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23/10/2008 -YEROUCHALMI® N°64- 24 Tichri 5769
 
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1. Les juifs et Pie XII : une approche objective

2. Vers une vision noire de la Crise?

3. Phase finale d’islamisation de l’Europe ?

4. « Un Devoir de Mémoire », Michel Gurfinkiel

5. Adieu Rav Elie Kahn (ztsl)
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1. Les juifs et Pie XII : une approche objective
Nous aborderons le problème de la canonisation de Pie XII, pape pendant la Shoah avec une grande prudence et un maximum d’objectivité. Ce dossier a été maladroitement réouvert par Benoît XVI, à l’heure où les relations judéo-chrétiennes sont à leur apogée ; il convient de ne prendre en ce domaine que des positions pleinement justifiées.
       Nous commençons par l’époque pré-Shoah avec le Pape Pie XI et son Secrétaire, le futur Pie XII, avant 1939 et en nous basant sur une source incontestable par nos amis chrétiens : le jésuite Giovanni Sale, chargé par le Vatican de communiquer sur les papes et les juifs pendant la Shoah. Nous reprenons son analyse même, mais en en relevant les ambiguités, que l’Eglise reconnaît même si elle tente un peu maladroitement de les justifier

Contexte
       L’Italie n’a pas été protectrice des juifs, comme on le pense trop souvent. La législation antijuive italienne, dès 1938, était plus sévère que celle en vigueur en Allemagne. Par exemple, l’Italie expulsait tous ses juifs étrangers ou les élèves juifs italiens des écoles bien avant l’Allemagne ! De nombreux individus ou associations non juives poussaient les autorités ecclésiastiques, et en particulier le pape, à intervenir pour défendre les “malheureux juifs”.
1) Pie XI et ses discours courageux
       - Le prédécesseur de Pie XII prononça pour la première fois un discours direct contre le racisme et contre l’antisémitisme, discours censuré par le Duce, ce qui donna l’impression que le pape ne prenait pas position sur un sujet aussi grave. Un autre discours fut prononcé par le Pape devant des pèlerins belges, qui notèrent « Alors le pape n’a pu retenir son émotion… et c’est en pleurant qu’il a cité les passages de Paul qui montrent que nous sommes les descendants spirituels d’Abraham. L’antisémitisme n’est pas compatible avec cette sublime pensée. L’antisémitisme est un mouvement odieux, avec lequel nous, chrétiens, ne devons rien avoir à faire. Il n’est pas permis aux chrétiens de prendre part à l’antisémitisme. Spirituellement, nous sommes tous sémites. ».
       - Lors d’une audience après les premiers décrets antijuifs, le pape transmit à Mussolini « Le Saint-Père regrette vivement de voir qu’on oublie toute une tradition de bon sens italien, pour ouvrir la porte à une vague d’antisémitisme allemand ».
       - Les rapports entre Mussolini et Pie XI, se sont progressivement détériorés, au point que le Duce dit en privé que ce pape était une catastrophe. La presse internationale envisagea même que le pape quitte le Vatican et l’Italie.
2) Le futur Pie XII à la tête de la  Secrétairerie d’Etat du Vatican
       - Il opta pour une attitude beaucoup plus prudente en décidant de ne pas intervenir directement pour éviter une lutte ouverte avec le Duce (décidé quoiqu’il arrive à aller de l’avant). Lutte qui ferait le jeu des antisémites et nuirait in fine à la cause des juifs. Il préféra « intervenir concrètement pour obtenir des adoucissements à la dure législation antijuive ».
       - Des documents d’époque mentionnent «il serait bon de faire comprendre aux gouvernants les tristes conséquences d’une politique raciale exagérée aux mesures portant atteinte à la justice et aux droits de l’Eglise». Il était demandé au clergé italien «d’insister avec prudence sur les dommages d’un racisme exacerbé, notamment pour contredire les rares quotidiens catholiques autorisés qui publient des bêtises sur le racisme».
Deux points essentiels restent ouverts :
A - Le futur Pie XII a-t-il contribué, dans le cadre de sa politique, à censurer les positions de Pie XI (comme par exemple, son article ci-dessus cité) ? Sans les écrits hélas encore censurés par le Vatican on ne peut que présager du pire dans ce domaine.
B - Quelles mesures concrètes Pie XII a-t-il pu prendre pour défendre des juifs non convertis suite à sa stratégie de prudence ? De nombreux témoignages juifs ont témoigné en sa faveur après la guerre mais, au-delà de ces cas, il convient d’évaluer ce qui a été fait versus ce qui aurait pu être fait et ce dossier n’a jamais été traité laissant planer un doute malsain.
