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     2/6/09-YEROUCHALMI®N°94-10 Sivan 5769

          Avec nos 10148 membres - Israël et la Tradition   
1. Psychiatrie et judaïsme, Boris Cyrulnik
2. Freud / le déni d'Israël, Gérard Huber
3. Les USA, Israël et le Monde : fin d'un mythe?
4. Les Juifs d'Ouzbekistan, hier et aujourd'hui
5. Le Poisson dans la Tradition Juive

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Nous avons ensemble dépassé les 10000 membres concernés par Israël et la Tradition.
     La 10000ème inscrite,
Esther Japhet, est représentative de nos ambitions :
a) avec Jean-Claude son mari et sa famille, elle vient de faire son Alya
b) ses enfants ont fréquenté les lycées sionistes traditionnels Hirsch et Yavné de Paris
c) son fils aîné a fréquenté la Yechiva du Rav Botchko, partenaire de Yerouchalmi
d) avant de rejoindre Tsahal et de poursuivre ses études. Notre amie a gagné le livre du Rav Botchko sur l'Alya et de Janine Zerbib (éd. Ajeclap), préfacé par un essai du Grand Rabbin de France, "Les étoiles brillent dans la nuit" sur le judaïsme face au handicap. Mazel Tov à Esther, nos voeux de bonheur à son époux, ses enfants et leurs proches.
 

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en cliquant sur  PDF N°94  
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1. Psychiatrie et judaïsme, avec Boris Cyrulnik
adapté Yerouchalmi  Ed. O. Jacob : "De chair et d’âme", "Les nourritures affectives", "Le murmure des fantômes". Ed. Le Chêne : "Fabuleuse aventure des hommes et des animaux".
Boris Cyrulnik, le psy français le plus célèbre, est juif rescapé. Sous Vichy, à 5 ans, il est raflé avec 1700 juifs à Bordeaux. Parvenant à s'échapper il en est le seul survivant ! «Si j'ai eu le culot de m'évader, c'est parce que ma mère m'a donné confiance en moi». Prémices de la fameuse «résilience»? Ce mot, emprunté à la physique, désigne l'aptitude à se renforcer après un coup et Cyrulnik en est le vulgarisateur, expliquant comment, même dans les pires cas, on peut reprendre goût à la vie, grâce aux liens sociaux. Yerouchalmi a tenu à souligner les parallèles avec les enseignements du judaïsme ( NB en italique).
Comprendre le Mal absolu
        J’ai cherché à comprendre comment des hommes ont pu commettre de telles horreurs : Ce sont des "pervers" ou des "pervertis". Pour les "pervers", l’autre n’a jamais existé : ils sont restés au stade du nouveau-né, pour qui l’autre n’existe que pour les nourrir. Les  "pervertis", vivent dans 2 mondes : l'un de cruauté, l'autre où il rentrent chez eux embrasser leurs enfants…Dans Shoah, Lanzmann interviewe un polonais d’Auschwitz, qui répond à  «à deux pas des barbelés, ça ne vous faisait pas mal ?»  : «Pourquoi donc ? Si l’on vous coupe vos doigts, les miens vont bien !». Si l’on brûle des milliers de personnes, ce sont eux qui brûlent ; moi, je laboure mon champ ! Cet homme est un pervers par arrêt d’empathie.
Terrible silence après la Shoah
On faisait taire les enfants juifs qui avaient subi le massacre de leur famille. En Europe, 9 enfants juifs sur 10 ont été passés au four en 3 ans. En France, 11.400 enfants, car des chrétiens les ont protégés, malgré Vichy et la Collaboration. Mais on ne pouvait pas en parler car ça aurait compromis la réconciliation nationale avec risque de guerre civile. Tout le monde était complice de ce déni. Avec ce traumatisme, on se sent comme un épouvantail, on se vide de soi-même. Le déni protège de la souffrance, empêche un nouveau développement. Sans solidarité, dur de réintégrer sa place d'humain : le dire permet d'enclencher le processus de résilience, si la parole partagée l'est dans la confiance en l'autre.
