Le Rav
Botchko et sa
Yechiva dans une ambiance d'ouverture
17 mai - Avec le
Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim Dîner/Conférence - 50 € IDHEJ-55 rue Servan 75011• 06 98 19 36 00 |
30/4/09 -YEROUCHALMI®N°89- 5 Iyar 5769 
Bon anniversaire à Israël pour ses 61 ans
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1. Comment croire en D. ieu après la Shoah?
2. Israël ne résulte pas de la Shoah ! 3. Soutenir les Communautés, Joël Mergui et la Team Roquette4. Des Bourgeois Juifs du XIXème siècle, par Bernard K.Cécile Furtado-Heine, bienfaitrice hors pair
5. Idolâtrie et psychologie, Rav Soloveitchik de Boston
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1. Croire en D. après la Shoah? Félix Perez
La
Shoah contredit nos analyses conventionnelles et seule l’existence d’un
tel évènement peut nous contraindre à affronter un dilemme si complexe. Des conséquences incalculables s'attachent
soit à l'interprétation qu'on en donne, soit à l'absence
d'interprétation.
Un classique tryptique : a) Soit D.
est seul en mesure de permettre pareille dévastation, b) soit Il
n’intervient pas, c) soit Il n’existe pas.
Expliquer la Shoah dans un
monde avec D s'avère plus douloureux, que de l'expliquer dans un monde
sans. (cf. A. Katz "Holocauste, où était D?" éd. RDF).
Neher
disait : «Notre situation dans la Shoah est celle de Job,
pas du tout celle d'Abraham et d'Isaac revenant dans la joie. Comme Job
qui in fine reconstruit une nouvelle vie avec "d'autres" enfants, nous,
avec nos familles, gardons en nous la blessure incurable de la perte de
nos six millions d'enfants».
Voici, ci-dessous, 13 familles de solutions à ce problème.
PARTIE 1 : D. IEU FACE A L'HOMME 1- La Shoah est incompréhensible à l'homme Les
Juifs traumatisés n'ont d'abord pas écrit grand-chose. Puis est venue
l’idée que la Shoah dépassait tout ce que l'homme est capable de
saisir. Admettre que dans l'Histoire il y a des faits impossibles à
interpréter, absurdes, c'est ouvrir la voie à une pensée qui nous
priverait de tout équilibre mental, qui justifierait une société
amorale capable de toutes les violences, qui signerait notre propre
arrêt de mort !
2- La Shoah révèle l’incomplétude de la Condition HumaineThèse du théologien Ulrich Simon (cf. "
A theology of Auschwitz",
éd. Victor Gollancz), pour qui la Shoah met à jour de manière unique un
problème qui n'a ni solution ni sens. Acculant l'homme à une situation
dans laquelle son intelligence ou ses analyses ne peuvent répondre. Dès
lors, c'est une révélation divine à sa hauteur qu'elle exige, dépassant
les humanismes et contraignant à questionner le monde spirituel.
2- La Shoah indique de nouvelles dimensions théologiquesLa
Shoah a porté à notre foi un coup si fatal qu'on peut se demander si
nous nous en sommes déjà remis. Confirmer que D. était effectivement
présent, impose de creuser à une profondeur jusque là insoupçonnée,
obligeant l’homme à dépasser tout ce qu'il savait de D. jusque-là,
ouvrant la perspective d'une foi beaucoup plus complexe et profonde.
4- La Shoah oblige à penser le Temps Le
Bien n’entraîne pas aussitôt la récompense et peut même s’accompagner
de calamités, comme le montre le Mystère de Job ou la vie ordinaire de
l’Ecclésiaste. Pour un croyant, le fondement de la réalité, c'est D.
tel qu'il s'est manifesté dans l’Histoire au travers des sévères leçons
administrées à Son propre peuple, comme de la miséricorde qui a pu
suivre. La Shoah souligne ainsi que l’homme est vraiment incapable de
comprendre l’intervention de D. dans l’Histoire sans intégrer la longue
durée.
PARTIE 2 : L'HOMME DANS LE MONDE 5- La Shoah place l’Homme au cœur de l’HistoireLa blague juive rapporte la réponse d'un rabbin sur "où était D. pendant la Shoah" : "
la question n'est pas de savoir où était D.ieu mais où était l'Homme".
