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16/6/09-YEROUCHALMI®N°96-24 Sivan 5769

Pour nos 10573 membres, Israël et la Tradition
.
         Important discours du 1er Ministre israélien
     1. Lévinas à votre portée, Félix Perez avec Georges Hansel
     2. Le Déni de Grossesse, avec le Pr Israël Nisand
    
3. Yerouchalaim Chel Zahav - Chanter, comprendre, pleurer
     4. Des Murs pour prier, protéger, séparer (aspects non traités au N°95)
     5. Israël au million de francophones
Imprimez ou téléchargez le PDF    cliquez sur   PDF N°96      
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Important discours du 1er Ministre israélien:
       Le 1er Ministre israélien, B. Nethanyahu, a prononcé son très important discours relatif au plan de paix israélien face aux pressions récentes des USA et d'Obama, plus proche que jamais du monde islamique...  En dehors de la menace nucléaire iranienne inacceptable pour Israël, le Premier Ministre israélien, très clair, a posé 6 conditions préalables à la création de tout Etat palestinien - et qui sont très loin d'être atteintes alors qu'elles sont indispensables pour l'équité et pour la sécurité d'Israël :

1/ Que les Palestiniens reconnaissent qu'Israël est un Etat juif
2/ Que ce futur Etat soit "démilitarisé",
c'est à dire ne dispose d'aucune armée.

3/ Qu'aucun réfugié palestinien n'ait droit au retour.
4/ Que Jérusalem soit la capitale unie d'Israël.
5/ Que le Fatah reprenne Gaza au Hamas.
6/ Que la colonisation "naturelle" continue.
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1. Lévinas à votre portée, Félix Perez avec Georges Hansel
En italiques, les commentaires des textes de Levinas, eux mêmes adaptés extraits de : "Hors sujet", Ed. Fata Morgana ; "De l’Un à l’Autre - Entre nous", Ed.Grasset ; "Du Sacré au Saint - 5 Lectures Talmudiques", Ed de Minuit.
Commençons cette série avec 2 sujets essentiels chez Lévinas dont nous montrons le lien :
a) Autrui, le Visage et la Responsabilité  et  b) les Droits de l'Homme

1.1 Autrui, le Visage et la Responsabilité
Autrui et le Visage

La proximité de l’autre est signifiance du visage, nu et sans-défense, la vulnérabilité même. Mortel avant tout savoir sur la mort.
Pour Lévinas, Autrui est «visage», pas un visage en tant que pouvant se fixer dans la mémoire, mais une présence. «Visage» qui est à la fois demande, commandement, enseignement. Dès lors, le «visage» exige réponse aide, sollicitude : il oblige ! C'est la Responsabilité à l'égard d'autrui.
Le Visage me rend Responsable
Cet en-face du visage me réclame : la mort de l’autre homme me met en cause comme si je devenais, de par mon indifférence, le complice ; et comme si j’avais à répondre de cette mort de l’autre, et à ne pas laisser autrui seul à sa solitude mortelle. C’est précisément dans ma responsabilité devant ce visage qui me réclame, c’est dans cette mise en question que cet autrui est prochain. Par éthique, Levinas entend la responsabilité pour autrui à laquelle le moi ne peut échapper et que personne ne peut remplacer. La survenue d'autrui arrache le moi à sa condition pour le placer en infiniment obligé (notion générale mais dont des exemples sont connus : priorité aux parents, préoccupation pour le démuni ou l'étranger, priorité au féminin, «après vous» de la politesse,…).
Ma Responsabilité est illimitée

L’altérité d’autrui est la base même du «tu ne commettras pas de vol/ de meurtre» et, en moi, crainte pour tout ce que mon exister, risque de commettre de violence ou d’occuper la place d’un autre et ainsi, concrètement, de l’exiler, ou pire, de le tuer.
Ainsi se dégagerait, dans cette crainte pour l’autre homme, une responsabilité illimitée, dont on n’est jamais quitte, même si elle se limite à répondre, dans un impuissant affrontement avec la mort d’autrui «me voici» (à la manière d'Abraham répondant à D). Chez Levinas, la relation à autrui est fondamentalement dissymétrique : ni rencontre sur un pied d'égalité, ni amitié à base de réciprocité, ni résultat d'un contrat et même pas librement choisie !
