6/1/09-YEROUCHALMI®N°75-10 Teveth 5769
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"C'est effrayant cette haine. La bêtise de ces gens conduit à ... d'innocentes victimes...
L'absurde rejoint l'absurde avec cette histoire juive en écho :
"Un journal cite une association appelant à tuer les juifs et les limonadiers et ses lecteurs d'écrire indignés 'pourquoi les limonadiers?'."... Cette photo leur répond !!!"
AU SOMMAIRE Imprimez ou Enregistrez le PDF en cliquant sur PDF N°75 Bible et Mythes : à la manière de Levi-Strauss
- Pulsion de Voyage / Psychanalyse et Religion, avec Gérard Haddad- La Bible juive résiste aux critiques1. DOSSIER SPECIAL : COMPRENDRE GAZA ET EXPLIQUER
1.1 Stratégie de Tsahal
1.2 Navré de vous perturber
1.3 Au Président Sarkozy
1.4 Nuits de Cauchemar en Israël
1.5 Six réponses à nos détracteurs2. Auschwitz et la Thora, Témoignage de Michel Gurfinkiel ===============================================
Bible et Mythes : à la manière de Levi-Strauss
.
A. Pulsion de Voyage / Psychanalyse et Religion, avec Gérard Haddad
adaptation Yerouchalmi
Tous
les récits fondateurs de religions sont d’abord des récits de voyage.
Les 3 pélerinages juifs prescrits par la Thora sont appelés les
"chaloch regalim" ou les "3 voyages" et littéralement les ... "3
pieds". Que nous apprend la psychanalyse à cet effet?
L'homme pense avec... ses pieds! adaptation Yerouchalmi
En 1929, dans "Malaise de la civilisation", Freud notait que l’espèce
humaine est consécutive à la position debout des primates, c’est là la
grande mutation révolutionnaire : l’apparition des pieds. C’est le pied
qui fait l’homme, cet animal que l’on dit pensant et parlant, et qui
pense donc, comme le dira Lacan, avec ses pieds. Il ne s’agit pas là
seulement d’une boutade. Lorsqu’un paléontologue découvre un squelette
de primate, s’agit-il d’un singe ou d’un homme ? Le critère qui permet
sa décision n'est pas le crâne mais bel et bien le pied !
L’homme apparaît sur terre avec une vraie fringale de marcher, de
voyager, et, avant même d’être un être parlant, l’homme est un animal
qui marche, qui voyage. Il est avant tout homo viator.
Cela ne peut
pas être sans conséquence sur sa structure psychique, sur le rapport
entre son psychisme et son corps, sur son rapport au monde. D’où le
concept d’une nouvelle pulsion, la "pulsion viatorique", qui pourrait
bien représenter la figure paradigmatique du désir humain.
Cette théorie est consignée dans "Freud en Italie" dont voici quelques propositions principales.
Freud
adora l’Italie, son antidépresseur en quelque sorte, car quand il va
mal, il écrit «c’est l’Italie qu’il me faut», et, au retour de ses 10
voyages à Rome, sa joie de vivre lui revient. De chaque voyage en
Italie Freud ramène une moisson d’idées nouvelles, une restructuration
de ses conceptions, jusqu’au voyage crucial de 1897, au cours duquel il
découvre l’Œdipe et le fantasme.
Rome et le sentiment incestueux refoulé de Freud
Le rapport amoureux de Freud à l'Italie est
supporté par un jeu de lettres qui résume son désir et qu’il apprend à
déchiffrer au cours de ses multiples voyages.
-
Le nom de ROMA a pour palindrome AMOR (c’est-à-dire : écrit à
l’envers). Ce ROMA/AMOR est un classique qu'il ne pouvait ignorer.
-
L’addition des lettres du prénom de sa mère, AMALIA et de son épouse
MARTA, donne AMARTALIA, qui se découpe immédiatement en AMAR ITALIA, ou
"Amour de l’Italie".
Par ailleurs, en Italie Freud va
découvrir la dimension de l’art, autant que la culture juive. On sait
qu'il n’y a pas de psychanalyste s’il n’y a pas eu authentique émotion
artistique, causée par les arts plastiques et la peinture en
particulier. D’où la place que tient la peinture dans la réflexion des
psychanalystes depuis le Léonard de Vinci jusqu’aux Menines de
Velasquez.
Une réflexion sur ce riche dossier des voyages
de Freud en Italie conduit à l'idée de la pulsion viatorique : le
voyage serait la forme paradigmatique du désir humain. Le voyage comme
désir de découvrir de nouveaux espaces et cultures, avec effort et non
pas tourisme en quête de farniente.
La Marche, une "pulsion" au sens psychique
La pulsion est une force à la limite psychique / somatique, qui
s’articule à un orifice corporel muni d’un sphincter, lieu d’échange
entre le Sujet et le Grand Autre Maternel.
- Qu’est-ce donc qui vient faire office de sphincter dans la marche du piéton ?