Autrui est essentiel 
NB : Lévinas avait insisté sur la dimension fondamentale et essentielle de la rencontre avec autrui qui relève, dans le judaïsme, d'une certaine transcendance.
Le 1er facteur de résilience, est l'affection d'autrui, la capacité à compter sur lui. Par des mots, je peux plus que vous informer : modifier votre état physique (faire pâlir, rougir, rire, bailler, hurler) ou affecter vos sentiments (vous convaincre, vous amuser, vous irriter, vous insulter, vous calmer)...  Au delà des mots, le stimulus de la présence d'autrui reste indispensable : avec ce qu’elle communique par ses formes, son odeur, ses vêtements, ses gestes, sa voix (touchant la mémoire neuronale). Sans cette stimulation qui mobilise les catécholamines, le dire d'autrui ne touche pas et il est difficile de le mémoriser.
Dépasser le stade de victime
NB : Les palestiniens ou certains immigrés de banlieue insistent sans cesse sur leurs conditions de victimes. Il est bien sûr nécessaire de trouver des solutions concrètes aux réels malheurs mais ne se privent-ils ainsi pas de contribuer activement aux conditions de dépassement de leur état en proposant et en construisant leur futur.
        Il n'y a résilience que si je fais quelque chose de ma blessure : aujourd’hui, on encourage l’enfant blessé à faire une carrière de victime. Si l’autre ne nous considère plus que comme une victime, on peut plus sortir de cette peau. Il faut parvenir à ne pas se considérer comme une "victime", mais comme un "blessé de l’âme". Dans "victime" on démissionne, on se laisse abattre on refuse de laisser la place à un "après-coup". «Je pense que la cause palestinienne mérite mieux que l'aide des nazis et des antisémites. "Mein Kampf" est un best-seller dans cette région. Il y a une propagande nazie dans les écoles. Ca fait renaître antisémitisme et racisme»
Bonheur et Malheur sont nécessaires
NB : Le judaïsme insiste depuis des millénaires sur la nécessité que le monde soit bâti sur "Yetser Tov" et "Yetser Ra" (instinct du Bien et du Mal). Les Sages rajoutent même que, sans le mal, l'homme n'aurait aucune incitation à se reproduire ni à évoluer. 
Privé de dualité bonheur-malheur, il y a absence de vie psychique :  les animaux poussent leur recherche du bonheur à se tuer. Des gens dont rien ne vient contrarier leurs désirs sont malheureux. Dans le malheur, les personnes vont souffrir, mais lutter : c’est dans la résistance qu'on s’associe, construit... Le bonheur de vivre vient de ce que l’on a triomphé du malheur : j’ai faim, quelqu’un me nourrit - qu’est-ce que je l’aime ! J’ai peur, quelqu’un me rassure - je l’aime !  Sans malheur, aucune chance de développer une affectivité...
        Mais, si le bonheur ne peut durer, le malheur non plus : si on laisse pleurer le bébé un peu, ça peut aller, mais arrive un seuil où tout bascule ;  il commence à s’éteindre. J'ai mis à jour des atrophies cérébrales liées aux carences affectives : les enfants abandonnés ne pleurent pas ; sans stimuli, leurs cellules cérébrales s’étiolent, la base du cerveau arrête ses sécrétions hormonales, le corps dépérit. La maturation neurologique et hormonale qui induit la parole chez l'enfant ne se fait qu'en présence d'une enveloppe affective avec ses hauts et bas.
Des Rituels plutôt que des Antidépresseurs !
NB : La fréquence des rituels juifs de vivre ensemble irritent des non juifs qui y voient un instinct communautaire. La psychiatrie en retrouve, bien plus tard, le bien fondé absolu.
Nous sommes pétris par notre milieu et nos gènes, la mémoire, la culture, l’histoire. On prend des molécules pour se sentir moins mal, alors que la relation humaine devrait jouer ce rôle : familiale, amicale, professionnelle, confessionnelle, politique, ... Dans le Var, les ex-réfugiés espagnols qui, comme tout le monde, prennent des antidépresseurs, arrêtent dès qu’ils vont en famille en Espagne : avec ses fêtes, sa cuisine, ses veillées...  Notre culture a détruit tout ça, le plus grand consommateur d'antidépresseurs est l’Iran ; l’on compense par la chimie une défaillance culturelle.  Il faut multiplier les rituels de rencontres, les fêtes de quartiers, les retrouvailles. Les rituels d’interactions affectives ont un effet tranquillisant vital.
