Bien triste conflit à GazaBon Chavouot à nos 9997 membres pour Israël et la Tradition Profitons de cet oasis avant une année 2010 tourmentée : pressions US sur Israël, possible conflit avec l'Iran. Le Chef des Armées US Michael Mullen a déclaré : «Si l'Iran se dote
de l'arme atomique, des conséquences dramatiques en découleront pour le monde entier».
. AU SOMMAIRE Imprimez ou enregistrez le PDF en cliquant sur PDF N°93 1. Comment Israël peut attaquer l'Iran ?
2. Israël, coupable idéal
3. Mythiques "Frontières de 1967"4. Le Pape, un intellectuel à Jérusalem
5. Le Pape, pourquoi "Afifyor" en Hébreu ?6. Quel est le sens des Mitsvot ?
adapté du Rav Avigès* (et d’additifs du Grand Rabbin de France, G. Bernheim)
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1. Comment Israël peut attaquer l'Iran ?
Félix Perez - Yerouchalmi, sur la base du rapport du CSIS*
Israël doit attaquer avant que l'Iran ne devienne inattaquable, muni de la Bombe nucléaire et équipé du système
russe antiaérien SA-12 Giant, soit probablement avant fin
2010. *Le "Center for Strategic and International Studies" de Washington (CSIS) -
Site
http://www.csis.org/about/ a développé une étude comprenant les scénarios d'une attaque d'Israël contre l'Iran,
incluant les chances de réussite et les risques associés. Prenant en
compte les capacités militaires et nucléaires israéliennes, et
les missiles et défenses de l'Iran, elle balaie les
principales options offensives d'Israël et en rend public les
configurations en restant reservée sur leurs chances de succès.
Risques de limitation des CiblesAucun scénario ne permet de garantir la destruction de tous les
sites éparpillés dans le pays, le choix de cibles clés, noeuds indispensables à la Bombe nucléaire iranienne est basé sur
- Natanz,
usine d'enrichissement d'uranium avec 6000 centrifugeuses (et à terme
50000 pour 30 bombes/an). Ce site est enfoui à 8/25 mètres sous terre
et ultra blindé.
- Arak, site de production d'eau lourde pour l'enrichissement d'Uranium.
- Ispahan et son Centre de Recherches Nucléaires).
- Il est exclu de détruire le site nucléaire actuel de
Buhcher du fait des disséminations radioactives qui s'ensuivraient.
Cette stratégie sélective s'avère problématique et non dénuée de risque d'insuccès : non
destruction de sites, possibilité que l'Iran se passe des sites détruits.
Logistique d'Attaque très critiqueLes difficultés de la logistique d'attaque sont grandes dans les 2 options possibles :
A. Option Attaque aérienne - Israël devra mobiliser près de 100 avions de combat F15/F16, 10
ravitailleurs KC130/B707 pour le plein en vol des avions à l'aller
comme au retour.
- 3 couloirs aériens d'accès, dont 2 politiquement impossibles : par le
sud (Jordanie, Arabie Saoudite, Irak) ou par le centre (Jordanie). ne
laissant subsister que le couloir par le Nord bien plus long (frontière
turco-syrienne, nord de l'Irak).
- Israël devra garantir la
détection par l'Iran au plus tard de l'attaque, par un
brouillage actif des radars des pays survolés (déja testé avec succès
lors de sa récente attaque sur le site syrien), en évitant le
repérage des bruyants ravitailleurs par la Turquie ou la Syrie.

- Israël devra recourir à des bombes ultra précises et ultra puissantes
(600 GBU 27/28, "bunker busters" de 1 à 2 Tonnes chacune perçant de 2 à
6 m de béton à 30 m sous terre), si elles sont tirées sous l'angle ad
hoc et avec grande précision.