La
plante de son pied, lequel dans le déroulement du mouvement de la
marche ouvre et referme un espace qui le sépare du sol, de la terre
mère. C’est dans la marche que le sujet s’arrache au sol, à sa nature
matérielle, pour amorcer un élancement dans l’espace qui ressemble à
une chute. La marche « est une suite de chutes évitées » dit-on.
- Quel est l'objet découpé par le trajet pulsionnel de la marche?
Un
bout d’espace. Dans la pulsion viatorique ce qui est en jeu c’est
l’espace conquis, laissé derrière soi, ouvert devant soi. D’où une
certaine pathologie liée à cette pulsion.
Psychanalyse et pulsion viatorique
Dans son séminaire
sur les Psychoses, Lacan a étrangement comparé ce qu'on appelle la
Grand-Route à un des Noms-du-Père. Opposant sans doute Grand-Route et
routes sinueuses, comme on opposerait sujet normal voyageant sans
égarements comme sur une Grand-Route et psychoses qui égareraient le
sujet sur des routes psychiques sinueuses... opposition aux petites
routes sinueuses où le psychotique s’égare. La pulsion viatorique est
déjà en germe chez Lacan!
Il y a enfin toute une pathologie
du voyage, de la fugue des adolescents, des voyages pathologiques dans
lesquels on perçoit une tentative de se construire, de fortifier une
métaphore paternelle défaillante. Il est tout de même curieux de noter
que le terme consacré par les toxicomanes est celui de
"trip", "bad trip", voyage bon ou mauvais, pour un sujet cherchant dans l’imaginaire du toxique la Grand-Route qu’il ne trouve pas.
Marche et Religions
Nous
savons que les orifices pulsionnels sont les lieux privilégiés
d’investissement du religieux et de son cortège de rites. Or rien n’est
plus important dans le religieux que la marche. Tous les récits
fondateurs de religions sont d’abord des récits de voyage.
- Les 3
pélerinages juifs prescrits par la Thora sont appelés les "chaloch
regalim" ou les "3 voyages" et littéralement les ... "3 pieds"(!). Ils
marquent l'obligation de voyager 3 fois par an (Soukot, Pessah,
Chavouot) à Jérusalem, pour y dédier les offrandes au Pemple
- Dans la Bible, il y a le voyage d’Abraham, au départ d’Ur, puis la longue marche du Sinaï.
-
Le christianisme commence par le voyage de Nazareth pour Bethléem . Il
connait aussi les pélerinages comme Saint Jacques de Compostelle,
fondateur du sentiment européen.
- L’Islam date le début de
l’Hégire par le départ de Mahomet de Médine vers la Mecque. Chaque
musulman doit voyager et péleriner à La Mecque, au moins une fois dans
sa vie.
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B. La Bible juive résiste aux critiques
La structure de
pensée de la Bible juve est si générique et si puissante qu'il n'est
pas étonnant de la retrouver dans de nombreux mythes d'autres
civilisations : orientales certes, mais même amérindiennes. Les
ressemblances avec les structures des mythes révélées par les
ethnographes comme Levi Strauss et Dumézil répétent bien des fois des
schèmes présents dans le Canon hébreu (cf.notamment 'Talmudiques
Sciences et Thora', F. Perez, Ed. Polyglottes).
Notre
Bible est en fait une véritable bibliothèque d'ouvrages qui portent les
traces des secousses subies par le peuple hébreu et qui ouvre une
perspective messianique dans laquelle chrétiens et musulmans puiseront
à l'envi. Voltaire prédisait que d'ici un siècle, la Bible ne serait que chez les antiquaires. Grave erreur !
La Bible tient tête aux théories réfutant son authenticité, celles
fumeuses des archéologues, ou exégèses des pseudos spécialistes. A
l'heure où les certitudes sont remises en question, où le "matériel"
perd du prestige, notre Tanakh montre une constance unique. 1200 ans identique à la virgule près
Son contenu est resté à travers les siècles le plus invariable et
fidèle, de tous les écrits humains. Sa plus ancienne copie complète,
Codex Leningradensis, date de 1008. Jusqu'en 1947, Codex Sinaïticus et
Vaticanus (+300) en grec, les plus anciens extraits remontaient à l'an
900 : Codex d'Alep, endommagé lors des émeutes antijuives de Syrie de
1947, visible au Musée d'Israël et que Maïmonide a consulté, Codex 'des
prophètes du Caire' ou Codex Babylonicus.
Cet acquis s'est trouvé incroyablement renforcé avec la découverte accidentelle des écrits de Qumran datant de -200!
(nombreuses jarres renfermant mille rouleaux d'écritures parfaitement conservés)
dont le contenu est identique à la lettre près au Codex Leningradensis
de l'an 1000 (!). 1200 ans de parfaite exactitude, malgré les
pérégrinations multiples du peuple d'Israël!
