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20/11/08 -YEROUCHALMI N°68- 22 Hechvan 5769
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1. Exclusif : Coupat et ses écrits suspects Terroristes du TGV : Qui sont-ils ? Leur Mystique juive... 
Les terroristes dits 'd'ultra-gauche', auteurs des attentats contre les TGV, ont une ligne de pensée complexe (développée par leur chef, Julien Coupat, dans sa revue 'Tiqqun'), très différente de celles des ultra-gauches classiques, situationnistes, altermondialistes. Il est essentiel de comprendre leur spécificité pour comprendre et contrer leur mode d'action qui découle à 100% de leur idéologie,   dérivée de la mystique juive...
2. Judaïsme et laïcité : débattons intelligemment !  
Débat sur les idées laïcistes et réfléchies d'Izio Rosenman

3. Obama et le monde : Pierre Lellouche répond
4. Les prières pour les morts : origine et évolutions.
5. Faire confiance : besoin vital des femmes pour le Talmud

Pour "15 mauvaises raisons d’être anti-US", "Tout sur le racisme" ou "La révolution des 'drones' et Israël"  :  cliquez sur   Yer N°66
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1. Exclusif et Inédit   - Coupat et ses écrits suspects.
Terroristes du TGV : Qui sont-ils vraiment ? Leur Mystique juive...

par Félix Perez     www.yerouchalmi.com
          Les terroristes dits 'd'ultra-gauche', auteurs des attentats contre les TGV, ont une ligne de pensée fort complexe (développée notamment par leur chef, Julien Coupat, dans sa revue 'Tiqqun'), très différente de celles connues des ultra-gauches classiques, situationnistes, altermondialistes. Il est essentiel de comprendre leur spécificité pour comprendre et contrer leur mode d'action qui découle à 100% de leur idéologie. En grande partie dérivée de la mystique juive...

Les idéologies sous-jacentes , la mystique juive
       Contrairement au situationniste Debord pour qui « la lutte des classes doit s'extirper du langage marxiste de la religion », on assiste au contraire avec ce groupe radical, au retour brutal de ce langage avec son lot d'images dépassées. L'idéologie qui soutient son action criminelle, très différente de celle des groupes ci-dessus mentionnés, est ainsi basée sur 3 sources, dont les deux premières, issues de la mystique juive (!), et mal digérée de surcroît.
1) la Kabbale (d'où dérive le nom de leur Revue 'Tiqqun'), 2) le Faux-Messianisme juif et la pensée de Jacob Frank, 3) Heidegger et sa critique de la métaphysique.
        Elle constitue ainsi un syncrétisme incohérent de théories foncièrement opposées, expliquant avec clarté les mystères et les dérives du groupe de Julien Coupat en matière de:
- modes de conduite (silence /mystère ; pas de revendication ; haine de la société)
- action (urgence et opportunité de passer à l'action ; violence la plus extrême si nécessaire).
Heidegger et l'homme à désaliéner
Comme le scande la bande à Coupat:
       - Suivant en cela Heidegger, nous serions au seuil historique permettant le dépassement de cette métaphysique qui achèverait enfin la domination absolue de la technique sur le monde. « L'oeil exercé, quant à lui, ne voit dans tout cela rien qui accrédite la victoire sans retour de la marchandise et de son empire de confusion, il y devine plutôt l'intensité de la catastrophe, du moment de vérité qui mettra enfin un terme à l'irréalité d'un monde de mensonges ».
       - Tous les rapports dominants (Science, Technique, Economie, Politique) sont proclamés 'métaphysiques' c'est-à-dire réduits à (!) une interprétation qui domine l'histoire depuis 5 siècles, se faisant le principe d'explication du devenir social. Par exemple, le retour dans nos sociétés en crise d'un sous-prolétariat, plutôt que de résulter de la mondialisation, résulte du projet machiavélique (!) des dominants de recréer volontairement une classe miséreuse afin de maintenir la classe moyenne dans la peur et l'exploitation !
       - La vérité de notre société marchande se réduit contre toute apparence à son essence métaphysique en chassant les aspects illusoires économiques ou techniques : « Il n'y a pas de monde marchand, il n'y a qu'un point de vue marchand sur le monde ». Et qui de plus refuse d'apparaître comme tel! L'homme, jouet de ces illusions, est donc aliéné. « En étroite relation avec cela, nous voyons apparaître un type d'homme dont la radicalité dans l'aliénation précise l'intensité de l'attente eschatologique ».
Le Faux-Messianisme juif et les solidarités inédites
        Par l'expérience de son aliénation, l'homme est donc mûr pour se désaliéner en se réappropriant son essence par « des conflits partiels, momentanés et subversifs avant de s'unifier comme tels » et de s'abolir dans la réalité.