Se révolter contre la prise en compte de la durée, c’est rejeter les
admonestations des Prophètes comme D.ieu nous en a fait le reproche ;
c’est refuser le couple ‘bénédictions/malédictions’ de la Bible et
ainsi renoncer à elle. Impuissants à examiner nos calamités à sa
lumière, nous en rejeterions la responsabilité sur une personne, un
système, ou sur D.
6- La Shoah pose le problème du Libre Arbitre humainL’Univers
est un cosmos non chaotique qui obéit à des Lois. (Une théologie pousse
dans un Midrach ce point à l’extrême, en situant la Création des 10
Plaies d’Egypte avant celle du Monde, pour signifier que, même pour la
Sortie d’Egypte, l’Univers a continué à obéir à ses lois initiales !
L'Univers ne pouvant changer son cours pour sauver quiconque, peut
conduire au mal avec le temps :c’est à travers joies
et douleurs que l’homme se bâtit.
L’Univers à l'avenir indéterminé, donne à l’humain devoir et enjeux. Doctrine du Tikoun Ha-Olam,monde inachevé qui a un besoin
essentiel d’humains
pour le compléter, en bien ou mal. L’homme libre ne peut exister que si
le mal est possible (et s'il peut être évité).
7- La Shoah confirme que D. doit cacher Sa face.Et
si l’Homme est libre au cœur de l’Histoire, le D. omniprésent a bien dû
lui en laisser la place, lui ménager un espace dont Il se soit retiré.
Ce repli divin pour l’Homme, c’est le concept juif de TsimTsoum. De ce
fait, une place existe pour le Mal extrême, pour des Shoah, sans que
cela ne contredise théologiquement l’existence de D. Mais Neher va plus
loin, insistant sur la responsabilité accrue de l’homme dans ce
contexte de silence divin : «
Si la plupart des fonctionnaires
français avaient donné leur démission, les Allemands, pas assez forts
pour imposer leur volonté n’auraient pas autant déporté. Lorsqu'il y a
silence des hommes et silence de D., lorsque D. et que les hommes se retirent au lieu de prendre la place laissée vacante, dans ce vide s'infiltre le Mal absolu».
8- La Shoah a atteint les porteurs de la vérité divineDès 1946, dans une revue yiddish argentine, Zvi Kolitz écrit "
Yossef Rakover s'adresse à D" : «
Il est naturel, quand les forces du mal dominent, que les 1ères victimes en soient ceux qui témoignent du Divin et du Pur».
Idée développée par le Pr. Slonimsky : Israël doit porter la Torah au
monde, qui, peu disposé, résiste en tuant le messager. Les juifs
doivent le faire dans un monde encore sans D.ieu, sans justice, ce qui
ne peut les conduire qu’à d’incommensurables souffrances.
9- La Shoah a puni les juifs de leurs fautesThèse
scandaleuse : ces enfants morts en punition de quelque péché ; les
péchés des juifs seraient assez énormes pour une telle punition. Cela
supposerait que si un être humain souffre, il le mérite. Or, Job réfute
cette idée simpliste et l’Ecclésiaste souligne notre non maîtrise du
destin. Par ailleurs une assertion aussi carrée conduirait l’homme à
faire le Bien, lui ôtant du libre arbitre.
10- La Shoah marque les souffrances d’avant le MessieScandaleuse
pour les juifs, cette thèse catholique fait des juifs les héros (malgré
eux) d’un ‘Holocauste’ (terme réfuté par les juifs), ou, comme elle
faisait de Jésus, une victime expiatoire : «
la souffrance d'Israël persécuté en raison de son Élection, fait partie de celle du Messie»
(Cl Lustiger). Cette thèse est condamnée par les juifs car elle ferait
d’Hitler l’arme de D. ieu et donnerait du sens au sommet de l’absurde
et au Mal absolu.
11- La Shoah conduit à une rédemption dans l’au-delàLes
vertueux seraient récompensés dans une autre vie, les victimes de la
Shoah prenant place «à la droite de D.». Doctrine de l’immortalité qui
affirmerait que le mal subi se transforme en bien dans l’autre monde.