Le niveau de
crédibilité des copistes juifs venait ainsi attester une tradition
extrêmement solide, qui s'appuyait forcément sur un art véritable de
l'écriture et un respect inégalé du texte. Les rouleaux de la mer Morte
démontrent que l'on peut s'y fier de manière incontestable.
Les Livres de la Bible
Pour l'essentiel, le Tanakh est achevé en -600, à l'époque de l'
exil à Babylone. Les juifs, privés de leur Temple et de leur rituel, se
centrent et se focalisent sur lui. La forte diaspora d'Alexandrie, perd
l'usage de l'hébreu pour le grec et fait traduire la Bible en grec.
Ainsi naît en -130 la Septante (oeuvre de 72 Sages), qui creuse un
fossé culturel entre juifs de Palestine et juifs d'Egypte.
En plus de la langue, ces derniers ont ajouté au Canon des
livres postérieurs connus seulement en grec et que Jérusalem ne
considère pas comme "inspirés" :
Judith, Tobie, les Maccabées, la Sagesse, l'Ecclésiastique... (livres dits "deutérocanoniques").
A noter par exemple que la doctrine du purgatoire ne trouve trace que dans le livre des Maccabées.
Leur tradition abandonnée du judaïsme subsistera dans le Canon catholique (mais pas protestant).
La Bible n'a pas copié mais a inspiréUne
question essentielle demeure: pourquoi et comment ces textes ont-ils
été écrits? Combien de générations d'hommes ont ajouté leurs propres
chapitres à la grande épopée?
En 1872, l'assyriologue
anglais George Smith découvrait en Mésopotamie des tablettes
racontant, au détail près, la même histoire que le récit biblique du
Déluge ("'épopée de Gilgamesh"). Autre analogie parmi bien d'autres :
la fameuse "côte d'Adam" d'où Eve est formée évoque l'idéogramme
sumérien commun à la fois à "côte" et à "vie".
Il n'en
fallait pas plus pour que les pseudos savants en déduisent que
Gilgamesh était à la source de la Bible, ainsi, au passage, que
d'autres documents antiques dont les narrations ressemblaient à celles
des Livres de Moïse : les scribes juifs auraient "synthétisés" des
écrits issus de 4 sources plus anciennes, selon la théorie de
"l'hypothèse documentaire" des années 60.
- Un document
"yah..viste" de -1000, issu de la cour du Roi Salomon, qui définit un
D.ieu proche des hommes, ayant fait alliance avec les Hébreux et la
famille royale de David
- Un document "élo..histe" de -800, centré
autour des prophètes et de la Loi, avec un D.ieu distant communiquant
par anges ou miracles (et qui émet le Décalogue notamment).
- Un document "deutéronomiste", de -750, époque d'Ezéchias
-
Un document "sacerdotal", de -550, époque de l'exil à Babylone, qui,
pour redonner un sentiment d'identité, rappelle les signes
d'appartenance au groupe: circoncision, Chabat...
Ce
découpage n'a révélé, à l'usage, aucune valeur scientifique. Selon le
spécialiste Bottéro, "c'est chimère d'espérer voir ces documents
indépendants, rendus à leur teneur originelle intégrale"
Les juifs garants de la Bible par leur science plurimillénaire
Seuls les juifs "gardiens des livres sacrés", y compris d'ailleurs pour
l'Eglise (pour laquelle ils garantissent l'authenticité du socle même
de leur religion!) ont résisté à ces théories pour s'en tenir à leur
Tradition vieille de millers d'années et soigneusement transmise, bien
supérieure à des hypothèses du moment.
La structure de
pensée de la Bible juve est si générique et si puissante qu'il n'est
pas étonnant de la retrouver dans de nombreux mythes d'autres
civilisations : orientales certes, mais même amérindiennes. Les
ressemblances avec les structures des mythes révélées par les
ethnographes comme Levi Strauss et Dumézil répétent bien des fois des
schèmes présents dans le Canon hébreu (cf.notamment 'Talmudiques
Sciences et Thora', F. Perez, Ed. Polyglottes). La Bible,on le voit donc, est un véritable champ de mines dont jaillit une unité extraordinaire.
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1.1 La Stratégie de Tsahal à Gaza. Yerouchalmi incluant adaptation de MetoulaLes 5 Cercles de "Plomb fondu" La Stratégie de Tsahal consiste à considérer l’ennemi en "système" qu’il est nécessaire de frapper,
saper et paralyser avec «5 cercles d'action» recouvrant 5 objectifs
:
1) Eliminer le plus grand nombre de chefs militaires de l’adversaire pour le désorganiser.
2) Frapper ses organes vitaux telles son énergie (Gaza a ainsi été plongée dans le noir).
3) Viser ses infrastructures
4) Décourager le soutien actif des populations et les démobiliser (ex. du largage de tracts) p
5) Frapper les forces de défense de l’adversaire proprement dites.Phase 1 d'une semaine où l’Aviation a détruit l’infrastructure militaire et étatique du Hamas. - Avec les drones pour la
surveillance et la désignation des cibles et avec les missiles des bombardiers F16 et des hélicoptères Cobra ou Apache, pour
l’attaque au sol. Mais surtout avec le travail énorme fdes différentes branches du
Renseignement.
