Yerouchalmi

Sionisme et Tradition

Accueil
INDEX / Recherche mot clé
JUIFS/NATION-BERNHEIM...
N°110-Banque Coranique+++
JESUS dans le TALMUD
Le VIN, les Juifs, Israël
Tel-Aviv : comprendre
ASTERIX 100% JUIF
Dossier : Humour Juif
ISRAEL / CHIFFRES CLES
Lire FINKIELKRAUT
KOUCHNER/les Juifs/Israël
BURQA : Pour et CONTRE
G.BERNHEIM-Couple & Sarah
Individu et Thora
Roger HANIN/Social& Juif
Champion de BOXE & RABBIN
FEMME et JUDAISME
ART JUIF : Peintres Juifs
PROUST, Israël, les Juifs
Examens Chabat et Fêtes
QUI SOMMES NOUS ?
6 /11/08-YEROUCHALMI®N°66-8 Hechvan 5769

   
         AU SOMMAIRE
  
   

     1. Les Mystères du Chofar dans le Talmud

         2. 15 mauvaises raisons d’être anti-américain
         3. Tout sur le racisme
         4. La révolution des 'drones' et Israël    
         5. Vocations talmudiques d’Israël
         6. Maurice Blanchot, éthique et politique
===========================
1. Les Mystères du Chofar dans le Talmud
Le Talmud explique quelques lois ou habitudes relatives au Chofar par des raisons aussi bien théologiques qu’historiques. Notons que la Loi prescrit précisément l’écoute du Chofar plutôt que sa sonnerie, pour souligner l’importance de la réceptivité du fidèle : les murailles de Jéricho que les sonneries ont miraculeusement ébranlées évoquent la possible brisure de son indifférence. Maimonide explique qu'on ne peut saisir toutes les significations du Chofar «qui touche au plus profond des réalités divines».
Matière interdite   
          Le Chofar est fait d’une corne animale (tout animal Cacher, sauf taureaux et dérivés - dont les cornes ne s’appellent pas ‘Chofar’ mais ‘Keren’ -). Par ailleurs, leur évocation rappellerait le ‘veau d’or’ et le pêché d’idolâtrie commis par les Hébreux à cette occasion, cela, précisément le jour où les juifs prient pour implorer la bienveillance divine.
Bélier évocateur    
          De préférence, le Chofar est fait d’une corne de bélier, en souvenir de celui qui fut offert en sacrifice à la place d’Isaac qui était prêt à se faire immoler pour D. ieu.
   - Selon Rabbi Abouha : « comme si vous étiez prêts à offrir votre vie, comme Isaac ».
   - Le passage évoquant le Sacrifice d’Isaac est justement lu le second jour de Roch Hachana (Genèse 22:13) : « Abraham vit un bélier attaché par les cornes dans des buissons » Rav Houna déclare dans le Midrach Rabba Vayikra (29) : « le fait que le bélier était retenu de buisson en buisson, fit comprendre à Abraham que sa descendance serait retenue en exil, jusqu’au jour où elle serait délivrée par le retentissement de la corne du bélier ».
   - Rabbi ‘Hanina ben Dossa disait que chaque partie de ce bélier a son importance: ses cendres servirent de fondation à l’autel de l’intérieur du Beth Hamikdash; ses dix tendons constituèrent les cordes de la harpe du Roi David; sa peau fut utilisée pour faire la ceinture de cuir d’Elie ; en ce qui concerne les cornes, la gauche servit au Sinaï lors de la Promulgation de la Tora, tandis que la droite, la plus grande, retentira lorsque les exilés se rassembleront de tous les coins du monde, Isaïe (27): « Et ce jour-là le Grand Chofar retentira ».
Formes courbes       
          Sa courbure rappelle la soumission de Isaac. Le Pirkei de R. Eliezer (31) explique qu’elle nous incite à plier nos coeurs. Comme le son et les intonations qui appuieraient des paroles d’amour, le Chofar a le pouvoir de faire vibrer tous les niveaux de l'être : le son simple (Tekia) manifeste la bonté, le son coupé (Chevarim) saisit les forces contraires et le troisième son les réunit. Sa forme exprime ces dynamiques: le côté large saisit ces forces négatives vers le bas, les dents manifestent cette prise et les lèvres expriment la douceur agissante.