La défense aérienne
iranienne comprend 160 avions de combat, 2000 fusils aériens de
protection rapprochée des sites et des batteries de missiles
nombreux et sophistiqués : Sol-Air SA-2/5, Antiaériens SA-7/15,
Hawk, Crotale, Rapier et Stinger. Pire, Israël n'a pas encore
exclu à 100% le risque que l'Iran soit à court terme doté du système
antiaérien SA-12 Giant qui statistiquement détruirait 30 des près de 100 avions
israéliens
B. Option Missiles BalistiquesCes missiles longues portées non
nucléaires éviteraient l'aviation et rendraient
inopérantes les défenses iraniennes. Israël utiliserait ses
missiles, du Jericho1 au tout récent Jericho3, de portées de 500 à 5000 kilomètres et aux bombes puissantes de 20 kilo à quelques mégatonnes. Il lui faudrait cependant plusieurs dizaines de Jericho3, de
surcroît, précisément ciblés, pour garantir la destruction de
l'objectif blindé sous-terrain. Option plus que délicate!
Représailles iraniennes fort coûteuses
Dès l'attaque détectée, l'Iran lancerait une attaque-représaille sur
Israël avec ses missiles Shahab-3 à têtes chimiques ou très puissantes,
dont une partie échapperait nécessairement aux défenses antiaériennes
israéliennes faisant des milliers de victimes.

Sans parler des bras armés de l'Iran que sont le
'Hezbollah et le 'Hamas se lançant, sur ordre de Téhéran, à l'assaut du
Nord et du Sud d'Israël...
Options envisageables par Israël et les USA Ce rapport montre combien une attaque aérienne contre l'Iran s'avère risquée et dangereuse.
On pourrait en conclure qu'Israël doit renoncer
à attaquer et accepter un Iran nucléarisé menaçant son existence à tout
instant (peu probable). L'Occident se dit prêt à garantir à
Israël que l'Iran n'utilisera pas contre elle la Bombe destructrice.
Cette option est inenvisageable car Israël ne laissera pas une nouvelle fois les destinées du peuple juif dans les mains d'autrui...
Il reste dès lors deux options possibles :
A- Israël prend sur elle de contredire les pronostics les plus
pessimistes en
attaquant en position de faiblesse (comme en juin 1967),
comptant sur la bénédiction divine, sur son génie et sur un peu de chance !
B - Les USA (forts d'avoir vu Hitler détruire le monde par suite du
laissez-aller de l'Occident) ne sont pas prêts à prendre le risque de
l'Occident face à un Iran nucléarisé.
Dans l'impossibilité de se laver les mains en laissant
Israël agir seul, les USA interviennent et garantissent
le succès de l'opération. Ne serait-ce pas le but du rapport de Washington?============================================
2. Israël, coupable idéal
basé sur une idée de Pierre Jourde adaptée par Yerouchalmi
Pierre Jourde est Professeur à Grenoble III et romancier (”Paradis noir”, Gallimard). Les
médias du monde entier se focalisent sur Israël, alors qu'au nombre
d’horreurs, il y a bien pire, un peu partout. Nos médias
considèrent-ils que 100 chrétiens lynchés au Pakistan valent moins
qu’un mort palestinien ? Et
Tsahal est loin d'avoir fait le dixième des victimes palestiniennes
bien vite oubliées de la Syrie, du Liban ou de la Jordanie ! Pourtant,
avec la mauvaise conscience française d’anciens colonisateurs, Israël est un
coupable idéal, dans ses banlieues comme en Europe : comment accepter
que là où l'Occident a échoué, une poignée de Juifs ait pu transformer
un désert en pays prospère et démocratique, au milieu de dictatures
arabes, de misères ? Voilà un vrai scandale !
Le succès face à l'échec... les jalousies !

De là à culpabiliser le nain qui réussit de la malheureuse misère arabe...
- Un occidental lit plus de 10 pages/an, l'habitant d'un pays arabe arabe
moins d'une.
- Israël traduit en hébreu 15.000 livres/an, les pays
arabes n’en traduisent que 330.
- Les livres traduits en arabe depuis
l'Islam représentent 4 ans de traduction en Israël !