- Tsahal a pu tenir à jour depuis des mois, une "banque de cibles", grâce à la guerre électronique et optique, ainsi qu’à l’aide de dizaines d’agents œuvrant à l’intérieur de Gaza. Ces informations de qualité extraordinaire obtenues en temps réel ont permis d’identifier l’emplacement de nombreux stocks d’armes des bâtiments publics, religieux ou privés abritant des moyens militraires
- Le renseignement a aussi pu redessiner la carte d'innombrables et secrets réseaux de tunnels, provoquant la totale surprise des islamistes lors de bombardements hyper précis (à 50 cm près) à l'aide de gigantesques bombes de 5 Tonnes "destructrices de bunkers" sans dégâts collatéraux.
- L'aviation a pratiquement réduit à néant, en 2 raids, la termitière comprenant des centaines d’ouvrages qui approvisionnaient le Hamas en armes et conseillers militaires iraniens. Elle a aussi démarré la poursuite à chaud des 50 lanceurs de roquettes quotidiens.
Phase 2 terrestre : couper la Bande de 40km/15km en plusieurs sections Est-ouest. - Les canons ont d'abord détruit ce qui constituait un risque: tunnels avec explosifs, bombes souterraines commandées à distance, miliciens embusqués pour enlever des soldats hébreux.
Tsahal s’est enfoncée facilement sur 4 axes :
a) Au Nord, partie principale
de cette phase 2, elle a pu pénétrer 3 zones : Nord, Nord-Est et Est.
b) Au sud, extrémité orientale de Gaza, avec victimes civiles derrière lesquelles le Hamas
s'abrite.
c) Au Sud vers Khan Yunès, les chars ont coupé la Bande
de la frontière israélienne de Kissufim à la Méditerranée rendant
impraticable tout contact entre Gaza et le sud de la bande
côtière.
d) La 4ème colonne a doublé la césure de Nétzarim sur une
ligne parallèle à la frontière égyptienne. Des unités du génie et d’autres d’unités spéciales au matériel sophistiqué y sont en Secret Défense.
- Le Hamas a été surpris par la qualité du renseignement : ses nombreux pièges sur les voies d’invasion terrestres ont été détruits, aucun Israélien n’a été blessé par ses pyrotechnies; enfin, aucun blindé n’a sauté sur les charges qu'il avait enterré à cet effet.
- Il a aussi été surpris de l'intervention terrestre qu'il n'attendait pas, trompé par l’analyse de Nasrallah et du Hezbollah selon laquelle Israël redoutait une confrontation au sol. Selon les informations, le Hamas regrette amèrement d’avoir sous-estimé la menace d'entrée d'Israël dans Gaza en ne reconduisant pas la Trêve tout en arrosant de roquettes le Néguev occidental.
- Israël a, du fait de sa maîtrise du terrain, pu autoriser le transfert de
nourriture et de matériel humanitaires pour plus d’une semaine.
Phase 3 qui programme l'intervention de dizaines de milliers de réservistes se préparant (en divers points
du territoire israélien longeant la Bande) à renforcer les 4 colonnes présentes à Gaza pour des manœuvres Nord-Sud et Sud-Nord,
pour faire leur jonction et prendre le contrôle de l’entièreté
du territoire. Cette phase sera
hélas la plus coûteuse en pertes humaines (investir le camp de réfugiés d’El Bourej, ou batailler dans les étroites ruelles de Gaza...)
Dans l'attente, les unités High-Tech de Tsahal phagocytent les chaînes de télévision
émettant depuis la Bande, et envoyant des SMS et des messages
enregistrés aux portables des palestiniens des quartiers où des combats
sont en cours.
Bilan actuel : Le Hamas ignore en fait totalement l’étendue de
sa défaite qui est profonde, ayant perdu le contact avec ses miliciens du nord de Gaza (Djabalya, Bet Lahya, Bet Hanoun).
Ses pertes atteindraient
plusieurs centaines de morts, chiffre gardé Secret par Tsahal.
Sachant que ses jours sont comptés, il n’exige plus un arrêt des activités militaires
israéliennes comme préambule à des négociations, ni l’ouverture
inconditionnelle des points de passage.
Mais pour Israël l’heure n’est pas encore à la négociation ; c’est ce que son gouvernement explique de la manière la plus amicale possible. Celle qui sied lorsqu’on s’adresse à des amis...
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1.2 Navré de vous perturber !Catherine Leuchter et Primo, adapté par Yerouchalmi
Israël à une armée de défense. Cela n'a que 88 ans (fondation de la
Haganah, ancêtre de Tsahal, en 1920). Cela mettra le temps qu'il faut,
mais les tenants de l'immobilisme suicidaire se
résolvent à intégrer ce fait : les Juifs se sont défendus, les Juifs se
défendent, les Juifs se défendront.• Aujourd'hui, pour l'utilisation excessive de la force contre les "innocents !" du Hamas.