       Cette unification par les actes des révoltes métaphysiques, religieuses et politiques, va être idéologisée par le recours au messianisme juif: «En dépit et en vertu de l'extrême confusion qui règne, notre temps est de nature messianique ... Dans le cours de cet exode, des solidarités inédites se constituent, amis et frères se rassemblent derrière les nouvelles lignes de front qui se dessinent, et, se développe parmi ceux qui prennent acte de leur marginalité essentielle, un puissant sentiment d'appartenance à la non appartenance, une communauté de l'exil ».
       Julien Coupat reprend un classique de la pensée millénariste qui retraduit toute crise historique, politique et sociale sur un plan religieux. Cet exode ou exil se traduit dans la Kabbale par une errance métaphysique, ou de l'âme en quête d'elle-même. On comprend la métaphore alors tant utilisée «des individus, en exil dans le désert de la domination marchande ».
La Kabbale : faire pourrir la situation
       La Kabbale énonce « la Chevira ou brisure des vases » : la lumière divine de la création se dépose dans des vases, qui, n'en supportant plus l'abondance, se brisent, produisant un drame cosmique. Chaque élément sort de son itinéraire, plus rien ne se trouve à sa place ; le mal s'autonomise et prend puissance sur le bien, aidé en cela par les fautes de l'homme depuis Adam.
       Notre univers est bien le résultat de cette brisure, une histoire du mal qui explique tout le désarroi moderne. Le 'Tiqoun' réparateur ne peut advenir que lorsque l'exil du peuple élu est réalisé dans toute sa détresse. Les millénaristes juifs vont se hâter de faire advenir cet état de mal absolu pour en hâter la guérison. Pour Coupat and co, l'exil est figuré par ce type d'analyse « la société marchande dispose de moyens surpuissants pour isoler, atomiser les individus, réalisant la déperdition de l'homme moderne et rendant imminent le moment du Tiqoun réparateur ».
       Il ne manque ainsi que quelques actions terroristes de leur part pour amener à son sommet la déliquescence sociale, rendant ainsi possible sa guérison (!)
Idéologie et Passage à la violence
       De cette pensée quasi médiévale va logiquement naître le passage à l'acte du groupuscule de Coupat : «La pensée révolutionnaire moderne se résout devant nos yeux dans la rencontre de l'idéalisme allemand et du Tiqoun, qui désigne, dans la Kabbale la restauration de l'unité du sens et de la vie, de la réparation de toute choses par l'action des hommes eux-mêmes».
       Selon Jacob Frank «Là où Adam a marché, une ville a été bâtie, mais là où j'ai mis le pied, tout sera détruit. Je ne suis venu en ce monde que pour détruire et anéantir, vider jusqu'à la lie la coupe de la désolation, exercer une plénitude destructive,ce que je bâtis durera éternellement».
Les Règles strictes de Silence
       Sous l'effet de l'urgence, le mal, redoublant son emprise sur les étincelles du bien, dresse alors une force surpuissante ne pouvant être vaincu que par la ruse. «L'homme qui veut prendre d'assaut une forteresse ne peut le faire par des paroles ; il doit y consacrer toutes ses forces. Ainsi, devons-nous accomplir notre tâche de silence. Nos ancêtres ont parlé : quel bien en est-il résulté pour eux et qu'ont-ils accompli ? Gardons-nous, le silence, voilà où est notre devoir».
       Ou "devant ses juges, ou devant la torture, on restera muet sur les motifs de son crime". Car sa stratégie « est de produire le désastre, et autour de lui le silence ».
C'est pourquoi, paradoxalement, leur action nécessite le respect total d'une règle intangible : l'observation stricte du silence sur la cause et la destination des actes de destruction totale.  C'est une des raisons de l'absence totale de revendication de la part du Groupe et du silence qu'il s'impose, y compris dans ses manuels internes devant régir le mutisme absolu en cas de capture.
Heidegger+Kabbale+Faux-Messie = Les tueries
Ainsi «la négation du capitalisme moderne s'ignore en tant que telle, mais s'unit par l'ensemble de ses actes destructifs (tueries, suicides, etc...), sous la bannière de la révolte dont quelques acteurs conscients donnent sens et valeur à des pratiques et actes qui semblent pour nous tous en être totalement dépourvus».
    «Ces hommes, en eux-mêmes insignifiants, sont les agents d'une raison historique et transcendante qui réclame l'anéantissement de ce monde, chacun de ces meurtres sans mobile ni victime désignée, de ces sabotages anonymes, constitue un acte du Tiqoun».
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2. Judaïsme et laïcité : débattons intelligemment !
Débat du Yerouchalmi sur les idées du grand laïciste juif, Izio Rosenman
Voici quelques questions que pose le judaïsme sur la façon dont se perpétue l'identité culturelle de l'individu. Comment s'effectue la filiation à travers son lien institué au groupe, à travers les mutations de l'identité juive, à son lien très particulier aux rites, aux textes anciens, et à l'histoire, dans les mouvements de sécularisation auxquels nous assistons. Analyse fine d'un laïciste, réponses (NDLR) du Yerouchalmi sur ses questions de fond.