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2. Freud et le Déni d'Israël, avec Gérard Huber
psychanalyste et philosophe. Adapté par Yerouchalmi. Auteur de "Si c'était Freud"**
Avec l’antisémitisme et l’antisionisme, l’archéologie devient un enjeu politique. La psychanalyse ne manque pas de lui apporter son concours, en comprenant le récit juif des origines d’Israël à travers ses interactions impensées jusqu’à ce jour entre l’Égypte et Israël.
Israël/ l'Egypte/ l'Archéologie
La seule preuve archéologique de l’existence d’Israël au XIIIe siècle avant JC était la stèle de Méneptah, preuve qui s’effondre depuis que «Israël» y est lu «Ayssyriae». Comme aucune trace archéologique n’atteste de l’Exode, Freud en conclua qu'Israël était issue des égyptiens, puis s'était séparé d'eux pour échapper à leur la décadence polythéiste.
        Depuis, les connaissances se sont développées qui croisent la Bible avec les archives égyptosumériennes, les traces archéologiques, les historiens de l’Antiquité et la Tradition juive. Lorsque le professeur Mazar, de l’Université de Jérusalem, découvre un sceau de 2600 ans, portant un nom de la Bible  «Gedalyahou Ben Pashehour» sous les murailles de la Vieille Ville, la science du judaïsme est bien en marche.
Freud et le Judaïsme
        Au départ, sa découverte de l’inconscient avait conduit Freud à rompre avec l’esprit allemand (qui séparait les sciences de la nature et celles de l’esprit), en construisant la psychanalyse plus indépendante que réellement « juive ». Son judaïsme n’était alors pas plus qu’une origine sans actualité, une religion ; une illustration de « la névrose de contrainte universelle de l’humanité » qu’il n’y avait donc pas lieu d’actualiser.
        Dans un contexte hostile, Freud se proclamant « Juif », se soucie de développer une vraie science du judaïsme, q’autant plus qu’il se sait être considéré comme l’une des grandes personnalités juives de son époque (avec Einstein et Bergson). Freud est sans doute conscient que ses analyses de la «haine anti-juive nourrie du complexe de castration réactivé par la circoncision» sont bien superficielles pour expliquer l’antisémitisme omniprésent.
Freud/ Moïse/ l'Egypte
Dans "L’homme Moïse et la religion monothéiste", Freud décrit Moïse, haut personnage égyptien sous Akhenaton, 1er Pharaon monothéiste, dont, après le renversement, Moïse aurait sauvegardé sa religion en créant ex nihilo, le peuple juif.
         Depuis de nombreuses années, Freud se procure des statuettes égyptiennes. C’est alors, qu’il cherche à liquider le fantôme du Pharaon égyptien en campant le personnage de Moïse, comme un héros non biblique, dans "Le Moïse de Michel-Ange" et son invention de la psychanalyse en dépend (notamment, l’effacement du nom de son père - Akhenaton – témoigne pour lui d'une pulsion parricide).
        Et c’est la question de l’origine qui l’obsède qui va être à la source de son travail sur le judaïsme. Notamment à partir des récits sur Israël en Égypte, que la découverte du monothéisme d’Akhenaton, vient ébranler. Et Freud tient donc à rétablir, de l’intérieur du judaïsme, la mémoire de cet Akhenaton monothéiste dans le judaïsme. C’est un conflit entre deux approches monothéistes rivales qui, seul, permet de comprendre la vivacité de le controverse biblique entre Pharaon et Moïse. Si, le Dieu de Moïse l’emporte c’est parce qu’il dévore les dix dieux du panthéon. Et, bien qu’aucune trace historique n’ait été retrouvée, Freud s’en tient à l’idée que la religion juive garde la trace d’un grand homme, Moïse, qui a réellement existé : Akhenaton a été renversé par ceux qui préparent le retour d’Amon en la personne du futur Toutankhamon.