Fioritures interdites   
          Il est interdit de l’embellir avec de l’or ou en y mettant des images ; un chofar à l’embouchure en or ne serait invalidé pour le culte. La latitude esthétique que la Thora donne concernant le Chofar consiste à limiter à seulement une taille légèrement du cor, sans y ajouter quoi que ce soit.
Le son direct       
          Il faut prêter l’oreille au chofar et non pas à son écho. En n’entendant que l’écho du chofar, on n’a pas rempli la mitzvah relative au Chofar ; l’écouter ainsi à la radio ou par toute voie indirecte n’est ainsi pas valable. Au temps de l’Inquisition, les Marranes partis dans les bois, les collines ou les cavernes pour sonner en cachette du Chofar, étaient brûlés vifs si leur secret judaïsme venait à être ainsi découvert. De même, dans certains pays arabes, les juifs n’avaient pas le droit de sonner publiquement du Chofar, parce que les arabes y restaient persuadés que la venue du Messie serait un jour annoncée par les sons de cet étrange instrument… Il est vrai que la Tradition y voit le signe du retour des dispersés à Jérusalem.
Un réveil profond       
          Maïmonide explique : « Dormeurs ! Réveillez-vous de votre torpeur ! Souvenez-vous de votre Créateur, examinez vos actes et faites en repentance (Techouva)». Ce chemin éthique et spirituel prescrit par la Torah ne peut ainsi rester superficiel, car nous « rappeler de notre Créateur ».au son du Chofar amène à aller à la racine des problèmes pour les traiter, plutôt qu’à les regretter superficiellement. Le mot ‘Chofar’ évoque le mot hébreu ‘Chapèr’ c'est-à-dire précisément ‘amélioration’.
En fin de matinée    
          Il est sonné à Roch Hachana seulement après la lecture de la Thora, alors qu’on ne retarde pas une Mitzva. Rachi explique que cette habitude date d’une époque où il était interdit aux juifs de sonner du Chofar le matin pour éviter de réveiller une rebellion. Des gardiens les surveillaient jusqu’à la fin Cha’harit. C’est depuis cette époque que les juifs sonnent le chofar plus tard, pendant l’office du Moussaf.
         S’il est vrai que les Sages évoquent le caractère rassembleur du Chofar, pour élever le niveau, parallèlement au son qu’il émet vers le Ciel, il n’en a pas moins inquiété les voisins de jadis qui purent l’interpréter comme un appel à la rebellion ! Le Talmud (Roch Hachana, Y) souligne que les Sages décidèrent alors de ne sonner le chofar qu’après lecture de la Thora, afin de souligner le caractère pacifique des assemblées en question.
================================

2. 15 mauvaises raisons d’être anti-américain
Yerouchalmi a reçu Charlotte Lepri, Institut Relations Internationales et Stratégiques
Les idées reçues sur les USA sont nombreuses. Certaines sont fausses, d’autres méritent d’être nuancées. Eléments de réponse avant l’élection capitale pour le destin des USA, Charlotte Lepri,Institut Relations Internationales Stratégiques en a évoqué certaines dans son livre « 50 idées reçues sur les USA » Ed. Hachette.
- Les USA ont pour mission de civiliser le monde    « C'est une vieille tradition qui existe depuis qu'ils sont nés. Les premiers pèlerins avaient une vision divine, ils pensaient que les USA étaient un monde à part, la nouvelle Jérusalem, et que ce monde à part avait ensuite pour mission de répandre la démocratie et la paix dans le reste du monde ».  
NDLR : Ils ont sauvé l’Europe 2 fois du désastre : en 1918, sans eux la France perdait la guerre(!) avec des millions de morts en sus et en 1945 où sans eux le nazisme triomphait et les juifs disparaissaient. Comme de nombreux peuples d’Europe, les musumlans et probablement la plupart des chrétiens fidèles. Ne soyons donc pas ingrats envers eux !!!