Responsabilité qui définit l'Humain
Responsabilité qui garde le secret de la socialité, dont la gratuité totale s’appelle amour du prochain, sans concupiscence, mais aussi irréfragable que la mort.
Socialité à ne pas confondre avec une quelconque privation dans l’unité de l’Un. Du fond de la naturelle persévérance dans mon être de mon identité originelle, mais contre cette persévérance et, contre cette identité– se lève, éveillée en face du visage d’autrui, une responsabilité pour autrui à qui j’ai donc été voué avant tout vœu, avant d’être présent à moi-même ou de revenir à soi. Véritable humanité de l'homme : sa subjectivité ne se définit plus comme sa persévérance dans l'être, mais au contraire comme sa sujétion à autrui.
Pour Arbitrer parmi tous les autruis :
a) La Loi

Mais se présentent tous les autruis en même temps! Si je donne tout au premier, je lèse les suivants : il me faut comparer, «juger». C'est sur la Loi,
que je vais m'appuyer pour fixer une limite à la générosité envers autrui, et protéger les autres autruis. La Loi,
loin de se réduire à limiter les appétits de l'homme (loup pour l'homme), gagne ainsi une dimension de "justice", au sens non répressif de "juste punition" mais au sens social de "juste contribution".
b) Les Institutions
Et pour prioriser, s'imposent le droit et les institutions ; et pour nourrir, les sciences et la technique. Voilà ainsi la société des hommes au cœur des priorités : rien n'est plus étranger à Levinas qu'une certaine écologie, qui magnifie la nature au prix d’un dénigrement de la science ou de la technique. L'éthique (de la Bible) doit se prolonger par la science, par l'institution, par la politique (de la Grèce) : «l'Europe, c'est la Bible et les Grecs».
1.2 Les Droits de l'Homme
Le Droit des Droits
Cette Institution peut oublier sa justification, écraser l'humain dans une totalité impersonnelle. L'institution doit dès lors pouvoir être critiquée, sans cesse améliorée : en dernier ressort, la morale doit contrôler l'Etat, ainsi qu'un Droit au dessus du Droit, "les Droits de l'Homme".
Les «Droits de l’Homme», sont des droits plus légitimes que toute législation; irrévocables et inaliénables, ils expriment de chaque homme l’altérité. Assomption de la liberté qui n’a été rendu possible que par une époque et par une civilisation où science et technique assurent les conditions préalables à leur respect (le pain pour tous). Evénement de notre Occident des Lumières, même si les impératifs bibliques : «Tu ne tueras point» et «Tu aimeras l’étranger» attendaient ces "Droits de l'Homme", depuis des millénaires.
Pour Arbitrer parmi tous les Droits
L’homme gagne le droit à une place exceptionnelle, extérieure au déterminisme des phénomènes, prémunie contre les lois naturelles, garantie par des Lois.
Ce qui implique l’exercice effectif de ces droits ; droit à la vie et à la sécurité, à l’égalité, à la liberté de pensée, à l’éducation, à la santé, au travail et au repos, droits syndicaux, au progrès social, ainsi que le droit d’assurer les conditions politiques de ses luttes.
Il est alors nécessaire de se demander
- quels sont l’urgence et la hiérarchie de ces droits divers et
- s’ils ne compromettent pas les droits fondamentaux quand on exige tout inconsidérément.
La liberté de chacun, l’unicité de la personne— ne courent-ils pas le risque d’être démentis par les droits de l’autre homme ? Une liberté n’est-elle pas pour l’autre volonté, sa négation possible et une limitation ? Limité ainsi par la justice, la paix qu’il instaure entre les hommes, ne reste-telle pas toujours précaire ?
