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30/6/09-YEROUCHALMI®N°98-8 Tamouz 5769
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             1. Défis et équipes du Grand Rabbin de France
             2. Pourquoi des Néo-Nazis pro-islamistes ?
             3. Lellouche, Ministre Juif, gaulliste,
                 ami d'Israël § des USA...
             4. Dur d'être 100% Juif et Français, Benny Levy (ztsl)
             5. Juifs de Troyes, le Grd Rabbin de France, Rachi
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1. Défis et équipes du Grand Rabbin de France
Gilles Bernheim a esquissé son programme à Troyes et vient de nommer à cet effet son premier cercle représenté par l'équipe resserrée ci-dessous.
1.1 L'Equipe de Gilles Bernheim.
   - Eliya BERNHEIM. Chef de Cabinet.  01 77 37 25 57- chefdecabinet.grf@gmail.com
   - Bruno FISZON, Grand Rabbin.  Cacherout, Certification rituelle, Education.
Tel: 03 87 75 04 44 - Mail: gdrm@free.fr
   - Haïm KORSIA, Grand Rabbin.  Affaires de société, Enseignement supérieur.
Tel: 01 45 52 20 73 - Mail: haim.korsia@laposte.net
   - Betzalel LEVY, Rabbin. Affaires religieuses, familiales, Vie des communautés.
Tel: 06 16 97 57 33 - Mail: betzalel.levy@free.fr
   - Moché LEWIN, Rabbin. Porte-parole. Communication et médias.
Tel: 06 22 78 15 74 - Mail: lewinm@free.fr
   - Dorothy BENICHOU-KATZ. Grands événements
06 15 05 75 66 - dorothy.benichoukatz@orange.fr
   - Barbara SCHLANGER. Assistante particulière du GRF
01 49 70 88 04 - grandrabbindefrance@orange.fr 
   - Déborah SEBBAG. Ass. Chef Cab. 01 77 37 25 57 - chefdecabinet.grf@gmail.com 
1.2 Les Défis du judaïsme français
Propos
tenus à Troyes par le Grand Rabbin de France
J’ai souhaité évoquer à Troyes les nouveaux défis du judaïsme français. La France, pour moi, c'est l'esprit de doute et de remise en question, de la Renaissance. Le judaïsme français est un judaïsme soucieux d'apporter des réponses de qualité aux questions que les citoyens se posent, et pas seulement aux questions que les juifs pratiquants posent.
Ma tâche en tant que Rabbin est double : répondre aux préoccupations liées à la pratique religieuse de la communauté, et offrir des pistes de pensée à ceux qui ne sont pas juifs, ou aux juifs qui ne sont pas dans la communauté. Parmi les grands défis que je mettrai en exergue : participer à une réflexion sur une laïcité dynamique; travailler sur des passerelles entre les courants de pensée, pour que chaque particularisme nourrisse les autres.
Juifs de France et Israël
          J’ai pris mes fonctions dans un contexte particulièrement délicat, notamment quelques jours après le début du conflit à Gaza. L’attachement de la Communauté Juive de France à Israël est naturel. Beaucoup ont des proches là-bas. Cela dit, ce n'est pas un conflit entre Israël et les Palestiniens, mais entre Israël et le Hamas. En tant que Grand Rabbin, mon souhait est que l'on ne se serve pas du nom de D.ieu pour opposer ceux qui ont de la sympathie pour Israël ou pour les Palestiniens, mais pour pacifier. D.ieu pour la coexistence, contre le mépris et la haine.
          Les missiles envoyés depuis des années sur Israël auraient pu faire des centaines de morts, s'il n'y avait eu les abris jour et nuit. Le Hamas se sert de la population comme bouclier, il s'infiltre dans les écoles et les hôpitaux. Nous voyons d'un côté Israël qui veut protéger sa population pour qu'il y ait un minimum de blessés, face au Hamas qui prend sa population en otage comme victime et martyr.
Relations interreligieuses
J’ai eu à répondre aux questions de la Communauté concernant la récente réintégration de courants « conservateurs » dans l’Eglise. Il serait utile que le Pape Benoît XVI précise si la Fraternité Saint-Pie X accepte Vatican II ou pas. C'est un débat interne à l'Église. Ce concile, c'est de la théologie, pas de la pastorale. Être réintégré dans une Église sans en accepter la théologie serait étonnant. Parmi les pistes de développement du dialogue j’en mentionnerai 2:
   - a) avec les catholiques, le dialogue interreligieux doit se poursuivre par un approfondissement de la réflexion sur la judaïté de Jésus ;
   - b) avec les musulmans, sur un travail de mémoire.
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2. Les Néo-Nazis, un danger croissant

2.1 Hors USA. Pourquoi des Néo-Nazis pro-islamistes ?
Adapté par Yerouchalmi de Nicolas Lebourg,
Histoire d’une utopie fasciste in “Utopia and Utopianism”, Univ. Book, n°2, p. 95-108.