3) Le Vatican a surtout aidé les juifs convertis au catholicisme.
       - Pie XI, à plusieurs reprises, s’appuya sur son arsenal juridique (droit canonique et Concordat de 1929), pour défendre leur droit. Des enseignantes juives baptisées purent ainsi enseigner dans les institutions catholiques. Il faut noter que si ceci n’aidait en rien les juifs non convertis, cet effort portait atteinte au principe biologique à la base même de la législation.
       - La documentation vaticane ouverte montre que le Saint-Siège fit ce qu’il pouvait pour aider les juifs baptisés car « ils ne bénéficiaient plus de la protection de leur communauté d’origine, ni de l’aide des communautés juives internationales » quid comme si les juifs du monde pouvaient par « leur puissance » aider leur coreligionaire dans la tourmente nationale !
       - Pour reprendre le très honnête Jésuite Giovani Sale : « la mentalité alors dominante dans une partie du monde chrétien, à propos des juifs, était marquée par un certain antisémitisme qui, s’enracinant dans des vieilles oppositions religieuses, fut difficile pour beaucoup à bypasser ».
Il faut comprendre, en lisant le Père jésuite, que ce délicat contexte n’a sûrement pas contribué à pousser le Vatican à déployer des efforts maximaux, au-delà de la simple « charité », pour aider les juifs non convertis.
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2. Vers une vision noire de la Crise?
Adapté par Yerouchalmi de l’excellent site    http://crise2007.wordpress.com/2008...
Voici une vision noire du futur, de ce que pourrait nous réserver l’avenir proche. De celles que les plus pessimistes n’oseraient évoquer, de peur de provoquer une panique “orsonwellesienne” ! Cauchemar, scénario catastrophe, bifurcation possible comme l’histoire en a déjà connue, motivation supplémentaire pour agir et pour prier… A vous de juger chers lecteurs !
Été 2007 - Les taux d’intérêt des“subprimes” grimpent. Les emprunteurs, étranglés, revendent en bloc leur logement et l'immobilier américain s’effondre. Les premières banques qui supportent ces faillites individuelles montrent des signes de faiblesse, aux USA et en Angleterre.
Été 2008 - L’effet domino. Les banques d’investissement les plus prestigieuses s’effondrent. Fannie Mae et Freddie Mac, rouages du crédit …Lehman Brothers, Merrill Lynch… et des assureurs !
Octobre 2008 - Les banques européennes sont atteintes : Northern Rock, HBOS, Fortis et Dexia. Plusieurs réassureurs font faillite. Les banques de détail souffrent. Les Etats jouent les pompiers, sortant les lances à dollars, à l’aveuglette…Les USA votent le plan Paulson, 700 milliards $.
Novembre 2008, nous y sommes - La liste noire s’allonge et de nombreuses PME endettées déposent leur bilan, ne pouvant pas rembourser les banques plus exigeantes, d’autant plus que la consommation en crise a réduit leur activité. Le chômage explose, réduisant la consommation et l’activité des plus grandes entreprises, à leur tour en péril.
Mars 2009 - Des banques US de dépôt sont atteintes et les files d’attente se multiplient devant leurs agences fermées. Les plus grosses banques de dépôt européennes sont en faillite. Les Etats organisent des “guichets de recouvrement” mais les manifestations se multiplient.
Septembre 2009 - Les Etats relancent de nouveaux emprunts géants, que seuls des fonds souverains asiatiques, saoudiens, russes et chinois peuvent honorer. L’inflation explose en Europe et aux USA. Les manifestations tournent à l’émeute. La Chine, l’OPEP et la Russie veulent’acheter les banques US et européennes qui ont survécu et injecter 10 000 milliards $ dans le système.
Janvier 2010 - Des émeutes éclatent, les stations de métro, ouvertes 24 heures sur 24, sont prises d’assaut. Les Etats légifèrent pour empêcher la prise de contrôle chino-russo-musulmane de l’économie. Les émeutes redoublent, les populations ayant soutenu ces rachats qui les soulagent.
Juillet 2010 - Les économies sont en totale récession. En France, le chômage atteint 20%. La situation en Irak et en Afghanistan tourne au chaos, les USA rapatrient leurs troupes. Le conseil de sécurité de l’ONU tourne au pugilat anti-américain. L’Arabie Saoudite a pris le contrôle des grandes firmes pétrolières. La crise financière se double d’une crise diplomatique très grave. L’Afghanistan est reprise en main par les Talibans. Russie et Chine s’allient à l’Irak et à l’Afghanistan.