Etrangère au judaïsme talmudique qui parle très peu de vie future et
critiquée par son détracteur moderne, le philosophe Hans Jonas, selon
qui «
la vraie justice devrait consister en une nouvelle occasion de vivre la même vie, dans les mêmes conditions» ! L’immortalité est une récompense pour une vie de bonté et non pas le rattrapage (la Kappara) d’une vie détruite par le Mal.
Si Hans Jonas voyait remonter dans les Cieux les pleurs de la Shoah, ce
chorus est bien loin d'y retrouver sa finalité, et doit peser sur
notre monde pour le mettre en garde !
12- La Shoah révèle une puissance du MalIdée de la blague de Wiesel : «
un
Juif pieux dans sa synagogue d’Europe occupée dit aux fidèles ‘Ne priez
pas si fort; D.ieu vous entendrait et saura qu’il y a encore des Juifs
vivants, et vous aussi serez détruits’». Le théologien moderne Emil
Fackenheim parle d’un D.ieu apparemment démoniaque face à qui le Juif
resté religieux doit exprimer des protestations nouvelles car bien plus
extrêmes que celles d’Abraham ou de Job : «D. , Tu as abandonné
1’alliance, nous ne l’abandonnerons pas ; la crainte de D. a disparu,
nous la préserverons. Malgré Toi, nous recréerons Ta puissance par
notre persévérance».
Abraham a proclamé un D. juste ;le judaïsme,
comme les théologiens médiévaux, a rejeté l’existence d’un Mal
autonome. Fackenheim raisonne dès lors sans doute par l’absurde.
13- La Shoah ne doit pas offrir une victoire à Hitler Pour
Fackenheim, le rejet de D., serait une victoire postume d’Hitler que
nous devons donc combattre en préservant le judaïsme. Idée complétée
par le Rabbin Lerner de Montréal "
nous devons combattre cette thèse afin que les grands sages juifs et les enseignements juifs ne perdent pas contre Hitler".
Le
Pr Feinermann a montré cette combativité religieuse des juifs restés
pieux malgré leur calvaire, célébrant le peu de rite possible, au
risque de leur vie, dans les conditions extrêmes des Camps.
Neher : «
Jérusalem a pu être reconstruite après la Shoah, surtout car le peuple juif n'a oublié ni Thora ni Jérusalem, malgré Hitler. Shoah pas im-pensable,‘in-compensable’
Israël ne compense pas la Shoah, il est le fruit de sa fidélité dans l'histoire ».
- Conclusions D.ieu crée un Univers
essentiellement
non fini et un être humain moralement responsable. Comme le judaïsme
talmudique, développé par la Cabbale, les modernes, Fackenheim,
Slonimsky ou Jonas y mettent des limites radicales à l’activité de D.
Ceci ne signifie pas que D. Lui-même est limité, mais que les limites
de Son pouvoir sont une condition nécessaire à l’existence du monde.
Quand nous demandons où est D. après la Shoah, nous restons à sa
recherche. Continuons d’interroger D. sur Son absence;notre génération
ne fournira pas les réponses, mais, en dépit de ses questions, renouera
avec sa foi et l’approfondira grâce à elles.
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2. Israël ne résulte pas de la Shoah ! 
Yerouchalmi. Du Pr Bensoussan, «Israël, le sionisme, la destruction des Juifs », Seuil. «Sion a ressurgi des crématoires ; la nation juive, d’entre ses millions de morts» Mauriac (imprégné malgré lui d'antijudaïsme de l’Eglise pré-Vatican II). Israël qui n’existerait que 'grâce' à la Shoah, est à dénoncer car sous-tendant l’antisionisme. L'Iran accuse l’Occident «d’avoir envoyé après la Shoah des migrants établir un gouvernement raciste en Palestine. Sous prétexte de la souffrance juive, les alliés auraient eu recours à la force pour priver de terres la nation entière palestinienne». Argument connu des pays arabes et antisionistes rouge/brun/vert rendant les juifs coupables de leurs malheurs ; pis, d’avoir entraîné l’Occident dans le camp des bourreaux… Les 3 textes fondateurs d'Israël d'avant 1937
C’est dans un processus sans rapport et antérieur à la Shoah que 3 décisions internationales sont considérées comme fondatrices de l’Etat d’Israël :
les déclarations Balfour (1917), le Mandat SDN (1920), la Commission Peel (1937) - En 1917, la "déclaration Balfour" de Lord Balfour et du gouvernement britannique, est une lettre adressée à Haïm Weizmann, formidable encouragement pour le sionisme : le Royaume-Uni est favorable à l'établissement d'un « Foyer national juif » en Palestine.