Les Motivations de Freud
        Akhenaton, en renversant Osiris, s’est instauré dieu des vivants et des mort, effaçant toute distinction entre la vie et la mort. Sous son règne, les Égyptiens ne savent plus s’ils sont morts ou vivants faisant écho à l’angoisse de Freud relative à la mort de sa mère et à la sienne propre. Tout commence, pour Freud, par un cauchemar d’enfance : sa mère morte portée par 2 égyptiens dont les becs d’oiseaux l’ont sans doute tuée (?). Image sans doute inspirée d’une illustration connue d’une Bible juive de son enfance.
      Les travaux de Freud en direction de l’Égypte se développaient dans une certaine insouciance de la mort, car l’angoisse qu’il en avait était plutôt liée à son amour pour sa mère qu’à sa prise en compte sur le plan pulsionnel. Avec la disparition de sa fille Sophie, de son ami von Freund, il va découvrir la réalité de la mort (lui donnant un statut pulsionnel aussi important que celui de l’amour), en comprenant que le sens de sa vie se trouve dans sa propre survie : chez tout normal, la pulsion de vie est assez forte pour contrebalancer la pulsion de mort, pour ne perdre ni le plaisir de vivre, ni le rapport à la bonté.
        Y compris dans sa lutte contre un fort antisémitisme ambiant qui lui fera alors inscrire la psychanalyse dans la postérité de la vie de l’esprit hébraïque.      
La Tradition Juive et l'Egypte Antique
        Pour Freud,entre le 6e et le 2e siècles avant l’an 0, il y a nécessité pour le peuple juif en devenir, de construire l’existence rétroactive d’un personnage composite, Moïse (dont, nous le savons, il n’y a quasi aucune nomination dans la Aggadah de Pâque).
        Cette mythologie a pris une place importante en Egypte, lors de l’accession de Ramsès, car la reconstruction spirituelle postérieure à la mise à mort de l’ancienne sainteté par Akhenaton permet le retour des âmes mortes vers la vie. De même que Pharaon doit éviter la seconde mort, les âmes doivent triompher de toutes les épreuves qui leur sont envoyées dans le monde de la mort qu’est le désert, pour espérer fonder un nouveau peuple, pour accomplir un nouveau progrès dans la vie de l’esprit. Car ce progrès résulte pour l’âme d’avoir échappé à l’anéantissement.
        Et, c’est la spiritualité du futur peuple juif qui va porter cette idée forte égyptienne de  la victoire de la vie sur la mort (pourtant oeuvre des successeurs d’Akhenaton et bien que les les Égyptiens en aient oublié l’existence et le sens).
Monothéisme Juif et Egypte : apports de Freud
        Il serait erroné de confondre spiritualité monothéiste juive et spiritualité égyptienne et l’invention du d.ieu et du sens de l’histoire reste purement juive. Mais pour en comprendre l’originalité, ne doit-on pas absolument la distinguer de ce à partir de quoi elle a émergé ? Et c’est en quoi comprendre les réflexions de Freud et les resituer peuvent nous aider.
        En posant les jalons d’une science du judaïsme, Freud explique que tout auteur peut avec la psychanalyse et à partir de son histoire individuelle ou collective, se défaire de l’illusion religieuse et s’engager dans la formation d’une science de son héritage spirituel.
NB - de Renaud de Spens : La religion atonienne diffère de celle des Hébreux . Pour intolérante qu'elle soit, elle n'est pas monothéïste au sens des religions du Livre, alors que celle des Hébreux avant l'unification de David (au tournant du premier millénaire), bien que mal connue, se rapproche plus des religions traditionnelles du Proche-Orient. De plus, même si l'on admettait (hypothèse dénuée de fondements matériels) que des partisans d'Akhénaton se serait exilés au Proche-Orient, ils se seraient fondus dans la masse des peuples de la région. La langue des Hébreux, leur culture, sont assez différentes des Egyptiens pour écarter la thèse de Freud.