A ce stade, tout bascule –

       Sous la menace d’actions terroristes, Obama déclare l’Etat d’urgence aux USA.
Israël, ne pouvant plus compter sur l’aide US, et désormais seule face à un Iran quasi nucléaire le menaçant d’un nouvel holocauste, se voit obligée de bombarder ses installations nucléaires.
Mais …
       a) Les masses européennes et américaines, fatiguées de la crise, développent un antisémitisme délirant face à ceux qu’ils perçoivent comme aggravant encore davantage une situation déjà catastrophique
       b)  … la Russie et la Chine sont alliées à l’Iran… !!!
Cauchemar, scénario catastrophe, bifurcation possible comme l’histoire en a déjà connue, motivation supplémentaire pour agir et pour prier, … A vous de juger chers lecteurs !
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3. Phase finale d’islamisation de l’Europe ?
adapté par Yerouchalmi de Geert Wilders, député au Parlement hollandais,organisateur de « Facing Jihad », conférence des députés européens à Jérusalem fin 2008.
" Sans Israël, l’islamisme aurait trouvé d’autres lieux où déployer sa volonté de conquête. Grâce aux parents d’Israël qui envoient leurs enfants à l’armée et restent éveillés la nuit, les parents en Europe et en Amérique peuvent dormir en paix. Israël reçoit le premier les coups destinés à l’Occident dans son ensemble". Nous pourrions être dans la phase finale de l’islamisation de l’Europe et, d’ici 2 générations, les USA pourraient se demander qui a perdu l’Europe ! Un total de 54 millions de musulmans y vit et l’Université de San Diego a calculé que 25% de sa population sera musulmane dans 12 ans. Bernard Lewis a prédit une majorité musulmane avant 2100 !
(NDLR : Les chiffres ne seraient pas une menace si les immigrants islamistes avaient un désir de s’intégrer, mais il y a peu de manifestation d’une telle volonté. De plus, l’Occident se culpabilise de leur échec comme s’il en était responsable alors que polonais, ritals, juifs, espagnols, portuguais, vietnamiens, sont tous parvenus à s’intégrer dans des conditions bien plus difficiles !)
Europe - Un état des lieux
       - Dans toutes ses villes et comme des champignons, pousse un autre monde que peu de visiteurs voient. Des quartiers complètement islamistes, contrôlés par des fanatiques, aux nombreuses mosquées et aux femmes de plus en plus voilées, où peu de citoyens de souche résident, sans activité économique et que la police évite.
       - Ce sont les fondations d’un contrôle territorial d’une part croissante de l’Europe, rue par rue, quartier par quartier, ville par ville (déjà 25% musulmanes :Amsterdam, Marseille, Malmö ; Paris  quasi encerclée par des quartiers islamistes). Plus de mosquées que d’églises ; et il est prévu de construire des méga mosquées surplombant les églises ; message clair : nous dominons !
       - La majorité des moins de 18 ans y sont souvent musulmans.
(NDLR : les sondages sur les prénoms les plus fréquents omettent volontairement les prénoms islamistes pour éviter de faire peur, le lecteur pourra vérifier !).
       - Les antennes paraboliques pointent vers des stations du pays d’origine.
       - Beaucoup d’écoles en Belgique et au Danemark ne servent plus que de la nourriture halal. L’histoire de l’Holocauste ne peut souvent plus être enseignée à des sensibilités musulmanes.
NDLR : les enfants juifs doivent souvent être exfiltrés des écoles françaises, impuissantes devant les violences des enfants islamistes en nombre, selon le Gouvernement et son « Rapport Obin ».
Le British Centre for Social Cohesion a indiqué qu'n GB : le 1/3 des étudiants musulmans sont en faveur d’un califat mondial; les tribunaux de la charia font partie du système juridique. Selon une étude néerlandaise, 50% des musulmans du pays « comprennent» les attaques du 11 septembre!
Nos élites ont capitulé
       - Les islamistes exigent le « respect » et nos élites sont prêtes à capituler : en Hollande, nous avons dû « avouer » que l’islam fait partie de la culture néerlandaise (!) et un Procureur général démocrate-chrétien qu’il est prêt à accepter la charia s’il y a une majorité musulmane. Des membres du cabinet y ont souvent des passeports marocains et turcs.