Le fascisme a toujours prôné l’édification d’une Grande Europe, et, comme la gauche extrême, les nationalismes régionaux comme "droits à la différence". Cependant, reste à expliquer la place d’Israël comme ennemi N°1 et son évolution paradoxale vers :
   - une Europe des Régions, au détriment des vieilles luttes régionalistes,
   - un pro-islamisme, après une longue phase de violent anti-islamisme colonialiste
   - un anti impérialisme US, après les longues luttes anticommunistes et pro-occidentales
Les Néo-Nazis et les Juifs
          Au milieu du XXè siècle les juifs présents partout étaient une gêne évident à l’affirmation claire de vrais nationalismes régionaux (exemple : en Ukraine, ils parlaient russe et pas ukrainiens…). Leur anéantissement devenait alors un préalable nécessaire à un Empire continental qui reconnaitrait ces nationalismes régionaux, d’où la Shoah des Nazis, au nom d’une « libération de l’Europe » contre un judaïsme présenté comme ennemi culturel, racial et géopolitique (maître occulte des USA et de l’URSS).
La Mutation des Idées Néo-Nazies
          Depuis l’après-guerre, vont rapidement être délaissés de ces mouvements
   - La lutte contre la décolonisation (Afrique, Algérie…) perçue comme un combat définitivement perdu. Combat alors remplacé par une lutte contre le "bloc impérialiste" (USA /Israël), perçu comme un colonisateur de l’Europe et du Monde
   - Les régionalismes (corses, bretons, basques, …) à revendication "identitaire" et parfois quasi- terroristes : au profit d’une lutte pour une Europe fédérant des nations régionalisées et pour un monde fait de blocs ethno-culturels. Pour certains, une Europe fédérée des régions mono-ethniques aux cent drapeaux.
          Dès lors, face au "bloc impérialiste" (USA /Israël), visent-ils une jonction paradoxale entre nationalistes européens, communistes est-européens et arabes pour une grande Europe aux côtés d’une grande Nation arabe, toutes 2 nationalistes, socialistes, unitaires.
Les Nouveaux Combats Néo-Nazis
Ainsi, au début des années 60, peut-on expliquer que les néo-fascistes européens luttent:
   - pour la "libération" de l’Europe des troupes soviétiques ET américaines
   - contre la "ploutocratie mondiale" avec valorisation de l’Afrique, appuyée sur les nationalismes musulmans.
   - contre l’impérialisme libéral US, désigné ennemi N°1 avec son allié naturel… Israël !
   - contre un "ennemi juif" tenant Israël/USA/URSS pour détruire culture/race européenne.
          Ainsi, proposent-ils à des groupes arabes de constituer des Brigades pour aider à détruire Israël et former une armée de libération de l’Europe. Paradoxalement, c’est ainsi que soldat vietnamien/fedayin palestinien deviennent des modèles de ce néo-fascisme !
Origine et 'Modernité' des Slogans Antisionistes
          Au nom de l’anti-impérialisme, les néo-fascistes développent l’argumentaire qui est hélas rentré dans les moeurs politiques sans que ses chantres parfois musulmans, écolos ou gaucho-communistes n’en perçoivent les origines fascistes :
   1- Israël = Nation raciste, impérialiste comme l’Allemagne nazie ;
   2- Européens =  Victimes des colonialistes US/sionistes qui viseraient à détruire : a) leurs cultures (impérialisme culturel américain), b) leurs Etats (structures supra-nationales),
c) leurs ethnies (immigration = métissage pour un "génocide" des peuples européens)
   3- Monde blanc = Grande Palestine occupée et colonisée par les "Sionistes du Monde"
          Les fascistes luttent pour la préservation raciale et culturelle européenne par l’opposition au libéralisme, à l’immigration, à l’Occident (i.e. USA et Israël), et par le soutien à toute lutte ethno-culturelle, fût elle arabe ou palestinienne...
Face au «mondialisme, instrument américano-sioniste de destruction de l’Europe», s’est édifiée une utopie, moderne à l’heure de l’Europe, car européiste, et, à l’heure des luttes de libération, car ethno-nationaliste. D'où la modernité apparente des slogans lantisionistes !
2.2 Aux USA. Les Néo-Nazis, dangereux pour les juifs US
Facteurs d'aggravation des risques néo-nazis
          Le Département de la sécurité intérieure des USA s’attend à une résurgence des groupes d’extrême droite. Plusieurs facteurs pourraient créer un terreau propice :
   a) La crise économique et ses désespoirs (chômage, faillites saisies immobilières)
   b) L’élection du premier président noir

   c) Les tentatives de restreindre la vente d’armes
   d) Le retour d’anciens combattants bien entrainés de la guerre d’Ira
   e) La libéralisation de l’avortement ou les droits homosexuels qui irritent la droite dure US.

Les Groupes Néo-Nazis US
Peu présents sur la scène politique, ils disposent de groupes organisés (groupes racistes, ‘conspirationnistes’, clubs de propriétaires d’armes à feu, sectes spécifiques…). La police  a également remarqué que des groupes extrémistes néo-nazis ou skinheads sont engagés au sein des forces armées américaines «pour y apprendre l’art de la guerre».
          Il existe plus de 900 organisations néo-nazies aux USA et la Caroline du Sud en est l'Etat leader, avec 45 groupes tolérés (soit 2 fois la moyenne, dont les pires : Brotherhood of Klans Knights du Ku Klux Klan, Christian National Socialist Party et Aryan Nations). 
          La fascisation rampante des esprits y est favorisée par les réactions à Ben Laden, qui a mené jusqu'à... "l’entraînement de boys-scouts à traquer les… terroristes, l’immigration illégale, et la violence aux frontières" (New-YorkTimes 13/5/09). Le but du jeu étant le recrutement plus tard des "Explorers" pour en faire des Patrouilles de Frontière anti-émigration ou des Agents du FBI. Imaginons en France que les Scouts ou les Eclaireurs apprennent à manier le pistolet et s’apprêter à arrêter des immigrés en situation irrégulière, et on aura une idée de ce qui vient d’être mis en place là-bas. Affligeant !