D'abord les «Droits de l’Autre Homme»
Il s’avère ainsi nécessaire de ne plus comprendre les Droits de l’Homme exclusivement à partir d’une liberté, nécessaire négation d’une autre liberté. Ma liberté et mes droits, avant de se montrer dans ma contestation de la liberté et des droits de l’autre homme, se montreront précisément en guise de responsabilité, dans la fraternité humaine qui confère alors aux "Droits de l’Homme", compris comme «Droits de l’Autre Homme» et comme devoir pour moi, une stabilité meilleure que celle que garantit l’Etat.
Ce devoir à l’égard d’autrui qui interpelle ma responsabilité, devient investiture de ma propre liberté ; responsabilité irrécusable pour laquelle je retrouve mon élection comme individu unique. L’humanité de l’homme éclate ainsi, imposant l’exercice d’une liberté où le moi se dégage de son égoïsme pour répondre d’autrui. L’un et l’autre, c’est l’un en face de l’autre qui est visage qui me regarde en «me concernant comme quelqu’un dont j’ai à répondre».
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2. Le Déni de Grossesse, avec le Pr Israël Nisand
L'affaire "des bébés congelés" jette un coup de projecteur sur le "déni de grossesse", phénomène ignoré du grand public comme de nombre de médecins : le fait pour une femme enceinte (et son entourage) de ne pas en être conscience parfois jusqu'à l'accouchement. Chaque année en France, 1500 femmes enceintes (1/500) font un déni "partiel" de grossesse, dont plus de 300 font un déni "total" jusqu’à l'accouchement. Ce phénomène montre de manière fascinante le poids incroyable du psychique sur le physique pour son spécialiste, le Professeur obstétricien Israël Nisand du CHU de Strasbourg. Là aussi réside la clé de son refus par médecins et grand public, incrédules dans un «déni du ‘déni de grossesse’». NB : On retrouve le poids considérable du psychique sur le physique que la Thora annonce dans les cas de lèpre lié à des comportements fautifs, d'épreuves concernant la femme adultère...   adaptation, rédaction Yerouchalmi
  Le "Déni de Grossesse" ?
        Pour Israël Nisand, le déni de grossesse est l'envers de la grossesse nerveuse (grossesse psychique, sans grossesse physique), une grossesse physique sans grossesse psychique. Ce phénomène peut concerner tous les âges, toutes les catégories sociales et professionnelles, avec pour la moitié, des femmes déjà mères. Il touche aussi des femmes qui désirent vraiment un enfant, mais qui dans l'incapacité de gérer la sphère sexuelle ou reproductive, se retrouvent dans un contexte où la grossesse ne peut être parlée.
        Toute généralité sur le déni de grossesse est condamnée à l'erreur : il n’est pas une maladie mais un symptôme qui s'inscrit dans une pathologie psychique plus ou moins grave, avec des causes et des modalités différentes d’une femme à l’autre. Pour le savoir, on doit aller chercher dans l’histoire de la patiente, dans son enfance, sa famille.
Le poids du psychique sur le physique
        Ce poids est tel pour Israël Nisand que «il ne suffit pas d'être enceinte car s'il n'y a pas de parole, il n'y a pas d'enfant à porter, il n’y a que de la tumeur humaine». Le physique suit le déni imposé par le psychique : la femme lutte inconsciemment contre la déformation de sa silhouette en musclant sa sangle abdominale ce qui verticalise l'utérus qui se développe vers le haut au lieu de se développer vers l'avant. Le corps ne présente pas de signe de grossesse, et… pas de sensations du bébé qui bouge!
        Plus extraordinaire : dès qu'on lui annonce qu'elle est enceinte, sa grossesse devient vite visible. Avec la reconnaissance psychique, l'utérus a rebasculé vers l'avant.
L'Accouchement après le Déni
Lorsque le déni est partiel : les grossesses se terminent souvent par un abandon à la naissance. Dans tous les cas, comme il ne suffit pas d’être enceinte pour faire un enfant, il y aura un défaut de lien mère-enfant. Il y aura aussi un fort sentiment de culpabilité et la mère aura besoin d’être fortement soutenue.
