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 11/02/09-YEROUCHALMI®N°80- 17 Chevat 5769
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    .         
  Des Papes, Des Papes... Oui mais des pas Nazis...
Juifs et Chrétiens débattent sereinement

1. Israël petit comme ça... mais grand comme ça !   (très étonnant)
2. Psychiatrie du projet Nazi, adapté du Professeur Daniel Sibony 
3. La Mer Morte, merveille en péril, le monde à son chevet
4. La vie d’Isaac, aux enseignements si actuels !    (très complet)
5. Paracha Ythro par Nahum Botchko
.
Très belles maximes du Grand Rabbin de France :
"La pensée de Nicolas Sarkozy fait écho
à la phrase de Baudelaire
à laquelle j'adhère pleinement,
'Il n'y a d'intéressant sur terre que les religions'

Les religions restent d'ultimes réserves de signification, de poésie,
dans un monde désenchanté par le rationalisme et la technique"
.
et de Dom Armand Veilleux, Père Abbé
"
Pour comprendre la spiritualité chrétienne,
il faut comprendre son enracinement dans la spiritualité du peuple juif,
dont l’expérience religieuse, distincte des autres peuples,
fut d’avoir perçu D., non comme un être lointain et impassible,
mais comme un D. personnel, présent dans sa vie personnelle et collective."

.=============================================
4. Des Papes, Des Papes, oui mais des pas Nazis...
Juifs et Chrétiens débattent de l’évêque négationniste
Yerouchalmi.com   Félix Perez auteur de "Origines juives des fêtes chrétiennes" (juin 09)
Nicolas.Baguelin.free.fr  théologien catholique, spécialiste d'hébreu biblique

Photos:Pape JPII / GRF Kaplan (ztsl)

La “levée des excommunications” de 4 évêques “lefèbvristes” fait débat dans le milieu catholique et dans la presse israélienne. 2 questions débattues par les intervenants.

1) Nicolas Baguelin, personnalité chrétienne amie de la communauté juive
a) La levée d’excommunication n’est pas synonyme de réintégration    
       Tout le monde n’est pas sensé connaître le droit canon, et les journalistes à partir des données mal comprises ont eu vite fait de créer un amalgame à sensation. Heureusement que des déclarations de Benoît XVI en personne condamnant sans équivoque tout négationisme ont rectifié quelque peu cette erreur de “com”. Si les médias s’étendent sur les propos négationnistes de  Mgr Williamson, il faut aussi tenir compte des déclarations de Mgr Fellay, responsable de la Fraternité Saint Pie X qui témoignent d’une reconnaissance implicite de l’héritage de Vatican II, du moins en ce qui concerne les relations avec les juifs. Mgr Fellay a tenu à se démarquer clairement de Williamson et reprend  la formule de Jean-Paul II « nos frères aînés », ce qui dénote une prise en compte certaine du changement de Nostra Aetate et de la centralité du mystère d’Israël.
b) la réintégration des lefèbvristes et les liens avec les juifs    
       La préoccupation des catholiques français concerne la réintégration des lefèbvristes , j’espère sans que l’on tombe dans des guerres de chapelles sur « l’intégrisme » et que l’on en oublie l’héritage de Vatican II, et notamment la question du “lien spirituel” au peuple juif. Bien qu’il y ait eu des déclarations très nettes exigeant de Williamson qu’il abandonne son négationisme, à la fois de Benoît XVI et de sa propre Fraternité, l’erreur de “com” est fatale, et on a du mal à croire que Benoît XVI “n’était pas au courant”.
c) Les relations judéo-catholiques en jeu   
       Beaucoup de catholiques, tenant pour acquis que les juifs auraient noté notre abandon de la théologie antijuive, s’étonnent dès lors de leur “sensibilité extrême” à l’annonce de la réintégration de Williamson. J’entends ici et là : “les juifs n’attendaient que ça pour rompre les relations avec l’Eglise”, sous-entendu :«ils ne veulent pas du dialogue, ils le font exprès…», et on semble retomber dans les vieux clichés du “juif perfide”.
       On n’efface pas 19 siècles d’antijudaïsme chrétien (persécutions, vexations, pogroms…), dont l’horreur a culminé avec la Shoa et 6 millions de morts juifs en terre chrétienne. La responsabilité de la théologie antijuive est énorme. Pour les juifs, Nostra Aetate et surtout les gestes prophétiques de Jean-Paul II (synagogue de Rome, Kotel) sont perçus comme le prélude d’une possible amitié dont ils doutent du changement théologique profond ou de la dépendance à la seule personnalité de Jean-Paul II.
d) Jean-Paul II et Benoît XVI
 Benoît XVI, perçu comme théologien, est attendu comme quelqu’un qui doit valider les gestes prophétiques de son prédécesseur et  les confirmer.Voici que sont émis des signaux apparaissant à l’opposé : la levée d’excommunication d’un évêque négationniste mais aussi d’une fraternité intégriste refusant a priori les changements du Concile.
Certes, ce ne sont que symboles, l’intention de Benoît XVI de continuer la voie de Nostra Aetate et Jean-Paul II n’est pas à remettre en cause. Mais, pour l’instant le dialogue entre juifs et chrétiens repose essentiellement sur les symboles et les gestes de bienveillance. Il n’est alors  pas étonnant qu’une “erreur de com” ait pu prendre cette ampleur. Gageons que Benoît XVI saura en tirer les conséquences,comme JP II après le Carmel d’Auschwitz.
2) Réponse de Félix Perez, Directeur du Yerouchalmi
a) L’Unité, désir louable  
       Je trouve absolument respectable la volonté de Benoit XVI de refaire l'unité de l'Eglise. C'est vraiment une affaire interne à l'Eglise. Les souhaits des réintégrés de maintenir la messe en latin font écho aux juifs qui verraient avec horreur leurs prières interdites en hébreu. Les points théologiques en discussion concernent les avancées de Nostre aetate, comme l'élimination de passages infâmant pour les juifs dans la liturgie. J'imagine que les réintégrés continueront à les dire, nous sommes après tout en démocratie. L’essentiel est que le Vatican maintient sa version officielle sans bouger sa ligne d’un iota !.
b) Benoît XVI, théologien de la fraternité avec les juifs    
       N'oublions jamais que l'oeuvre immense de Jean-Paul II était bien davantage basée sur ses talents émotionnels, médiatiques et charismatiques que sur ceux de spécialiste en théologie. Pour avoir suivi les coulisses du Vatican, c'est au Cardinal Ratzinger, actuel Benoit XVI, que l’on doit le soubassement théologique de l’attitude fraternelle de l'Eglise envers les juifs. Il connait intimement la théologie juive et s'exprime souvent en s'inscrivant dans ses lignes (quand, bien sûr, celles ci supportent son raisonnement de chrétien).