Freud et la Religion : Idées et actualité
          Freud ne venait pas d'un milieu juif pratiquant. On respectait certaines traditions, on célébrait la Pâque, mais on ne souhaitait qu'une chose : que les enfants s'assimilent et réussissent dans la société. Cependant, tout n'était pas si simple, comme cette Bible incroyable, donnée par son père pour ses 35 ans, commençant par la page 423 !  Probablement un geste intentionnel : les pages de début relatent l'histoire de David et de Bethsabée, d'adultère et de meurtre, dont naîtra plus tard un fils, Salomon - Schlomo... / ... prénom juif de Sigmund, que Jakob emploie dans sa dédicace. Jakob qui avait abandonné une deuxième femme pour épouser Amalia Nathansohn, la mère de Sigmund et qui aura volontairement laissé une piste à son fils pour qu'il explore sa propre genèse.
           "L'Avenir d'une illusion" traite de la religion : en parlant d'"illusion", Freud dit qu'elle est une erreur seulement "lorsque, dans sa motivation, l'accomplissement de souhait vient au 1er plan". La considérant néanmoins, comme un état infantile de l'humanité (contre laquelle doit se battre la science), s'inventant un D.-père bienveillant pour aider l'homme à lutter face à la puissance de la nature, et à gouverner ses passions.
NDLR : Freud voit dans la religion une illusion qui promet ce que nous désirons.
Beaucoup de choses que nous désirons ne sont cependant pas des illusions ! L'enfant désire que sa mère le nourrisse, ça lui arrive ; nous désirons l'amour, nous le rencontrons un jour. L'inaptitude à croire au bonheur peut aussi se soigner, quand, pour lui, elle n'est que l'effet de la raison
    -
Suivant le chemin préconisé par Freud, la quête spirituelle moderne se reconnaît peu dans les Institution. Ce recul religieux, dont il espérait tant, nous amène, outre, un éveil heureux des consciences, un retour de barbarie!
   - De quel minimum de récits fondateurs avons-nous dès lors besoin ? Quand il n'y en a presque plus, que se passe-t-il ? L'évolution actuelle de l'Occident en fait une culture parfois inquiétante qui désymbolise les relations.

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3. Les USA, Israël et le Monde : fin d'un mythe?
avec Armand Laferrère,
adapté Yerouchalmi. Ancien conseiller de Sarkozy, énarque, ce politologue a publié "l’Amérique est-elle une menace pour le monde?" éd. JC Lattès.
Les USA sont souvent présentés comme une source d’instabilité : "ivres de puissance, méprisants des institutions internationales, indifférents à l’environnement, agressifs envers les cultures"… Une image différente apparaît quand on examine la réalité : la présence mondiale US limite les conflits et donne aux idéaux démocratiques la force qui assure leur survie. L'extraordinaire capacité d'intégration des USA, résultat d'un travail de 40 ans, est une leçon pour les Occidentaux. Laferrère, contre le consensus, prédit : "les USA vont conserver leur rôle du fait de leur domination militaire et économique, et d’une politique de soutien aux démocraties, essentielle à la stabilité mondiale". Il se montre en faveur de ce rayonnement, garant de l’équilibre mondial.
Les USA et le Monde
Faisant fi de la crise boursière, l’auteur relève que le pays est le premier en R&D, technos et bénéficie d’un réservoir démographique ; son armée déployée sur 5 continents représente 45% de la défense mondiale. C'est la seule Nation qui, pouvant consacrer des moyens pour la stabilité du monde, même quand ses intérêts ne sont pas en jeu, joue un rôle international.
   - Les européens renforcent ainsi leur alliance américaine pour protéger leur avenir
   - Le Moyen-Orient, est enchanté de son interventionnisme (ex. l’invasion de l’Irak a fait passer ce pays d'ennemi à allié).
   - La Chine voit dans leur présence au Japon une garantie contre la résurgence d’une menace.
   - Chine et Russie n’ont rien à gagner à ce que l’Iran développe l’arme atomique et, sous couvert du parapluie américain, ils peuvent jouer un double jeu.