Les premiers juifs laïcs au 17ème siècle
      Quelques personnalités qui ont voulu se démarquer de la dimension institutionnalisée du judaïsme sans pour autant rompre avec leur communauté et qui illustrent bien les difficultés d'un judaïsme laïque le rejet qu'il provoque. Excommuniés de la Communauté juive d'Amsterdam : le philosophe Spinoza qui rejette la religion au profit d'un panthéisme ; de Prado, médecin /philosophe qui remet en question la théologie juive au profit du rationalisme. Qui se suicide suite à son exclusion et malgré ses repentirs, Da Costa, autre intellectuel juif qui rejette la valeur sacrée de la tradition orale. Voici donc des Juifs qui refusent de couper avec la Communauté et qui pourtant, refusent ses croyances et ses commandements !
       A cette époque le concept d'un judaïsme laïc n'existant pas, ces hommes ne pouvaient avoir d'existence. Où en est-on aujourd'hui ? Les traditionalistes pensent qu'un juif qui prend ses distances à l'égard de la tradition s'en exclut Peut-il y avoir un judaïsme laïc, un judaïsme, corps vivant avec un ensemble d'expériences et possèdant une signification historique considérable.
La judéité et l'athéisme de Freud.
       Freud a baigné toute sa vie dans un milieu juif, a fait partie d'associations (Bnai Brith ou Université Hébraïque de Jérusalem), s'est nourri de Bible et, comme il l'écrit, s'est montré «solidaire de son peuple, juif infidèle car étranger à la foi de ses pères», qui, ne pouvant concevoir un judaïsme athée, ne pouvait que difficilement se concevoir comme un juif laïc.
       Pensant avoir changé la condition de l'Homme, en lui révélant qu'il n'était pas maître de lui-même, il se comparait à Copernic, qui avait démontré que la Terre n'est pas le centre du monde ou à Moïse qui avait bouleversé la condition humaine en y introduisant la dimension de la Loi éthique. Tenter de démontrer, comme le fait Freud, que Moïse n'était pas Juif mais égyptien, c'était donc inconsciemment, essayer de nier sa propre filiation juive. (NDLR : Qu'il n'aura jamais su transmettre à sa famille ni à ses lecteurs qui heureusement auront trouvé des sources stables, y compris celles de la Tradition, dans lesquelles puiser).
L'identité juive
       Un des aspects les plus passionnants du judaïsme contemporain est sa complexité, son éclatement en diverses modalités historiques, géographiques, linguistiques, religieux, nationaux ou ethniques, culturels et éthiques, qui s'entrenouent !
       La force du lien à la collectivité qui dans le judaïsme traditionnel, à l'occasion des fêtes et des rites, est constamment renouvelée met en jeu pour lui, l'altérité et l'éthique, la mémoire et l'histoire (NDLR : on revient à l'importance du rituel pour véhiculer l'éthique)
Altérité, éthique        Dans le judaïsme traditionnel, la foi est souvent réduite au profit de la loi et de la relation éthique. Un récit kabbaliste de la création du monde dit que pour créer le monde différent, D.ieu qui l'emplissait a dû se retirer d'une partie de celui-ci ('Tsim-Tsoum'). Ainsi l'homme, bien qu'à l'image de D.ieu est fondamentalement autre ; sa mise à l'épreuve sur terre se fait par son rapport à l'autre homme et non uniquement, comme dans la culture grecque, dans la gestion du rapport aux d.ieux. Levinas va même jusqu'à énoncer «le visage de D. ieu apparaît dans l'amour du prochain ».
       Le judaïsme est donc un humanisme, à l'intérieur duquel l'individu trouve sa place dans le groupe éclairé par la loi et la mémoire. Aspect séculier qui peut éclairer comment le lien social tisse l'univers symbolique et l'inscrit dans la filiation. (NDLR : comme Lévinas, on insiste sur Loi juive et Mémoire juive des Textes...)
Mémoire                      Mémoire de la "révélation"et des textes sacrés mais aussi des origines, des évènements, des traumas individuels et collectifs. Lors de la Pâque juive, on lit au Seder, le récit de la sortie d'Egypte, évènement inaugural de l'histoire collective juive : " chacun doit se considérer comme s'il était lui-même sorti d'Egypte", et revit son propre mythe d'origine.
       Voilà un exemple de mémoire vivante où il y a intrication de l'individuel et du collectif. Ne peut-on pas dépasser le strict contexte religieux et étendre l'injonction hors du cadre religieux, tout en montrant ce lien symbolique de l'individu à la collectivité ? "Tu n'opprimeras pas et ne molesteras pas l'étranger car vous avez été étrangers en terre d'Egypte" (Exode). L'éthique et la loi, telle que les institue le judaïsme traditionnel, sont fondées sur cette mémoire biblique mais dans l'identité juive contemporaine la connaissance, et l'expérience historique, ne prennent-ils pas le pas sur l'injonction religieuse de se souvenir ?
(NDLR : peut être et c'est un problème mais néanmoins on a besoin des fêtes juives, des textes sacrés et on s'y réfère. Comme le Racha -l'enfant dit mauvais- est néanmoins présent à la Table juive dans le récit juif pascal).