       J'ai testé de nombreux amis en leur lisant les premières parties de textes de Benoit XVI (en changeant un mot de ci de là) et ils ont tous attribué le texte à tel ou tel auteur juif spécialisé, tombant des nues quand je leur en révélais la paternité. Il est donc étrange de parler de revirement de Benoit XVI par rapport à JP II, je dirais, totalement saugrenu...
c) Le négationisme abject à écarter    
Les problèmes de négationnisme demeurent intacts et, sans doute, y a t il eu de la part de l'Eglise précipitation et erreur de casting. L'essentiel est que l'Eglise, comme elle le fait depuis, condamne de tels propos et rééxamine la réintégration de l'auteur de tels propos.
       Les juifs n'ont pas à mélanger ce problème particulier sur lequel ils sont en droit de réagir le plus vivement possible et le problème de la réintégration des intégristes qui (cf. ci-avant) ne nous concernent pas et que nous pouvons même comprendre.
d) Les juifs ne font pas d’ingérence    
       Dès lors que les juifs s'en tiennent, comme le plus souvent, à cette attitude, on ne peut les blâmer d'ingérence. Et ces accusations, lorsqu'elles sont émises par des chrétiens, ne peuvent qu'évoquer les fumets d'un vieil antijudaïsme ecclésial disparu depuis 60 ans mais qui (comme les fumées des sacrifices de son fils Esaü éblouirent Isaac son père au point de le rendre aveugle – Rachi), continue à aveugler des chrétiens égarés.
e) Poursuivons le si important dialogue     
Les juifs restent fermes dans leur volonté de dialogue avec leurs frères chrétiens. Comme vient de le confirmer lors de son intronisation le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, à propos de la poursuite son courageux et profond dialogue avec le Cardinal Barbarin. Afin, de parvenir  à entendre, à travers la théologie de l'autre, de nouveaux questionnements (et vice versa) et de renfocer le vivre ensemble des frères que nous sommes.
       L'Eglise de France a annoncé très clairement qu'elle était sur cette longueur d'onde. Théologiquement et à travers quelques annonces Benoit XVI semble aussi l'être. Comme tu le conclues, cher Nicolas, il reste au Vatican à un peu affiner sa "comm" et à définitivement régler le problème de cet évêque selon ses propres décisions mais en prenant mieux soin d'en mesurer tous les impacts éthiques.
3) Nicolas Baguelin propose d'intensifier le dialogue judéo-chrétien
Pour dévoiler ma pensée profonde, j'ai parlé de revirement mais je pense plutôt à une "régression virtuelle", dans le sens où j'ai moi-même des attentes d'une transformation de la théologie catholique. Celle-ci doit être à mon sens revisitée dans sa formulation par toute la considération que l'Alliance du peuple d'Israël n'a "jamais été révoquée" (Jean-Paul II). Benoît XVI est en cela dans la droite ligne de Jean-Paul II et il n'opère aucun revirement.
       Cependant, ne devrait-il pas transformer l'essai et imprégner davantage la théologie ? D'un autre côté, il vaut mieux des petits pas sûrs que des ébranlements audacieux.
       Mais enfin, quand je lis "Jésus de Nazareth" et le débat avec le Rabbin Neusner, je reste un peu sur ma faim. Il faudrait consacrer un article complet à cette question, mais j'ai l'impression que si le Rabbin Neusner et Benoît XVI dialoguent courtoisement et dans un grand respect et connaissance de l'autre, ils le font à ce stade sans possibilité d'imprégnation réciproque. Il faut peut-être simplement constater que nous n'en sommes pas encore à ce stade... voilà tout.
4) Félix Perez, en réponse, un programme possible pour un vrai dialogue
a) Tu exprimes ainsi ta frustration résiduelle face à cet important dialogue: "je n'ai pas l'impression qu'il y ait une possibilité d'imprégnation réciproque".
       Tout dépend des objectifs qu'on a au préalable assignés à ces dialogues. Si on vise une imprégnation réciproque des religions, on est sûr de rester sur sa faim.
       Car, chercher à faire évoluer les credos et les rites de l'autre pour un éventuel surplus de syncrétisme me semble incompatible d'un dialogue entre religions, sauf à avoir des visées prosélytes, même modérées, dans les 2 camps.
b) Le dialogue Benoît XVI / Neusner ressemble à un dialogue de sourds, chacun s'en tenant à confirmer ce qui constitue le point précis de fracture entre judaïsme et christianisme : la foi en un Homme D.ieu, venu expier par sa mort les pêchés du monde et se présentant comme le Messie attendu jusqu’alors par les juifs, etc  
- Benoît XVI martèle sa croyance et exprime avec amour et passion ses convictions...
- Le Rabbin Neusner se maintient dans son refus, sous tous les angles envisageables, d’une telle théologie, diamétralement opposée sur ces points au credo juif.
C'est un début certes nécessaire. Le dialogue Barbarin/Bernheim rentre déjà bien davantage dans le vif de sujets possibles de débats, n’abordant les points de rupture et ne les constatant qu’en quelques occasions.
       Voici des thèmes pouvant faire l'objet de prochains dialogues plus denses et en ligne avec de nouveaux objectifs : PROGRAMME POSSIBLE DE TRAVAIL
A) Les objectifs    
       Je préfère à « l’imprégnation réciproque » des religions que tu évoquais, les objectifs récemment assignés par notre Grand Rabbin de France relatifs à la capacité d'étonnement face à la religion d'autrui. Egalement sur la capacité à ce qu'elle donne aux protagonistes à penser de nouveaux questionnements sur leur propre foi. Je vais éclairer mon propos :
B) Les chrétiens peuvent attendre de ce dialogue  
  - qu'il leur permette de mieux comprendre la foi juive qui sous tend TOUS les textes évangéliques, jusques et y compris certains pères de l'Eglise. Des grands écclésiaux connaissent mieux que de nombreux spécialistes juifs le Midrach et le Talmud. Comme le Père Bonsirven, ils sont nombreux à avoir dévoilé, ligne après ligne des Evangiles, leurs soubassements midrachiques. Beaucoup reste encore à faire !
  - qu'en étudiant les rites si denses de leurs frères juifs, ils acquièrent une capacité accrue de questionnement sur leur abandon des rites suite à la théologie de Paul « libératrice de la Loi au profit de la Foi qui sauve ».
- qu'ils comprennent mieux le retour des rites dans une société sans boussole et réxamineent leur approche et une éventuelle théorisation d’un retour du rituel...etc    
C) Les juifs peuvent attendre de ce dialogue
  - trouver dans les Evangiles des témoignages uniques sur le judaïsme au temps du Temple et ses coutumes. Dans mon ouvrage, « origine juives des fêtes chrétiennes », je donne des exemples de coutumes que ces textes permettent de mieux comprendre.