Lorsque le déni est total : l’accouchement surprise (souvent dans la solitude) entraîne sidération et grande douleur psychique. Un quart de ces femmes accouchent chez elles, au bureau, dans leur voiture, n'importe où. Nne sachant pas faire les manoeuvres, le drame se termine souvent par la mort du bébé par infanticide inconscient (rare), accident ou manque de soins (le bébé, n’ayant jamais été, au cours de la grossesse, un être humain à part entière, est traité comme un déchet et peut décèder). Dans un état d'irresponsabilité et  d'hébétude totales, la mère n'a pas conscience de tuer un enfant.
Soutenir toutes les femmes enceintes
        Toutes les femmes qui attendent un enfant souffrent d’une grande solitude. S'il est vrai que nos maternités s’occupent efficacement de l’aspect physiologique, elles n’ont pas pour mission la prise en charge du psychisme des femmes au cours de la grossesse. Or, ces femmes ont également besoin d’un important soutien psychologique. Elles doivent en effet faire face à une grande angoisse dans tous les cas.
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3.Yerouchalaim Chel Zahav : chanter, comprendre, pleurer
"Yerouchalaim chel Zahav" , est l’une des plus belles chansons de d'Israëdl, par sa poésie, ses racines bibliques, son évocation de la Guerre des 6 jours et du destin d’Israël. Histoire de cette chanson, sites vidéos internet, phonétique et français…
Origines talmudiques et populaires
Naomi Shemer écrivit le célèbre "Yerouchalaim chel Zahav" (Jérusalem d’Or) qui décrit la nostalgie juive de Jérusalem, avec à l’esprit le bijou spécial mentionné par le Talmud dans un Midrach relatif à Rabbi Akiva** et les dimensions religieuses associées.
Le début en fut chanté pour la 1è fois par Choulli Nathan (photo centre, qui d’inconnue allait devenir populaire)   http://www.youtube.com/watch?v=08lKGzOGRKE   au Festival de Musique israélienne, 3 semaines avant la Guerre des 6 jours. Il devint un succès immédiat.
**Ketoubot 62 Rabbi Akiba travaillait chez Kalba Saboua, fortuné de Jérusalem, dont il  épousa,contre sa volonté, la fille Rachel. Elle quitta l'opulence au point de dormir sur la paille, mais, néanmoins, encourageait son mari à étudier plus qu'à lui assurer son confort perdu : "va étudier la Thora avec les Maîtres Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua" . Rabbi Akiba lui promit : Si je deviens riche, je t'offrirai un bijou en or sur lequel sera gravé le dessin de la ville de Jérusalem, un «JERUSALEM CHEL ZAHAV»! Devenu le grand Maître que l'on sait, il tint effectivement cette belle promesse.
Guerre des 6 Jours et Naomi Shemer
Quand Naomi Shemer entendit les soldats chanter sa toute jeune et encore incomplète 'Yerouchalaim chel Zahav" devant le Kotel, qui venait d’être libéré le 7 juin, elle eut l’inspiration immédiate de la compléter par ses dernières strophes.
        L’auteur précisa qu’elle avait été inspirée par la « grande histoire » - les 2000 ans de non souveraineté juive en Israël – plus que par l’histoire récente depuis la création du pays.
Un Succès Total à Voir et  Ecouter
"Yerouchalaim chel Zahav" fut traduite dans de nombreuses langues, chantée par de multiples interprètes, désignée ‘chanson israélienne de 1967’ et faillit devenir l’hymne national israélien après des débats à la Knesset. 3 vidéos en ligne
    a) Sur belles images d’Israël    http://www.youtube.com/watch?v=uMa-7BaKxOc    
    b) Par Ofra Haza    http://www.youtube.com/watch?v=lRijgRZmqvI  
***c) Superbe : Film "Pour Sasha"   http://www.youtube.com/watch?v=uVXyogBnjEU 

Phonétique pour chanter sur la Vidéo
Avir harim tzalul kayayin Vereiach oranim /
Nisa beru'ach ha'arbayim Im kol pa'amonim.
Uvetardemat ilan va'even Shvuyah bachalomah /
Ha'ir asher badad yoshevet Uvelibah chomah.
Yerushalayim shel zahav Veshel nechoshet veshel or Halo lechol shirayich ani kinor (bis)
Eicha yavshu borot hamayim Kikar hashuk reikah /
Ve'ein poked et har habayit Ba'ir ha'atikah.