La sacralisation des textes.
        Le judaïsme officiel s'est rigidifié, suivant un processus naturel décrit par Marcel Gauchet «le système de l'antériorité radicale du principe de tout ordre, est un système de la dépossession, de l'héritage et de l'immuable. Rien de ce qui nous tient, n'est de nous, mais d'autres que nous, qui l'établirent en des temps autres, dont nous n'avons qu'à préserver le leg intangible et qu'à répéter la leçon sacrée. Les événements fondateurs sont destinés à se perpétuer dans des rituels qui les font revivre et la piété filiale commandant la reproduction de leur héritage à l'identique».
        Plus l'histoire avance, plus nous sommes censés être loin du moment de la révélation où cette vérité pouvait être saisie. Ce principe structure la tradition juive: les Maîtres suivants ne peuvent changer ce que les précédents ont dit dans la chaîne de transmission codifiée de la Thora orale à partir du texte écrit (Thora écrite). Pareille évolution aurait pour effet de déposséder l'individu de sa capacité à atteindre la vérité, au profit des dépositaires codifiés des textes. Ceux qui s'éloignent de cette tradition ont alors un sentiment d'inauthenticité, d'infidélité et cette situation pose des questions sur la filiation et la transmission.
(NDLR sauf qu'à chaque génération doit se répproprier les textes en actualisant leurs significations et faire évoluer la Loi en fonction des contextes)
Peut-on échapper à la sacralisation ?
        Au moment même où les juifs, dans leur grande majorité, ont cessé d'être religieux et de vivre en communautés, on constate une sacralisation :
- de la Shoah, comme si le destin juif ne pouvait s'identifier qu'à son martyr qui en décuplerait la force du lien social
- de l'Etat d'Israël lui-même, qui sert lui aussi d'appui identificateur dans le judaïsme moderne.
Besoin de renouvellement
        On constate que les mythes juifs souvent ossifiés et pas vraiment revisités ne fonctionnent plus comme normes de vérité mais comme simples supports du lien social.
(NDLR : il en va de même de toute civilisation digne de ce nom ; cf. pour la France 1789, le Drapeau français)
        On doit donc pratiquer un retour subversif aux textes fondateurs juifs, ce qui en implique cependant une vraie connaissance (NDLR on est bien d'accord!). Seule une approche renouvelée des textes peut fournir à la religion sa place dans un judaïsme laïc créateur de nouveaux contenus. (NDLR c'est, comme l'expliquent Levinas et le Grand Rabbin Bernheim, ce que préconise la religion juive)
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3. Obama et le monde : Pierre Lellouche répond
Notre ami, Pierre Lellouche, qui a dirigé de nombreuses années l'assemblée de l'OTAN est en France l'un des meilleurs connaisseurs des USA. Comme Obama qu'il a rencontré quelques fois, il est diplômé de Harvard ; il est aussi député et membre de la Commission Défense de l'Assemblée Nationale ; il pourrait acquérir un portefeuille ministériel à la Défense ou aux Affaires Etrangères.
Q : Vos premières réactions ?
R : Depuis 30 ans que je m'occupe de politique étrangère, j'ai rarement vu pareilles combinaisons de crises économiques et financières et bientôt de crise sur le chômage, d'insécurité puisqu'on a plusieurs guerres. Obama le disait: cela va être difficile.
    Il a été élu par les Américains pour résoudre d'abord leurs problèmes et si les Européens croient qu'ils ont élu un Président européen, ils se font des illusions car Obama a dit que la puissance américaine est indispensable à la stabilité mondiale, et que les USA forts sont une force pour la liberté ; cette attitude risque de décevoir ses supporters européens.
Q :  La fin du "Bushisme", c'est, la crise financière qui la provoque, ou le changement de pouvoir ?
R : L'effondrement du système financier et un laisser-faire dans la régulation des marchés, imposent la nécessité de rebâtir un autre Bretton Wood, peut-être une banque centrale mondiale.
    L'unilatéralisme US est mort après le 1er mandat Bush, la guerre en Irak ayant entraîné un grand isolement des USA. Même si Bush a pâti comme les USA, d'une haine générale, son second mandat est plus centriste qu'il n'y paraît sur la Corée du nord, même l'Iran, la moins visible que l'on croit dans les dossiers les plus difficiles, notamment en Irak, en Afghanistan.
Q : La Russie : nul ne veut une nouvelle guerre froide, mais sur la Géorgie, il y a des désaccords et Medvedev veut «déployer des missiles face au bouclier anti-US». Qu'est-ce qui va se passer ?
R : Je reste inquiet de leur voyage nostalgique néo-nationaliste qui peut être dangereux. Sans lignes jaunes, ils peuvent continuer, en Crimée et en Ukraine. La Russie n'est plus une puissance mondiale, mais continue à utiliser la force comme en Géorgie ; elle cherche à exister où elle est encore forte, sur les arsenaux nucléaires. La bulle financière a montré l'état de délabrement de l'économie russe. Sur le plan démographique, elle est en train de chuter gravement.