 - ouvrir de nouvelles questions labourées par leurs frères chrétiens :notions de grâce, foi pure en l'absence de rite, pêché originel, rapport au Messie, relation à la mort, etc
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1. Israël petit comme ça... mais grand comme ça !   adaptation Yerouchalmi
Alors qu'Israël est engagé dans des guerres sans répit que lui imposent les 300 millions d'ennemis haineux et belliqueux qui l'entourent (1948, 1956, 1967, 1973, 1982, 2001, 2006, 2008), il est resté un état de droit, avec une justice indépendante, une  démocratie peut-être la plus avancée du monde, une liberté de media et d'expression... Israël, grand comme 2 départements avec un millième de la population mondiale a néanmoins en grande partie conçu :
- Les microprocesseurs Pentium 4 et Centrino, conçus, développés et fabriqués en Israël
- Les modems ou l'AOL Instant Messenger ICQ développé par 4 jeunes israéliens
- Le portable dans le plus grand  centre R§D de Motorola en Israël
- Les programmes Windows NT et XP, développés par  Microsoft Israël
- MSN et les  messageries permettant les tchats
- Beaucoup de vaccins conçus à Weizman de Rehovot Israël dont contre l'Anthrax
- Logiciels de scanners/IRM et 1er diagnostic automatisé de cancer du sein sans radiation 
- Les traitements des Maladies de Parkinson.  
- 75 % des médicaments  vendus dans le mode
- L'arrosage au goutte à goutte
- Des palmiers dattiers produisant 200 kg de dates/an vs 17 kg au Moyen-Orient. 
-…
      Par ailleurs malgré sa petite taille, Israël est ou a
- le plus fort pourcentage de diplômés universitaire avec le plus de  publications scientifiques un des plus forts taux de brevets par habitant et 25% de la population active avec un diplôme universitaire
- le plus grand nombre de scientifiques et techniciens par  habitant (145/10000) vs. USA (85), Japon (70) ou Allemagne (60)
- parmi les meilleurs du monde en médecine, développement agricole et leurs techniques
- le plus grand nombre de start-ups au monde hors USA. (3000 High-Tech, 500 Biotech)
- le plus fort pourcentage d'ordinateurs par  habitant
- le plus fort taux d'entrepreneurs du monde, yc pour les femmes et les plus de 55 ans
- le pays du  monde qui a le plus de sociétés cotées en bourse (hors USA et Canada),et deuxième mondial pour les investissements de capital  risque après les USA
- la meilleure défense aérienne du monde et la 4ème force aérienne (après USA, Russie, Chine), avec la  plus grande flotte hors USA de 250 F16
- le char de combat Merkava, meilleur et le plus  sophistiqué au monde
- conçu, réalisé et lancé 3 satellites, et dispose de ses propres lanceurs
- la première nation à créer un standard international de  certification des diamants
- le pays qui accueille et absorbe, en pourcentage, le plus d'immigrants, malgré toutes les guerres (y compris 1 million de russes et plus de 125000 noirs d'Ethiopie)
- le 2è pays au monde pour la publication de livres/habitant et le plus de musées/habitant
- parmi les meilleurs musiciens et un orchestre symphonique de niveau international.
- la seule démocratie du Moyen-Orient  et le plus haut niveau de vie local 23000$/habitant. Son PNB est supérieur à la somme des PNB de Egypte + Jordanie + Syrie + Liban
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2. Psychiatrie du projet Nazi, adapté du Professeur Daniel Sibony
adaptation Yerouchalmi du "Racisme, une haine identitaire", Daniel Sibony. Ed. du Seuil
Le projet nazi d'exterminer les Juifs,  innommable, qu'a donc d'unique ce grand Meurtre? Il fut la quête du dernier Juif à tuer. Chaque meurtre, dans un camp de la mort, devenant un pas vers cet ultime, ce dernier qui, répondant de son nom, retirerait par sa mort toute vie à ce nom de juif, le rendant réellement innommable. Et c'est en cela que l'état nazi a innové: il a condamné à mort un NOM (juif), comme si c'était un CORPS, comme on le ferait d'une personne ou de quelques unes. Une Nation dont langue et culture sont "développées", a pris pour cible le lien d'un autre collectif, son Nom ; a cherché qu'un Nom (juif) fasse le plein de tous ses corps pour être lui-même tué. Et les juifs doivent se faire pardonner … le Meurtre qui les a visés (!)
Et cela ne va pas sans expliquer pourquoi Israël parvient être traité de nouveau Nazi : son imperfection,douloureuse aux yeux de l’Occident, lui rappellant par trop ses propres tares !
Les Allemands "fous" des juifs...           
       C'est sans aucune trace d'accent rituel, mais avec des raisons évidemment stratégiques (tuer le plus possible d’ennemis pour qu’il cesse ses attaques) que Hiroshima a péri en un clin d'œil, dans une guerre entre deux blocs. C'est tout autre chose que le projet Nazi consistant à chercher à exterminer jusqu’au dernier ennemi, pour colmater de son corps la brèche faite par son nom.
       Le projet nazi est à penser comme Rituel, cérémonie hallucinée: tous les corps en un seul lieu, et la voix allemande referme sur eux leur nom devenu commun, avec la porte de la chambre à gaz. On dit que les fous le sont d'avoir eu jusqu’à leur nom retiré de leur langue. Si cela est vrai, il s'ensuivrait que les Allemands étaient "fous" des Juifs. Juif était leur faille qu'ils transféraient à la mort au lieu de s’astreindre à la guérir : les déportés furent pour eux des porteurs d'indicible dont ils étaient chargés de débarrasser le monde.
Les nazis furent obsédés par l'effacement: effacer toutes ces traces juives, jusqu'à effacer les traces de l'effacement lui-même... leur enjeu étant d'ordre symbolique. Il revient à leur nation, à la pointe de l'Occident civilisé, d'avoir produit ce coup de force, unique : incarner un nom, le bourrer de tous ses corps pour, en les tuant, tuer le Nom, l'arracher à l'être. Et pour retrancher le nom, son projet fou fut de retrancher un à un tous les corps qui en répondent. Pour couper le souffle à un nom, et tous les souffles qu'il inspire, s'en prendre à une totalité; pour cela, être soi-même une totalité: c'était le cas de l'Etat allemand.
       En lançant contre le Juif cet arrêt de mort - d'arrêter le nom -, les nazis s'attaquaient à ce qui, dans un corps collectif, est ouvert par le nom sur une autre dimension, une autre source des liens humains. Pas facile de vouloir aller jusqu’à retirer un mot de la langue (juif), surtout quand il est à la source des religions de l'Occident. Essayez déjà d'ôter le mot rouge de la langue (plus neutre), vous verrez les problèmes insolubles que cela pose !