       - Les exigences islamistes sont appuyées par des comportements illégaux, de la délinquance ou la violence aveugle contre ambulanciers ou conducteurs de bus, aux émeutes, forçant les non islamistes à quitter leur quartier : une vraie Intifada réalisée par des « colons » qui ne viennent pas pour s’intégrer dans nos sociétés, mais pour intégrer notre société dans leur Dar-al-Islam.
       - Malgré tout, les politiciens croient en l’égalité des cultures, réduisant le problème à la pauvreté, la répression, au passé colonial européen, aux Palestiniens ou aux troupes en Irak, alors que le problème, c’est l’islamisme lui-même.
Le Coran des islamistes
       Chaque mot dans le Coran des islamistes est parole divine, et donc fermée à l’interprétation : il appelle explicitement à la haine, au meurtre et au terrorisme et demande aux fidèles de s’acquitter de leur devoir de guerre sainte, le djihad violent. Dans son essence, le Coran des islamistes est une idéologie politique qui fixe des règles détaillées pour la société et la vie de chaque personne.
        L’islamisme qui signifie « soumission » n’est pas compatible avec la liberté et la démocratie, comparons-le au communisme ou au national-socialisme. Churchill, comparant le Coran des islamistes à Mein Kampf, l’appellait « la force la plus rétrograde au monde ».
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4. « Un Devoir de Mémoire », Michel Gurfinkiel (Ed. Alphée Jean-Paul Bertrand).
Adapté Yerouchalmi de l’excellente revue de pensée juive orthodoxe Hamodia (Moshé Odemsky)
Ce livre est centré autour du demi-frère de l’auteur, Charles, assassiné dans la Shoah et dont Gurfinkiel, philosophe de premier plan du judaïsme, porte la mémoire mentale et physique (tant la ressemblance est grande). Il a été écrit après la proposition Sarkozyenne**, aussitôt rejetée par le tollé ambiant auquel ce livre se joint : en effet, Michel Gurfinkiel se sent dépossédé de cette mémoire lancée à l’anonyme français, faisant du petit Charles Gurfinkiel le soldat inconnu d’une ville de France, choisie au hasard, alors que Michel porte ce frère en lui comme une seconde âme ! Et quel sens peut avoir un pacte d'enfant à enfant, au-delà des générations ?
       Autour du récit familial complexe avec demi-frères vivants et morts et nouvelle fratrie, seconde mère du père mais première de l’auteur, se nouent des histoires de la Shoah et surtout de ces « Justes de France », sans lesquels tant de juifs de plus auraient encore péri dans les chambres à gaz. Souffrances personnelles ou collectives et optimisme s’entremêlent avec des initiatives comme celles du Père Desbois qui redore le blason du christianisme, après des siècles d’antijudaïsme !
Un livre d'une humanité et d'une densité exceptionnelles.
Q : Pourquoi ce « Devoir de Mémoire » ?  
R :
L'idée d'un tel livre s'est imposée à moi à la suite du dernier dîner du CRIF auquel le Président Sarkozy avait décidé de venir lui-même, geste sans précédent, auquel l'ensemble des Juifs de France ont été très sensibles. **Le Président y annonçait que, les élèves de CM2 « adopteraient » des enfants juifs assassinés dans la Shoah. Idée rapidement abandonnée après les réactions hostiles de l'opinion menée par Simone Veil.
Q : Quelle fut donc, en ce 13 février, votre propre réaction ?  
R :
Un peu désemparée : Sarkozy avait pris une initiative d'une grande portée, mais je n'y étais pas entièrement favorable. Ayant constaté que l'on pouvait déjudaïser le souvenir de la Shoah, même en dépit des bonnes volontés, j'ai écrit un premier texte où j'évoque ce frère que je n'ai pas connu, Charles, le premier fils de mon père, déporté à 9 ans en 42. Sa photo est en permanence devant moi, sur mon bureau. Qui allait « l'adopter »? Et n'allait-on pas, à travers cette adoption, le trahir ? Ce texte a touché de nombreuses personnes. On m'a écrit. D'où ce livre.
Q : Ce Livre est il un témoignage ou un essai ?   
R :
Les deux à la fois. Le témoignage, c'est l'histoire de Charles, et plus généralement celle de ma famille - ceux qui ont péri ou connu les camps, et ceux qui ont survécu en se cachant. C'est aussi ma propre histoire : comment, né après la guerre, j'en ai entendu parler ; comment mes parents, mes aînés, m'ont peu à peu appris ces choses-là.