Uvame'arot asher basela Meyalelot ruchot /
Ve'ein yored el yam hamelach Bederech Yericho.
Yerushalayim shel zahav Veshel nechoshet veshel or Halo lechol shirayich ani kinor (bis)
Ach bevo'i hayom lashir lach Velach lik'shor k'tarim /
Katonti mitze'ir bana'ich Ume'acharon ham'shorerim.
Ki shmech tzorev et hasfatayim Keneshikat saraf /
Im eshkachech Yerushalayim Asher kulah zahav...
Yerushalayim shel zahav Veshel nechoshet veshel or Halo lechol shirayich ani kinor (bis)
Chazarnu el borot hamayim Lashuk velakikar /
Shofar kore behar habayit ba'ir ha'atikah.
Uvame'arot asher baselah Alfei shmashot zorchot /
Nashuv nered el yam hamelach Bederech Yericho!
Yerushalayim shel zahav Veshel nechoshet veshel or Halo lechol shirayich ani kinor (bis)

Paroles en français adaptées au rythme hébreu (F. Perez)
souligné,'e' est prononcé
L'air des montagnes est pur comme la vie / la bonne odeur des pins
Est transportée par le vent du soir / avec le son des cloches.
Et quand sommeille l'arbre et la pierre / bien enfouie dans son rêve,
S'abîme la ville sainte solitaire /un mur au fond du coeur.
Jérusalem la ville d'or, ville de bronze et de lumière, je veux réciter tes chansons, comme un violon
Comme ils sont à sec tous tes vieux puits ! / Comme tes marchés sont vides
Nul oeil ne guette le mont du Temple, / dans ta si vieille Ville.
On peut entendre hurler les vents au / milieu de tes rochers
Déserte est ta Route de Jéricho / qui va vers la Mer Morte.
Jérusalem la ville d'or, ville de bronze et de lumière, je veux réciter tes chansons, comme un violon
Venue aujourd'hui chanter pour toi, / te tresser des louanges
Je suis moins que tes moindres enfants / que tes moindres poètes.
Car, comme le baiser d'un séraphin, / ton nom brûle les lèvres 
Si je t'oublie ô Jérusalem, / toi qui est toute d'or.
Jérusalem la ville d'or, ville de bronze et de lumière, je veux réciter tes chansons, comme un violon
Nous revenons fréquenter tes puits, / tes marchés et tes places
Ressonner le Cor au Mont du Temple / dans ta si Vieille Ville.
Voilà qu'au milieu de tes rochers / tant de soleils rayonnent
Que tant, par ta Route de Jéricho / rejoignent la Mer Morte.
Jérusalem la ville d'or, ville de bronze et de lumière, je veux réciter tes chansons, comme un violon
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4. Des Murs pour prier, protéger, séparer
Des murs pour fixer les prières voilà l’idéal juif. Mais l’homme a dû en venir à les utiliser pour protéger son intimité quand les tentes des Hébreux pudiques n’étaient plus suffisantes, pour marquer sa propriété, et pour séparer des populations ennemies dans des situations d’impasse politique. Ethnographie appliquée et rappels juifs ou historiques…
Des Murs de noblesse
        Un mur c’est l’endroit idéal devant lequel se concentrer pour prier en fixant son regard, sans tentation externe de distraction et en consacrant ainsi ses pensées aux paroles de nos prières, vieilles de 3000 ans. C’est ainsi devant un mur blanc que notre regretté ami Bernard Picard (zl), Directeur de Yabné Paris, préconisait de prier dans un émouvant article de journal. La Halakha qui préconise d’orienter ses prières vers le Temple de Jérusalem n’oblige pas à utiliser une boussole pour orienter son corps mais au contraire demande de choisir de viser le mur le plus proche de la direction idéale s’il ne s’en écarte pas trop.