- Les USA dominent le monde    « Je n'en suis pas sûre ; s'ils dominaient le monde, on pourrait presque dire que ce serait beaucoup plus simple : ils auraient gagné la guerre en Irak, ils auraient gagné la guerre en Afghanistan, il y aurait peut-être moins de problèmes, ils contrôleraient mieux les relations internationales, ce qui n'est pas le cas. On voit qu'ils sont sujets à des contre-pouvoirs du reste du monde, et donc ils ne peuvent pas, ils n'ont pas les moyens de dominer le monde ».
- La liberté d'expression y est totale    « Pas tout à fait, parce qu'on voit par exemple que les médias ont soutenu la guerre en Irak sans poser de questions. Ce qui a par la suite alimenté justement beaucoup d'interrogations ». 
NDLR : leur démocratie est resté inégalée (Watergate, Irangate,..) et toujours là contrairement à l’Europe ou la France (Vichy,…)

- Le $ permet aux USA de dominer l'économie mondiale     « Si c'était le cas, la crise financière n'aurait pas eu lieu  ».
- Les Américains sont favorables au libre-échange    « Oui, mais quand ça les arrange. Le protectionnisme y est toujours présent ». NDLR : pas plus qu’en Europe étant aussi soumis aux lois de l’OMC qu’ils respectent, ne l’oublions pas!
- La démocratie américaine est dominée par l'argent   « L'argent a une place énorme, on voit d'ailleurs pendant la campagne électorale les sommes immenses qui ont été utilisées aussi bien du côté démocrate que du côté républicain. L'argent a donc un rôle important, mais dire que les lobbys qui ont de l'argent peuvent vraiment influencer le résultat des élections, ça reste à nuancer ».
- Les USA soutiennent inconditionnellement Israël    « La relation entre les USA et Israël est toujours étrange. Ils soutiennent Israël, c'est sûr, car pour eux la démocratie au Moyen-Orient, un endroit clé, est un relais qui permet ensuite d'aller dans le reste du Moyen-Orient. C'est leur base démocratique locale. Ils ont besoin d'Israël ».
NDLR. De 1930 à 1956, les russes étaient plus proches du sionisme que les américains. De 1948 à 1965 environ, les USA étaient assez réservés sur Israël qui était beaucoup plus proche de la France
- Les Français sont anti-américains et les Américains n'aiment pas les Français
    « On voit les relations un peu "Je t'aime, moi non plus" entre Français et Américains : détestation, fascination, rejet, et aussi haine-amour... Les Français rejettent la politique américaine en général, mais ils continuent à aller voir les films américains, à écouter la musique américaine. Il y a une certaine fascination pour cette culture ».
- Les Américains n'ont pas de culture   « Ils n'ont pas la relation des Français à leur culture. Un américain considère la culture comme populaire et de masse ; il n'aime pas la culture élitiste à la française. Aux USA, la culture est marchande, et c'est vraiment cette relation à la communication de masse, à la culture de masse, qui domine aux USA ».
Les USA ne se soucient pas de l'environnement    « Faux. Si les USA n'ont pas ratifié protocole de Kyoto, leur politique environnementale se dessine au niveau local... Ex : la Californie est plus en avance que beaucoup de pays européens !».
Leur système éducatif est défaillant    « Au niveau lycée il n'est pas bon et au niveau universitaire il se rattrape.».
Les Américains sont puritains    « Ils ont une relation particulière à ce qui touche à la sexualité (cf DSK). Ils sont puritains, conservateurs, mais la société est en train d'évoluer depuis les années 60, avec la révolution culturelle ».
Les Américains ont tous des armes à feux chez eux    « C'est le cas d'une grande majorité qui soutient le port d'arme. En évolution, car les fusillades dans les lycées les font douter. Mais encore une fois ils ne veulent pas que l'Etat intervienne ».
Les Américains sont tous obèses    « Il y a un taux fort d'obésité et c'est dans leur culture et leur relation à la nourriture : les Américains, ayant peur de manquer, mangent énormément. Ils ne maîtrisent pas leur relation à la nourriture ».
Il est facile de s'enrichir aux USA    « Ca fait partie du rêve américain, que défend également Obama. Ca en laisse beaucoup au bord de la route, et peu qui finalement s'enrichissent, mais c'est un moteur de l'économie et de la culture US.