• Récemment, c'était pour "la répression brutale des Palestiniens", avant c'était pour le Liban.
• Avant encore, c'était à cause du bombardement du réacteur nucléaire de Bagdad,
• De la guerre de Kippour et de la campagne du Sinaï.
Il s'avère que la victoire des Juifs et, par conséquent,
leur survie, vous fâchent énormément. Bien longtemps avant l'existence d'Israël, nous juifs, vous avons irrités.
• Le peuple allemand qui a élu Hitler et le peuple autrichien qui l'a applaudi
• Bon nombre de nations d'Europe de l'est
• Les Cosaques de Chmielnicki, qui ont massacré des dizaines de milliers d'entre nous
• Les Croisés en route pour la Terre Sainte qui nous ont massacrés en quantité énorme.
• L'Eglise d'avant 1950 ou Luther dans son appel à brûler les synagogues avec leurs Juifs
Fâchés de vous fâcher ainsi, nous avons décidé de vous 'quitter' pour créer l'Etat juif en revenant d'où nous avions été expulsés par les romains qu'apparemment, nous avions aussi irrités !
Hélas, Terriens,vous semblez bien difficiles à contenter et nous continuons à vous irriter ! • Vous êtes fâchés de ce que nous réprimions 'les pauvres' Palestiniens.
• Vous êtes très en colère de ce que nous ne renoncions pas aux territoires de 1967, qui sont, à l'évidence, l'obstacle à la paix au Proche-Orient.
• Moscou est contrarié, Paris est contrarié, les Arabes sont contrariés.
• Et les doux Egyptiens modérés sont contrariés.
En 1920, 1921, 1929, 1936, 1939, il n'y avait pas de "territoires de 67" pour faire obstacle à la paix, pas d'Etat juif pour irriter qui que ce soit, mais ces Palestiniens ont néanmoins massacré nombre de Juifs à Jérusalem, Jaffa, Safed ou Hébron.
Et vous Chers Terriens, avez proposé, en 1947, un plan onusien de partition avec création d'un "Etat palestinien" à côté d'un Israël minuscule , et
les Arabes ont crié "Non!", tuant des milliers de Juifs! Pourquoi n'avons-nous pas entendu alors votre cri de colère ? Ces 'pauvres Palestiniens' qui, aujourd'hui, tuent des Juifs avec des mortiers et des pierres, font partie du même peuple qui, quand il avait tous les territoires dont il exige maintenant qu'ils lui soient donnés, a essayé de jeter l'Etat juif à la mer. Mêmes visages grimaçants à la même haine, au même cri de "itbah-al-yahud, massacrez le Juif !", que nous entendons à nouveau aujourd'hui!
Un peuple, un rêve : détruire Israël. Ce qu'ils n'ont pas réussi, ils en rêvent ...
Et nous ne devrions pas les réprimer ? Terriens, n'oubliez pas que vous êtes restés les bras croisés• Durant l'Holocauste et malgré 6 millions de morts génocidés
• En 1948, quand 7 Etats lançaient une guerre qu'ils comparaient aux massacres des Mongols.
• En 1967, quand Nasser, acclamé par des foules arabes déchaînées jura de nous jeter à la mer.
• Et ... probablement demain, si Israël était menacé d'annihilation.
Mais nous qui savons que les Palestiniens rêvent chaque jour de cette annihilation, nous ferons tout ce qui nous est possible pour rester vivants sur notre terre.
Si cela vous ennuie, rappelez-vous combien de fois vous nous avez causé des ennuis... De toute façon, même si cela doit vous causer du tracas,
il y aura toujours les Juifs en Israël qui voudront rester vivants et garantir la sécurité de leurs enfants et petits-enfants.
Navré de vous perturber ainsi!
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1.3 Au Président Sarkozyde Mosche, franco-israélien d'Ashkelon sous les roquettes de Gaza.
Une fois de plus, Israël se trouve en position d'accusé
pour avoir décidé de détruire les infrastructures terroristes afin de
protéger ses citoyens.
Accepteriez-vous, Mr le Président, qu'une région de France soit quotidiennement bombardée et que des centaines de milliers de français doivent se réfugier dans des abris. Israël ne veut plus vivre avec le Hamas comme voisin, objectif partagé
par USA, Tchéquie, Danemark Allemagne, et aussi Egypte, AP, Jordanie et
Arabie Saoudite, qui, tout en fustigeant officiellement l’offensive
terrestre d’Israël, font ce qu’il faut pour qu’elle aboutisse. Israël a évacué Gaza en geste de paix il y a 3 ans, brisant la vie de milliers d'israéliens qui vivaient sur une zone qui n'était que du sable lorsqu'ils y sont arrivés et qu'ils avaient fertilisé.