          L'hégémonie des USA ne péricliterait que s'ils arrêtaient de jouer ce rôle de rempart contre un nouvel ordre mondial qui favoriserait les nations idéologiques.
Les USA et Israël
          Laferrère réfute les préjugés entourant la relation USA/Israël :
   - Les ventes d’armes US au Moyen-Orient (21 Md$) 4 fois celles vers Israël (5,5 Md$)
   - Les alliances musulmanes représentent pour les USA un enjeu plus important que leur alliance avec Israël. Ils incitent régulièrement Israël à une politique conciliante envers ses voisins.  Si le conflit israélo-palestinien se prolonge, ce n’est pas le signe d’une partialité américaine mais la preuve qu’il n’y a pas de solution simple au conflit...
   - Si il y a dans la société US une incompréhension des sociétés musulmanes, l'hostilité est plus que partagée. Mais l'arabophobie US n'anime pas sa politique étrangère, alors que l'anti-américanisme est au coeur des doctrines de nombre de pays musulmans ou émergents.
Si Israël a une place privilégiée, les USA ne le distinguent pas de leurs autres alliances du Moyen-Orient car :
   - Israël, dont l’opinion publique est massivement pro-américaine diffère des autres alliés américains dont les opinions publiques sont hostiles aux USA
   - Israël, comme les USA, est la seule démocratie régionale. Contrairement à ses ennemis, Israël n'incite pas ses enfants au meurtre, ne fusille pas ses dissidents, ne pratique pas l’épuration ethnique et, au contraire, accueille races et nationalités du monde entier. Cette communauté de valeurs permet à l’alliance israélo-américaine d’être plus qu’un arrangement de pouvoir, une vraie fraternité.
   - Les USA ne partagent pas lkes motivations usuelles de la critique d’Israël :
a) le faible  contre le fort réconforte ceux qui croient moral de prendre le parti du faible ;
b) Israël donne à ceux qui n’ont pu combattre la décolonisation l’illusion de se racheter ;
c) après l'échec des marxisme, trotskysme, maoïsme,... la «libération» de la Palestine, marque la recherche d’un nouveau totalitarisme devant lequel se prosterner.
   - Contrairement à d'autres ils restent assez insensibles aux intérêts commerciaux  (5 millions de Juifs, 300 millions d’Arabes), aux intimidations de certains Musulmans, voire, à l’antisémitisme, qui jouent un rôle clé dans l’hostilité à Israël des pays d'Occident.
Obama et les USA
          Obama est une espèce de Kennedy (héritage grand-bourgeois en moins), très brillant, dynamique et capable d'une souplesse qui va surprendre.
   - En politique intérieure, Obama a beaucoup promis sur la réforme du système de santé (très cher pour des résultats moyens) qu'Hillary Clinton avait échoué à réformer dans les années 90. Du point de vue de la politique financière, les années Bush ont aggravé la situation et le gigantesque plan de remance Obama a terriblement accentué les déficits publics : il va donc devoir augmenter les impôts, malgré ses promesses électorales.
   - En politique étrangère, il ne retirera son armée d'Irak qu'une fois le pays apaisé et il renforcera l'effort de guerre en Afghanistan. Au Proche-Orient, les USA vont inciter avec vigueur Israël au compromis, mais cela ne deviendra pas plus facile avec Obama. Quant à l'Alliance Atlantique, elle restera ce qu'elle est.
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4. Les Juifs d'Ouzbekistan, hier et aujourd'hui
   En Ouzbékistan, pas loin de l'Afghanistan et de l'Iran, cohabitent (photo : vieux Boukhara)   musulmans majoritaires et ouverts (sauf au Sud du pays), juifs, catholiques et orthodoxes. La Constitution y proclame l’égalité de tous les citoyens, indépendamment de leur origine, nationalité, ou langue. Des Juifs habitaient l’Ouzbékistan et principalement Boukhara depuis le Régime Perse vers -500. Avant de passer dans le giron l’ex-URSS, ces juifs ont inclus, vers la fin du XIXè, leurs coreligionaires réfugiés d’Iran, puis, pendant la Shoah, des réfugiés d’Europe, pour dépasser les 100000 âmes*. Peu par rapport à ses 28 millions d'habitants dont 10% à Tachkent, la capitale ; mais beaucoup en proportion de l'histoire du pays...
