant ici que le Divin passe par la station intermédiaire de chaque foyer  d'Israël, source de vie pour l'individu, bien avant d'arriver à ce dernier.
Se consacrer vraiment à l'autre
         On comprend alors pourquoi, sans "amour gratuit" entre les membres du couple, il n'y aucune valeur à la Tora, aux Mitsvot, à la charité etc… Une activité professionnelle acharnée d’époux non avertis, peut les entraîner à ne pas faire preuve d’assez de sensibilité quant aux besoins sentimentaux ou physiques de leurs épouses ou à ne pas comprendre leurs états objectifs parfois complexes. Pire, au lieu de se rapprocher de sa compagne, le mari multiplie les critiques, ce qui ne va qu’augmenter la distance entre conjoints. Eloignant encore plus toute perspective d’intimité, ainsi que la présence divine de leur foyer et enlevant leur sève et toute leur valeur à leurs prières, et à leurs Mitsvot, !
         Le Ari z"l  allait jusqu’à déclarer que « celui qui aime sa femme comme son propre corps, accomplit toute la Thora, car la Mitsva de ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’ est le fondement de toute la Thora ». Mais, aimer l’autre comme soi-même n’est ce pas impossible ?     
         Certes, même si les corps des époux s'enlaçaient, ils seraient toujours deux, mais, par le Divin qui réside en eux, par leur intériorité, par la communication, ils peuvent réellement s'unir - "comme toi-même" ("kamokha") a la même valeur numérique que D. (Elo.him) -.
Se parler, être transparent
         Les époux ne doivent surtout pas hésiter à se parler et à être transparents l'un envers l'autre. L’un, ne devant pas espérer comprendre seul ce qui dérange l’autre, doit être prévenant et s'exprimer de la manière la plus franche et sincère.
         Le Mariage fait des deux êtres du couple une seule existence : l’époux n’a plus dans son cœur une région intime, mais, au contraire, associe son conjoint à lui et dans tout. Ceci est le fondement même de la réussite du bonheur conjugal.
         Si les conjoints arrivent à un tel degré d'unité, la divinité résidera dans leur foyer personnel et ils reconstruiront vraiment une des ruines de Jérusalem. Et, leur amour, leur fraternité et leur amitié déborderont vers l'extérieur, à tel point qu'ils seront source jaillissante de bénédiction et d'amour pour tout leur entourage (NDLR : comme chacun des lecteurs a pu le constater au contact de couples très unis dans leur vie la plus intime auxquels ils pensent sûrement)
================================
3. Qui sont donc nos amis les Druzes ?  par www.yerouchalmi.com
 
Régions druzes   
La plupart des druzes vivent aujourd’hui dans les régions montagneuses de la Syrie, du Liban, d’Israël et de Jordanie. L’alliance Juifs-Druzes en Israël n’a jamais connu de faille, assurant aux Druzes une sécurité et une prospérité dont ils ne disposent nulle part ailleurs, et à Tsahal une élite aux qualités particulières. Les druzes sont arabes et sont une minorité moyen-orientale issue d’un mouvement de réforme de l’islam, dont les origines remontent au XIème siècle
.
Qui sont les Druzes?
          Les Druzes sont près d’un million, répartis pour la moitié en Syrie, 30% au Liban, le reste en Israël et
très peu en Jordanie. Il existe aussi une  importante communauté druze aux USA. A la différence des autres sectes du chiisme, les druzes ne sont pas prosélytes. Ils croient dans la Bible et le Coran s’attachant à leur sens ésotérique mais jugent le Coran supérieur à la Bible. Parmi les réformes, figurent l’abolition de l’esclavage (qui sévit dans certains pays musulmans), la suppression de la polygamie et la séparation du religieux.
         Les écritures druzes comprennent près de 30 manuscrits, rédigés, entre 1017 et 1043, le plus important étant les «Epîtres de la Sagesse », basé la croyance en la métempsycose. La majeure partie des druzes est composée de profanes qui peuvent, s’ils le souhaitent, entrer dans les rangs des initiés. Leur acceptation dépendra en principe de leur intégrité morale.
Religion ésotérique et société civile druzes
          La société druze est dualiste : les affaires religieuses sont l’affaire des initiés et les affaires profanes, notamment militaires, celles des non initiés, et les sujets importants font l’objet de débats entre deux camps ou familles opposés, ce qui assure une parfaite dialectique.
         Seuls, au demeurant, les initiés – uqqal –, reconnaissables à leur turban blanc, peuvent comprendre le mystère et pratiquer convenablement la vraie religion : c'est de leur rang que sortent les parfaits – adjawib –, les seules autorités. Le principe de la taqiya les incite à se comporter comme des musulmans sunnites quand ils sont en milieu musulman, comme des chrétiens, dans un cercle chrétien. Ce repli sur soi s'accompagne donc d'une incontestable disposition à l'ouverture sur les autres, d'un refus du fanatisme. Il n'y a ni liturgie, ni lieux de culte dans le mouvement Druze.