- Les juifs ont 185 prix Nobel, les arabes n'en ont qu'un.
Il faut un coupable à cette misère arabe et celui tout trouvé est celui
à qui tout réussit : Israël, bien sûr ! Plus qu'un fait,
c’est une métaphysique !
Un arbre commode pour cacher la forêt
Pourquoi l’injustice commise envers les Palestiniens reçoit-elle donc
20 fois plus d’écho que celle faite aux Tibétains, Tamouls, chrétiens
du Soudan, Indiens du Guatemala, Touaregs du Niger, Noirs de
Mauritanie, dont pour certains vous n'avez jamais entendu parler alors
qu'ils sont bien plus nombreux à périr !
- Que la Papouasie soit
envahie par des colons musulmans qui massacrent les Papous, voilà qui
ne risque pas de remporter un franc succès à Mantes la Jolie.
- Que des noirs, soient exterminés comme noirs par les arabes au
Darfour, les femmes éventrées, les bébés massacrés, voilà qui ne
soulève pas la colère des jeunes des cités.
- Le racisme assumé des Saoudiens ou Emiratis envers Noirs, Indiens, Philippins, traités comme des esclaves, ne
soulève pas la "tribu Ka", ni les Noirs de France.
- La
responsabilité directe des Africains dans la traite des Noirs n’induit
pas des pogroms de guinéens par les Antillais.
Imaginez que Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens s’en prennent
aux Algériens ou Tunisiens, voilà qui mettrait de l’ambiance dans nos
banlieues... mais pourtant, pour Israël, les listes antisionistes qui
excitent les arabes des banlieues sont acceptées !!
Taisons donc les succès d'Israël
Israël,la taille d'un département français, 5 millions de Juifs, est
responsable du malheur de tous les Arabes, par extension du monde.
Israël est l’Injustice même. C’est si bon, de trouver un coupable et
petit de surcroît, d’épouser une si juste cause. Mais alors :
- Ne dites pas aux “jeunes” que les Arabes israéliens élisent leurs députés librement.
- Ne leur dites pas qu’Israël aide financièrement la Palestine.
- Ne leur dites pas que les Palestiniens se font soigner dans les hôpitaux israéliens.
- Ne leur dites pas que l’Université de Jérusalem est pleine de musulmanes voilées.
- Ne leur demandez pas quelle est la société la plus “métissée”, Israël ou la Syrie.
- Ne leur dites pas qu'on attend toujours de voir des pro-israéliens dans les pays arabes.
- Ne leur dites pas que l’admiration pour Hitler n'est pas rare dans les pays arabes.
- Ne leur dites pas que, pour liberté ou pouvoir d'achat, il vaut mieux être arabe en Israël
Ne désespérons pas les Banlieues, Israël Bouc-Emissaire 
Mais après tout, pourquoi essayer de leur dire tout cela, vu que nombre
des "jeunes des banlieues" traiteront l’informateur de menteur, d’agent
du Mossad, de représentant du lobby sioniste ou de raciste.
La figure d'Israël bouc-émissaire et responsable de toute la misère du
monde accomode tout le monde car elle évite de s’interroger sur ses
propres insuffisances. Ne désespérons surtout pas les Banlieues !========================================
3. Mythiques "Frontières de 1967"adapté par Yerouchalmi de Maître B. Rama-Muhlbach - Barreau de Lille Aimablement transmis par notre ami d'Ofrah, David Pasder.
Le
pseudo plan de paix des saoudiens repris tel quel par Obama et qui
promet des jours noirs pour Israël, tant sa situation stratégique
locale en serait fragilisée propose un quasi-retour aux «frontières de
1967» (à l'exception des très gros Yechouvim juifs). Que recouvre cette mythique notion de «frontières de 1967» ?A. Les palestiniens, invention récente !