================================
3. Tout sur le racisme
Adapté par Yerouchalmi de Pierre Tevanian** « La mécanique raciste ». Ed. Dilecta.
L’engagement dans différentes luttes politiques nous amène à rencontrer et à combattre le racisme sous diverses formes Tout le monde ou presque en France est antiraciste alors que les discriminations s’y perpétuent, dans une remarquable indifférence. C’est dans ce paradoxe que s’ancre notre réflexion.
       À rebours des discours convenus réduisant le racisme à un réflexe de peur de l’autre (cf. ‘les odeurs’ de Chirac), on doit d’abord souligner le caractère spécifique du racisme français et son enracinement dans la culture : loin d’être naturel, c’est une production culturelle, et loin d’être une pathologie d’extrémistes, sa plasticité si typique l’amène à traverser la société sous des formes adaptées aux divers milieux rencontrés. A l’heure où le passé colonial et la question des minorités visibles font un retour dans le débat public, c’est le problème central de l’égalité de traitement qui est en question.
** Pierre Tevanian est professeur de philo en Seine-Saint Denis. Pour une laïcité ouverte et la défense des libertés publiques, il est fondateur du collectif antiraciste Les Mots Sont Importants (sans papiers, rôle de la police, égalité scolaire, MRAP) : « vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés clôturant la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace des censures ».
Le racisme réalité multiforme (selon les notions de Deleuze et Félix Guattari) :
- des concepts :     corpus théoriques, conceptions du monde ;
- des percepts:      rapports aux autres, à leur présence, leur corps, leurs dires ;
- des affects :         rapports à soi, choix de vie, manières de vivre l’affection.
Des contradictions logiques existent souvent dans les discours racistes, même si une casuistique sophistiquée les résoud souvent.
Le racisme comme concept
       Le racisme est un mix de paradigmes, une manière de penser l’altérité basée sur l’antinomie de l’égalité et de la différence :
a) la construction mentale d’une différence sur la base d’un critère arbitraire (race, culture, religion, couleur) ;
b) la transformation de cette différence en marqueur d’infamie et d’infériorité ;
c) la focalisation la réduction de l’individu à son stigmate en résumé absolu d’identité : « un Noir », « un Arabe », « un Juif ;
d) l’écrasement des différences d’époque, de lieu, de classe ou de personnalité qui peuvent exister entre ces stigmatisés ;
e) la légitimation de l’inégalité de traitement par la moindre dignité (ils «  méritent » d’être exclus car inaptes ou dangereux).
Le racisme comme percept
       Le racisme est aussi une esthétique, une manière de sentir et de ne pas sentir l’autre car le racisme ‘concept’ se répercute nécessairement dans la pratique en suscitant une différence entre notre perception des « autres ordinaires » – appréhendés, sans a priori négatif, et celle de « certains ‘plus autres’ que les autres » appréhendés au contraire comme interchangeables et a priori méprisables, redoutables ou repoussants.
Le racisme comme affect
       Le racisme est aussi une manière de se sentir et d’assumer le rapport à soi. Le racisme est, sur le plan éthique, le choix d’adhérer à un certain rôle et de jouir d’une certaine position sociale : celle du dominant.. Sartre l’a souligné pour l’antisémitisme : adhérer au racisme, c’est adopter une opinion sur Noirs, Arabes ou Juifs, mais aussi se choisir soi-même comme personne.
       Si le choix de la cible du raciste est fonction de son héritage culturel et affectif, il implique aussi le choix d’un mode de vie, d’un rôle pour soi-même. Le choix d’une « vie raciste », donne ainsi le ‘privilège’de saisir la perche d’une tradition en ‘racisant’ Juifs ou Noirs, choisissant pour soi la position enviable du « Blanc », de l’ « Aryen », du « vrai Français » : 1) celui qui, devant le racisé, se vit comme supérieur ;
2) celui qui en fait son bouc émissaire ;  3) celui qui, en choisissant les « raisonnements passionnels », campe sur des certitudes, en l’absence de tout doute ;
4) celui qui s’appuie sur une discrimination pour faciliter sa réussite.
Que faire face au racisme ?