Danger Néo-Nazi pour les juifs américains
          On note une augmentation des achats et stockages d’armes et une participation accrue aux exercices d’entrainement des groupes paramilitaires. L'alerte est sérieuse car Internet a rendu plus facile le cryptage des communications, mais aussi l’acquisition de données sur la fabrication d’armes, les tactiques militaires ou l’identification des cibles.
          L’analyse des conversations Internet indique que 3 groupes risquent d’être visés :
     - la communauté noire en raison de la présidence Obama;
     - les immigrés accusés, avec un chômage accru, de "prendre le boulot" des natifs;
     - la communauté juive, accusée d’être à l’origine : a) de la crise et b) d'inutiles coûts et pertes de vies dans l'engagement US perçu au seul profit d'Israël et du Lobby Juif US.
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3. Lellouche, Ministre Juif, gaulliste, ami d'Israël § des USA...
Lellouche : Who's Who
"Rien ne l'empêche d'aller plus haut" (M.Fugain)      
Pierre Lellouche, proche de la soixantaine, est un juif Tune, né d’une famille modeste d’artisans, qui a vécu à Tunis qu’il a quitté en 1956, bien avant "Bizerte". Gaulliste de toujours, cet avocat de métier, divorcé et père de 3 enfants, est l’un des plus grands spécialistes européens en matière de Défense et de Renseignement.
          A tel point qu’il est passé tout près d’être Ministre (Défense ou Affaires Etrangères) dans les précédents gouvernements. En consolation, il avait été chargé des difficiles dossiers du Réacteur Nucléaire européen, puis turcs et pakistano-afghans, après avoir présidé l’Assemblée Parlementaire de l’Otan depuis 2004, poste stratégique et prestigieux. Sa nomination au Ministère des Affaires Européennes n’est donc pas une surprise.
avec P. Besnainou, Pdt du FSJU  
De Tunis, il se rappelle «les odeurs, la musique et la douceur de vivre»,
évoquant souvent ses origines populaires, les parfums de Bizerte et les musiques d'Oum Kalsoum, comme son exil forcé de Tunisie à 5 ans, ou son arrivée brutale à Paris : «on s'est même fait virer d'un squat par la police». Il revoit aussi le déchirement de ses parents et leur nostalgie du temps passé là-bas. Eux n'y sont plus retournés et lui a attendu 94 pour fouler à nouveau sa terre natale. Le Ministre croit que ce pays, «où existent l'égalité homme - femme et la séparation religieux /politique est un modèle possible pour le monde arabe».
Son grand-père avait fait 14-18 et son père, à Tunis sous les drapeaux lors du de la guerre en 1939, a rejoint la campagne de Tunisie dans les conditions difficiles d'un régiment de « goumier », avec un débarquement en Provence et la dure bataille de Cassino où il a été blessé. Ce patriotisme paternel a renforcé la fierté de Lellouche d’être un cacique de la République : il a accroché les médailles de son père dans son bureau de l’Assemblée.
          Il ne cache pas "qu'il s'est élevé tout seul pendant que ses parents trimaient pour faire tourner leur modeste restaurant parisien, ou fréquentaient la populaire Synagogue de la rue des Martyrs". Après ses 20 ans, il va militer pour Israël et y séjourner souvent avec un gauchisme qui l’amène à en fréquenter les Kibboutzim. Après avoir évolué vers une droite gaulliste, avec comme 1er Maître, Raymond Aron, c’est à 30 ans que ce brillant intellectuel atlantiste,  va créer l’IFRI, devenu un célèbre "think tank" français de Relations Internationales, et enseigner dans les plus prestigieuses institutions.
La carrière politique de Lellouche
          Chirac le repère à la fin de l’URSS et des années 80, pour en faire son «Conseiller Diplo» à la Mairie de Paris, en contact avec tous les hommes d’Etat reçus à l’Elysée et donc aussi, par la Ville de Paris. Lellouche gagne également ses galons sur le terrain, en se faisant élire Député de la région de Sarcelles (y battant DSK !), puis, vers la fin des années 90, autour du IXème à Paris (avec près de 55% des voix en 2007 !).
          Jamais en retard d'une provocation («je suis beaucoup trop pauvre pour être de gauche»), il assume son opposition aux énarques, "nouveaux nobles qui conduiraient la France dans le mur". Au point de se faire écarter de l'entourage chiraquien en 95. «J'ai été la 1ère victime d'une épuration que je n'ose qualifier d'ethnique.»  En consolation de son absence de maroquin, il est chargé des durs dossiers du Réacteur Nucléaire européen, puis turcs et pakistano-afghans, après avoir présidé l’Assemblée Parlementaire de l'Otan.
          Si sa carrière n'a jamais vraiment décollé, disait-il, ce serait en raison de l'antisémitisme de certaines élites, notamment au Quai d'Orsay, maison qu'il jugeait tenue par un «corps diplomatique proarabe», donc peu susceptible de coopter un Juif atlantiste et proisraélien. Constat aujourd'hui démenti par l'égalitarisme Sarkozyen en la matière..Les courageuses positions de Lellouche
   - Devant les problèmes d’intégration qu’il a connus notamment autour de Sarcelles, il milite pour un court service militaire renforçant le patriotisme des jeunes et leur lien national.