Depuis Mahomet jusqu'aux deux tiers du XXème siècle, les arabes locaux
ne se sont jamais considérés comme 'peuple palestinien' mais comme
'membres de la communauté arabe', hostiles à toute présence juive en
Palestine :
- Refus des arabes de Palestine de la résolution ONU de 1947 sur un partage
- Déclaration de guerre Transjordanie, Egypte, Iraq, Liban, Syrie, à Israël en 1948
avec prise provisoire par eux du Gouch Etsion et de la vielle ville de Jérusalem
- Combats incessants puis guerre de 1967 perdue par les pays arabes alliés.
- L' Article 1er de l'OLP précisait «La Palestine est une terre arabe,
unie par des liens
nationaux étroits aux pays arabes pour former la
grande nation arabe." Ce n'est qu'après 1968 que les palestiniens y
apparaissent ! Son Article 15 ne parle que de nation arabe et précise
bien
"La libération de la Palestine est un devoir national pour refouler
l'invasion sioniste de la patrie arabe... La nation arabe se doit de
mobiliser tout son potentiel pour assister le peuple arabe palestinien
dans la libération de la Palestine"
Ce n'est donc que de cette vile
volonté de chasser les juifs que va naître ce pseudo sentiment
"national", basé uniquement sur la haine raciale, sous couvert
d'identité nationale, paravent de fortune auquel tout le mode feint de
croire depuis!
B. Les "frontières de 67" ne concernent pas la Palestine Jusque bien après 1967 les arabes ont donc rêvé d'un bloc arabe
incluant tout Israël sans revendication intermédiaire comme les USA
tendent à le faire croire aujourd'hui !
Ces "frontières" n’ont jamais concerné un
quelconque état bien loin d'exister à
l'époque(I)
Israël était en guerre avec la Jordanie ou l'Egypte, alors que l’Autorité Palestinienne les invoque comme des
frontières 'naturelles' entre un Etat palestinien et Israël.
Les "frontières de 1967" ont encore moins matérialisé un quelconque
accord territorial passé entre palestiniens et juifs !
C. Ces "frontières" concernent Egypte et Jordanie
La guerre de 48 a été à l’origine de déplacements de populations arabes
comme réfugiés à Cisjordanie ou Gaza, sans volonté de partager la terre
avec les juifs.
Les accords d’armistice de 1949 ne
prévoyaient aucun partage entre l’Etat d’Israël et un Etat palestinien
mais de « faciliter le passage de la trêve à une paix permanente en
Palestine». C’est la raison pour laquelle, la Cisjordanie et Gaza sont
passés aisément dès 1949 sous souverainetés respectives jordanienne et
égyptienne.
- Pour Gaza, «la ligne de démarcation ne doit pas
être une frontière, car tracée sans préjudice des revendications des
parties pour un règlement définitif ultérieur." Après son occupation
défensive en 1967, Gaza est resté "Territoire Egyptien Occupé".
- La Cisjordanie devait rester sous contrôle jordanien et, hormis
Jérusalem, après son occupation défensive en 67, est restée "Territoire
Jordanien Occupé", avec souveraineté militaire pour Israël et
administrative pour la Jordanie.
- Pour Jérusalem, le retour à 67
exigerait une restitution de Jérusalem Est à la Jordanie qui en a été
dépossédé, mais qui a depuis signé la paix sans autre revendication !
L'année
1967 n’a donc jamais été l’occasion de dessiner des frontières, rendant
inopposable à Israël ces soit disant «frontières de 1967».
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4. Le Pape, un intellectuel à JérusalemFrançois Miclo, philosophe et éditeur http://www.causeur.fr/ Adapté par Yerouchalmi Yerouchalmi, en ligne avec le Grand Rabbin de France, considère que la visite du Pape en Israël a été un moment historique au delà des aspirations non satisfaites des uns ou des autres. La dimensions politique du Pape et son aura intellectuelle autorisent les juifs à s'exprimer eux aussi sur ce sujet. Nous avons choisi de le faire avec un penseur catholique dont le texte adapté ci-dessous réflète nos sentiments de respect et d'amitié.