        On doit toujours souligner la contradiction flagrante entre un déterminisme absolu, niant toute possibilité pour l’individu d’échapper à son destin racial ou culturel, et une incrimination des racisés qui présuppose leur pleine et entière responsabilité, et donc une pleine et en entière liberté, dans les méfaits qu’on leur impute.
       Cette analyse, que Sartre présente comme généralisable à tous les racismes, vaut effectivement autant pour l’islamophobie contemporaine que pour l’antisémitisme des années 1930-1940. La jeune musulmane voilée a par exemple été présentée, ces dernières années, parfois au sein d’un même discours, comme étant à la fois coupable et victime, libre et aliénée : elle n’a rencontré qu’incrédulité et moqueries lorsqu’elle affirmait avoir choisi librement de porter le voile, et on a postulé, derrière chacune de ses paroles, la présence d’un tuteur masculin («  imams », « grands frères », « barbus »), mais on lui a reconnu in extremis une pleine et entière liberté de choix lorsqu’il s’agissait de la juger et de la réprimer, et on a alors expliqué que la lycéenne qu’on venait d’exclure définitivement avait « choisi elle même de garder son voile et donc de se faire exclure ».
================================
4. La révolution des ‘drones’ et Israël
Un siècle après le vol inaugural de l’aviation par les frères Wright (photo de gauche), le monde de l’aéronautique se prépare à une nouvelle révolution, et de taille ! Les drones (ou « UAV » - Unmanned Aerial Vehicles) sont des vrais avions de diverses tailles sans pilotes, munis de capacité de surveillance, d’espionnage, voire d’attaque (alors appelés UCAV, C pour ‘Combat’), pouvant survoler le terrain adverse à diverses altitudes en fonction du contexte. Des mini-drones furent utilisés par les USA au Vietnam, mais sans rapport avec l’actuelle génération initiée avant 2000, et opérationnelle depuis peu.
Innovation et Israël

       Israël y a joué un rôle de premier plan, en équipant les armées européennes de son propre drone géant (photo du centre, 34 m d’envergure), développé par ses propres chercheurs et sur ses propres budgets, en battant de loin (en capacité, délai, coût, fiabilité, sécurité,…) les américains et des européens bien plus gros qu’Israël ! Ces armes aux capacités souvent secrètes passent, depuis le 11 septembre et la guerre en Irak, au journal de 20 heures et leur technologie a fait des pas de géant. Téléguidés depuis le sol par un opérateur maniant un « joystick », ils sont désormais capables de décoller et d’atterrir automatiquement et communiquent aussi bien avec les satellites qu’avec les fantassins et bientôt, de manière autonome comme des robots...
Missions des drones
      Bourrés d’électronique et d’optroniques perçantes (radars, caméras infrarouges et thermiques), parfois bien armés, ils peuvent remplir des missions jusque-là réservées aux avions habités : renseignement aérien, test des défenses adverses, acquisition de cibles, surveillance des zones sensibles. Le tout sans mettre en danger la vie d’un pilote et pendant des durées très longues, car les drones peuvent rester en vol plus de 24 heures, alors que les pilotes effectuent rarement des missions de plus de quelques heures. Et à moindre coût : à titre indicatif, un avion de combat de nouvelle génération peut coûter jusqu’à 80 millions d’euros pièce .... PLUS la formation du pilote.
       Envoyés dans des zones à risques, ils peuvent détruire les défenses antiaériennes adverses et sécuriser l’espace aérien pour ainsi préparer l’intervention d’avions de combat munis d’armements très lourds. L’intérêt est évident pour les militaires : disposer en permanence d’images en temps réel d’un objectif, sans risquer de perdre un pilote !
Types de drones
       Les 3 drones d’observation SIDM israéliens adaptés par EADS pour l’armée de l’air française ont coûté 40 millions (photo du centre, 34 m d’envergure). Ce programme de drone d’observation, une fois européanisé par EADS, EuroMALE (Moyenne Altitude Longue Endurance), est capable d’effectuer des missions de 24 h à 15.000 mètres est une initiative française à dimension européenne. Grâce à un joint-venture avec l’israélien Elbit, Thales a décroché le contrat de drone d’observation Watchkeeper (plus petit, photo de droite, 900 millions d’euros) auprès de l’armée britannique. Et l’armée de terre a déboursé 90 millions d’euros pour 18 drones tactiques « Sperwer » achetés à Sagem (groupe Safran). Neuron est le démonstrateur de drone de combat de Dassault.