- En avril 1920, «mandat » officiel de la SDN est donné aux britanniques sur la Palestine. En ligne avec Balfour, le Royaume-Uni doit «
placer le pays dans des conditions permettant l'établissement d'un foyer national juif et le développement d'institutions d'auto-gouvernement. Il doit faciliter l'immigration et l'installation compacte des Juifs sur les terres». Avec une très vague allusion aux droits des arabes !
- En 1937, la commission britannique Peel, propose un projet précis de partition entre Juifs et Arabes. Il s'agit d'une mise en œuvre officielle de la Déclaration Balfour de 1917 qui confirme explicitement et bien avant la Shoah, le partage du pays entre Juifs et Arabes.
Le Pr Bensoussan, rappelle que «l
es Juifs
auraient pu constituer un Etat viable avant la guerre mondiale,
qui eût pu posséder une armée, une agriculture, une industrie, une
langue propre, une administration, une presse, des universités, des
syndicats...»
Autres idées reçues antisionistes, ici dénoncées - Les juifs auraient colonisé les palestiniens, massivement présents avant leur arrivée.
Ce mythe s’avère fabriqué à un point tel que nombre de juifs y croient. La réalité est à l’opposé de cette thèse, les juifs ayant attiré les arabes : les sionistes ont voulu depuis Balfour bâtir des institutions nationales et encourager l'immigration juive. La population juive est ainsi passée de 83000 en1918, à 164000 en 1930, puis à 463000 avant la guerre.
Cette présence juive a encouragé le développement, attirant bon nombre d’arabes du fait du progrès économique que les juifs suscitent. Pendant cette période, la population arabe double, de 660000 à 1200 000. C’est donc l’installation des juifs en Palestine bénie par les Nations à 3 reprises de 1917 à 1937 qui y a attiré ensuite des arabes non résidants.
- La Shoa aurait conduit à renforcer Israël Loin d’avoir renforcé Israël, la Shoah l’a privé de l’immigration d’une partie des 6 millions de juifs tués (et de leurs descendants qui seraient 2 fois plus nombreux). Face à ses chiffres, c’est seulement 350000 israéliens (moins d’un tiers des habitants) qui sont issus des camps pour bâtir le pays après 1948.
- Les remords auraient incité à la création d’Israël
De tels remords n’existent pas car l’Occident ne s’est senti aucune responsablilité dans les crimes de guerre ; donc n’a pas eu lieu d’exprimer de quelconques remords. On ne dispose d’ailleurs d’aucune trace historique de tels ressentis de responsabilités ou remords aux niveaux politiques officiels.
- Israël s’est bâtie sur la Shoah. Au contraire, les juifs d’Israël ont occulté les témoignages des déportés, ne cachant pas le mépris que leur inspiraient les juifs de diaspora, coupables à leurs yeux de s’être «laissés mener comme moutons à l’abattoir». Israël préférait célébrer ses Sabras faisant refleurir le désert et l’héroïsme de ses pionniers ou soldats Les survivants ont été relégués au rang de «citoyens ordinaires» d’Israël jusqu’à peu...
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3. Soutenir les Communautés, Joël Mergui et la Team Roquette


La Team Roquette soutient les Communautés de France pour raviver la flamme Juive de ses petites villes. Le
Prsdt Mergui en a été l’initiateur, et, avec F. Attali (DG
du Consistoire) et Serge Benhaim (Prsdnt de la Roquette), lui a apporté
un
soutien indéfectible. Le Rabbin Engelberg et son épouse lencadrent la Team. Cette salutaire initiative ne peut qu'évoquer le Rabbin Paul Roitman (ztsl) qui,dans les années 60, sauva des dizaines de milliers de juifs des banlieues, créant Tikvatenou et le Bné Akiva.