       Or, le nom ne peut se réduire au tout de ceux qu'il nomme : il décomplète, ce tout en l'ouvrant nécessairement sur ses liens à d'autres noms; c'est bien pourquoi nul groupe humain ne peut se réduire à un tout. C'est une guerre contre les métamorphoses de vie entre noms et corps, contre les potentiels de liens traductibles à l'infini.
       Effacer le mot juif pour intégrer la victime une fois seulement épurée de son nom : cet effacement du nom juif par la Pologne ne fait que répondre en écho à celui qu'ont visé les Allemands. On comprend alors que n'est pas pour rien si des Etats, comme la Pologne, qui ont livré leurs Juifs pour le massacre, les ont comptés après leur mort au nombre de leurs propres victimes en évitant les distinctions religieuses...
Fétichisme unique : mettre une croix sur un nom/peuple        
       Ainsi cette affaire n'est pas un chapitre de plus dans l'horreur des guerres. Ce qu'elle a d'unique concerne le nom, l'identité. En psychiatrie on catégoriserait cet acte qui pétrifie une valeur dans un corps inerte (ici un nom dans un corps tué au feu) comme un acte fétichiste : on dirait qu’un peuple (l'Allemand) prenait pour fétiche un autre peuple.
       Mais dans l’histoire, c’est la première fois que cela se produit, y compris dans d'autres cultures où le fétiche,au seuil du royaume des morts peut être un objet, parfois un être vivant mais jamais, absolument jamais un peuple ou toute une culture. Le mot juif fut donc morbidement sacralisé; par Allemands interposés.
       Les juifs avaient déjà apporté D. à l’occident (via leur Jésus) et largement payé pour ça (avec l’accusation permanente de peuple déicide). Ce fétichisme fut pour l'Occident chrétien un rappel du geste christique : les nazis rassemblaient ce peuple juif comme un seul homme pour lui mettre une croix dessus là. L’Occident chrétien aurait laissé faire notamment car par leur fascination devant la perfection de cette mise en croix.
Les juifs autrefois coupables du "ratage chrétien"
       Le christianisme s’est toujours voulu être l'accomplissement du judaïsme, grâce à ‘l'homme-D.ieu’ christique. Or, ce peuple juif subsiste, qui ne peut être perçu par le christianisme (sauf gros travail de réflexion) que comme une imperfection vivante dans leur rapport avec D.ieu, comme un inaccomplissement têtu, un ratage entre parole et réel, un écart étrange entre nom et corps.
Il est donc normal qu'il en veuille aux Juifs de maintenir sur terre ce hiatus. Et des êtres vivants donc imparfaits, pardonnent mal à d'autres l'imperfection qui leur rappelle la leur. Il faudrait pour cela reconnaître et assumer leur imperfection et dès lors renoncer à l'idée de base du christianisme qu'ils ont déjà été sauvés une fois pour toutes pour reconnaître que c'est dans leurs actes et leurs dires qu'ils pourraient se sauver ou déchoire.
       Mieux valait fermer les yeux, se concentrer sur l'idéal rédempteur, laisser les nazis accomplir en cachette cet achèvement réel et fascinant du judaïsme, qui marque mieux l'achèvement symbolique que représentait la mort de Jésus. A croire qu'un doute s'était élevé chez eux sur l'achèvement symbolique qui définissait le christianisme (où un corps d'homme, à la place du Nom divin, comblait enfin le trou de l'Alliance...) et qu’il fallut encore compléter cet « achèvement inachevé » en quelque sorte !      
Les juifs aujourd'hui témoins gênants du "ratage chrétien"
       Reprenant l'idée extrême de Paul : "la Loi conduisant inévitablement au pêché, il faut donc … la supprimer", l’Occident, gêné par ces Juifs qui, en leur amenant ce « Livre », ces lois et ce D.ieu soulignaient ses impasses, a voulu … les supprimer également !
Les Juifs étaient chargés d'emporter avec eux... la mort; comme ça, on allait enfin vivre, d'une vie flambant neuf, sans ces traces de mort qui font rater les élans novateurs ! Le christianisme est-il aujourd’hui plus sûr de sa perfection ? C'est ce qu'on peut lui souhaiter. Et que "juif" cesse d'être le non-dit de son origine; la trace gênante qui l'a marquée.
Les juifs coupables du Meurtre... qui les a visés !
L’indicible pardon à l’Occident : Des individus peuvent accorder leur pardon mais ici, l'acte est le meurtre du Nom et ne peut dès lors donner lieu ni au pardon, ni au refus du pardon : il faudrait que la langue entière crie le mot qu'ils voulaient lui arracher, ou leur pardonne d'avoir tenté cet arrachement. C'est une scène impossible, tout comme l'acte en question.
Pis c’est l’Occident dont la Shoah peut conduire à un surcroît d’animosité envers les juifs (!). En effet, les juifs doivent maintenant se faire pardonner … le Meurtre qui les a visés (!) Car il a révélé que le christianisme ne croyait pas assez à sa réussite pour pardonner le ratage (des juifs) qu, perçu par lui chez d'autres, lui rappellait les siens propres.
Et cela ne va pas sans expliquer pourquoi Israël parvient être traité de nouveau Nazi : son imperfection,douloureuse aux yeux de l’Occident, lui rappelle par trop ses propres tares !
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3. La Mer Morte, merveille en péril, le monde à son chevet    

La Terre pressée comme l'orange alors que D. ordonne de la préserver!
Dans les 50 dernières années, la Mer Morte a été affectée par de profonds changements économiques et démographiques avec l'abaissement de 30 % de son niveau (1 m/an).
Les apports de la vallée du Jourdain sont passés de 1300 millions m3/an, à 450 vers 1975 et 280 en 2008 (!) et les experts pronostiquent sa disparition, si rien n’est fait d’ici 2050.

       Après les projets « Jowa » puis « Dead Sea » sur le bassin inférieur du Jourdain, les scientifiques étudient le bassin supérieur, ce qui inclut la Syrie, avec la mise en place d’une base de données qui sera accessible lorsque les protagonistes seront d’accord de se parler ». Un immense projet de Canal Mer Rouge – Mer morte est aussi à l’étude. On redoute cependant des effets pervers induits qui pourraient nuire à la Mer Morte, tels une pacification avec son afflux de réfugiés ou un développement économique excessif
Une des merveilles du monde
          A 25 kilomètres à l'est de Jérusalem et à 85 kilomètres à l'est de Tel Aviv, dans un paysage de montagnes rocailleuses et de gorges escarpées, s'étend un plan d'eau unique au monde, point le plus bas du globe à 420 mètres sous le niveau de la mer et contenant une eau 6 fois plus salée (taux de sodium de 275 g/l, d’où son nom de "Mer de Sel" en hébreu). La Mer Morte de 1000 km2, alimentée par le Jourdain et bordée par Israël, la Cisjordanie et la Jordanie, a des eaux uniques en leur genre. La pression atmosphérique y est assez forte pour filtrer la nocivité des UV du soleil ; l'oxygène y est plus abondant qu'au niveau de la mer et l'air y contient davantage de brome aux vertus calmantes que partout ailleurs. Sa densité (1200 kg/m3) est telle qu'un être humain y flotte sans problème. Les paysages arides et la forte densité de la mer lui donnent des reflets de lac de plomb avec une forte chaleur et une odeur de souffre et ses sels minéraux sont une source recherchée de bienfaits pour la peau et l'organisme.