        Les tentes de Hébreux dans le désert ne disposaient pas de murs, voire même, se faisaient face, sans que l’intimité de leurs occupants n’en souffrent, ce qui valut à Israël la plus belle bénédiction de Bilaam, venu pourtant les maudire : «Ma Tovou Ohalekha Yaakov, Michkenotekha Israel » : « Qu’elles sont belles tes tentes ô Jacob, tes demeures ô Israël ». Cette situation n’a hélas pas duré, c’est avec l’expression du sentiment fort de la propriété privée que la pratique des maisons et des murs s’est généralisée.
Des Murs de Sainteté
Ses Murailles bâties par David il y a 3000 ans, puis par les juifs de Babylone à leur retour il y a 2500 ans, délimitent, selon le Talmud Kelim, des sphères de sainteté du Monde. De ces Murs, il ne subsiste que le Kotel. La muraille physique d’il y a 2500 ans a été détruite après une première brèche ennemie célébrée dans le deuil le 17 Tammouz (vers juillet).
        Ce deuil symbolise aussi les brèches faites dans nos vies par le malheur ou nos transgressions et doit nous rappeler le Mur spirituel qui lui subsiste encore aujourd’hui : la Loi Orale. En effet, les hommes de la Grande Assemblée après le retour de Babylone érigèrent cet autre mur en édictant : «Bâtissez un mur autour de la Torah» qui ressemble à un jardin précieux, qu'on aurait tôt fait de saccager si un mur protecteur ne l’entourait.
Des Murs de délimitation du privé
        Des murs, c’est surtout la garantie pour chaque citoyen de protéger son intimité contre l’indiscrétion des autres et quelquefois même, c’est un obstacle pour la convoitise et la malveillance des importuns. Qu’il soit construit en pierre taillée, en brique, en pisé ou que ce soit simplement une clôture faite d’épineux, de roseaux ou de bambous, ou alors un simple tissu jeté sur un fil tendu, le mur marque les limites à ne pas franchir. Les murs sont sensés abriter en leurs seins les trésors de leurs propriétaires. Tels ceux des maisons des juifs hongrois déportés dans les camps, détruites par des voisins jaloux à la recherche malsaine du légendaire or des paysans juifs (film «Le long chemin» de Simon Wiesenthal). Ou ceux que la Metsora (lèpre biblique) atteint pour la même raison selon nos exégètes.
        D’autres références juives aux Murs comme protections ou dangers à éviter : on doit bâtir un mur (parapet) autour d’un toit pour parer au cas de la chute accidentelle de ce toit. On doit éviter de placer une barrière devant un aveugle.
Des Murs de délimitations géopolitiques
        L’histoire a gardé mémoire des grands murs. Muraille des Chinois face aux Mongols ; Mur de l'empereur romain Hadrien, face aux Pictes (Ecossais) entre Ecosse et Angleterre ; "Mur de la honte" dans Berlin en 61, pour stopper l’hémorragie vers l'Occident.
        Des Murs récents entre Etats ou ethnies sont cités dans le N°95 du Yerouchalmi.
Des Murs immatériels mais solides
Jéricho était une ville entourée de murs que les Hébreux, sans expérience militaire, devaient démolir. D. donna ses bizarres mais efficaces instructions : pendant 6 jours, soldats et sacrificateurs portant trompettes et Arche d’Alliance devaient faire 1 tour de la ville en silence puis, 7 le 7ème jour, avec les sonneries des trompettes et les clameurs du peuple. Des événements qui nous tourmentent et que nous ne parvenons pas à maîtriser sont comme des "forteresses"  imprenables : la chute de Jéricho apprend à ne pas se fier au seul raisonnement humain, en recourant à l’aide de D., comme les Hébreux qui ont attendu 7 longs jours, armés de patience et de confiance en Lui
        Un mur n’est que l’expression d’une impasse politique qui, si elle durait, mènerait effectivement dans … le mur. On est bien loin du fameux rideau de fer attribué à l’ex-URSS par les nazis, formule reprise par Churchill qui l’adopta pour l’histoire. On ne parlera pas du mur du silence qui entoure certaines situations indélicates ni de celui du mépris, tel le titre du livre de Sartre ou de ce film américain sur l’antisémitisme yankee.