Origine des juifs Ouzbeks
        La présence juive à Samarcande est dûe à Tamerlan qui les avait envoyés développer ce qu’il voulait être sa capitale au XIVè siècle, en y supportant leur présence. La domination musulmane fut concomitante de la fin de l’époque cosmopolite de la « Route de la Soie » dont l’Ouzbékistan était un noeud clé. Elle leur imposa un régime de dhimitude, accompagné de misère économique et culturelle ou dans quelques cas de marranisme (les « Chalas »).
        Comme dans les pays du Maghreb après l’occupation française, il aura fallu attendre le milieu du XIXè et l’occupation russe (puis la révolution russe, au départ égalitaire) pour que ce régime auquel les juifs étaient soumis sous domination islamique soit amélioré et que le développement économique, culturel et de l’habitat des juifs soit spectaculaire.
L'immigration ashkénaze en Ouzbékistan
        En deux décennies au milieu du XXè, la diaspora juive ashkénaze, installée surtout dans les grandes villes, a quadruplé (de Pologne, suite aux partages du pays au XVIIIe, de Galicie / Moldavie / Ukraine du Sud-Est), du fait de l’immigration consécutive à la 1ère Guerre mondiale, puis à la guerre civile, et enfin à des mauvaises récoltes en Ukraine.
        Pendant la guerre, des milliers de Juifs Ouzbeks combattirent et périrent dans les rangs de l’Armée rouge ou  travaillèrent dans les usines militaires transférées à Tachkent.
Les langues des juifs Ouzbeks
        Jusqu’au deuxième quart du XXe siècle, c’est le yiddish qui était la langue maternelle des Juifs ashkénazes. Leur seconde langue dépendait du lieu de leur origine (polonais, ukrainien, russe ou allemand). L’enseignement de l’hébreu leur fut interdit après l’arrivée des Bolcheviks au pouvoir mais, dans les écoles soviétiques, l’enseignement se déroulait en …yiddish ! Mais leur langue majoritaire est progressivement devenue le russe.
Les juifs Ouzbeks actuels
        *Le chiffre de 60000 qui circule est relatif au début de la grande émigration ; le recensement officiel de 1970, indique 102 855 Juifs, dont 70% ashkénazes.  Après la chute du Mur de Berlin, les deux tiers de ces juifs ont rejoint pour la plupart Israël (qui, à Jérusalem, disposait d’un quartier d’anciens Ouzbeks immigrés du XIXè siècle, « le Boukharan », très près de la vieille ville) ou, pour certains, New York (qui dispose d’un journal spécifique le « Bukharan Jewish World » !).
        Il reste 20000 juifs en Ouzbékistan, pour beaucoup ashkénazes, alors que leur majorité était au départ Séfarade à Boukhara. La plupart d’entre eux vivent dans la capitale Tachkent, les autres étant dispersés à Boukhara (2000 âmes) et Samarcande. On compte 2 Synagogues à Samarcande comme à Boukhara, dont l’une préservée du XVIIè siècle, les autres se situant à Tachkent, Kokand, Ferghana, Marghilan et Andijan.
        Le pays de langue encore russe garde nombre d’empreintes du communisme, notamment des industries obsolescentes, de nombreuses administrations, propriétés d’Etat et aussi des… subventions, favorables aux cultes ou à la culture.
        L'Ouzbékistan n’hésite pas à faire appel à des coopérations avec Israël, notamment dans le domaine de l’irrigation ou des économies d’eau. Cela, dans le cadre de relations diplomatiques normales, ce qui est, hélas, encore assez rare pour les pays à majorité musulmane. Signe des bonnes relations, le vol quotidien Tachkent / Tel-Aviv.

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5. Le Poisson dans la Tradition Juive, Rabbi Avraham Stone
auteur de "A Jewish Home".