Qu'ont fait les arabes de Gaza de ce petit paradis évacué par les Juifs? - D'abord ils ont détruit soigneusement les infrastructures que les juifs leur avient laiséées.
- Ensuite, les villes limitrophes de Gaza sont quotidiennement la cible de tirs arabes
Nous sommes choqués par vos déclarations :
- Comment pouvez-vous qualifier l'autodéfense israélienne "d'utilisation disproportionnée de la force", alors que, depuis des années, les habitants de Gaza tentent de massacrer nos populations, alors que notre Défense a adressé des mises en garde, avec un cessez-le-feu au cours duquel les arabes ont tiré 500 roquettes contre nos populations ?
- Comment pouvez-vous demander à notre Défense d'abandonner les Israéliens qui tentent de survivre aux tentatives meurtrières quotidiennes des habitants de Gaza ?
- Cela alors que nous fournissons à Gaza l'électricité, Gaza qui bombarde nos propres Centrales!
Accepteriez-vous, Mr le Président, qu'une région de France soit quotidiennement bombardée et que des centaines de milliers de français doivent se réfugier dans des abris.
Or, cela fait des années que nous vivons injustement et patiemment ainsi !
L'Occident dont la France auraient pu mettre un terme à cette
situation, nous l'avions espéré lors de votre arrivée… Et nous nous
sommes hélas trompés ! Alors maintenant cela suffit !
Le Peuple juif aspire à la Paix… Mais cette Paix ne sera possible que lorsque les pays occidentaux cesseront leur double langage, leur subvention aux palestiniens qui sont détournées devenant autant de primes à la corruption, au désœuvrement et à la violence. La pauvreté en France ferait certainement un meilleur usage de ces milliards ainsi gaspillés.
Nous, survivants du génocide perpétré dans le mutisme des Nations, ne permettrons pas qu'un pouvoir mette en péril des vies juives , préférant vos blâmes à vos condoléances ! Nous sommes plusieurs centaines de milliers en Israël à être de nationalité française et à refuser les prises de positions, trop souvent injustes, de la France concernant Israël. Voila, Monsieur le Président, ce qu'un Juif israélien d'origine française avait à exprimer au Président du pays qui l'a vu naître. Recevez, malgré tout, l'assurance de ma considération.
NB : Mettre sur le même plan Israël et le Hamas,
c'est comme faire une équivalence entre un preneur d'otage et le GIGN. A Gaza, les
hommes du Hamas, ceints de noir avec leur bandeau vert au verset
coranique, tenant leur lance-roquettes, avec leur horde de martyrs
potentiels qui défilent en robe blanche ceinturés d'explosifs, comme
des aficionados
du Ku Klux Klan, tous proférant des horreurs antisémites, c'est
vraiment une scène d'horreur.-------------------------------------------------------------------
1.4 Nuits de Cauchemar en Israëlpar Aryé Elmaleh, secouriste au Maguen David AdomVoilà une nouvelle nuit qui s’annonce, une nouvelle nuit sous les roquettes palestiniennes, qui sera longue. Nos amis en France qui ont fêté le Nouvel An dans une ambiance de fête ont sans doute eu une pensée pour nous qui vivons dans les abris. En lieu et place du compte à rebours nous séparant de 2009, nous avons eu un décompte à rebours : celui des missiles, des morts quotidiens que nous connaissons depuis 8 ans.Franco-israélien à Jérusalem, volontaire au Maguen David Adom. Dans les ambulances prêtes à partir a tout moment, pour aider ceux qui en auront besoin. Victimes pour la simple raison qu’ils sont juifs et que d’autres, à ce motif, leurs refusent le droit de vivre ici. Et comme toutes ces nuits, mes camarades du Maguen David Adom et moi allons
dormir, serrés les uns contre les autres dans un abri.
Loin de toute ligne verte, loin de toute remise en cause. A part celle des terroristes du Hamas qui veut que la terre de l’Islam s’étire des rives de la Méditerranée à celles du Jourdain. Quitte à provoquer des guerres et d’ordonner par procuration la mort de leurs frères.
Et cette nuit ressemblera aux précédentes : la peur au ventre nous attendrons d’entendre la sirène annoncer la venue d’un missile. Suivra notre départ pour l’endroit de sa chute à la recherche des blessés. Nous dormons à peine quand une première alerte retentit. Ceux qui
étaient dans le couloir accourent. Nous fermons la porte et attendons.
Les roquettes tombent à Sdérot, encore et toujours. A Ashkelon, à
Netivot, et même à Beer-Shev’a, que tout le monde pensait hors de
danger il y a à peine quelques heures.
Aux infos, les images terribles- Du petit Ofer Twito, 8 ans, amputé d'une jambe à cause de
l'explosion d'une roquette ou du corps déchiqueté de Jimmy Kedoshim, du kibboutz Kfar Aza, tué par
une attaque de mortier.