         Comme tous les chiites, ils croient à un imam caché, un guide vivant spirituellement ou physiquement qui les conduit. Ils attendent son retour et demeurent donc dans une espérance messianique. Cet imam est Al-Hakim, le calife fatimide ; un jour, il reviendra pour effectuer la discrimination entre les croyants et les hypocrites.
Les Druzes dispersés
         Au XIXe siècle, ils furent tributaires de l'empire ottoman, mais de fait presque indépendants. Retirés dans les montagnes du Liban, ils se rendirent redoutables, résistèrent longtemps aux attaques des Turcs. Les Druzes ne furent soumis au tribut qu'en 1588 par Murad III. La Sublime Porte accorda en 1842 un chef à leur nation. Atrach, leur chef de l’époque, conscient de leur faible nombre pour former un Etat, moins de 200 000 dispersés à l’époque, se contenta de réclamer une autonomie administrative.
Les Druzes et Israël 
         A la proclamation d’Israël, en mai 1948, les Juifs étaient, comme les Druzes, une minorité régionale rejetée par le monde musulman. Forts de ce constat et d’autres liens, les Druzes établis en Israël décidèrent dès 1948 de s’allier à l’Etat juif.       
         Alors que les druzes israéliens sont réputés être solidaires d’Israël et faire d’excellents  citoyens israéliens, y compris des hauts gradés dans Tsahal, ceux du Golan, du fait sans doute de la proximité de la frontière syrienne, ont eu une position plus réservée et parfois prosyrienne, avec des alternances spectaculaires où s’est souvent introduit l’espionnage au profit de l’un ou l’autre camp entre les années 60 et jusqu’à la Guerre du Kippour.
          Entre 1947 et 1950 en particulier, alors que le Mufti de Jérusalem, encadré par des officiers nazis en fuite s’était installé avec son armée à Damas et qu’il préparait l’anéantissement du réduit national juif, Israël eut largement recours aux Druzes du Golan pour lui fournir des renseignements indispensables afin de préparer sa défense.
Les Druzes, un peuple de grande valeur
          Les Druzes israéliens étant volontairement astreints au service militaire obligatoire, ne tardèrent pas à occuper des postes d’officiers supérieurs dans les rangs de Tsahal atteignant fréquemment les postes de Major Général et, depuis 2005, des postes dans l’Armée de l’Air qui, jusque là, leur étaient plutôt restreints.   
          Pour conclure, l’alliance Juifs-Druzes en Israël n’a pas connu de faille, assurant aux Druzes sécurité et prospérité dont ils ne disposent nulle part ailleurs, et à Tsahal une élite aux qualités particulières enrichissant significativement son patrimoine juif.  
================================
4. Sarah et Agar : Roch Hachana, une leçon de vivre ensemble
          Roch Hachana serait surtout le jour anniversaire de la création du genre humain, célébrant, non pas tant la naissance du monde physique, que celle de la relation humaine. D’ailleurs, pendant Roch Hachana, nous devons revoir nos relations avec D. ieu, et avec les autres.
Pendant Roch Hachana, les juifs lisent dans la Thora, ... non pas l’histoire de la Création,(!), mais celle de ... Sarah donnant naissance à Isaac et requérant l’exil pour Agar et Ismaël (!)
     Plus que pommes, choffar et autres cartes de voeux, ce sont Abraham, Sara, Agar et leur histoire qui, en fait, jouent un rôle essentiel au Nouvel An juif.

Des femmes en lutte mais
bénies...
          Dans un monde où le statut de la femme dépend de son mari et des enfants, la stérilité annoncée de Sarah la mettait dans une position précaire. Et paradoxalement D. ieu promet à Abraham (et pas à Sarah) de devenir une grande nation. Pendant ce temps, Sarah qui, elle, n’a reçu aucune promesse divine, prend les choses en mains et se trouve une suppléante pour offrir à son mari cette descendance tant espérée, en la présence de sa servante Agar.
           Mais l’ingratitude de Agar enceinte maintient Sarah dans une position si inutile et rejetée qu’elle décide de renvoyer sa servante en « la maltraitant ». Agar, ainsi rejetée, reçoit à son tour la promesse divine d’une descendance nombreuse à travers Ismaël (qui, bien plus tard, deviendra l’Islam). Puis c’est à Abraham et à Sarah que D. ieu et l’ange vont promettre la descendance tant attendue du couple Abraham/Sarah, contre toutes les expectations de l’époque car Sarah a 90 ans et le miracle attesté par leur rire d’incrédulité marquera à jamais les hébreux par le nom de leur patriarche Isaac (Itshak : il rit).