Marché des drones
       Le marché des drones militaires démarre, et il devrait représenter 5 mrds de dollars d’ici 2010, dont 1/3 hors USA. Les armées européennes auront besoin de 400 drones tactiques, 120 de longue endurance et 100 drones de combat.
       Le Shin Beth et la CIA ont déjà utilisé des « drones tueurs » pour éliminer des « terroristes » en vadrouille. Mais attention les terroristes peuvent, eux aussi, s’équiper de ces redoutables avins et le Hezbollah libanais a récemment fait voler un drone au-dessus d’une position israélienne.
       En Irak, en Afghanistan et ailleurs, l’armée US emploie 700 drones, dont les fameux Predator et Global Hawk (de 34 mètres de large, comme un Airbus !), pour désbusquer un ennemi insaisissable. Outre l’observation et le renseignement, ces drones volants servent au « search and destroy ».
Futurs drones
       Les USA, quant à eux, vont dépenser 15 mrds $ pour leurs drones, et la secrète Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) prépare « l’avion de combat robot du futur » avec les programmes X-45 (Boeing) (photo de gauche) et X-47 (Northrop).
Le futur appartient au drone-hélicoptère capable d’atterrir et de décoller sans la longue piste d’envol des drones avions (tel le projet de drone hélicoptère Orca d’EADS, photo du centre) ou encore aux microdrones comme Nanoflyer (2,7 g, tenant aisément dans la main, photo de droite), pour espionner n’importe où dans une ville où un bâtiment…
================================
5. Vocations talmudiques d’Israël
Adaptation par Yerouchalmi de Modia

Le mot Israël dénote, au fil du Talmud, la permanence garantie d’Israël, assurée par son initimité et son amour de D. et de Ses lois. Amour qui le protège et lui donne variété, force, cohésion et stabilité, en même temps que missions prophétiques et lourdes responsabilités. 
Traité Bérakhot

4a. Chaque lettre de l’alphabet initie chaque verset du Psaume 145"Achré Yochvé… Heureux…", à la singulière exception de la lettre ‘Noun’. Le Talmud explique que D veut ainsi insister sur le fait qu’Israël ne chutera pas dans un troisième exil (chuter se dit Nafal qui commence justement par un ‘Noun’)
6a. 1) D. donne la force à Son peuple (Psaume 29), ce qui pour Israël est symbolisé par les Téfilines. 2) L’Eternel dit à Israël «votre Chéma est : Ecoute, Israël, l’Eternel est notre D., l’Eternel est Un. Comme tu M'as ainsi préféré, j’ai distingué Israël entre tous les peuples de la terre (pour lui confier les difficiles missions de la Thora).
7a. Voyez quelle bonté D. a eu pour Israël sous Bilaam car si Il avais été  irrité, il ne serait pas resté un survivant d'Israël.
32a. Je ne t'ai rien donné, dit D. à Moché, qui ne soit pour Israël.
35b. 1) La jouissance d'un objet pris par un juif sans bénédiction équivaut à un vol fait à D. et à Israël. 2) La moisson d’Israël n’est bonne que s'il accomplit les volontés divines!
53b. De même que la colombe ne trouve le salut que grâce à ses ailes, Israël n'est viable que s’il garde ses Mitsvots.
58a. A la vue de multitudes diverses de juifs en Israël, il est prescrit de prononcer la bénédiction : ‘Béni est le Sage des secrets’ car ils ont autant d'idées différentes qu'ils diffèrent par le visage. Et, à la vue des Sages d'Israël, on dit : ‘Sois loué qui a donné une part de Sa sagesse à ceux qui le craignent’.
Traité Chabbat
22b. La présence divine (Chékhina) réside sur Israël.  
67a. Les membres d'Israël sont tous des fils de rois.
86a.
Les membres du peuples d'Israël sont des saints 
97a. Les enfants d'Israël sont croyants, fils de croyants.