   - Toujours proche des luttes contre le racisme et l’antisémitisme, c’est lui qui en 2002 propose la loi aggravant les peines en cas de racisme/antisémitisme  (à l'unanimité !) : «60 ans après la Shoah, ça m'a secoué d'écrire une loi pour protéger les Juifs en France». 
   - Lellouche est parmi les rares favorables à l'entrée de la Turquie en Europe (pour l’écarter de l’Islamisme en la rapprochant de l’Occident), à l'abolition de l'ISF (lui-même, appauvri par de lourdes pensions alimentaires, liées à ses 2 divorces, n’est pas aisé).
    - Le soutien indéfectible de cet atlantiste à Israël et le fait qu’il ne se soit pas rangé du côté de son camp chiraquien contre l’action US en Irak (comme Kouchner, Adler ou Glucksmann) en ont fait l’objet du ressentiment des antisionistes «rouge brun vert».
   - Sur les Palestiniens : « Je suis étonné des aides aux Palestiniens dont beaucoup ont été données, de la part de l'Union européenne et des pays arabes. Ce qui est important ce n'est pas le montant des aides, c'est ce que l'on fait avec. Soit elles servent à s'armer, soit  à s'installer économiquement dans la paix. J'ai malheureusement le sentiment que tout l'argent qui a été distribué jusqu'à ce jour, le peuple palestinien n'en a pas vu la couleur.
Le monde arabe a une grosse responsabilité sur la situation actuelle. Lorsque l'on est dans le besoin, on devrait pouvoir compter sur ses riches amis, ou frères... Comment le monde musulman peut-il laisser ses frères palestiniens dans le dénuement le plus complet ?»
Les "anti Lellouche" nauséabonds
Parmi ces «rouge brun vert», Mélenchon a été jusqu’à l’accuser dans un débat TV d’être un agent de la CIA, avant de s’excuser suite aux vives réactions de la classe politique.
Des auteurs antisémites et/ou antisionistes déclarent, dignes des "Protocoles des Sages de Sion": «En 78, Begin aurait commandité l'infiltration du parti gaulliste pour en faire une sorte de partenaire d'Israël (opération montée par Rafael Eytan, maître-espion israélien). 4 français prédisposés à collaborer auraient été ciblés : Balkany, Sarkozy, Devedjian et Lellouche. Balkany est présenté comme le chef du réseau et, en 83, aurait recruté le ‘jeune et prometteur’ Sarkozy, le ‘4ème homme du Mossad’ ». IGNOBLE !
Lellouche et l'Iran
       Début 2000, Hitler s'est réincarné sous les traits d'un terroriste iranien, 30 ans après Khomeyni, et sur ses traces. La différence entre ces 2 là est que le 1er a échoué, là où le second est en train de réussir : l'Iran se rapproche du «seuil» nucléaire, en violation de ses engagements internationaux : menace des plus sérieuses pour la sécurité internationale.
        Les équilibres régionaux s'en trouveront bouleversés. Outre Israël, les pays arabes modérés, et la Turquie, alliée au sein de l'Otan, risquent de se voir soumis à son chantage. Compte tenu des liens étroits entretenus par l'Iran avec les terroristes djihadistes, dont le Hezbollah, le pire serait à craindre - l'emploi de l'arme nucléaire au coeur de nos villes par une nébuleuse d'acteurs terroristes -, avec une Iran «sanctuarisée» par sa Bombe.
        Et que dit le reste du monde musulman, un milliard d'hommes : aucun, y compris parmi nos amis, n'a dénoncé cet appel au génocide des Juifs.
Que fait l'Occident dont l'Europe lieu de la folie hitlérienne et la Shoah : les démocraties occidentales «s'indignent» et, au-delà des mots, ne font rien. L'inexistence de l'Europe n'a d'égale que son échec. Le président iranien n'est pas vraiment soumis à l'autorité du Guide Khamenei, Hindenburg en turban ! Sa fuite en avant est un quitte ou double : soit nous le laissons poursuivre sur sa lancée avec un nouveau conflit majeur au Proche-Orient, dans lequel nous risquerions d'être impliqués ; soit il en est empêché, ce qu'il faut souhaiter !
      
  L'idéal serait qu'il le soit de l'intérieur, à la faveur d'un changement de régime en Iran : on peut malheureusement douter que les circonstances s'y prêtent !!
Il conviendrait, que l’ONU soit saisie, sans faire la preuve de son incapacité à agir.
Ahmadinejad en connait la faiblesse : aussi pousse-t-il ses feux. A nous de savoir relever ce défi, sans faiblesse. Plus nous attendrons, plus le coût sera élevé."
Lellouche et Israël
avec le Prdt et les juifs US
Me trouver à Jérusalem
est très important à titre personnel puisque je suis juif, bien que non pratiquant. Et, en tant que fils de déporté, je tiens à me rendre à Yad Vashem.
        Concernant Israël, il y a un problème de désinformation. Les agences de presse diffusent depuis des années l'information, reprise par les médias, visant à expliquer que les 'méchants Israéliens tapent sur les gentils Palestiniens'. Et lorsqu'un Palestinien se fait sauter dans un bus bondé d'enfants, "c'était un fou ou une résultante de l'occupation israélienne". On en vient à parler d'auto-défense et non de terrorisme !  Il faudrait être plus objectif : les Israéliens combattent le terrorisme, leurs attaques sont dirigées contre des groupes armés et non contre les civils. Cela n'a rien à voir avec les attaques aveugles et lâches des terroristes Palestiniens. Cette vision de l'information est pour moi inadmissible.