La femme juive fait l'Histoire
           De son côté, le comportement d’Ishmaël envers Isaac est jugé inquiétant par Sarah. Ishmaël « rit » avec Isaac et, pour la Bible, tous les rires ne se valent pas ! Les commentateurs, qui louaient les rires incrédules des patriarches, voient dans ce rire d’Ishmaël, un signe de débauche ou, selon certains, d’homosexualité. Sarah semble ici plus vigilante en ce domaine que son époux     Abraham, contrarié à tort par les décisions de sa femme (la Thora est loin d’être mysogine).
           Plutôt que d’indiquer à Abraham « fais ce que Sarah te dit de faire », il est bien possible que Dieu invite Abraham de cette façon : « Ecoute Sara ! Comprend ce qu’elle ressent ; mets-toi à sa place avec bienveillance. Elle a une raison de te dire de faire cela. Si tu l’écoutes vraiment, il se pourrait bien que tu puisses comprendre le problème à sa source. »
Les siens passent avant tout
Sarah renvoie Agar et Ishmaël dans un dangereux désert,  préservant avant tout les siens.
Belle leçon qu’Israël devrait méditer dans la mesure où ses dirigeants ont trop le souci de préserver ses ennemis au risque de son futur, quand Abraham a pensé d’abord au futur de sa famille !
Sujets de réflexion en famille
         Cette péricope, lue à Roch Hachana, contient des enseignements qui peuvent nous servir de guide, à une époque de l'année, où nous nous efforçons à devenir meilleurs : nous pouvons apprendre de Sarah et d'Agar comment édifier et solidifier nos relations, comment soutenir ceux qui nous entourent, nous pouvons nous remémorer ces leçons en temps utiles tout au long de l'année.
On pourra notamment méditer les questions suivantes :
a) Pourquoi Sara voulait-elle un bébé ? b) Ismaël était-il vraiment le bébé de Sara, celui d’Agar ?
c) Est-ce qu’Abraham aimait ses deux fils ? d) Pourquoi Sarah impose-t-elle à Abraham de renvoyer Agar et Ismaël? e) Sarah, Abraham et Agar firent-ils ce que Dieu voulait ?
f) Qu’aurait-il pu se passer si Sara et Agar avaient discuté? g) Comment comprendre la force de charactère et la foi de ces deux femmes, et quelle belle occasion de rencontrer des modèles de femmes courageuses et résolues
         Cette péricope nous enseigne à écouter et à faire bon accueil aux messages de D. ieu et de ceux avec qui nous vivons.
Vivre ensemble pour l'humanité d'Abraham
La lecture de Roch Hachana parle autant d'Abraham /Sarah/Isaac que d'Agar/Ishmaël, montrant bien que ce Nouvel An est, à travers les destinées Abrahamiques,celui de tous les humains.
Le judaïsme donne ici une belle leçon de vivre ensemble, quand, au moment le plus solennel de sa liturgie, il célèbre les Nations en prenant de la distance par rapport à son exclusivisme
         « Abraham dit à D. ieu : ‘Oh, puisse Ismaël mériter de vivre en Ta présence !’ D. ieu dit aussi : ‘Sara aura un fils, que tu appeleras Isaac ; il a ma promesse de fidélité pour toujours. Quant à Ismaël, lui aussi, je le bénirai’. »

================================
5. La paix à tout prix, une recette suicidaire !
Fragilité stratégique des frontières d'avant 1967
Phénomène sociologique, autant que politique, Kadima est l’aboutissement de la victoire de l'idéologie pacifiste et du renoncement, initiée par Chalom Archav ("La Paix Maintenant"), après la guerre de Kippour, allant bien au-delà de l’idéologie travailliste toujours prudente sur ce sujet.
A. Les frontières d’avant 67 ne sont « absolument pas viables »
        - Rappelons que Ben Gourion avait failli refuser les frontières initiales d’Israël avouant « qu’elles n’étaient absolument pas viables ». Il finit par les accepter « uniquement comme un premier pas vers des frontières stables » et englobant la Judée Samarie et Jérusalem. Pourtant Kadima rêve pourtant d’un quasi retour à ces frontières, pour faire céder aux pressions des arabes, de Washington et de l’Europe.
        - Pour les mêmes raisons, le travailliste Abba Eban les qualifiait avec lucidité de « frontières d'Auschwitz »
        - Même une travailliste de gauche comme Golda Méïr était assez lucide pour espérer « qu’Israël n’abandonne jamais les territoires conquis en 1967 sans l’assurance absolue d’une paix sans danger aucun et avec des partenaires dont on soit sûr des intentions futures » (Mémoires de Golda Méïr). On est très loin du compte !