- D’un habitant d’Ashkelon qui, refusant d’entendre la sirène, continue de marcher comme si de rien n’était … Jusqu'à ce qu’un missile tombe a côté de lui, sa vie épargnée de quelques mètres. Grâce peut être à un miracle lié au fait qu'il allait porter héroïquement secours à une femme.
- De cette mère de famille arrachée à ces 4 enfants, tuée par un missile tombé sur Ashdod. On ne peut s’empêcher de pleurer.Ses dernières paroles allèrent à sa fille de 11 ans. Elle lui demanda d’aller se refugier en attendant son retour; mais
elle ne rentrera jamais!!!- D'une roquette tombant en pleine salle de classe, heureusement vide. Les secouristes furent soulagés de constater cela. La roquette aurait fait un carnage si cela n’avait pas été le cas.
- Des roquettes s'abattant de façon aléatoire, explosant à quelques mètres de sa maison et ne laissant pas le temps de courir aux abris trop peu nombreux, qui font serrer les
dents.
- Des enfants de Sdérot suivis par des psychologues pour syndromes de stress post-traumatique.
Je suis là, assis a contempler la ville. Et je me
remémore une discussion qui me parait lointaine, mais en réalité de
quelques jours à peine : «Où serais-je pour le nouvel an ?». Personne n’est en sécurité et tout le monde le sait. Une nouvelle sirène vient couper notre conversation. J’ai dormi quelques minutes et je suis réveillé. Angoisse. Des souvenirs qui reviennent me hanter.
Je ne dirai rien de mes cauchemars,
- Ceux de ces enfants assassinés il y a quelques mois alors qu’ils étudiaient a Jérusalem.
- Ceux de cette femme dans sa voiture, écrasée par un bulldozer conduit par un terroriste.
A chaque fois, j’étais sur place, ne comprenant pas ce qui pouvait justifier cette haine!-----------------------------------------------------------------------------
1.5 Six réponses à nos détracteurs
A) On entend trop souvent : "la réponse d’Israël à Gaza est disproportionnée..." Depuis quand une guerre est-elle une équation mathématique ? L’objectif de toute partie en conflit est d’infliger le maximum de dommages à l’ennemi en minimisant ses pertes. Y a-t-il quelque chose de proportionnel dans la guerre américaine en Irak ?
Israël fait ce que tout pays fait. C’est comme ça que marche, la guerre. Est-ce qu’un citoyen britannique se plaindrait du « trop peu » de soldats britanniques tués en Irak ? Probablement pas.
Plus élémentaire : l’infériorité palestinienne n’est pas un indicateur de supériorité morale.
L’insistance palestinienne à recourir à la violence en dépit de cette faiblesse montre une erreur de jugement, mais pas une vertu morale. Etre faible militairement ne fonde pas le droit palestinien.
B) On entend trop souvent : "les Qassams ne tuent pas".
Mais ils tuent (des dizaines d’israéliens tués et blessés par les roquettes). Au-delà des chiffres, les dommages psychologiques issus de la menace continue des roquettes sont incalculables. Qui en Occident accepterait de voir sa famille vivre sous des attaques constantes de roquettes et réveillé par les sirènes au milieu de la nuit ?
C) On entend trop souvent : "tout est de la faute du siège exercé par Israël" Israël a régulièrement autorisé les marchandises à rentrer dans Gaza et les Palestiniens en ont systématiquement profité pour se militariser illégalement.
D) On entend trop souvent : "pourquoi Israël ne renouvelle-t-il pas la trêve?" Quelle trêve ? Les terroristes ont continué de tirer des roquettes tout le long de la trêve, même si la communauté internationale ne semblait pas s’en préoccuper. Israël souhaitait clairement étendre la trêve, mais
le Hamas a bombardé sans arrêt.
E) On entend trop souvent : "le Hamas a pourtant été élu démocratiquement" Israël n’a pas lancé l’opération parce que le Hamas est au pouvoir,
mais parce que c'est une organisation terroriste prenant pour cibles
ses civils depuis 8 ans.
Israël reconnait de facto que le Hamas dirige Gaza, et c’est pourquoi
il est justifié d’attaquer Gaza, gouvernée par une entité terroriste.
Notons toutefois que bien que le Hamas ait remporté les élections, il a pris Gaza par la force, jetant ses rivaux du haut des immeubles ou les tirant au genou dans le but déclaré de les mutiler...
F) On entend trop souvent : "Israël vise des civils" Les armes et terroristes du Hamas se trouvent lâchement dans des zones résidentielles ! Malgré cela Israël accepte d'augmenter ses risques et le coût de ses opérations à l'effet de limiter les pertes civiles. Tsahal a aussi toujours alerté les civils à risque et parachuté
des tracts à cet effet.
Même si "l’une des armées les plus puissantes du monde" bombarde Gaza le nombre de victimes civiles reste très limité malgré la très grande densité de population. Israêl reste un champion dans ce domaine et c'est à son honneur.