       La baisse de la pluviométrie, il y a 40000 ans et une forte évaporation ont entraîné une régression du lac et une augmentation de sa salinité ! Aucun poisson ni algue ne peuvent alors y subsister, d’où son nom de "Mer Morte" en occident. En réalité, elle abrite des planctons ou bactéries (halophile et halobacteria). Son eau contient 32% de minéraux (10 fois plus qu’ailleurs, dont 12 espèces n’existent nulle part).
       Notons que la mer Morte n’a pas toujours été telle que nous la connaissons. La Torah nous raconte que le jour où Abraham décida de se séparer de Loth, il lui laissa choisir la région où s’établir. Son choix se porta sur les territoires de Sodome (au sud de la mer), région qui était alors « tel un jardin florissant avant que Dieu ne détruise Sodome et Gomorrhe ». Avec de l’eau à profusion, une végétation luxuriante et une contrée alors giboyeuse et poissonneuse...
Une zone stratégique en grands dangers
La Mer Morte a une importance fondamentale pour la région. Son bassin est l’un des plus anciens foyers de peuplement avec des sites sacrés pour Juifs, Chrétiens ou Musulmans.
Son eau et son climat sont bénéfiques au traitement d’une foule d’affections cutanées, attirant un grand nombre de touristes dont la présence est profitable aux riverains.
C'est grâce au Jourdain que la Mer Morte garde un certain niveau mais son taux d'évaporation étant supérieur aux apports du Jourdain, son avenir est en péril. Pour aggraver ce phénomène, le Jourdain est lui-même réduit aux dimensions d’une simple rivière, subissant les conséquences de l’appauvrissement du Lac de Tibériade et l’exploitationde ses ressources (94 % des eaux alimentant la Mer Morte exploitées) :
  - La baisse du niveau des eaux a des implications: la roche poreuse s’assèchant, n’est plus en mesure de supporter les masses rocheuses, ce qui entraîne des affaissements de terrain et l’apparition d’entonnoirs creusés par les eaux d’infiltrations. Moins d’eau dans la Mer Morte, c’est moins d’eau fraîche dans les sources qui jaillissent sur ses rives.
  - L’agriculture use tant d’eau qu’il ne reste rien pour la nature. Côté palestinien, on observe un surpâturage ovin/caprin aux impacts sur la végétation autour de la mer.
  - La pollution résultant du déversement des eaux usées dans la mer va s’aggraver avec la croissance de la population et les habitudes liées à la société de consommation. Les eaux usées pourraient être mieux utilisées : pour l’agriculture, on pourrait recourir aux eaux usées retraitées et diminuer ainsi les quantités d’eau de source utilisées.
  - Les vacanciers attirés par l’âpre beauté des paysages et par les vertus thérapeutiques de ses eaux, sont de plus en plus nombreux à être rebutés et les nombreuses infrastructures touristiques subissent une perte annuelle de 20 millions d’euros par an
Les solutions envisagées
       Le recul de la ligne côtière de la Mer Morte est une évidence pour tout observateur, et la distance séparant les hôtels des rives du oblige les vacanciers à des marches de plus en plus longues, voire à utiliser des navettes !
       Plusieurs solutions ont été imaginées comme l’option du « Canal de la Paix », étude de faisabilité conjointe (Jordanie, Israël, Autorité palestinienne) du gigantesque projet de canal reliant la Mer Rouge à la Mer Morte (4 milliards $), destiné à résorber la grave pénurie d’eau dans la région. Etude prévoyant de renflouer la Mer Morte par de l’eau venant la mer Rouge et financée par le Japon, les USA et l’Europe, avec la Banque mondiale.
       Long de 180 kilomètres, le projet retenu acheminerait vers la mer Morte 2 milliards de m3/an pompés dans la Mer Rouge, qui seraient pour moitié déversés pour réalimenter la Mer Morte et, pour moitié, dessalés pour alimenter en eau douce des zones de Jordanie, de Cisjordanie ou du sud d’Israël. La différence de niveau entre la mer Rouge et la mer Morte serait exploitée pour produire de l’électricité.
       L’étude de faisabilité aborde les points suivants : a) anticiper l’impact environnemental et les risques liés aux séismes ; b) examiner la rentabilité de l’opération ; c) analyser les alternatives au projet de transfert mer Rouge - mer Morte ; d) amener Israël, les palestiniens et la Jordanie à discuter des besoins en eau sur le long terme.
Les risques induits par les soins
Ce « Canal de la Paix » est loin de faire l’unanimité : les mouvements écologistes et des experts s’y opposent. Du fait du risque de bouleversement de l’équilibre écologique local.
Pour nombre de spécialistes israéliens, la réponse la plus efficace et la plus écologique au problème de la diminution des ressources en eau qui affecte l’ensemble de la région serait l’intensification des activités de désalinisation des eaux pompées de la Mer Méditerranée. En diminuant la pression continue exercée sur le lac de Tibériade, principale ressource en eau douce d’Israël et des Territoires palestiniens, on pourrait sauver la Mer Morte.
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4. La vie d’Isaac, aux enseignements si actuels !
Yerouchalmi, basé sur S.R. Hirsch, Manitou, Rav Uriel Avigès, D. Sibony,...
La passivité d’Isaac, trait distinctif - Isaac patriarche discret, puis aveugle - Isaac, de crainte,comme mort - Isaac, une vie qui laisse sa place au futur/
Rires d’incrédulité et de joie des parents - Rires opposés d’
Isaac et d’Ishmaël -
Le Rire d’Ishmaël - La rédemption du Rire d’Ishmaël/

Rivalité Isaac/Ismaël, fruit de l’impatience de Sarah-Ismaël ! - Isaac/les Philistins et descendants d’Isaac/d’Ismaël  - Haine des Nations, retour à Sion/
Isaac dans le sillon d’Abraham - Isaac imprime sa marque, et ensuite, chaque génération. 