    L'habileté d'Obama sera d'éviter de tomber dans la nouvelle guerre froide. La Russie a les contrecoups de la crise et de la baisse des matières premières qui faisaient vivre le pays.
Q : Certains disent qu'avec Obama l'Amérique sera moins "ferme" que John McCain.
R : Il faut que l'Europe soit plus musclée, notamment dans les principes. Il ne faut pas que l'on reconnaisse l'annexion de l'Abkhazie et de l'Ossétie, car sinon on aura un drame dans pas trop longtemps en Crimée ou le début du démantèlement de l'Ukraine. Mais, on ne doit pas tomber dans le piège d'une escalade avec les Russes. Je crois que la Russie doit faire partie du monde démocratique ; il ne faut pas basculer dans des rapports militaires que souhaite le régime actuel.
    Sur l'OTAN , côté français, c'est le retour plein de la France dans l'organisation, qui doit être annoncé. Il faudra préparer l'opinion publique. Le fait qu'Obama soit bien vu en France aide.
Q : Sur l'Irak et l'Afghanistan, que fera-t-il ?
R : Il ne pourra pas accélérer le retrait d'Irak aussi vite car les Irakiens ne sont pas prêts. Il faudra au minimum 15 mois avant un retrait substantiel. Les USA rapatrieront une partie de ces forces sur le front afghan. En Afghanistan (d'où je reviens, pour mon rapport sur notre propre mission), en dehors de l'Angleterre et de nous, l'Europe ne veut pas participer à la guerre.
   Les USA vont nous demander de faire plus, ce qui va être difficile. C'est une opération qui n'est pas populaire en France et Sarkozy va avoir des choix compliqués à faire. Les talibans créent un fort climat d'insécurité qui rend difficile la reconstruction. a) Le processus de négociations avec les talibans, commencé sous Karzaï doit être poursuivi. b) Il faut s'atteler au problème de la drogue.
c) Si le Pakistan aide à y faire baisser l'insécurité, tous y joueront un rôle plus utile.
Q : En politique étrangère, quelle doit être selon vous la priorité d'Obama ?
R : - Le début du début sera de redonner confiance au peuple et à Wall Street. Il y a aussi les volets de finances et de commerce internationaux. Le chômage va monter dans le monde et les démocraties ont une tradition très protectionniste !
    - Outre la Russie, l'Irak et l'Afghanistan évoqués, la Chine est un gros problème car les USA absorbent l'essentiel de sa production, et va moins importer car il n'y a plus d'argent.
    - Sur le Proche-Orient, tout est à refaire. Il y aura des élections en Israël. On a un système politique au Proche-Orient qui, hélas, est décapité. Il n'y a plus de leadership israélien et un leadership palestinien extrêmement faible. Au milieu de tout ça, vous avez des groupes extrémistes, style Hamas ou Hezbollah plus ou moins manipulés par l'Iran.
    - Ajoutée à cette liste d'horreurs, la question nucléaire iranienne. Plus les mois passent, plus les Iraniens se rapprochent de la masse critique pour montrer leur bombe atomique. Après quoi il sera trop tard pour revenir en arrière.
Conclusion : Du côté de la diplomatie française on s'est gargarisé sur le monde multipolaire en croyant que l'Europe serait un pôle à côté de la Chine, des USA, du Brésil, mais c'est plus compliqué car ces pôles sont inégaux, plus ou moins réticents et pas toujours contributeurs à la sécurité globale. Demandez aux Russes et aux Chinois par exemple. Dans cette crise, si les européens ont les idées claires, ils influenceront peut-être utilement les USA.
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4. Les prières pour les morts : origine et évolutions.
cf S. Reinach, « Cultes, mythes et religions » Éd. E. Leroux
Aux yeux des païens, les morts étaient des demi-d.ieux; pour les monothéistes, ils se trouvent dans une situation précaire, ayant besoin des prières des survivants pour leur salut. La prière des morts a percé chez les Juifs alexandrins. C'est à l'époque de Rabbi Akiba, vers 130 apr. que cette doctrine a pu pénétrer timidement dans le rituel des synagogues et sans doute, qu'elle fut adoptée par les communautés chrétiennes naissantes, de sorte que Tertullien, en 200, put en parler comme d'un usage établi. Elle s'est répandue après l'époque talmudique et institutionnalisée à celle des Croisades. La coutume de prier pour les morts a été transmise par la Synagogue à l'Église, pour se répandre jusqu'à la Réforme et l'Islam qui les abolissent.
Des païens à la Bible
       Les Grecs, Romains ou Hindous priaient les morts car ils étaient des d.ieux familiers dont les descendants imploraient l'assistance dans leurs prières (cf. prières d'Electre d'Eschyle, s'adressant à son père mort, Agamemnon). Les religions monothéistes ne pouvant les diviniser n'ont en leur honneur, ni temples, ni prêtres, ni sacrifices. Mais ils s'adressent aux morts comme intercesseurs et médiateurs, avec notamment des prières.