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2. Auschwitz et la Torah, Témoignage de Michel GurfinkielExtrait de 'Un Devoir de Mémoire", Michel Gurfinkiel. Editions Alphée Jean-Paul Bertrand
20 ans après Auschwitz, de Gaulle avait osé mentionné "le juif sûr de lui et dominateur" Les nazis avaient conçu les camps d’extermination comme un monde opaque, hermétiquement criminel, où la Torah serait impossible. Les déportés juifs y ont fait rentrer la Torah de force... Mon père Szyja Gurfinkiel fut déporté à Auschwitz le 25 juin 1942, après avoir été interné par Vichy en mai 1941 comme Juif étranger. Il y passa 2,5 ans puis fut transféré en Autriche, et ne fut libéré que le 6 mai 1945. Il était ainsi passé successivement par tous les cercles de l’abîme, ayant survécu, dans chacun d’entre eux, à ses compagnons. C’était un premier miracle, d’y être sélectionné pour le travail au lieu d’être gazé. Un autre d'y rester en vie sur une longue période
Le transfert d’Auschwitz tua 50 à 90 % (!) des survivants, dans une "marche de la mort" en 'Europe centrale glacée, à pied ou dans des wagons dépourvus de toit. Quant au camp d’Ebensee, mon père m’avoua que ce fut sa pire épreuve. Dans cette "usine", les conditions de travail étaient plus atroces qu’ailleurs (14 heures sous les coups et au milieu des piles de cadavres), la
ration ne comportait qu'1/2 l d’ersatz de café, une soupe "d’épluchures de pommes de terre", 150 g de pain!
Mon père revint à Paris en train-hôpital après avoir été déporté à Auschwitz en wagon à bestiaux. On l’envoya dans une « maison de repos ». Tout lui était indifférent.
Mais il rencontra une jolie femme aux cheveux châtains clairs, aux yeux bleus pâles et voulut revivre. Elle aussi. Ils se marièrent, devant le rabbin orthodoxe de la rue Pavée, le Rav Rubinstein, puis au Civil. J'eus la plus belle des enfances ; les enfants des survivants de la Shoah étaient-ils plus gâtés?
Beaucoup de survivants de la Shoah se sont tus à leur retour, soit que les mots leur ont manqué, ou que personne n’ait voulu les écouter, soit qu’ils aient cherché à oublier.
Mais dans le milieu de mes parents, on en parlait. Par la force des choses. Les Juifs d’origine étrangère vivaient entre eux, même sur le plan professionnel : le moyen, dès lors, de ne pas aborder les événements que tous avaient traversés ? Les Juifs est-européens disaient en yiddish « di milkhomeh » (« la guerre »), « der unglik » (« le malheur » ), et surtout « der Hurban » ( « la dévastation »), terme que la tradition avait appliqué à la destruction du Temple et à l’Exil. L’idée de demander à mon père de raconter Auschwitz de façon chronologique ne m’est venue qu'à 25 ans et lui 70.
Ce que mon père m’a dit s’est inscrit de manière indélébile dans mon esprit. Je me rappelle de la 1ère cérémonie commémorative à laquelle il m’ait emmené. Les déportés se recueillaient au Père-Lachaise, devant des cénotaphes consacrés à chacun des camps sans face ni membres et
mon père me dit "dans les camps, nous n’avions plus de visage". Je me rappelle du jour d’hiver où mon père me montra une cheminée à la mince fumée blanche : "Tu vois, la cheminée du crématoire, c’était comme ça."
Mon père a su répondre à mes questions les plus difficiles, comme 'pouvait-on garder la foi après la Shoah', à travers ces confidences parfois abruptes. Il m’a dit un jour :
«Ceux qui mouraient le plus vite c’étaient ceux perdu l’habitude de jeûner à Kippour, qui avaient abandonné la religion. Leur corps ne savait plus rester 24 h sans nourriture.». La foi et la loi fortifient donc l’homme, l’aidant à affronter ses épreuves; mais il a ajouté :
«Nous avions des Juifs très pieux, qui connaissaient le calendrier religieux et savions donc quand tombait
Kippour. La plupart des détenus juifs y jeûnaient, gardant leur pain pour le soir. Les SS et les Kapos étaient au courant et ne disaient rien».
On ne peut ainsi juger ceux qui, passés par la Shoah, restent en dehors de la Loi. Inversement, on ne peut tirer argument du « silence » divin / de «l'absurde» pour renoncer ou combattre les Mitzvoth,
les juifs ayant voulu, jusqu'à Auschwitz, leur rester explicitement fidèles. Je comprenais enfin pourquoi mon père avait gardé la foi. Les nazis avaient conçu les camps comme un monde absolument opaque, criminel, où la Torah serait impossible. Certains déportés juifs y avaient fait rentrer, 'de toutes leurs forces' un fragment de Torah.
C’est par cette brèche dans le mal que le monde mériterait d’exister? Envers et contre tous.====================================