          Les murs rassemblent aujourd’hui ceux que l’extrême droite vilipendait dans les années 40 et qui restent la cible des attaques des rouges-bruns-verts, même s’ils ne sont pour rien dans la maçonnerie évoquée dans cet article : les francs-maçons avec leurs secrets enfermés dans un mur de silence, les juifs avec les 2 murs d’Israël, et la grande finance... à Wall Street** même : la Rue du … Mur !   
**L'étymologie de "Wall Street" vient des Wallons francophones qui y habitaient. Comme il y avait aussi un mur, l'histoire a retenu à tort une étymologie issue du mot Wall = Mur...
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5. Israël au million de francophones
        Le phénomène linguistique marquant d’Israël est la rédemption de l’hébreu comme langue parlée légitime, qui, symbole identitaire de toutes les diasporas, a alors été le creuset de la nouvelle société. L’idéologie dominante attend de tous l’assimilation de ses valeurs et l’adoption de l’hébreu. L'anglais et le français auraient pu être la deuxième langue du pays. Le français s'est disqualifié depuis l'abandon de la France lors de la Guerre des 6 Jours mais reste néanmoins très vivant et pourrait l'être bien davantage.
        Les langues en circulation y seront analysées selon les gains qu’elles déterminent :
a) comme marqueur collectif (sentiment d’appartenance collective), b) comme symbole (international, culture, éthique), c) comme capital linguistique (ressources culturelles, opportunités d’emploi, tourisme, relations internationales).

Poids du Français en Israël
        Israël compte 120000 français binationaux, un demi-million de francophones (8%) et plus d’un million de gens connaissant le français (20%). 35000 élèves de secondaire, 5000 auditeurs libres et 2000 universitaires y apprennent le français ; ils sont nombreux à passer le français au bac. Le français arrive en 2è position après l’hébreu et l’anglais; Ben Gourion avait envisagé qu'il soit, avec l’hébreu, la langue officielle d’Israël ! Autres indices de la vivacité francophone : le succès des voitures, des chanteurs, des livres français...
Israël dans la Francophonie !
        Néanmoins, Israël reste le grand absent des 56 pays de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) (dont la plupart comptent moins de parlant français comme Egypte ou Albanie !). En 1995, le Liban s’y était opposé alors que tout nouvel entrant doit être adoubé à l’unanimité et que la Mauritanie et le Tchad y sont aussi plutôt hostiles.
        Position officielle de la France : «La position de la France est très claire : elle soutient totalement l'adhésion d'Israël à l’OIF. Le Président de la République l'a exprimé sans ambiguïté à l'occasion de la visite en France du Président israélien. Ceci contribuera au renforcement de nos liens d'amitié avec Israël, où la population francophone est nombreuse et donne toute sa légitimité à son adhésion d'Israël à l'OIF».
Risque de recul du français
        Aujourd’hui, l’Union pour la Méditerranée de Sarkozy est amenée à succéder à ce cercle trop large et peut-être est-ce là un nouvel espace politique pertinent pour Israël. En attendant, Israël étant laissé de côté, l’étude et la pratique du français y sont en net recul.    - Notre amie, la Pr. Betty Rojtman, de l’Université de Jérusalem, estime que la situation se dégrade, du fait de budgets réduits. La fermeture du département de français est envisagée, alors que la pensée contemporaine française continue d’intéresser les étudiants.
   - L'Institut Lévinas, qui n'a jamais reçu le moindre subside de la France fonctionne grâce aux dons privés. Ce centre francophone, dédié à l'étude de l'oeuvre de l'un des penseurs les plus importants du XXe siècle, est pourtant le fleuron culturel de la francophonie israélienne.
        La francophonie coûterait à Israël 30 millions $/an à verser dans une organisation plutôt inamicale mais permettrait a) de le faire découvrir au monde, autrement que par le prisme du conflit israélo-palestinien, b) de lui donner des opportunités de rencontres inattendus, avec le Maghreb ou d’autres pays arabes…
L'importance prédominante de l'anglais
De ce fait, l’anglais y reste prédominant et cela est aussi lié à des facteurs structurels :
   - Israël est né de la Palestine sous mandat britannique
   - Ses intérêts politiques, économiques et touristiques l’orientent surtout les USA
   - Israël est un petit pays dont la langue n’est pas parlée hors de ses frontières.