Q : Mais ne prétend-on pas que les rescapés ne parlaient pas?  
R :
Certains ont voulu se taire. La plupart, dans mon milieu, revenaient sur ce sujet. Mais laissant à nous autres, enfants post Shoah, le soin de mettre bout à bout leurs récits et leur chronologie. Dans l'ensemble, la transmission s'est faite; la « tradition orale » des témoins oculaires est précieuse. Face au négationnisme, évidemment, et, face aux « réécritures » idéologiques de la Shoah.
Q : Ce qui nous conduit à la partie « essai » de votre livre.   
R :
La Shoah, crime absolu aveugle, ne peut se regarder en face. A partir de l'été 42, les Alliés savaient que l'Allemagne  procédait à l'extermination des Juifs. Preuve en est car les premiers mois, les alliés condamnèrent ces crimes en annonçant que leurs auteurs seraient châtiés, la Chambre des Communes observait une minute de silence, le pape lui-même s'indignait en termes assez explicites. Et puis, à partir de 1943, c'est le silence.
Comme si ces événements, par leurs implications, ne pouvaient plus être appréhendés!
Q : Et c'est Eisenhower qui brise le silence, deux ans plus tard…    
R :
En avril 45, les alliés déferlent en Allemagne et découvrent les camps nazis. Eisenhower, Chef des forces occidentales, décide lui-même de tout montrer, les piles de cadavres et les survivants squelettiques. Au départ, les journalistes ne traitent que cela. Pour les opinions mondiales, le choc est immense. Le nazisme apparaît irrévocablement comme le mal.Les Juifs, comme martyrs.
Q : Quelle est alors la motivation d'Eisenhower ?   
R :
Il veut briser l'ultra-nationalisme allemand et  interdire toute égalité morale entre vainqueurs et vaincus. Mais avec des considérations d'ordre métaphysique ou religieux: convoquer la presse comme il le fait, c'est se révolter contre les consignes de « discrétion » en vigueur depuis 43. Il ne le fait qu'après la mort du président Roosevelt, qui n'aurait sûrement pas toléré une telle initiative.
Q : Et donc le résultat est là : le monde sait.    
R :
Oui. Mais après Nuremberg, à fin 46, on aura à nouveau tendance à effacer la spécificité juive. Cette seconde occultation dure 20 ans avant que les témoignages de Wiesel ou de Primo Lévi, les enquêtes de Lanzmann ou de Klarsfeld, les récits historiques de Lucy Davidowicz ou de Hillberg, des films grand public comme Holocauste ou la Liste de Schindler, ne s'imposent vers 1990.
Mais une troisième occultation commence déjà, plus subtile.
Q : En quoi consiste-t-elle ?    
R :
Il ne s'agit plus de nier ou de taire la Shoah, mais de lui assimiler n'importe quelle oppression. A terme, si tout est Shoah, la Shoah n'existe plus. Or, il est important de savoir ce qui s'est passé, et en quoi l'assassinat collectif des Juifs est bien un crime absolu. Le destin de l'humanité en dépend.
     Le Père Desbois, à qui l'on doit une redécouverte de la «Shoah par balles» en URSS, estime qu'en tuant spécifiquement les Juifs, les nazis voulaient anéantir les préceptes divins dont ce peuple est porteur, à commencer par celui de « Ne pas tuer ». Se souvenir de la Shoah, se rappeler qui elle visait, c'est réaffirmer l'interdiction divine du meurtre.Protéger chaque peuple,chaque être humain.
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5. Adieu Rav Elie Kahn (ztsl)
Yerouchalmi avait (N° 61) annoncé le prématuré décès du Rav Elie Kahn (ztsl), pilier du sionisme traditionaliste en France et en Israël. Rav et Fondateur de la Midracha du Kiboutz Ein Hanatziv à Beth Shéan,et du site si fréquenté de Cheela ou Techouva (forum des questions religieuses de tout un chacun). Le Rav Elie Kahn est l'un des rabbins les plus aimés en Israël du fait de son implication pour la jeunesse et les conversions, de son judaïsme ouvert et orthodoxe, de son souci de la francophonie, de son humour, de sa grande gentillesse, de son talent de bâtisseur.       
Voici, adapté, le discours de Hesped prononcé par le Rav Assi Blank à sa mémoire.

       « Ah ! Qu’il était radieux le Grand-Prêtre alors qu’il sortait sain et sauf de l’intérieur du Saint des Saints ; il était beau comme la tente azurée du ciel ». Le Lévitique.