Le Pape "la Pudeur"
Le Pape Benoît XVI est aussi retors en théologie qu’un vieux talmudiste mais est rétif à la communication et au marketing ; ce qu’il dit, on ne l’attend pas ; ce qu’on attend, il ne le dit pas. Cette attitude a de quoi décontenancer : entre Benoît XVI et les médias, le divorce semble irréparable car le pape aborde toute chose avec retenue et pudeur, comme un austère professeur pour qui l’émotion en direct live n’est pas vraiment le truc. La pudeur, c’est un autre nom du vrai respect, là où commence une civilisation. Certes, notre époque exige de chacun le déballage intime, comme si des sentiments exprimés à la face du monde, ne devenaient pas des simagrées. Une dignité de caractère (gravitas) était pourtant exigée, à Rome, au même titre que vertu, piété ou honnêteté.
Les faux procès À Yad Vachem, pas d’émotion saisissante à se mettre sous l’objectif ; un discours “froid et abstrait” qui a fortement déçu opinion publique et médias israéliens. Alors même que le Perès confiait “La visite du Pape relève plus des livres d’histoire que des journaux.”
Le Pape pouvait-il demander pardon au nom de l’Allemagne et de l’Eglise ?
- Pour l’Allemagne, il lui aurait été difficile de prendre la place de Merkel.
- Pour le Pardon de l'Eglise, le repentir de Jean-Paul II, en mars 2000 au Kotel, oblige ses successeurs et l’Église à jamais.
- Quant à sa pseudo appartenance aux Jeunesses hitlériennes : sa famille était hostile au nazisme, et de force il fut enrôlé comme simple auxiliaire de la défense antiaérienne.
Finesse et Rigueur Le jour viendra l’on se rendra compte que la Cardinal Ratzinger a été l’un de ceux
qui, avec d’autres intellectuels ont pensé de la manière la plus fine
et conséquente le rapport entre judaïsme et christianisme. Certes à mille lieues du “discours plus émotionnel” qu'attendait le Rabbin Lau, le Pape a prononcé à Yad Vachem des propos d’une finesse et rigueur remarquables, comme le soulignait le Grand Rabbin de France.
Benoît XVI a médité, comme un Rabbin rompu aux commentaires talmudiques, sur la signification de “mémorial” (Yad) et de “nom” (Chem), reprenant les termes des Memorbücher juifs (recueils tenus pour que le nom des persécutés ne s’efface pas) : “Puissent les noms de ces victimes ne jamais périr ! Leur souffrance ne jamais être niée, minorée ou oubliée ! Les personnes de bonne volonté demeurer vigilantes à déraciner du cœur de l’homme tout ce qui peut conduire à des tragédies comme celle-ci !”
Ce n’est pas télévisuel, reconnaissons-le, il s’est ensuite plongé dans un long silence ; mais il y a des moments, face à l’indicible, où seul convient le silence.
Un vrai Appel à la Vie Et s’il a su honorer la mémoire des morts, c’est aux vivants que le Pape a réservé sa compassion. Condamnation du terrorisme, affirmation du droit d’Israël à la sécurité, plaidoyer pour la reconnaissance réciproque des Etats et de leurs frontières, confortant les modérés en Israël ou en Palestine. Cet appel à la vie contre le ressassement de l’histoire et de la
violence, c’est le message fort du Pape et peut-être aussi le plus inaudible.