       La Bible a, la première, montré que des hommes agréables à D. et vivants peuvent intercéder directement auprès de lui en faveur des leurs (Abraham, avant la destruction de Sodome, prie D. de ne pas y faire périr les justes avec les méchants). Même s'ils sont déjà morts , ils peuvent le faire : dans Jérémie (15), D. lui-même dit au prophète qu'il ne se laisserait fléchir par Moïse ni par Samuel, pourtant conçus comme des morts héroïsés ayant accès à Lui. Mais la Bible ne montre jamais un vivant priant pour l'intercession d'un mort auprès de D.  et ne prescrit pas de prières pour les morts. Les juifs ont pourtant développé un rituel de prières pour la mémoire des morts et les suppliques aux défunts pour des intercessions auprès de D.
D'Egypte et du Peuple vint...
       En Égypte, en Italie, en Gaule et en Grèce, le mort est censé habiter sa tombe, où il reçoit des hommages, ou émigrer au prix d'un voyage semé de dangers. De ces 2 conceptions, la 1ère paraît être celle de la religion officielle, la 2ème celle de la religion populaire. Avec le temps, la religion officielle dépérit, sous les atteintes de la science et de la conscience ; en revanche, la religion populaire (pas la plus récente mais celle des classes inférieures) se développe, s'habille de formules philosophiques ou morales et tend à régner exclusivement sur les âmes qui ne sont pas encore détachées de toute religion.
       C'est en provenance d'Égypte hellénisée où les Juifs ont vécu (Philon estimait qu'il y en avait un million en Égypte) que leur vient sans doute cet usage. C'est à cette époque, dans les épitaphes chrétiennes de l'Égypte, que les prières des survivants pour les morts sont beaucoup plus fréquentes que dans les contemporaines des autres pays.
       Tout concorde donc à prouver que la coutume de prier pour les morts s'est introduite, au 1er siècle av., dans des communautés marginales juives (en Égypte ?), auxquelles appartenait le rédacteur du second livre des Macchabées.
Datations juives des Prières des Morts
       Les juifs prient pour les morts l'année du décès avec des Psaumes et le Kaddich, puis aux dates anniversaires et aux fêtes juives (Yzkor). Le Kaddich dit à la mémoire des morts est une sanctification de D. dont le texte araméen est sans rapport direct avec son objet (yc Ezéchiel 38 et Daniel 2). Ces usages sont donc anciens, sans être immémoriaux aux juifs.
       Il est évident que l'idée de la résurrection a dû d'abord gagner du terrain et se préciser avant que l'on songeât aux devoirs qu'imposaient aux vivants une comparution des morts devant la justice divine. Or, le plus ancien texte biblique où cette idée soit exprimée se trouve dans le livre de Daniel (165 av.). Le second livre des Macchabées (apocryphe), vers l'an 120 av., raconte que sous la tunique de soldats morts on trouva des amulettes interdites aux Juifs par la Loi et que Judas Macchabée « pria pour que cette transgression fût effacée », faisant offrir un sacrifice afin de détourner de son armée la colère divine. Le sort de ses soldats dans l'autre monde ne l'occupait visiblement pas. A cette époque, on ne croyait donc pas encore à l'efficacité des prières pour les morts, (contrairement à ce qu'alléguait Bossuet).
       Rabbi Akiba mentionne ces prières dans le Talmud (Kallah 2) où il prescrit au fils du défunt la prière quotidienne du Kaddich, lui promettant que son père serait délivré du Purgatoire, ce qu'un songe lui confirme. Pour autant, dans Berakhot (28b), Ben Zakkai se lamente devant ses élèves avant sa mort, ne sachant pas s'il se dirige vers l'Enfer ou l'Eden mais n'y mentionne aucunement la possibilité pour ses élèves de prier pour lui. Ceci illustrerait que cette coutume était, sans doute encore à l'époque talmudique, loin d'être installée en milieu juif.
Quant à la généralisation du Kaddich et des prières de Yzkor dites lors des grandes fêtes juives, on n'en a les 1ère traces qu'au 12ème siècle et leur institutionnalisation date d'après l'époque des Croisades avec leur cortège de malheur. La coutume de prier les morts (famille, grands Rabbins) pour intercéder auprès de D. ieu n'est répandue que depuis le Moyen-Age.
Intermédiation des morts pour les vivants  (additif envoyé par Yossi Perez de New York)
Dans le Talmud Taanit 16a il est écrit "pourquoi va-t-on au cimetièrre certains jours de jeûnes, a priori lors de famines qui durent?
- avis1 : on est considéré comme des corps mort devant D. (sorte d'humiliation personnelle ou d'interpellation de D.)
- avis 2:  ainsi les morts peuvent demander de la pitie sur nous".
L'avis 2  du Talmud mentionne donc bien l'intermédiation des morts en faveur des vivants.