        Ceci dit les choses sont en train de changer, en partie grâce à la pression des Juifs français qui s'impliquent dans la vie du pays. Nombre de Juifs français se présentent aux élections des conseils municipaux, des mairies... Cela prouve leur attachement à la France et leur volonté de s'intégrer totalement dans le paysage politique ou économique du pays et c'est une très bonne chose. Je l'ai fait moi-même il y a quelques années et j'engage mes corrélégionaires à faire de même. C'est ainsi qu'ils pourront faire entendre leur voix et influencer la politique de l'Etat.
"Juifs et Musulmans de France attendent, avec tous les Français, que la paix s'installe dans la région. Le jour où les Palestiniens vivront dans un pays prospère à l'économie florissante, il n'y aura plus de problèmes. Il faut les y aider mais il faudra qu'ils s'aident eux-même aussi. Il faut construire sa paix, il faut construire son bonheur. La paix est un travail de tous les jours ; je suis sûr que l'on y arrivera car il y a une véritable volonté."
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4. Dur d'être 100% Juif et Français, avec Benny Levy (ztsl)
Adapté par Yerouchalmi d'une Conférence de Benny Lévy (ztsl), au Bné Brith de Jérusalem, quelques mois avant son décès.
Il est un grand philosophe du XXè. Secrétaire de Sartre depuis 73, il codirige le mouvement gauchiste avant de faire un retour au judaïsme/Israël en 97. Il y devient un Maître du Talmud qu'il transmet dans un langage philosophique, dont quelques livres (Verdier) "Être Juif : étude lévinassienne", "La confusion des temps".
Il fonde avec Finkielkraut et BHL, "l’Institut d'études lévinassiennes", qu'il dirige jusqu'à sa mort prématurée en 2003. Son parcours de "Mao à Moïse", symbolique de sa génération, l'aura amené au sommet de 2 montagnes. Notre ami, le brillant philosophe René Lévy (Yerouchalmi N°95 et N°97) est son fils et disciple.
"De Moïse à Mao" avant  "de Mao à Moïse"
        La partie importante mon itinéraire est plutôt «de Moïse à Mao» et m’a mené du Caire, qui représente "Moïse" même si nous y vivions dans ses rues ouvertes, à Paris, où Moïse va vraiment laisser la place à Mao. Un juif quittant la Thora est "monstruosité" pour le Maharal de Prague. Son ouvrage sur la rédemption (Guéoulah), montre qu'un juif en exil (Galouth) est dans une situation a-normale. Mais de l'exil (et des lettres du mot Galouth, permutées), s'annonce la rédemption (Guéoulah) et sonne tôt ou tard l'heure du retour à la Thora.
Cinq Anomalies de l'Exil qui m'ont tenu évéillé
        1. Mon pseudonyme, Pierre Victor. A la naissance, un ange souffle le nom ; pour moi, c'est une personne diabolique qui a inventé ce pseudo le plus édomique* qui soit (*Edom = Rome opposé à la Thora)  : dans ma Gauche Prolétarienne, on m'appelait "Pierre", comme le frère de Jésus (!), puis cette personne a ajouté dans son livre "Victor", qui signifie… "vainqueur", en latin (!). Et, à mes oreilles, ce nom, n'était pas vraiment moi !
        2. Sans Papier. Avec le «communisme», attirant de par son annonce de lendemains qui chantent, et avec tous mes efforts pour être français, j'ai pu dès 11 ans, assumer ma dure situation d'apatride. Et rapidement aborder les livres de Sartre, habiter le français grâce à eux. Mais tout franco-juif, je n'avais ni carte d'identité, ni aucun papier autre qu'une convocation au commissariat où l'on m'en remettait une autre,... assignation à résidence déguisée. Apatride et à la fois chef de groupe gauchiste, je devais me cacher, ce qui m’a protégé contre l'immersion absolue dans les groupes de 68, D. merci!
        3. Malaise devant la Théorie. Et, pour atteindre les sommets, je réussis Normale Sup Ulm. J'y rencontre la «théorie» avec Louis Althusser qui m’y introduit avec Lénine. Quelle surprise quand il me fait lui expliquer des textes de Marx et Lénine sur une de mes spécialités : l'élève expliquant à son 'Maître' ce qu'il était tout juste parvenu à maîtriser... C'était trop, ça sentait la fiction ; me voici poussé loin de la théorie vers... la politique. 
        4. Me battre pour ma place à l'Université, si je n’avais pas passé mon temps à cela, et sachant que mon 1er élève est devenu un grand Professeur, je serai devenu, D. préserve, un cacique de l’Université. Le Directeur de l'Ecole a essayé de me 'normaliser' en appuyant ma demande de naturalisation chez Pompidou, ex-Normalien. Divine providence (!), le concierge avait dénoncé mon gauchisme, d'où refus!
        5. Doutes sur le monde intellectuel. Sartre n’a pas hésité à appuyer ma demande de papiers par une démarche auprès de Giscard, alors même qu'il avait refusé de répondre à de Gaulle qui pourtant, l'avait appelé «Maître». Etant quelqu'un qui accordait un sens primordial au Maître, je constatai, jusqu’à chez le mien, un décalage à nouveau monstrueux, cette fois, entre la pensée et l'existence (fût-il en ma faveur !).