La Team Roquette Son Rabbin rappelle que le
premier Chabbat plein, à Angers, suivait l’élection de Joël Mergui, qui avait
lancé cette action en urgence. Depuis, la Team Roquette s’est étoffée et une dynamique s’est mise en route avec son Tour de France des Communautés qui, en 4è étape, a visité Lunéville, après Angers, Caen et Evian. A Strasbourg, le Team a lancé un «Shabbes
Lounge» où 40 jeunes peuvent se retrouver, issus de milieux,
pratiquants et non pratiquants, garçons et filles de 20 à 30 ans,
célibataires.
3 objectifs :
soutenir les petites communautés, faire se rencontrer leurs jeunes prêts à s’impliquer, les responsabiliser . L’objectif de la formation est de former
des jeunes pour multiplier les déplacements. Puis de trouver des correspondants locaux à
former...
Plusieurs responsables locaux ont été désignés et soutenus
pour redynamiser la jeunesse juive locale.
Les délégués de la Team Roquette en Province sont :
Angers Clara Benzecrit -
le Havre Alexandre Haddad -
Caen Nicolas Touboul§Sarah Zenou
Grenoble Samuel Jérémie -
Evian Laurence Amsellem -
Mulhouse Jérémy Partouche -
Nancy Mickael Amzallag -
Lunéville Sarah Sebban § Simon Biedenger.
La Team Roquette unit ses efforts avec Tikvatenou et le
Centre Fleg rue de l'Eperon, Paris. L’impulsion donnée, la nécessité de revitaliser le judaïsme partout en France s’impose.
La Team à Lunéville Lunéville aurait pu devenir un
lieu de mémoire juive. Sa mobilisation avec son
Président, le Dr
Sebban, symbolisent l’effort qui permet de préserver la
flamme du judaïsme.
A) Un peu d’histoire de Lunéville Petite ville grise de
Lorraine, au passé prestigieux et à l’avenir difficile. En son cœur, cachée entre deux immeubles, la Synagogue. La première en France depuis le XIIIè siècle, édifiée en grès rose des
Vosges, avec l’élégance des édifices
lorrains et avec l'accord de Louis XVI, le culte n’y était
que toléré. Elle dût être placée en retrait de la
rue, dissimulée par 2 maisons. Ce bâtiment classé est resté une Synagogue, grâce à la détermination du Dr
Sebban, et de T. Zenou. Avec un Mynian tous
les Chabbat et les fêtes, au rite tantôt séfarade, tantôt ashkenaze (!) et un Talmud Torah de 15 élèves.
B) Rapport de visite par Thierry Zenou, Vice-Président
Site: www.communautejuivedeluneville.com Email: acil54@free.frLa venue de la Team Roquette restera un temps fort pour notre communauté, imprégnée de la ferveur des chants de ces 50 Jeunes de toute la France. L'office du Chabbat fut plaisant avec 4 fois mynian, alors qu'à 10 souvents, on sait la valeur du chiffre 1 !
La venue du Président Mergui a été une occasion d'échanges. La réunion de travail avec les Présidents de la Région
aura permis une mise en mouvement de l'action et des projets : a) celui d'un jumelage entre Lunéville et une Communauté ; b) avec un soutien pour un rayon cacher dans une grande surface ; c) une mini Team y viendra régulièrement pour Chabbat. Nos synagogues doivent, pour répondre aux attentes de la jeunesse, devenir des lieux de
vie où l’on a plaisir à aller. Je suggère un jumelage de petites
communautés pour des échanges.
"
Un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est sans avenir" Foch : l'action de la Team Roquette a enrichi notre mémoire de moments forts et donné du sens à l'avenir. Bravo pour cette action ainsi qu'au Prsdt Mergui et à son équipe pour l'impulsion et à Serge Benhaïm, Prsdt de la Synagogue de la Roquette !
C) Déclarations du Président, le Dr Sebban Cette initiative est à
multiplier avec ces jeunes formidables, devenus comme nos enfants. Entendre
ces voix enthousiastes, c’était plus
et mieux que dans mes rêves. Cette initiative est exemplaire. Elle doit se poursuivre car elle est importante pour le judaïsme français, pour le maintien en
vie de nos si nombreuses petites communautés de France".