Un Pape... Ashkénaze (!)... Et si Benoît XVI n’a pas été atteint par le syndrome de Jérusalem, version mystique du syndrome de Stendhal qui fait perdre la tête aux religieux fréquentant une ville si sainte, il nous a, en revanche, confirmé une chose (que souffle Elisabeth Lévy) :
Maîtrisant ses émotions au point d’avoir l’air de ne pas en avoir, accordant surtout sa confiance à l’intellect et à l’étude,
le Pape est ashkénaze... Définitivement ashkénaze ! ====================================
5. Le Pape, pourquoi "Afifyor" en Hébreu ?Lors de la visite de Benoît XVI en Israël on a souvent entendu la traduction hébreue de Pape אפיפיור - "Afifyor". Quelle est l'origine de ce mot 'Afifyor', utilisé pour Pape ? Adapté par Yerouchalmi de http://www.balashon.com/
Afifyor dans le Talmud
- C'est en fait dans le Talmud "Avoda Zara" (11a) que ce mot apparait :
Onkelos lui-même converti et érudit juif y parvient à convertir les
soldats romains envoyés par l'Empereur (son oncle) pour l'arrêter.
Dans l'un des arguments employés par lui pour les convaincre de rejoindre la
foi juive, il leur montre l'humilité de D.ieu, comparée à l'orgueil du
Général romain : "Dans une procession, l'allumeur porte le flambeau
devant
"l'Afifyor", lui-même devant le leader, qui est
devant le Gouverneur qui se tient devant le Général.
Or, devant Israël,
c'est D. lui-même qui porte le flambeau, Exode (13,21) : 'Et D. passa
lui-même devant eux ... dans une nuée de feu pour les éclairer la nuit'
".
Si ce passage du Talmud ne confère nullement à "l'Afifyor" de
rôle religieux, il lui prête le rôle d'un haut dignitaire (comme le
confirme Rachi).
- Kohut dans le Aroukh Hachalem explique l'utilisation du mot dans
le contexte civil du Talmud : le Maharif (Rabbi Yaakov Fraji
Mahmah) faisait dériver "afifyor" du grec "purphoros" qu'il
traduisait comme "porteur de flambeau".
Afifyor au Moyen-Age - Mais dans un contexte religieux d'utilisation du mot, Kohut cite le
dictionnaire talmudique de l'hébraïste chrétien Johannes Buxtorf qui
traduisait déjà Afifyor par "Pape ou Pontife Romain" même loin de
son sens dans le Talmud en question.
- Au Moyen-Age, les juifs
utilisaient bien ce mot "Afifyor" pour désigner le Pape.
Ben Yehouda confirme Pape = AfifyorBen Yehouda, père de l'hébreu moderne, retrouvait deux liens entre "Pape" et le "porteur de flambeau" du Talmud
- le mot araméen issu du grec "Papias" signifiait aussi "porteur de
flambeau" (la notion de "porteur" que tous les traducteurs associent à
ces mots dérive du grec "epiphoros").
- Ben Yehouda a finalement confirmé l'hébreu Afifyor pour Pape basé sur la signification phonétique rapportée à la fois par
a) Berliner "AVI PIOR" : AVI = mon père, PIOR = Pierre en italien,
"AFIFYOR" = AVI PIOR = Pierre mon pèreles Papes se succédant les uns aux autres comme
des fils de Pierre le 1er Papeb) Meir Wiener dans ses traductions
"EPI PIOR"EPI = successeur, PIOR = Pierre,
"AFIFYOR" = EPI PIOR = successeur de Pierre
- Et le génie de Ben Yehouda de se montrer encore quand il explique
pourquoi les juifs n'avaient pas au Moyen Age utilisé une désinance
hébreue ou judéo du mot Pape : "justement pour éviter (dans un contexte
d'Eglise hostile aux juifs) d'utiliser toute connotation de filiation
que le mot "Pape" aurait pu sous-entendre"...