Ne plus se sentir soi-même
        Me refusant à payer le prix en matière de mœurs dévergondées, comme mes compagnons, je ne pouvais pleinement adhérer au milieu que j'avais pourtant créé. Alors qu'on clamait 'un homme/un homme', 'un homme/un enfant' et toutes les variations, nous vivions en couple classique, ma femme et moi, comme... monstrueux !
        A 7 ans, mon fils revient de l'école et me rapporte qu'on lui avait dit «sale juif». Immense colère : juif haineux de moi-même, j'étais protégé, par un nom propre : Auschwitz, qui ne me permettait pas d’entendre ces mots «sale juif », sans cogner.
         Dans un beau texte, Finkielkraut parle de sa découverte de l'absence de transmission entre lui et son fils. Je n'avais pas ces mots à ce moment-là. J'ai simplement vu que, si je continuais comme ça, je n'aurais plus rien à dire à mon fils. Pis encore, que je n'habitais pas là où je devais habiter, ni ne disais des phrases que je pouvais habiter pleinement.
Du Juif Français au Juif accompli en Israël
N’ayant jamais été «juif-français», j’ai pu quitter la France et aller à Jérusalem, voir le soleil flamboyer au Kotel  : j’ai eu cette chance : quand je voulais être français, je n'étais pas juif mais haineux de moi-même ; et quand Sartre m'a naturalisé, je commençais à être juif.
        La Guéoulah/rédemption s'est imposée (au sens du mot voisin Guilouï) comme un véritable «dévoilement». Dévoilement lié à l’étude acharnée des textes juifs** (« le lernen ») à Strasbourg, comme athée, sans aucune vision ni croyance préalables. Il faut «étudier» de plus en plus pour se débarrasser de l'athéisme ; et ça m'a amené à Jérusalem. Malgré mes excellents Maîtres juifs en France, c'est à Jérusalem, et en Israël aujourd'hui qu'on va jusqu'au bout du retour à la Torah, au-delà d’une simple éthique.  Je reste persuadé que la figure de l'Israélite-français agonise. Makom, le lieu, c’est un nom de D. dans la Tradition. A Jérusalem, on est dans ce Lieu, ce «Makom», qui s’y révèle pleinement à nous, comme nulle part ailleurs.  Sa pierre Even = AvBen, 'du Père au Fils', en fait le Lieu même de la transmission.
**Il faut travailler jusqu'à en crever, étudier jour et nuit quand enfin on découvre la voie de l'étude. C'est cet engagement total qui a plu à Sartre, sans débat contradictoire préalable,  hors démocratie. La démocratie, c'est aussi «le vol» : la démocratie a 'volé' le Sinaï en remplaçant le Décalogue par un "pacte social symbolique", une religion civile. Robespierre  et son "Etre Suprême", c'est ridicule, alors qu'un Juif et son "Chabbat", c’est de l'ordre du normal ! Le Maharal dit de Edom que c'est un «voleur», dans la lignée du Talmud Avoda Zara "Edom n'a, ni écriture ni langue" : il n'a pas la capacité autonome de créer une culture digne de ce nom, non volée aux Grecs... Et notre problème c'est bien le grec ; et la fête principale pour moi, c'est Hanouka et la victoire sur la Grèce !
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5. Les Juifs de Troyes, le Grd Rabbin de France, Rachi
Troyes et ses 60000 habitants, à 200 Km au SE de Paris, sa dynamique communauté juive de quelques centaines de membres qui a été honorée de la 1ère visite du Grand Rabbin de France, de la prochaine visite du Team Roquette (cf. Yerouchalmi N°89). Hommage à son dynamisme et aussi à sa grande figure pour les mondes juif et chrétien : Rachi.
5.1 Les juifs de Troyes

- La Synagogue
          En lieu et place d’une abbaye du Moyen Age, les bâtiments des XVIe /XVIIIe siècle du 5 rue Brunneval abritent la Synagogue** et l’Institut Universitaire Rachi (Centre Européen d’Etudes Hébraïques créé il y a 20 ans). Ces constructions à pans de bois à poteaux, tournisses et encorbellement sont typiques de l’architecture troyenne.
Au dessus de la porte de la Synagogue, animée depuis 50 ans (!) par le Rabbin Elie Semoun, l’inscription en hébreu signifie «J’y entrerai pour louer D.». Une plaque commémore les persécutions qu’a subie la communauté juive pendant la Shoah.  ** en rappelant que l’Eglise voisine St Pantaléon était construite sur l’emplacement d’une ancienne Synagogue détruite.
   - Les juifs au Moyen Age
          La communauté juive a eu, pendant tout le Moyen Age, un rôle important dans le commerce et la banque, sous la protection des comtes de Champagne. Les non juifs de Troyes entretenaient des relations de bon voisinage avec leur communauté juive (10% d’une ville de 4000 habitants), à une époque où les Juifs pouvaient cultiver la terre, employer des chrétiens, échanger des cadeaux, louer les bêtes de labour, posséder du bétail. Les Comtes de Champagne entretenaient aussi les meilleures relations avec leurs Juifs qu’ils n’obligèrent pas, ultérieurement, à porter la rouelle. Tout se dégrada avec les Croisades  et lorsque la Champagne tomba dans le domaine royal par mariage.