(Erouvine 53b. Les enfants d'Israël sont de grands Sages) 
156a. Le destin d’Israël échappe à la destinée astrale
Traité  Pessa'him
66a. S'ils ne sont pas des prophètes, ils sont fils de prophètes.
85b. Même un lourd écran métallique ne pourrait séparer Israël de D. des cieux.
Traité Yoma 
69b. Sans la crainte de D., Israël n'aurait pas réussi à être le seul peuple à survivre des millénaires parmi les 70 Nations.
Le Zohar
        Il reste un hymne à la grandeur et à la beauté privilégiée du pays d’Israël, lieu choisi par D. pour y révéler Sa Torah au monde, description de l'immensité son amour du Créateur pour Israël. Le Zohar compare Israël au témoignage vivant de la présence divine (Chekhina) sur terre. Si les juifs en étaient conscients, la Torah représenterait des révélations plus intenses qu'une lettre révélant l’amour secret de D. pour l’Israël aimé davantage que de simples mots lus et enseignés.
       Le Créateur a eu beau créer l'immensité et la beauté des mondes et des créatures, la variété des espèces et des peuples, les juifs restent insensible aux cadeaux ainsi reçus quotidiennement ! Leur surdité à cet égard est LA cause de la dispersion des Juifs, aux cœurs insensibles à l’urgence de l’Alya, hors de la terre d'Israël (galout).
Israël et les Nations
       Les tourments d’Israël évoqués au Psaume 34 sont accompagnés de promesse de délivrance. Le Prophète Ovadia montre le sort qui sera celui d'Esav car rien ne peut arrêter le projet d'amour entre D. et Israël pour le bien du monde.
Les juifs ne doivent pas avoir peur de vivre ce cadeau d'amour divin.
      Les Nations pressentent bien que ce qui se joue là les concerne toutes:obsédées dans le monde par ce rôle d’Israël qui, in fine les concerne tous, elles disent explictement dans un élan judéophobe et poujadiste : ‘Israël est partout’.
      Esav a ainsi cherché à supplanter Israël, avec son "Nouveau Testament", qui veut s’approprier le devoir d’Israël en confiant à l’Eglise la tâche «d’accomplir» (quid) la destinée d’Israël (décrite dans ce qu’ils ont appelé «l’Ancien Testament» pour en mieux en souligner la caducité…).
      Et ce sont les nations de l'Occident (Esav) qui mènent cette haine universelle et impuissante. Seuls la lâcheté et le manque de conscience des juifs leur donnent cette force. Acceptant l'amour de D. ieu pour Israël (au-delà et source de tout amour; ni illusoire ni ludique, car porté depuis Avraham), les juifs doivent libérer les Nations de leur propre haine, déguisée en langage politico-religieux mensonger.
================================
6. Maurice Blanchot, éthique et politique
Adaptation par Yerouchalmi de Thibaut Chaix-Bryan
Les écrits de Blanchot (gche, avec Lévinas) ont façonné nombre d'écrivains, de peintres, plasticiens, architectes ou photographes. De son engagement de journaliste vers 1930 jusqu'aux pétitions de 2003, il a fait preuve d’un souci permanent pour la res publica, avec une pensée tournée vers la question de la Révolution, politique et littéraire. Dans cet engagement où action = écriture, se nouent
- des noms (la France, Blum, De Gaulle, l'Algérie, le Goulag, Berlin, Israël, Auschwitz),
- des concepts (amitié, autorité, communauté, événement, pouvoir, refus, responsabilité, révolution, violence),
- des événements (crise de 29, guerre de 40, Auschwitz, guerre froide, Israël, gaullisme, décolonisation, mai 68),
- de l’écriture (Hegel, Heidegger, Sade, Nietzsche, Bataille, Duras, Beckett, Artaud, Michaux, James, Proust, Antelme, Char, Jabès, Celan, Rilke, Kafka, Mallarmé, et enfin et surtout Levinas)
qui tissent sa pensée politique qui ne quittera jamais le souci éthique.