Les
juifs d'alors n'auraient jamais imaginé que le Pape-Afifyor serait reçu
avec tapis rouge par un Etat juif, de plus, à la une de la Presse
mondiale !===========================================
6. Quel est le sens des Mitsvot ? adapté du Rav Avigès* (et d’additifs du Grand Rabbin de France, G. Bernheim)
* français, jeune et brillant Maître à la Yechiva du Rav Feinstein, ses ouvrages de méthodologie de Halakha sont des livres de chevet des Yechivot et ses cours de pensée développent la flamme juive de nombreux étudiants new yorkais. La place de l'éthique dans la Torah : y a-t-il des règles de morale, ou un sens sousjacent aux 613 Mitsvot de la Torah ? L’éventuel sens des Mitsvot est-il vraiment en rapport avec leur cortège de détails d’applications, souvent accessoires et sans rationalité apparente ? Cette question nous a tous interpellés sans qu’on ait reçu de réponse réellement satisfaisante. Voilà un texte d’un Maître de la Torah, impliqué dans la vie philosophique, qui basé sur les pensées des Sages, apporte une vision d’ensemble du sujet. Vision complétée par les additifs inspirés des enseignements de Benny Levy et du Grand Rabbin de France.L'acte symbolique d'acquisition Le Talmud Pirké Avot (chap. 6) cite 48 attributs pour « l'acquisition » de la Torah, dont le 1er est son étude et le dernier, de rapporter ses dires au nom de leur auteur.
Le Rav Yeruham de Mir rappelle que pendant les 49 jours du Omer (entre Pessah et Chavouot), il faut chaque jour ‘acquérir’ un de ces 48 attributs, le 49ème jour représentant une sorte de révision générale. Il s’étonne cependant de la préséance de l’étude (1er attribut), alors que les textes, qui en représentent le contenu, n’arrivent qu’en 14 et 15ème positions ? La connaissance des textes juifs est, bien entendu, incluse dans l’étude elle-même. Ce texte ne peut donc pas parler de l’étude de la Torah, mais, bel et bien, de son «acquisition» au sens de l’entrée en possession par l’élève, comme on entre en possession irrévocable d’un bien par un acte symbolique appelé « Kinyan » : le Rav donne en exemple d’un tel « Kinyan », le passage symbolique au bain rituel du converti pour sceller son entrée dans le judaïsme.
Importance d'un acte symbolique On retrouve posée la question fondamentale de l’importance d’un acte purement symbolique, comme celle des détails des Mitsvot, thème de cet exposé. Sans questionner le bien-fondé des Tefilines ou du Chabat (commandements écrits d'origine divine), quel est le sens des cortèges de règles talmudiques qui les accompagnent ?
1 - Selon Rachi, une Mitsva qui s’expliquerait complètement, ne serait respectée que dans un contexte purement social (ie. sans besoin de référence à l’injonction divine). Le fidèle en oublierait alors peu à peu le côté absolu lié à l’injonction divine avec l’illusion de sa relativité ; ce qui le conduirait peu à peu à l’ignorer en fonction des évolutions de rationalité ambiante, et à en oublier la présence divine qu’elle représente.
2- Une certaine dimension a-rationnelle (comme celle du symbole) doit alors être présente pour éviter un tel écueil. Rachi cite l’exemple de Mitsvot à non rationalité apparente (interdiction du porc, ou de se vêtir de tissus de lin et de laine mélangée).
3- Maimonide qui pourtant, dans son « Guide des égarés », cherche un sens systématique aux commandements, confirme que le respect des Mitsvot non rationnelles doit être lié à l'obéissance à une loi révélée, plutôt qu’à une quelconque rationalisation.
4- Le Rav David Feinstein, soutenant que D. ieu ne demande pas à l’homme des
comportements «absurdes» pour lui, estime qu’il y a une rationalité dans les commandements divins. Elle doit être présente même si elle nous semble incompréhensible.
Le Symbole interpelle En référence au Ps. 1, qui démarre en citant la Torah de D. ieu, pour finir en citant celle de l’homme, le Talmud explique que la Torah devient «celle de l’homme» lorsqu’il la «comprend», cad «la fait sienne» et non lorsqu’il «lui trouve une rationalité absolue».