- Le vieux Troyes juif
          L’ancienne "froce aux Juifs"où Rachi vécut, composée des rues St Frobert , Boucherat et du Paon, accueillait au XIè plusieurs familles juives, dont celle de Rachi avec son Ecole, ainsi que les frappeurs de monnaie (tâche alors dévolue aux Juifs) du Comté de Champagne, à l'époque, le plus riche de France.
          La Maison de Rachi est, au vu de ses descriptions, située vers l’angle des rue St Frobert et Boucherat.  A l’emplacement de ses anciennes vignes, sont érigés les murs de l’actuelle prison... Le Cimetière Juif qui jouxtait celui des Chrétiens et dont il ne reste rien, était situé dans un sous-sol de l’actuel Boulevard Gambetta.
La riche bâtisse "l’Hôtel du Moïse" dispose d’une niche en encoignure où trône un "Moïse" grandeur nature (copie de celui qui fut détruit) qui porte les Tables de la Loi, et qui arbore deux cornes (! cf. photo). Cette transfiguration du visage de Moïse aux 2 cornes depuis qu'il reçut les Tables est classique dans l'imagerie chrétienne : cela par suite d'une erreur de St Jérôme à propos du verbe "Keren" de la Bible qui, en fait, exprime un visage rayonnant de Moïse et non sa traduction erronée d'un "visage cornu".
   - Les juifs troyens aujourd'hui

Sa Communauté juive, animée depuis 50 ans par le Rabbin Semoun, a quelques centaines de personnes. Dans les années 60, composée d’industriels en bonneterie, ce Rabbin n’eut de cesse d’assurer au minimum l’existence d’une Synagogue et d’un abattage Cacher. Puis, surgit un certain retour au judaïsme et un rajeunissement de la Communauté (belles activités et Site animé par William Gozlan, exemple du genre :   http://www.rachisyna3.info/  ).
        Cela, en même temps que la prise de conscience que Rachi était un champenois gigantesque et méconnu du public. Robert Galley, maire et Ministre à l’époque, créa, avec le Grand Rabbin de France Sirat, l’Institut Universitaire Rachi dépendant de l’Université de Reims. L'Institut accueille près de 150 étudiants par an, toutes confessions confondues ; on y enseigne l’hébreu, la pensée juive, le Moyen Age. On y trouve une grande bibliothèque et un laboratoire de langues, une salle de conférences et d’exposition, ainsi qu’un restaurant.
La Médiathèque de la Ville de Troyes a réalisé avec des co-auteurs renommés comme notre amie Sophie Kessler Mesguich et Gilbert Dahan et, une belle brochure sur Rachi, fort documentée et illustrée que l’on peut lui commander. Un monument à la mémoire de Rachi a été érigé en 1990 place du théâtre de Champagne : le célèbre sculpteur Raymond Moretti a créé une magistrale sphère noire et blanche, gravée en grandes et épaisses lettres noires du nom de Rachi en hébreu (photo).
5.2 Propos du Grand Rabbin de France à Troyes Cf. Article
5.3  Rachi de Troyes, une si grande figure
Cf. "Rachi, les Juifs de Troyes" P. Attali/E. Margen. Ed Ctr Rachi  w.gozlan@wanadoo.fr
- Grandeur de Rachi
RACHI, acronyme de RAbbi CHlomo ben Isaac, est né à Troyes (1040-1105) et y a fondé une fameuse Ecole Rabbinique. La France et les juifs ont commémoré les 900 ans du décès de l’un des plus grands Maîtres du judaïsme par l’ampleur et la profondeur de son œuvre. Il a commenté toute la Bible et tout le Talmud en résumant les traditions et lois y afférant, tout en s’efforçant d’en expliquer le sens premier et les divers niveaux de significations. Il a voulu donner le sens obvie du texte, avec son style concis et son hébreu simple.
        Nombre de ses textes sont aussi étudiés par les exégètes chrétiens dont il fait partie des références. Même si Troyes devait déjà abriter au milieu du XI° siècle une bibliothèque de manuscrits hébraïques considérable, la circulation des manuscrits (l’imprimerie n’existait encore pas) restait difficile, et Rachi était doué d’une mémoire encyclopédique du Talmud.
          A la différence de Maimonide (qui n’eut pas accès à ses œuvres), il n’a ni codifié toute la loi juive, ni négligé l’esprit talmudique, ni les références précises aux Anciens : son commentaire colle au texte talmudique et il se réfère à ses maîtres de Mayence ou Worms. Souvent, il  avoue : "J’ai fait erreur, je renonce à mon opinion antérieure" ou "Je ne sais pas" : là où Maïmonide a tenté de dominer le texte, Rachi s’en est fait le serviteur pour l’expliciter.
Son commentaire de la Bible fut le 1er livre imprimé en hébreu, en 1475 à Reggio - Italie.
- Parcours de Rachi
Rachi débuta ses études sous la direction de son père (qui mourut en martyr de persécution), puis de son oncle maternel Simon l’Ancien, disciple du grand Rabenou Guerchom qui marqua le judaïsme médiéval de Mayence à Metz. Vers l’âge de 20 ans, il alla étudier avec les plus grands Maîtres dans les lieux importants d’Etudes Juives : à Mayence, à Worms.