               Voici une carte qui montre comment un Etat palestinien dominerait Israël par ses seules positions géographiques :

                    B. Dangers du programme politique implicite de Kadima
        - « 2 Etats pour 2 peuples ». Ce slogan trompeur de Kadima, affirme pourtant ouvertement sa volonté de créer un Etat palestinien judenrein, malgré un Hamas qui veut jeter les juifs à la mer et un Fatah qui enseigne la haine du juif partout dans les manuels scolaires des enfants et à la télé.
Comme Chalom Archav, Kadima souhaite le"partage de la terre entre les deux Etats selon la Ligne verte" dont la fameuse "barrière de sécurité" d’Olmert/Livni (pour eux frontière permanente d'Israël) épouse le tracé.
        - « Démantèlement des colonies juives». Kadima a adopté la plateforme de Chalom Archav, et en a même fait le cœur de son programme. Malgré les tirs de missiles Kassam qui dans ce cas partiront de Judée Samarie plutôt que de Gaza avec comme nouvelles cibles Tel Aviv, Ashdod, Natanya, les quartiers juifs de Jérusalem, plutôt que Sdérot !
        - « Partage de souveraineté sur Jérusalem ». Le partage de Jérusalem ne constitue aucunement un tabou pour Livni.
        - « Retour des réfugiés sur le territoire de l'Etat palestinien ». On imagine mal comment Israël, une fois retourné aux frontières de 1967 empêcher la matérialisation du "droit au retour", une fois que les postes frontières sur le Jourdain seront, tout comme ceux avec l'Egypte, remis entre les mains des "policiers" du Hamas et du Fatah..
                      C. Etat juif et peur des « traditionalistes »
       
Les nouveaux officiers pratiquants seront, comme les enfants dans des écoles primaires religieuses, majoritaires d'ici la fin 2010; un basculement démographique qui a contribué à l'émergence de Kadima. Comme Chalom Archav, Kadima exprime le ressentiment des élites laïques occidentalisées face à cette montée des traditionalistes.
        Cette "menace démographique" qui devrait assurer une majorité au public « traditionnaliste » en Israël explique la précipitation avec laquelle Kadima entend fixer définitivement les frontières, et surtout le caractère de l'Etat d'Israël, pour éviter la transformation de l'Etat des Juifs en Etat juif.
                      D. Attirer le mépris sur les opposants
         Comme Chalom Achchav, Kadima désigne les opposants à un processus de paix qui ne conduit qu’à la guerre comme politiquement incorrects. Pour reprendre Shmuel Trigano, qui avait décrit ce phénomène politique :
         « le 'camp de la paix' n'a cessé d'en appeler au monde, pour s'imposer du dehors à ceux qu'il excluait de ses rangs distingués, en les diabolisant et en attirant sur eux un mépris de l'opinion. Les sépharades, responsables de la venue au pouvoir de Begin, s'étaient ainsi vus accuser de 'fascisme'... Plus tard, les ‘Juifs religieux’ furent aussi bannie en bloc, puis, aujourd'hui, les 'colons'. Le 'camp de la paix' a toujours ainsi un 'mauvais Israël' contre lequel s'affirmer, une exclusion d'autrui à travers laquelle il s'identifie lui-même »
                       Que Tel Aviv ne soit pas Munich!
         L’histoire a déjà vu la majorité d’un peuple éclairé courir à la guerre en croyant poursuivre la paix : dans les années 30, l’Europe et les USA ne recherchaient que la paix à tout prix avec l’Allemagne d’Hitler, permettant à cette dernière de s’armer at d’augmenter ses appétits et son audace. Non le camp de la paix à tout prix, n’a pas toujours raison. Il a hélas le plus souvent tort. Comme Kadima qui en est, avec Livni, le porte-parole.
         En espérant que Tel-Aviv ne soit pas un nouveau Munich, et que des dirigeants éclairés, comme ceux du A'HI (cf prochains numéros) en support essentiel, espérons le, d’un Likoud réaliste, reprennent en main les destinées d’Israël !
=======================================
Yerouchalmi et son équipe viennent d'apprendre le triste et très prématuré décès du Rav Elie Kahn (ztsl), pilier du sionisme traditionaliste en France et en Israël. Rav et Fondateur de la Midracha du Kiboutz Ein Hanatziv à Beth Shéan, il est l'un des rabbins les plus aimés en Israël du fait de son implication pour la jeunesse et les conversions, de son judaïsme ouvert et orthodoxe, de son souci de la francophonie, de son humour et de sa grande gentillesse, de son efficacité de bâtisseur,...
Il a écrit un bel essai socio religieux "le petit blond avec une chaussure noire" (éd. Lichma).
       Partageant la douleur de sa sympathique famille nous lui souhaitons du courage et de poursuivre sans état d'âme les travaux d'Elie, c'est sûrement ce qu'il souhaitait le plus.
D. veuille accorder aux siens et ses amis réconfort et force pour marcher dans ses
traces.