Israël est le socle du trône divin dans le monde, le sionisme religieux fait pénétrer le sacré dans la vie, aspirant à transformer la demeure du peuple juif sur sa terre en lieu de la présence divine.
Elie, tu es venu de France, tu as fait l’armée, tu as étudié la Tora, tu l’as beaucoup étudiée, tu es venu construire ta famille ici, dans la vallée de Beth Shean, considérant cela comme une mission.
       Tu as été le Rabbin du Kibboutz Eyn Hanatziv, responsable de différentes commissions, et tu as encore tenu bien d’autres rôles dans la communauté, tout cela dans le but de développer autant que faire se peut, Eyn Hanatziv.
       Tu as créé, dirigé et développé cette Midracha our jeune fille si réputée, et tu n’as pas épargné tes efforts pour amener de nombreuses personnes à réaliser un rêve, le rêve d’une vie spirituelle toute à la fois vigoureuse et discrète dans ce monde matériel.
       Et tu as rêvé, oh ! Combien tu as rêvé de ce devenir ! Oui, « comme la tente azurée du ciel ! Il était beau comme la splendeur dont le Roc habille ses créatures »
       Tu as pleuré pour la Guemara qui resterait orpheline dans la maison d’études, quand, il y a une dizaine d’années, tu as fait l’éloge funèbre d’un ancien du Kibboutz, Sammy Rein, et  Et nous, nous souffrons de l’absence de ton enseignement de la Thora, si vaste et pénétrant. Cette Thora que tu as acquise avec acharnement, assiduité et dévouement.
       Cette Thora qui était, comme tu l’as toi-même formulé, ta compagne spirituelle. Qui s’étendait à tous les domaines de la vie, de la pratique quotidienne aux relations publiques, de la Aggada à la Hassidout. Cette Thora qui est aussi la splendeur avec laquelle D’ieu habille ses sages et qui permet également d’habiller de splendeur chaque membre du peuple d’Israël.
       Sache que ta Guemara ne restera pas orpheline. Tes filles et tes fils, ton gendre et tes brus continueront à y recourir pour étudier. Et les enseignements que tu as dispensés, tes élèves, continueront aussi à les étudier.
    « Il était beau comme la bonté qui resplendit sur le visage du jeune marié »,
Tu nous as instruits, une fois, deux fois, trois fois, de l’histoire de Rami bar Dikuli,veille de Kippour, qui nous apprend que si nous voulons étudier davantage, il nous faut aider les hommes, il nous faut leur proposer à boire et à manger, il nous faut pourvoir à leurs besoins et non les juger.
       Et tes enseignements, comme tes actes étaient admirables. Plus d’une fois, tu as payé de ta personne en traînant des caisses pour aider un voisin à déménager ; en tenue de travail et vêtu d’une chemise quelconque, tu as construit la Soukka de ton voisin.
       Et, il y a près d’un an, du fond de ton lit, peu de temps après une chimiothérapie, tu as soutenu et accompagné Ofra, ton élève, confrontée à la mort de ses parents et de sa soeur. Car c’est cela « la bonté qui resplendit sur le visage du jeune marié », le devoir de faire le bien.
    « Il était beau comme un ange qui se tient au bout de la route Il était beau comme les clochettes d’or accrochées aux pans du manteau »
Tu étais un père, pas seulement celui de Talia, Amihai, Noam, Kineret et Anael ! Mais aussi le nôtre, celui de tes disciples, femmes et hommes. Le chemin était délicat, comme les clochettes d’or accrochées aux pans du mantea., par ton exemple personnel, par ta parole sous-entendue dans un silence ; mais le résultat était comme un ange qui se tient au bout de la route.
       Et en scrutant son apparence, on comprenait ce qu’était la conduite juste. « Heureux qui a vu un tel spectacle. Notre coeur souffre d’en entendre le récit ». Car tu es comme un Grand-Prêtre et tu n’es pas avec nous.
       Le coeur est déchiré et ne peut croire ! Et la Halakha dirige nos pas : selon la coutume, seuls les endeuillés déchirent leurs vêtements. Et malgré nos sentiments et notre désir, nous suivrons ta voie, nous accepterons l’enseignement de la Halakha avec amour.
Mais le coeur, le coeur est déchiré !
       Intercède, je t’en prie, pour tout le peuple d’Israël, pour la communauté d’Eyn Hanatziv, sa Midrasha et bien sûr pour les membres de ta famille. Puissions-nous mériter que ton chemin et ton enseignement, Grand Prêtre, nous éclairent…