Rachi devint père de trois filles (mères des Tossafistes, futurs commentateurs du Talmud et de Rachi). De retour à Troyes, il travaille jour et nuit pour de multiples oeuvres : il fonde sa propre école, est Juge rabbinique de la communauté, devient un immense exégète et enseignant et… un viticulteur (!). Sa familiarité avec les tâches d’un fermier, artisan ou marchand expliquent ses commentaires inattendus dont le but est d’éclairer le sens du texte pour ses disciples.  Les dernières années de sa vie furent assombries par les Croisades : son angoisse transparaît dans ses commentaires de Psaumes ou des Chroniques.
- Les apports supplémentaires de Rachi
          A l’époque, nul ne songeait à enseigner le français, un patois populaire : les futurs prêtres étudiaient en latin quand les jeunes juifs apprenaient l’hébreu. Rachi, l’un des tout premiers à traduire ces œuvres en français de l’époque, est un outil précieux pour les linguistes, avec ses plus de 1500 mots qu'il donne en vieux français et qui restent un conservatoire ainsi qu'une source d’accès privilégié à ce vieux langage.
          A noter que ce n’est qu’à la fin du XIX° siècle qu’un ancien élève-rabbin professeur à la Sorbonne, Arsène Darmesteter, découvrit la signification de ces mots en vieux français, indéchiffrables pendant des siècles car écrits en lettres hébraïques. Mort jeune, il fut notamment suivi par David Blondheim en 1930 puis par Louis Brandin, J. Greenberg, nos amis les Pr. Simon Schwarzfuchs et Moché Catane (zl) et par Israël Gukovitzki de Londres.
Ex. de Glose : il donne un accès unique au vieux français 'TORNER'.
Il l’utilise pour traduire  «avra tsourato» (sa forme a changé) dans le Talmud, Baba Batra 95b : «Le verbe ‘TORNER’ est employé dans un sens particulier : ‘tourner la pâte pour lui donner la forme du pain’. Il est accouplé avec la glose 'entorter', arrondir comme pour faire une tarte (certains lisent ‘torter’ au lieu de ‘torner’). ‘Entorter’ est un terme employé par les Juifs pour désigner la forme particulière des miches préparées pour les repas du Chabbat».

          Par ailleurs, ses analyses textuelles constituent souvent une précieuse et première esquisse de grammaire de l’hébreu. Il a aussi donné des «responsa» en latin et en hébreu sur la pratique religieuse, le droit, les sujets économiques et sociaux. Il fut d’ailleurs exemplaire quant à son approche émancipatrice des femmes, et le respect qui leur est dû.
          En prime, ses textes sont des sources d’information précieuses sur la vie des campagnes et des juifs au Moyen Age, en pleine période d’expansion économique avec les Foires de Champagne : en guise d'exemple, le fait que ses responsa évoquent peu les problèmes de prêt d’argent, indique que les Juifs ne sont pas réduits à vivre de l’usure, comme une génération après, avec son gendre, Rabénou Tam.
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5.4 Rabbénou Tam, petit-fils de Rachi : Juif à la Cour ?
par Rami Reiner, Pr.à l’Université Ben Gourion. Adaptation Yerouchalmi.
Petit-fils de Rachi, Rabbénou Tam (Yaaqov ben Meïr 1100-1171), est un commentateur du Talmud et de Rachi (Tossafiste). Il fut ainsi surnommé en référence à la perfection (TAM) du patriarche Jacob. Rabbénou Tam tenait-il un rôle dans le système féodal local ? De nombreux indices semblent le montrer... Faites entrer l'accusé...
          Parmi les nombreuses responsa du petit-fils de Rachi, Rabbénou Tam, l’une qui porte sur la Bible est adressée à Henri Comte de Champagne. Celui-ci partage avec son épouse Marie (fille de Louis VII et d’Eléonore d’Aquitaine), une passion pour… la Bible et son exégèse (!). Des responsa montrent qu’Henri estimait la Thora : exemple, après les massacres de Blois, suite à une accusation de meurtre rituel, Henri écrit : "Nous n’avons pas trouvé dans la loi des Juifs qu’il est autorisé de tuer un non-juif".
          Henri a posé 3 questions à Rabbénou Tam, refusant de tenir compte des réponses du Talmud ou de l’Eglise : a) sur le sort réservé à Hénoch, b) sur la différence de sort entre Saül et David après leurs fautes, c) sur l’altération lépreuse des maisons. Sur les 2 premières, Rabbénou Tam lui répondit : a) qu’Hénoch était le 7ème et que D. apprécie le 7 symbole du Chabat ; b) sur David et Saül, Rabbénou Tam répond par une parabole.
   - L'analyse montre que R. Tam avait intériorisé les valeurs de la société féodale, à la base des obligations du vassal envers l'expression que le Rabbin emploie : «Son Seigneur».
   - Dans une autre responsa, adressée cette fois, aux Rabbins de Paris, il parle également de "Mon Seigneur". Enfin, dans une autre lettre, il évoque l'expression "Mon Souverain".
   - Un texte du Roch : «Rabbénou Tam mettait des ongles d’argent à son aigle lorsqu’il voulait manger des produits de sa chasse», ce qui indiquerait que R. Tam chassait à l’instar des Nobles de France. On ne peut douter de la crédibilité de cette description.
          Ainsi, nous apprenons que Rabbénou Tam, petit-fils de l'illustre Rachi, était plus impliqué dans le monde français et champenois que l’on pouvait le supposer.
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