Sa poétique exigeante l’aura érigé à la fois en gourou et en ennemi public, dans une absence de renommée auprès du grand public À lire Blanchot**, le lecteur consent à entrer dans un langage jamais difficile qui nécessite un effort de par sa syntaxe ardue et sa rigoureuse méthode qui pousse jusqu'au bout la pensée, le langage et leur rapport.

Ses « Écrits politiques » Ed. Cahiers NRF – Gallimard, inédits d’après-guerre, révélent a) l’actualité de sa pensée politique du fait de sa permanente inquiétude éthique, b) l’importance de son engagement politique: total soutien à Israël, antigaullisme, lutte anticoloniale et mai 68. « Blanchot et Israël » portera sur le judaïsme et Israël.
       Ecriture de la réaction, de l’affrontement, sans compromission avec le pouvoir!
- Le chapitre 1 rassemble des textes de 1953 à 1959 sur l’antigaullisme et l’engagement communiste sans toutefois aucun éloge du communisme qu’incarne l’URSS en pleine guerre froide, ce qui montre la pertinence politique de l’auteur, à contre courant à son époque. Blanchot dénonce précocément le Goulag, en y associant pour la première fois le nom d’Auschwitz, « nom inconnu, hors nomination », qui ne cessera d’habiter profondément son écriture.
- Le deuxième chapitre évoque la guerre d’Algérie et le « Manifeste des 121 » (un des plus célèbres manifestes d’après-guerre) avec des textes rédigés lors des différentes inculpations  qui indiqueraient que Blanchot serait le principal auteur de l’anonyme «Manifeste des 121» de 1960. A noter que l’entretien relatif à ce texte entre l’écrivain et Madeleine Chapsal avait finalement été censuré par l’Express en 1961.
- Le troisième chapitre comprend des textes de 1960 à 1964 sur la poétique et le politique du fragmentaire chez Blanchot ainsi que sur le rôle du traducteur (basé sur Benjamin et Celan, très riche quant à son rapport aux langues et plus particulièrement à l’allemand). D’autres pièces rappellent l’importance que l’écrivain accordait aux lieux et une certaine dimension nomade de la vérité et par conséquent de la littérature. Sur Berlin et sa situation particulière, Blanchot relie les questions géographique et poétique en développant ses thèses sur le fragment.
- Le quatrième chapitre réunit des articles de Blanchot, anonymes ou signés « Le Comité » et relatifs à mai 68 auxquels il a activement participé malgré sa santé. Il réaffirme au fil de ces textes son opposition au gouvernement de de Gaulle. Ces textes politiques seront de plus en plus rares dans les trente dernières années de sa vie.
- Le dernier chapitre est consacré à ces derniers articles notamment sur son soutien au judaïsme et Israël, sur son bel hommage à Robert Antelme ou sur le livre de Victor Farias sur Heidegger. L’éditeur y liste les pétitions de l’auteur, notamment contre la guerre en Irak, qui montrent son souci de lutter contre la violence de l’Histoire.
Synthèse
     
Cet ouvrage apporte donc des éclairages très intéressants sur le problème politique chez Blanchot, ses liens avec la Shoah, Israël et les juifs et ouvre de nombreuses perspectives pour le colloque de Hoppenot et Milon sur
«Blanchot, Communauté, Politique, Histoire 1931-2003»,4-6/5/09 Université Nanterre.

** Blanchot voit dans l'écrivain celui qui, n'étant qu'au service de l'œuvre, perd toute individualité et toute énergie en elle. Il est alors en proie au désœuvrement alors même qu'il fait l'épreuve de l'autre nuit, nuit de la solitude où s'égarent les pensées. Réalité dispersée, temps arrêté ou absent, l'écrire renvoie face à elle-même l'écriture et face à lui-même, anéanti, l'écrivain. Cet espace est l'espace du neutre, où se neutralisent toute velléité, toute individualité et,tout engagement. La mort est alors la présence chaude et lénifiante qui rassérène l'écrire et lui confère toute sa force "écrire, c'est entrer dans l'affirmation de la solitude où menace la fascination;se livrer au risque de l'absence de temps, où règne le recommencement éternel;passer du Je au Il, de sorte que ce qui m'arrive n'arrive à personne, est anonyme par le fait que cela me concerne, se répète dans un éparpillement éternel"