D) Déclarations du Député Maire, M. LamblinRépondant à l’invitation, il rappela que l’Abbé Grégoire, au rôle capital
dans l’émancipation des juifs, était originaire de Lunéville. Attaché à ce joyau architectural et à la présence juive dans sa
ville, il retraça les aides accordées pour l’entretien des bâtiments et insista pour affirmer le maintien de ses
efforts.

Le Grand Rabbin de France soutient pleinement cette initiative
Déclarations du Président du Consistoire, Joël Mergui Il faut prendre conscience que le judaïsme français est à son apogée. Les ressources nouvelles, nous devrons les chercher chez ceux, éloignés, qui ont perdu le contact avec leur identité juive. Il n’y aura plus de nouvelle vague d’immigration juive dans les années à venir, renforcer le judaïsme français est une responsabilité qui nous incombe. Les jeunes qui sont ici font un travail beaucoup plus important qu’ils ne le pensent.
Des initiatives régionales doivent également prendre le relais, la Communauté est un grand frère qui doit avoir conscience de sa responsabilité. Ici plus que partout ailleurs, vous avez conscience de l’importance d’un juif, un seul, celui qui permettra de sortir le Sefer Torah. Toute la différence. Notre défi collectif est de doubler nos capacités pour animer de tels Chabbat. Notre défi est de trouver les voies et les moyens d’établir le dialogue. Lunéville est la preuve que c’est possible.
Entre la fin de l’immigration et l’assimilation, c’est la moitié des
juifs de France qui sont à retrouver. C’est un devoir pour les Communautés d’aller chercher les juifs qui n'y
viennent plus. En
province, où il est plus difficile de rester juif, de manger cacher, de
se trouver dans un environnement que l’on a pu oublier, il peut suffire
d’un déclic. A nous de savoir donner envie de nous rejoindre, par un
travail de fond, par un dialogue à établir.
Le choix est possible,
c’est une question d’implication.===================================================
4. Des Bourgeois Juifs du XIXème siècle, par Bernard K.Cécile Furtado-Heine, bienfaitrice hors pair
Dans l’histoire du judaïsme français du XIXè siècle, on connaît le célèbre philanthrope Daniel Iffla-Osiris (1825-1907) qui fut, entre autres, à l’origine de l’édification de nombreuses synagogues (Buffault, Vincennes, Arcachon,..). On peut considérer que Daniel Iffla eut son équivalent féminin en la personne de Cécile Furtado-Heine (1821-1896) qui en fut la contemporaine. Ses originesLe père de Cécile Furtado, originaire de Bayonne, appartenait à la communauté des « juifs portugais » qui avaient fui le Portugal et l’Inquisition pour s’installer dans la France des environs de Bordeaux et de Bayonne. Sa mère était issue de la haute-bourgeoisie ashkénaze, les Fould. L’oncle maternel de Cécile, Achille Fould, sera ministre des Finances sous le second Empire et donnera naissance à une lignée d’hommes politiques, dont Aymar Achille-Fould, ministre des PTT de Chirac, sous Giscard.
Sa fortune Cécile Furtado épousa en 1838 un juif allemand, Charles Heine, qui était le cousin du célèbre poète romantique et journaliste allemand Heinrich Heine (1797-1856).
Le père de Charles, Salomon Heine, était un « self made man » qui s’était lancé dans la finance : son surnom « le Rothschild d’Hambourg » en dit long sur sa réussite. Salomon était aussi un mécène, qui soutint financièrement Heinrich Heine, son neveu.
Charles Heine reprit et amplifia les affaires de son père, si bien qu’en 1865, devenue veuve, Cécile Furtado-Heine se trouva à la tête d’une fortune considérable.
Henrich Heine était juif par sa mère d’une famille de banquiers
juifs libéraux, ayant quitté la Hollande à la fin du XVIIe, et par son
père, d’une famille de marchands juifs orthodoxes du nord de l’Allemagne. Fort adulé à Paris où il passa les 25 dernières années de vie, il y fut le passeur de la culture allemande. Inhumé au
Cimetière de Montmartre, il eut l'intuition des mécanismes de
progression des totalitarismes vers les génocides: «
quand
on commence par brûler les livres, on finit par brûler les hommes».