Il en va de même pour le sens des Mitsvot : la Torah demande de ne pas manger du lait et de la viande ; cet acte restera un acte symbolique sans rationalité apparente. Mais il doit néanmoins interpeller en permanence, obliger à une quête de sens, «l’acquérir en le faisant sien». C’est à dire, à lui trouver une lecture du moment (ex : penser à la souffrance des animaux). On comprend alors l’importance du dernier des 48 attributs à acquérir (cités au début du texte), à savoir «rapporter un enseignement au nom de son auteur» :
1- Si l’acquisition de la Torah amène chacun à une quête de sens, il est fondamental de distinguer ce qui vient d'une lecture personnelle de la Torah de ce qui est la Tradition.
2- Cette quête impose également de relier entre elles, les explications issues d’une même personne, afin d’en percevoir les cohérences.
3- De plus, lorsque l'homme comprend ce qui est sa lecture propre et en quoi elle lui est propre, il est à même de s'ouvrir a la lecture de l'autre.
L'acte symbolique d’acquisition permet, quant à lui, de lier cette quête de sens à la réalité du monde. Rav Yeruham estime que l’effet de l’acte symbolique d’acquisition, qui réveille de manière inconsciente les idéaux, va changer l’homme de l’intérieur sans éveiller en lui l’opposition que ferait naître un effort moral conscient et permanent.
L'acte symbolique et le rapport à autrui La tradition enseigne que les élèves du grand Rabbi Akiva sont morts dans la période du Omer parce qu'ils ne se respectaient pas entre eux. L'honneur fait à autrui est, en effet, est un acte symbolique qui permet à l’homme de se situer par rapport à l'autre, de la même manière que la Torah implique un ensemble d'actes symboliques qui permettent à l'homme de se situer face à D. ieu, à la nature ou à autrui.
Dans ce contexte, l’acte d’acquisition nécessaire pour sceller un mariage permet de lier la vision idéalisée que l'on a de l'autre à la réalité quotidienne ultérieure du couple. Réalité que l’acte symbolique permet de préparer car, oubliée dans ces moments de bonheur, elle rappellera inévitablement sa brutale existence.Eviter le rapport de séduction Benny Levy nous offre une autre piste d’explication dans sa conférence de Jérusalem intitulée «Itinéraires» : tout discours politique cherche à convaincre avec un contenu latent de séduction et de pouvoir sur l’auditeur. Assistant volontairement au discours, ce dernier a une volonté préalable inconsciente de se «faire posséder», non en tant que soi-même mais en tant qu’anonyme de la salle. Sa recherche d’adhésion (ou d’amour) inclut donc une forme de haine de soi dans une volonté sous-jacente de se laisser posséder.
Dans cette optique, l'acte d'acquisition de la femme du mariage, libère l'homme de sa pulsion possessive de pouvoir, et la femme de sa volonté d'abandon, permettant au rapport humain de s'établir en dehors d'un quelconque rapport de possession. De même, l'acte symbolique, vu comme un impératif absolu par la Torah, place de facto tout acte non symbolique comme quelque chose de relatif : l’auditoire qui écoute son Rabbin est tenu de penser que le discours du Rabbin n'est qu'un discours humain et relatif du fait même qu'il a un sens, ce qui limite les risques de fanatisation.
Le sens ne se transmet pas Kant, repris par Cassirer, estimait que la communication des cultures ne peut passer qu'à travers la communication des symboles.
NDLR : Comme l’enseigne le Grand Rabbin Bernheim : on ne peut transmettre du sens, on ne peut transmettre que des habitus ou des symboles qui pourront éventuellement véhiculer du sens. C’est ainsi la pratique de la loi juive qui a permis la survie du judaïsme à travers le temps, car toute idéologie juive, fût-elle religieuse ou révélée, aurait subi l’usure du temps avec les changements de contexte et de paradigme. C’est pourquoi dans le serment au Sinaï du « Naassé ve Nichma » le «nous ferons» précède le «nous comprendrons». Si nos Sages font passer l’obéissance par amour au dessus de l’obéissance par la crainte ou l’habitude, c’est parce qu’ils se réfèrent à un monde idéal. Les Mitsvot sont faites pour le monde de l’homme avec ses réalités.===============================================