C'est d'ailleurs un passage du Talmud dans lequel certains avis recommandent d'aller prier sur la tombe des Sages.
Les Chrétiens et les Prières des Morts
       Elles n'avaient pas encore trouvé d'accueil en Palestine à l'époque des Evangiles qui n'en parlent jamais, bien que très affirmatives sur la vie future et sur le jugement des âmes au mérite.
       Tertullien (230) est le premier à montrer que ces prières étaient en vigueur chez les chrétiens au 2ème siècle. Aux 4 et 5ème siècles, l'évêque Aerius, notamment combattit l'usage des prières pour les morts et l'appel à l'intercession des saints.
       Les protestants abolirent ces coutumes mais les prières pour les morts sont restées en honneur dans les pays catholiques, ainsi que dans l'Église grecque orthodoxe.
L'Islam et les Prières des Morts
       Comme les protestants, les musulmans semblent interdire rigoureusement toute intercession des morts pour les vivants comme païenne et ne recommandent pas la prière directe des vivants pour les morts ; insistant sur l'invocation de la miséricorde divine et les actions d'aumône.
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5. Faire confiance : besoin vital des femmes selon le Talmud
Rachi : "Sarah avait un niveau prophétique supérieur" ; pourquoi les épreuves sont-elles réservées à Avraham ? Sarah doit rester cachée, par pudeur, qui permet de garder l'intériorité. La manière de s'ouvrir à l'extérieur reste le vrai reflet de l'intériorité de la personne. L'intériorité est liée au visage, c'est l'ouverture  sur le futur et sur l'autre. Sarah a un niveau supérieur dans sa manière de regarder le monde, de se tourner vers l'autre, c'est à dire dans son intériorité.
    Ce que l'on reproche à Eve, c'est d'avoir cru le serpent, or, une question de vie ou de mort pour la femme, est de faire confiance. Lorsque Sarah voit qu'elle ne peut plus faire confiance à son mari, elle meurt. Ne plus faire confiance à quelqu'un, c'est se mettre à mort, car cette foi vitale, était l'expression de l'intériorité la plus profonde, permettant de voir le futur. C'est ce qui explique le romantisme féminin, et la nécessité de croire en l'âme sœur chez les femmes, il faut croire et faire confiance pour exister, même si cette croyance ne se traduit pas toujours dans l'action.

Adapté par Yossi Perez du Rav Uriel Avigès (New York)
1-Sarah demande à D de la venger d'Abraham mais est punie.
    Quand Hagar tombe enceinte dès sa nuit de noce avec Abraham, le verset dit qu'Hagar a pris Sarah à la légère. A ce moment Sarah reproche à Abraham 2 choses : de ne pas avoir prié pour qu'elle ait des enfants ; de ne pas intervenir quand Hagar se moque d'elle. Elle termine en disant "que D  juge entre moi et toi", le Talmud Baba Kama 93b dit que c'est par ce qu'elle a dit cela que Sarah est morte prématurément "celui qui transmet son jugement à D est puni le premier."
2- On peut demander à D de juger son ami (Talmud Taanith)
    Un autre passage (Taanith 8 a) déclare : celui qui met D témoin entre lui et son ami (ou entre lui et sa femme), lorsqu'ils font un pacte, peut être certain que D jugera de manière impartiale celui qui transgresse le pacte. Ceci contredit le passage précédent de Baba Kama qui dit que Sarah a été punie pour avoir pris D à témoin contre Avraham.
3- Si on a fait confiance, on ne peut plus demander justice à D. même en cas de trahison.
    Il y a une différence entre le cas ou quelqu'un ne fait pas confiance depuis le début, et le cas ou il lui a fait confiance au début, mais que, dans un second temps, il appelle D à être témoin entre eux. Ainsi, Taanith, conseille-t-il à un homme de prendre D à témoin lorsqu'il noue une alliance, alors que le Talmud condamne cette pratique chez Sarah et Abraham qui se sont déjà fait mutuellement confiance, avant qu'un des partenaires, se sentant trahi, demande réparation à D.
    Si un des partenaires a fait confiance puis qu'il s'est mis en situation de dépendance, c'est qu'il avait intérêt à le faire ; il doit assumer ce choix et ne peut plus demander le jugement de D. Pourtant cette idée paraît étrange car qui trompe une confiance établie devrait être considéré plus coupable que celui qui trompe celui qui ne lui a jamais fait confiance.
4- Sarah ne fait plus confiance à Abraham car il est dangereux !
    Pourquoi Sarah ne faisait plus confiance à Abraham, à un point tel qu'elle interpelle D pour le juger ? Un midrach dit qu'en voyant lever son couteau sur Isaac, elle a eu tellement peur qu'elle en est morte. Pourquoi si elle savait qu'Isaac était sauf ?