Heine passa
sa vie, tiraillé par les éléments incompatibles de ses identités juive
(à laquelle il était resté sensible jusqu'à ses dernières paroles) et
allemande. Il avait épousé une femme non juive, Augustine Mirat, après s'être converti au protestantisme à l'âge de 28 ans. Conversion dans le seul but d'accéder aux chaires universitaires, sans succès du fait de ses critiques modernistes de la vieille culture allemande et d'un
l'antisémitisme ambiant lui rappelant ses origines. D'autres, dont son cousin le compositeur et mécène Meyerbeer,
n'eurent pas à
se convertir pour réussir.
Une bienfaitrice de France - Cécile Furtado-Heine mit cette fortune au service de ses actions philanthropiques : création de crèches, d’écoles, d’hôpitaux,...Pendant la guerre de 1870, elle soutint la Croix-Rouge, organisant un service d’ambulances pour le rapatriement des blessés. Elle créa aussi un hospice pour enfants dans le 14e, dans la rue qui porte son nom depuis.
- Loin d'oublier ses coreligionnaires juifs, elle soutint plusieurs œuvres de bienfaisance juives et contribua à l’édification de synagogues, dont la plus belle entièrement financée par elle, est celle de Versailles inaugurée en 1886, rue Albert Joly.
- Une autre de ses réalisations fut la donation de sa magnifique villa niçoise au profit des officiers qui revenaient en France se reposer après l’exténuante campagne de Madagascar. Cette villa existe toujours et accueille les officiers de passage à Nice.
- A l’instar de Daniel Iffla, Cécile Furtado fit des dons très importants à l’Institut Pasteur.
Ses activités caritatives et sa générosité lui valent d’être promue au
grade d’Officier de la Légion d’honneur en 1896, chose très
rare à cette époque pour une femme.
Iffla-Osiris et Heine, croustillante rencontre... Cécile Furtado-Heine et Daniel Iffla, ces deux mécènes au parcours remarquable et analogue, ont-ils eu l’occasion de se rencontrer et d’œuvrer en commun ?
Nous ne possédons aucune trace d’une telle démarche. Cependant une anecdote illustre le fait que Daniel Iffla-Osiris était un grand admirateur du cousin de Cécile, Heinrich Heine.
Comme on le sait, Daniel Iffla-Osiris fut un élément déterminant de la synagogue de la rue Buffault. Mais, ce projet faillit échouer à cause d’un détail, qui allait prendre des proportions démesurées. Daniel Iffla désirait installer à l’entrée de la synagogue, une plaque dédiée « aux illustres enfants d'Israël », voulant y inclure Heinrich Heine, ci-dessus évoqué, dans la liste des personnages cités, aux côtés de (!)... Moïse, Rabbi Akiba, Rachi, Maïmonide et de bien d’autres juifs éminents.
Le Rabbinat s’opposa violemment à ce souhait car Heinrich Heine s’était converti au protestantisme. Daniel Iffla renonça finalement à sa prétention et déboqua la situation, permettant
in extremis la création de notre belle Synagogue Buffault de 'rite portugais'.
(NB : A noter que le cas Heine fut définitivement clos quand les polémiques
cessèrent en Israël après que la Mairie de Jérusalem
consentit en 2001 à nommer une belle rue du Quartier de Montefiore du nom de
Heinrich Heine.)==============================================
5. Idolâtrie et psychologie, Rav Soloveitchik de BostonYechiva des Etudiants, adapté par Yerouchalmi 
Le Talmud a décrit trois formes progressives d’idolâtrie. Maïmonide, Nahmanide et la Tradition illustrent les aspects psychologiques des dérives vers l’idolâtrie que notre siècle a confirmées : scientisme, athéisme effréné, marxisme ou nazisme.
Le Talmud distingue 3 niveaux d’idolâtrie :
a) l’acceptation de quelque chose comme divinité’ : dire « Tu es mon D.ieu » est déjà un acte d’idolâtrie, même sans acte physique autour de l’objet.
b) la prosternation, même si ce n’est pas la façon usuelle de servir l’idole.
c) le culte usuel de l’idole, même si ce culte est une marque apparente de mépris : si c’était le culte normal, jeter des pierres ou déféquer sur elle, serait interdit.