1) Quelques caractéristiques d’Isaac
Généralités
   
       - Isaac / ITSHAK résumerait pour la Cabbale les plus hautes vertus humaines (citées dans les prières des Chabat et Fêtes), de par les lettres qui composent son nom : Iachar (le juste), TSadik (le saint), Hassid (le pieux), Kadosh (le sacré).
       - Selon des versets bibliques, Abraham aurait institué la prière du matin, Isaac celle de l’après-midi, Jacob, du soir.
       - Abraham est tout en bonté (‘Hessed), Isaac représente la Justice (Din, qui inclue aussi rigueur etlogique) et Jacob l’équilibre des ces vertus ou bienveillance (Ra’hamim).
       - Offert en sacrifice par son père Abraham en réponse à une première demande divine, passif mais sauvé de la mort in extremis par l’ange de D. ieu, Isaac préfigure le non sens des sacrifices humains (et pour les chrétiens, l’inverse, avec le sacrifice de Jésus).
La passivité d’Isaac, un de ses traits distinctifs :
a) lorsqu'Abraham s'apprête à le sacrifier, il avance sa nuque vers le couteau ;
b) lorsque Eliezer ramène Rebecca du pays des ancêtres, il l’accepte sans mot dire ;
c) il ne fait rien pour contrecarrer les actes violents d’Esaü ;
d) il ne proteste pas après le subterfuge de Rebecca,Jacob peut capter sa bénédiction.
Isaac, patriarche discret, puis aveugle    
- Isaac est très discret : a) il ne change jamais de nom (alors qu’Abram devient Abraham, Jacob devient Israël), ; b) il ne connaît qu'une femme (Abraham en a eu 2, Jacob en a eu 4) ; c) il ne quitte jamais la terre d'Israël ; d) il ne prend jamais les armes ; e) il finit ses jours aveugles, comme pour souligner qu'il n'est même pas vraiment de ce monde. Il devient aveugle et il reste cloitré dans sa maison presque toute sa vie nous dit Rachi
- Selon Rachi sa vue était troublée pour 3 raisons : a) par la fumée des offrandes idolâtres des femmes d’Esaü ; b) par les larmes de l’ange tombées dans ses yeux au moment du sacrifice (en langage moderne par le post traumatisme del’émotion au moment de la mort entrevue) ; c) il a accepté de son fils impie le gibier et les ragoûts qu’il aimait.
- Comme on dirait en français Isaac est ‘aveuglé’ par la puissance de son fils. Cet aveuglement a conduit Isaac a perdre son amour de D. pour ne lui laisser subsister qu’une pure « crainte » de Dieu car Genèse 31,42 appelle D.ieu  « Pa’had Itshak » ou la « Crainte d’Isaac » comme si cette crainte/terreur suffisait à résumer D. pour lui !
Isaac, de crainte, est comme mort     
       - Il est difficile de comprendre cette crainte; sentiment tabou aujourd'hui. Pour Rachi, après avoir survécu sur l'autel, Isaac s'est considéré toute sa vie durant comme un sacrifice holocauste, (c'est à dire un sacrifice qui doit être entièrement brûlé pour D.ieu ; tout son travail était alors de rester à ce niveau de spiritualité, annulé complètement dans un seul sentiment de proximité avec D.
       - On remarque que la Torah nous relate la mort d'Isaac avant l'histoire de Joseph, alors qu'il est mort bien après la vente de Joseph: le Midrach explique qu'Isaac était si proche de D. qu'il était considéré comme sans libre-arbitre et donc comme mort.
Isaac, une vie au présent qui laisse sa place au futur    
- L'aveuglement d'Isaac c'est l'incapacité de voir les choses à l'avance, mais uniquement de les comprendre après coup, comme dans le récit du ligotage Lorsqu'Isaac comprend ce qui s’est passé, il est bouleversé aussi fortement qu’au moment où des années plus tôt il fut ligoté pour être sacrifié. Pourquoi est-il si ébranlé ? Isaac qui a fondé ses espoirs et ses rêves sur Esaü et vient de réaliser son erreur, c’est un véritable choc qu’il subit. Comme en fin de XXème siècle, des fidèles du PC qui assisteraient à son effondrement !
- Ces attributs d’Isaac nous semblent aujourd'hui très étrangers et rébarbatifs, et pourtant il est appellé "celui qui rira" ! Pourquoi cette dichotomie apparente ? Il ne se projette jamais dans une image il ne voit pas le futur, mais peut vivre le jaillissement du présent. Ne voyant pas le futur, tout lui est surprise : il ne voit pas donc ne "s'imagine" pas et ne fait pas de plan. En conséquence, il laisse sa place au futur et la place à son rire.
2) Isaac et les rires, lors de bifurcations de son histoire, préfigurant l’histoire juive
Rires d’incrédulité et de joie des parents   Isaac , fils d'Abraham (99 ans) et de Sarah (90 ans), naîtra suite à l'intervention miraculeuse de Dieu accompagnée lors de son annonce par leur double rire d'incrédulité et de joie, d’où son nom Isaac/ Itshak = il rira !
Rire futur d’Isaac   Le rire est possible parce qu’Abraham a enseigné qu'il y a un Créateur ; la joie est possible et aussi le salut. Le nom Isaac / Itshak veut dire "il rira" au futur : Il n'aura le droit de rire qu'au futur, quand le monde aura trouvé sa Rédemption.
Rires opposés d’Isaac et d’Ismaël 
       - Sarah a vu Ismaël rire et dit à Abraham : Renvoie la servante et son fils. Les deux fils d'Abraham sont ici définis par le rire.La seule différence est qu'Ismaël rit au présent, satisfait du monde tel qu'il est alors qu’Isaac attend pour cela la rédemption. Sarah, quand elle voit Ismaël rire, dit donc : il faut les séparer.
       - L'Islam et le Judaïsme comme religions se ressemblent avec cette grande différence que si la théologie est compatible - il y a un Créateur - la morale n'est pas la même. Le Juif ne se satisfait pas du monde comme il est et son rire est réprimé. Il rira au futur.
       - Le monothéisme de l’Islam est compatible avec le nôtre, mais a une difficulté à penser la responsabilité moral car, le Musulman ayant une foi absolue en un Créateur qui décide de tout ("Mektoub", tout est écrit, la Destiné), penser que l'homme est libre devient un blasphème. Le monde est bon par définition et ainsi Ishmaël peut-il rire au présent !
Le Rire d’Ismaël    
En quoi le rire d’Ismaël est-il odieux aux yeux de Sarah pour qu’elle demande son expulsion, alors qu'elle avait donné Agar à Abraham dans sa générosité. Le Talmud a 3 explications liées aux 3 grandes fautes possibles sous-tendues par ce rire : a) défaillance des rapports à Dieu avec connotations d'idolâtrie ; b) inadéquation des rapports à autrui connotations de meurtre; c)anomalie des rapports à soi-avec indications d’homosexualité. Enfin, selon une autre thèse, d) Ishmaël se serait ri de son frère de rivalité triomphante, se croyant l'aîné, il prétendait à 2 parts  (Arabie et Palestine??).