    Par ce qu'Abraham, n'était-ce la parole de D., aurait pu tuer son fils! Or, Isaac est autant le fils de Sarah que le sien. Il aurait donc dû absolument la consulter avant de prendre la décision du sacrifice, et ne l'a pas fait. Sarah voit ainsi qu'elle ne peut pas avoir confiance en lui. Elle meurt, n'acceptant pas le fait que sa prophétie puisse le rendre insouciant de son épouse.
5- La religion, source de discorde entre époux
    Le Talmud Sotah 17 dit: "si le mari et la femme suivent la volonté de D, la présence divine est entre eux". Cela revient tout de même à dire qu'il y a quelque chose qui les sépare, la religion. Pourquoi le rapport à D. devrait-il donc être cause de discorde entre époux ?
6- Pourquoi D n'a-t-il pas éprouvé Sarah et Abraham ne prie-t-il pas pour elle ?
    Dans le Midrach, Sarah reproche à Abraham de n'avoir pas prié pour elle, et on se rend alors compte qu'il ne prie jamais pour elle. Plus grave, lorsque D lui annonce la venue d'Isaac, il répond "mais pourquoi un autre enfant, j'ai Ishmaël!" Abraham qui prie pour sauver les gens de Sodome, est donc incapable de prier pour sa propre femme!
    En fait, les épreuves d'Abraham avaient pour but de le rendre autonome face à D, et ainsi, il ne voulait pas avoir un fils par miracle. Ainsi, lorsque Sarah et lui ont passé l'âge d'avoir des enfants, il arrête de prier et se contente d'Ishmaël né sans miracle.
7- L'opposition entre intériorité / confiance en l'autre et action.
    D dit à Abraham "tout ce que dit Sarah écoute la" et Rachi "Sarah avait donc un niveau prophétique supérieur" ; pourquoi les épreuves sont-elles alors adressées au seul Abraham? Afin qu'il devienne célèbre, que tous reconnaissent la grandeur de sa foi. Sarah doit rester cachée, par pudeur : la pudeur, c'est ce qui permet de garder l'intériorité, c'est la foi dans un idéal.
    Le mot 'panim' signifie les faces, mais aussi l'intérieur. La face c'est ce que l'on dirige vers l'autre, vers l'extérieur ; la manière que l'on a de s'ouvrir à l'extérieur reste le véritable reflet de l'intériorité de la personne. C'est pour cela que le midrach dit que le niveau de la personne dans le monde futur est inscrit sur son visage.
    L'intériorité est liée au visage, c'est l'ouverture que l'homme a sur le futur et sur l'autre ; l'intériorité c'est la manière dont je regarde l'autre, et je l'appréhende, qui s'oppose à l'extériorité (manière par laquelle je veux me montrer à l'autre). Loth est bon dans sa vision du futur, dans son intériorité, donc dans son visage, mais pas dans ses actions présentes. Sarah a un niveau supérieur à Abraham dans sa manière de regarder le monde et de se tourner vers l'autre, c'est à dire dans son intériorité.
8- Opposition entre foi et action
    Il y a opposition mécanique entre action présente et projections dans le futur ou vision d'un idéal. Lorsque D demande à Abraham de sacrifier son fils, il est dans le présent, prêt à le faire. Il a confiance en D., en un miracle, mais n'y pense pas, plongé dans son action. C'est le sens des mitsvoth positives de la Torah qui dépendent du temps (on se lève le matin pour mettre les tefillines), il faut faire l'action dans le présent, l'action est une finalité en soi.
    C'est ce qui terrifie Sarah, pour qui, même si il y a action, il ne faut pas s'y perdre mais continuer à croire à un idéal. Les épreuves ne peuvent donc pas la concerner  ; tout comme les mitsvoth positives dépendant du temps ne peuvent pas concerner les femmes. Abraham ne regarde pas le futur, il se suffit à l'action présente ; il ne veut pas croire, il veut faire.
9- Opposition homme-femme : confiance en l'autre versus pragmatisme du présent.
    Ce que l'on reproche à Eve, c'est d'avoir cru le serpent, or, une question de vie ou de mort pour la femme, est de faire confiance. Lorsque Sarah voit qu'elle ne peut plus faire confiance à son mari, elle meurt. Ne plus faire confiance à quelqu'un, c'est se mettre à mort, car cette foi vitale, était l'expression de l'intériorité la plus profonde, permettant de voir le futur.
C'est ce qui explique le romantisme féminin, et la nécessité de croire en l'âme sœur chez les femmes, il faut croire et faire confiance pour exister, même si cette croyance ne se traduit pas toujours dans l'action.
    Voilà pourquoi la femme ne se réalise pas dans l'action présente à 100%, et plane un peu au-dessus de ce qu'elle est en train de faire, Parallèlement, le pragmatisme de l'homme n'est pas un égoïsme qui exclue toute importance à l'être (comme Sarah l'a pensé d'Abraham au moment du sacrifice). La Guemara qui disait que si le couple a le mérite, alors la présence divine est entre eux, signifie donc que la religion crée un fossé entre l'homme et la femme mais que celui-ci, bien intégré, permet le recul nécessaire pour se comprendre réciproquement.