Scientisme et Idolâtrie L’idolâtrie n’est pas réduite aux cultes des premiers païens de l’Antiquité. A l’ère rationnelle, l’univers « se suffirait » sur le seul plan scientifique ; cependant, nous ne savons ni comment ni pourquoi cette unité en soi a été créée ! Si nous comprenons le monde par des liens de causalité, la question de ce qui le soutient est scientifiquement dénuée de sens, alors que religieusement, son importance est fondamentale.
Le juif qui réduirait sa compréhension au scientifique serait en passe de devenir idolâtre, ayant substitué à D.ieu un principe d’explication absolu se suffisant à lui-même.
Le judaïsme ne réduit pas sa perception aux seules connaissances humaines - sans pour autant leur dénier une valeur propre - mais insiste sur le fait que chaque chose reflète l’intérieur et l’extérieur de l’univers : la gravitation ou les mathématiques sont valides mais expriment aussi la volonté divine.
- Pour Maïmonide, le D. transcendant reste extérieur à l’univers : «Et qui imagine qu’il existe un autre D. renie le principe fondamental sur lequel tout repose». Une philosophie qui expliquerait l’univers dans ses propres termes, sans recours à l’infini serait 'idolâtre'.
- Na’hmanide est plus audacieux, autorisant l’homme à apprécier une vision scientiste du monde, à s’interroger sur le fait de considérer D. comme le Maître du monde, dans la mesure où il ne se bat ni ne s’engage pour une telle philosophie, comme le ferait l’athée croyant à sa philosophie avec tant de certitude qu’il se battra pour elle.
- Pour le marxisme, l’humain se suffit à lui-même ; en rejetant la religion, il atteindra les hauteurs sur les plans techniques et éthiques. Au-delà d’une doctrine économique, le marxisme est une véritable éthique : l’homme se suffisant sur un plan moral, n’a nul besoin de Décalogue car il formulera «Tu ne tueras pas» ou «Tu ne voleras pas» par lui-même. On est ici au coeur de l’idolâtrie : pour la Thora, l’homme a besoin d’une loi de D.ieu : une loi qui ne serait formulée que par lui (même le « Tu ne tueras pas »), sera relativisée et violée à l’envi, comme Staline ou d’autres marxistes l’ont démontré...
Autosuffisance et idolâtrie 
De même, qui pense que l’homme peut réaliser son destin et atteindre la perfection s’oppose, pour Rambam, au fondement du judaïsme. En matière de bonheur, l’homme ne peut se suffire à lui-même ; il sera le même être malheureux sur la Lune que sur la Terre. Le bonheur, n'est possible qu’à travers une réalisation de soi, et, D.ieu intervenant dans la vie, il ne peut y avoir de bonheur sans Lui.
L’idolâtrie est un phénomène graduel. Tous les Allemands n’étaient pas au départ nazis, mais des gens cultivés ; ce qui s’est passé là bas peut se passer n’importe où ! Il ne faut pas croire en l’homme qui peut se transformer en prédateur. Les Allemands avaient des économies qui, d’un coup, ne valaient plus rien. La faim et la soif excitent alors l’imagination humaine : les Juifs devaient être en coulisses des malheurs du monde.
La lointaine possibilité, ouvre l’acceptation de la doctrine nazie, équivalente à l’étape (1) idolâtrique comme décrite ci-dessus. L’homme commence à penser que la doctrine nazie est juste, mais sans en être au stade de tuer les Juifs ou de rejoindre les SS.
(2) Puis arrive «se prosterner», craindre les ordres extrêmes, sans encore les exécuter.
(3) Enfin, accoutumé à admirer et à craindre, l’homme en vient à l’étape idolâtrique, servir et ce, jusqu’au sacrifice humain des vieux, des femmes ou des bébés.
L’Histoire confirme la ThoraL’homme évolué a ainsi régressé au stade antique : au début, il imagine, conçoit l’idée. Ensuite, il lui reconnaît certaines vertus avant de l’admirer et finalement, de la servir en faisant désormais partie de la foule. Dans sa manière de légiférer pour prévenir le pire, la Thora avait, de fait, bien analysé la psychologie humaine.
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