La rédemption du Rire d’Ismaël   
- Mais, la Thora est rassurante… car,  à la mort d’Abraham, Ismaël revient à la maison et  fait repentir, reconnaissant qu'Israël est chez lui à Hébron, et la religion de son père.
- Isaac et Ismaël, ses fils, l'enterrèrent dans la grotte de Makhpelah. Le texte à cette occasion et pour une fois, désigne Ishmaël comme fils d'Abraham et nomme Isaac en premier, reconnaissant explicitement la préséance à ce fils de la Promesse.
- Isaac sera, à son tour, enterré dans la tombe de ses parents à Makhpelah / Hebron par ses propres fils, eux-aussi réconciliés pour un temps. La Genèse annonce en arrière-plan un D. qui met à l’épreuve et sauve, ses épreuves conduisant à le craindre, le comprendre.
- Le rire d'Ismaël, ce rire de rivalité, trouvera donc un jour sa Rédemption. A cet effet, il suffit - mais il faut - que l'Islam reconnaisse que cette terre a été donnée par D. ieu à Israël ; alors on établira le statut de ceux qui voudront y demeurer.
3) Isaac / Ismaël, préfiguration de l’actualité ?
Rivalité Isaac / Ismaël, fruit de l’impatience de Sarah    
- Sarah, stérile, pousse sa servante Agar dans les bras d’Abraham pour lui assurer une postérité. Ishmaël naît de cette union. De cette naissance d’Ismaël, voué à être destitué de son droit d’aînesse  résultera une des rivalités essentielles face au peuple juif. (qui évoque Israël, vouée à s’installer en plein cœur du monde arabe).
- L’initiative de Sarah avec Agar témoigne surtout d’une impatience que l'histoire juive a trop souvent connue. Comme le temps de la Promesse n'est pas là, les juifs passent le relais à une autre société : au temps de la Révolution française et des Lumières, plus tard avec le marxisme ou la Haskala, de nos jours vers l’Occident messianique…
Ismaël aujourd'hui en exil comme hier les descendants d’Itshak !  
Les Arabes n'ont jamais connu la situation d'exil, ayant été conquérants. Voici que pour la 1è fois, ils connaissent l’exil. Cela leur est insupportable : être en exil chez les Juifs...
Le Maharal de Prague explique... pourquoi notre exil n'a commencé qu'avec Jacob alors qu'il avait été annoncé à Abraham. Seul le peuple juif était voué à l’exil par l’acceptation de l’Alliance associée à la Promesse de la Terre. Cet exil ne concerne en conséquence ni les chrétiens (Esaü), ni l’Islam (Ismaël). Or, si l'exil avait commencé avec Abraham, Ismaël aurait été concerné. S'il avait commencé avec Isaac, Esaü aurait été concerné. Il ne peut donc commencer qu’avec Jacob parce que la promesse de la terre ne concerne que la descendance d'Abraham qui accepte l'éventualité de l'exil. Seule la descendance de Jacob a connu l'exil et la promesse de la terre ne concerne qu'elle.
-Des communautés chrétiennes et musulmanes en Israël, connaissent pour la 1è fois un exil théologique inconnu d’eux jusque là et qui les angoisse au plus haut. Depuis Vatican II, en réaction constructive, la chrétienté cherche à être plus universaliste qu'universelle. Mais, et c'est évident, l'impérialisme musulman reste universel dans l'Islamisme.
Réussite matérielle d’Isaac et jalousie résultante     
- Isaac creuse de nombreux puits et trouve des sources qui nourriront son troupeau et ceux de ses voisins philistins. Il préfigure le Juif qui dans l'histoire s'investira dans les champs arides et incultes pour produire les éléments de la civilisation: les sciences, l'art, la philosophie, les techniques (High-Tech),ces puits où les fils pourront boire, en fraternité.
- Il préfigure aussi le Juif qui, rejeté d'une nation, s'en ira fructifier une autre. Itshak, l'homme, travaille d'abord, alors Dieu le bénit. Dieu ne bénit que l'investissement de l'homme. La Bible nous apprend à ne pas attendre les miracles. Réussite individuelle d'Isaac , certes, mais qui pourrait profiter à tous.  Car pour la Bible, le scandale n'est pas dans la réussite, mais dans l'orgueil ; il n'est pas dans la richesse, mais dans la pauvreté ; il n'est pas dans le déséquilibre des forces naturelles, mais dans l'injustice.
Isaac/les Philistins et descendants d’Isaac / d’Ismaël     
- Les Philistins ne l'entendent pas ainsi : ils jalousent Itshak, emplissent les puits de terre. Au lieu de remercier, ils haïssent ; au lieu de profiter, détruisent. Summum de la haine de soi : personne ne profitera de la bénédiction ni toi, ni nous. Ce peuple a en fait une seule vocation: celle de contester tout ce qu'Israël réalise ! Il nous faut tranquillement poursuivre notre mission: "lls creusèrent un nouveau puits et se disputèrent également à son sujet".
- Alors se dévoilent leurs véritables intentions, c'est pourquoi Isaac nomme ce puits "Sitna" (haine). Cette dispute n'est pas un conflit passager mais repose sur la haine qui les habite contre Israël. Face à cela, Isaac poursuit son chemin: "Il alla et creusa un nouveau puits, et ils ne se disputèrent plus à son sujet". Ce sont donc les Philistins qui se sont inclinés devant son obstination. D. se manifeste à nouveau à lui, renouvelant sa bénédiction. Isaac Lui bâtit un autel et prie, creuse un nouveau puits et trouve de l’eau.
Haine des Nations et retour à Sion     
- La Torah décrit, dans son langage laconique, les symptômes de la haine.  Les membres de cette société malade chercheront alors des boucs émissaires à sacrifier : Isaac et sa maisonnée. Et puis après les coups en douce, les paroles en face-à-face qui font mal : « Tu es plus riche que nous, décampe ! » Chanson d'Herbert Pagani : "Lon étoile d'or"...
- Et Isaac décide de rentrer chez lui à Beersheva (pourquoi le peuple juif veut-il revenir sur sa terre ? Réponse simple: l’antisémitisme (pogroms, infériorité, affaire Dreyfus, Shoah…). Il réalise que l’opposition à propos des puits qu’il a creusés est suscitée par D.ieu pour le - - Le puits qu’il y creuse et la source qui s’y dévoile, la prière qu’il y fait (inaugurant la prière de l’après midi), la révélation, sont des leçons de foi dont même Abimelek et philistins saisissent l’importance : « Nous avons vu que D. est avec toi, et voudrions faire alliance».