Traduction, adaptation Yerouchalmi

Le Poisson et Chabbat

Imaginez un Chabbat sans poisson? Le poisson est un des mets essentiels du Chabbat. Nombre d'événements de la vie juive sont marqués par un menu comprenant du poisson. Se basant sur le Talmud, pour qui "la joie du Chabbat consiste aussi à manger un grand poisson", le Magen Avraham recommande d'en manger aux 3 repas du Chabbat.  Pour Rav, ne serait-ce qu'un "petit poisson pané dans l'huile", donne, en l'honneur du Chabbat, l'occasion d'une grande joie.
          Certains Maîtres ont été jusqu'à faire une "Mitsva" de la consommation de poisson le Chabbat  alors que les décisionnaires se limitent à la mentionner comme une importante "tradition" (cf. Ora'h 'Haïm) la faisant parfois remonter au Livre de Néhémie (13).
Les 10 symboliques du Poisson
Pourquoi dans ces conditions, cette tradition a-telle malgré tout persisté à un tel niveau d'importance et travers les époques ?
1. Le Midrach rapporte que, lors de la Création, D.ieu a donné Sa bénédiction à trois occasions qui toutes sont rappelées par le poisson : 
   - le 5ème jour à l'occasion de la création du poisson,  
   - le 6ème jour, à propos de l'injonction "croissez, multipliez" (le poisson est très fertile)
   - le 7ème jour relativement à l'instauration du Chabat (cf. ci-dessous). 
2. Le fait que le poisson n'ait pas de paupières, gardant ses yeux toujours ouverts rappelle que D.ieu toujours observe et protège dans Sa grande bonté  "le Gardien d'Israël ne dort ni ne s'assoupit" (Ps 121 - "Hiné Lo Yanoum Vélo Yichan Chomer Israel").
3. Le poisson ne survit que dans l'eau, ce qui rappelle que les Juifs ne peuvent, à long terme, survivre sans la Torah (problème du judaïsme sans dimension religieuse aucune...)
4. Poisson se dit "DaG" en hébreu,de valeur numérique 7 (D = 4 + G = 3)
évoquant l'apothéose hebdomadaire du Chabat.
5. Poissons au pluriel se dit " DaGuIM " de valeur 57 (DaG = 7 + I = 10 + M=40),
le nombre de bénédictions récitées au total des 3 prières quotidiennes (de 19 chacune).
6. Poisson, "DaG" évoque les origines du peuple juif : D = 4 rappelant les 4 Matriarches (Sarah, Rebecca, Rachel et Léa), et G = 3, les 3 Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob).
7. Poisson, "Dag" inversé "Gad", allusion à la manne (appelée "Gad") qui nourrit les Hébreux pendant 40 ans chaque jour du ciel, sauf Chabbat, car le vendredi, avait double ration...
8. Le poisson évoque le festin du Monstre du Léviathan que D.ieu a mis de côté pour les Justes dans le monde futur dont le Chabbat doit évoquer les parfums (cf Yerouchalmi N°99).
9. Le poisson, 1ère créature de D.ieu évoque la source de vie que représente le Chabbat.
10. Durant le déluge, toutes les créatures périrent, sauf les couples emmenés par Noé dans l'Arche et sauf les poissons. Le Midrach impute leur survie comme seule espèce vivante restée hors de l'Arche "à leur mode de vie exempt d'immoralité".
Le poisson rappelle ainsi la sainteté d'une vie de famille harmonieuse.
Poisson et Nouvel An Juif
        Le soir de Roch Hachana, les juifs ont l'usage de manger la tète d'un poisson, pour marquer leur espoir d'être un exemple (la tête) pour le monde. Le 1er après midi de Roch Hachana, ils ont l'habitude de faire "Tachlikh" (ou de se séparer une fois pour toutes et symboliquement de leurs péchés) près d'une eau où vivent des poissons, pour :
   - a) rappeler la fragilité humaine face au péché, analogue à celle des poissons, susceptibles de tomber, quant à eux, dans les filets tendus pour les attraper
   - b) prier afin que D.ieu multiplie -autant que les poissons- familles et bonnes actions.
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