        En conséquence, nombre de familles originaires du Maroc, ont certes continué de parler français, mais déjà moins dès la première génération. Même parmi les classes moyennes éduquées par l'Alliance Israélite, les jeunes vont étudier l’anglais après l’hébreu. Même si une certaine continuité du français existe dans le cadre de la famille, sa pratique se restreint au fil du temps : à la 3è génération, et malgré la persistance d'une familiarité avec le français, l'anglais est devenu la langue principale, après l’hébreu.
Les francophones d'Israël
        Le profil social de ceux qui néanmoins apprennent le français : des individus de classe moyenne, instruits et citadins, aux parents sont souvent non francophones. Peu intéressés par la culture française, ils sont motivés par les contacts et la communication que le français représente, en supplément de l’anglais. Faveur dont les indices sont nombreux : l’adoption par l’hébreu parlé de nombreux mots et expressions venant du français ; la demande répétée de parents d’élèves d’élargir l’enseignement scolaire du français...
         Dans ce marché aux langues, Israël illustre la possibilité que, hors l’anglais en tête, le français puisse jouir d’un rang spécial par l’attrait qu’il persiste à exercer.
Soutenir le français en Israël
        Le français apparaît comme une langue internationale qui, comme d’autres, permet des contacts et des accès à de nouveaux savoirs et activités. S’il se trouve en concurrence avec d’autres langues, c’est une concurrence productive, car dans cet hypermarché de langues, on n’acquiert pas nécessairement, bien au contraire, un seul produit. C’est la notion elle-même de francophonie qui se transforme en recevant un nouveau sens.
        Plus qu’une adhésion à une organisation, ce qui compte c’est l’existence d’une infrastructure et d’une volonté et la France y travaille, en favorisant le rapprochement avec les réseaux francophones et avec le nouvel Institut français de Tel Aviv. Avec l’objectif de former un réseau des organisations francophones d’Israël pour permettre aux Français attachés à leur culture d’origine, de pouvoir vivre pleinement leur double nationalité.
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Des Institutions francophones en Israël
   - L’Alliance Israélite Universelle a été fondée à Paris en 1860 par 6 personnalités juives avec Adolphe Crémieux, pour une synthèse entre les Lumières et le judaïsme. L'AIU considère la culture et de la langue françaises comme facteur d'accession au monde moderne. Avec 20 000 élèves qui y suivent un enseignement du français, c'est un des plus importants réseaux de diffusion de la francophonie en milieu scolaire dans le monde.
   - L’Association France-Israël dont on a fêté en 2006 le 80e anniversaire a été fondée avec le soutien des autorités politiques françaises de l'époque. Paradoxe, elle est l'héritière de l'ex « France-Palestine » fondée en 1926 par le Président du Conseil Paul-Boncour et par le Président Doumergue pour faire connaître les droits imprescriptibles de la nation juive sur Israël. Elle est devenue France-Israël en 1948, à la naissance d'Israël, pour prôner l'amitié entre les 2 pays, comme impératif d'ordre moral fondé sur des valeurs communes.
   - La Loge Bnai Brith Robert Gamzon Jérusalem
  regroupe de très nombreux adhérents. Elle est un espace de réflexion sur ce qui concerne Israël et  sur ses liens avec la France.
   - L’Institut français de Tel-Aviv (Ambassade de France en Israël) fait partie d'un réseau mondial de plus de 150 Instituts pour la diffusion de la langue et de la culture françaises.
   - Le Centre culturel Romain Gary inauguré en 2000 à Jérusalem, a pour mission la promotion de la langue et de la culture francophones, notamment par la programmation d'activités culturelles, des cours de français, d'une médiathèque, d’un centre d'information.
   - L’Institut d'Etudes Lévinassiennes est un lieu de réflexion et de recherche consacré à Lévinas, fondé à Jérusalem en 2000 par Benny Lévy, BHL et Alain Finkielkraut. Ce centre dédié à l'étude de l'oeuvre de l'un des penseurs les plus importants du XXe siècle, est indéniablement le fleuron culturel de la francophonie israélienne.

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