4) Fidélité et originalité d’Isaac et des juifs
Isaac dans le sillon d’Abraham    
- La Thora montre que la vie d’Isaac est une répétition des expériences d’Abraham.
Dieu fait une alliance avec Abraham ; Il la confirme avec Isaac. Au début de la vie d’Abraham, une famine, comme dans la vie d’Isaac. Confiant dans le renouvellement de l’alliance abrahamique annoncée par D, Isaac conduit à Guérar puis vers le sud en Egypte son troupeau impressionnant. Ayant peur qu’on ne le tue pour lui ravir son épouse (aussi belle que la femme d’Abraham), Isaac , comme Abraham, la fait passer pour sa sœur ; Abraham ment ainsi à Abimélek1 et Isaac devant Abimélek2. Abimélek1 recherche un traité avec Abraham, voyant que D.ieu est avec lui puis Abimélek2 avec Isaac . Abraham a triomphé de l'assimilation, tout en vivant en harmonie avec son entourage, sachant se fixer des limites à ne pas dépasser pour préserver son identité. Isaac, à son tour, saura puiser dans son propre puits et sauvegarder sa source d'inspiration : il creuse les puits déjà creusés par son père, et leur donne les mêmes noms.
- Marcher selon ses pères qui suivent la Parole de D. nous rapproche ainsi de Lui, sachant que servir D. ieu ne garantit pas une vie sans problème : Esaü est la cause de bien des chagrins « avec sa femme, ils rendirent la vie amère à Isaac et à Rebecca».
Isaac imprime sa marque, comme ensuite, chaque génération   
 - La relation personnelle avec Dieu débute en acceptant l’alliance et pour les juifs avec la Circoncision/ Brit-Mila qui la matérialise. Isaac est confronté aux mêmes problèmes qu’Abraham, mais dans des circonstances différentes, les résout à sa manière, tout en s’inspirant de la tradition de son père.
- Chaque génération possède son approche de la réalité et des mêmes impératifs. Le judaïsme des ancêtres Abraham, Isaac et Jacob, vécu à notre manière. L’aspect extérieur n’entame pas la pureté du message. Une seule condition : Isaac comprend l’importance du choix de la future conjointe et confirme à Jacob la directive d’Abraham, la future épouse doit être de la foi en l’Eternel. Importance clef de préserver l’identité juive par le mariage
- Lorsque les juifs regardent en arrièr, avec l’avantage de l’ancienneté unique de leur foi, ils sont ébahis par la similarité entre eux, ceux des anciens et ceux qui leur succèderont.
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5. Paracha Ythro par Nahum Botchko
La Thora donnée dans le désert/pas Israël + sous un Prêtre idolâtre? 
Yechiva du Rav Botchko, Jérusalem
Traduit E.Simsowitch, adaptation Yerouchalmi
Ythro a eu le mérite qu’une Paracha entière de la Thora porte son nom. Et pas n’importe laquelle ! Il s'agit précisément de la Paracha où D.ieu se révèle à Israël au Mont Sinaï pour lui donner la Thora.
L’événement fondateur du monothéisme ainsi nommé d’après Jéthro, ex-prêtre idolâtreA notre étonnement, vient se greffer une autre question : pourquoi la Thora a-t-elle été donnée dans le désert et pas en Israël, à Jérusalem "sous le regard divin, du début à la fin de l’année"?
"Et Jéthro, prêtre de Midiane… entendit…"
       La solution de cette énigme est liée à la raison pour laquelle Ythro a décidé de lier sa destinée à celle du peuple d’Israël. Nos maîtres enseignent dans le Talmud (Zéva'him 116a) : "Ythro, prêtre de Midiane, entendit…" Qu’a-t-il donc entendu et qui l’a en fait décidé à venir se convertir ? Selon ces enseignements, 3 événements dramatiques ayant affecté l’histoire d’Israël ont particulièrement impressionné Ythro. Ces événements l’ont profondément marqué et décidé à venir et à se convertir:
- Rabbi Yehochoua dit : 'il a entendu l’histoire de la guerre avec Amalek ; en effet, la Thora relate juste avant, que Josué a affaibli Amalek et son peuple au fil de l’épée'.
 - Rabbi Eleazar Hamodaï dit : 'il a eu connaissance du Don de la Thora, car lorsque la Thora a été donnée à Israël, la voix divine portait d’une extrémité du monde à l’autre'.
- Rabbi Eliezer dit : 'il a entendu  la déchirure de la mer Rouge et il est venu, ainsi qu’il est dit (Josué): «car nous avons entendu que
D. ieu a asséché les eaux de la mer Rouge…»'
Les 3 causes de la conversion de Ythro
Ces 3 événements ont amené Ythro à comprendre qu’Israël est une nation à part, chargée  - Amalek représente le mal absolu et la tâche d’Israël est de l’extirper du monde.
- La Thora apportela bonne nouvelle d’un sens pour l’histoire, d’une morale, du salut.
- La déchirure de la mer Rouge est la plus grande de toutes les preuves du choix de D. en faveur d’Israël qu’Il a clairement distingué de l’Égypte. Se manifeste ici de manière évidente la Providence divine particulière de Dieu pour Israël.
Le feu, l'eau et le désert

La Paracha de la Révélation  est appelée du nom d'Ythro afin que l’on ne fasse pas l’erreur de croire que la Thora a été donnée pour le seul bénéfice d’Israël. La Thora oblige certes spécifiquement Israël, qui seul, est soumis totalement aux 613 mitzvoth, mais son message est universel et la rédemption concerne le monde entier. Selon le Midrach :
       « D. ieu a parlé à Moïse au désert du Sinaï… » Pourquoi dans le désert du Sinaï ?
C’est là-dessus que les Sages se sont appuyés pour enseigner que trois choses ont conditionné le don de la Thora : le feu, l’eau et le désert.
- Le feu : «le Sinaï fumait tout entier»  -L’eau : «le ciel aussi ruisselait de rosée, les nuages épanchaient de l’eau»  -Le désert
: «D. a parlé à Moïse au désert du Sinaï…»
Pour Israël et aussi pour tous les hommes
Et pourquoi a-t-elle été donnée au travers de ces 3 éléments ? C’est que de même que ces éléments sont gratuitement disponibles pour tous, de même les paroles de la Thora sont dispensées à tous, ainsi qu’il est dit : «Oh, tous qui avez soif, approchez de l’eau»
La Thora a été donnée dans le désert qui n’appartient à la fois à personne et à tout le monde; la Paracha de la Révélation porte le nom d'Ythro qui n’était pas d’Israël.
Tout cela nous enseigne que si la Thora a été spécifiquement donnée à Israël, elle n’en est pas moins par essence élixir de vie pour l’humanité entière.