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La Prière
Noémie Perez, Midracha Ye'ud. Adaptation Yerouchalmi  Talmud Avot -Maxime des Pères : «Ne considère pas ta prière comme une tâche mécanique, mais comme un appel à la miséricorde et à la pitié devant D ieu» Elie Wiesel : «Seule la prière approche de cette concision et pureté qui
fondent la vérité de l'écriture. Ecrire, c'est comme une prière, aller
à l'essentiel» Saint-Exupéry : «La grandeur de la prière réside d'abord en ce qu'il n'y est point répondu». .Retour au Yerouchalmi N°88 cliquez sur N°88Spontanéité ou Rituel imposé ?Quand j’ai des demandes, je parle à D. Quand je veux Le louer et Lui dire merci pour tout le bien, je Lui parle encore Quand je veux la rédemption de mon peuple, la délivrance, je Lui parle, à nouveau, Quand je veux travailler sur moi, que j’ai besoin d’aide, je lui parle, encore et encore. C’est ce que l’on appelle la prière. Quoi de plus personnel, de plus intense, dans l’idée, qu’une prière ? Quoi de plus sentimental et relatif à chaque homme que la Tefila ? .
Dans ce cas, on doit se demander pourquoi les juifs se voient imposer, des horaires et des temps particuliers pour réciter la prière ? Et pourquoi les textes de leurs prières sont si précisément spécifiés et formatés et si peu spontanés ? Il y a ainsi contradiction apparente entre l’essence même de la prière qui réside a priori dans la volonté profonde de l’homme de se lier à D., et la manière très légalisée et encadrée de réaliser les Tefilot quotidiennes.
. Spontanéité et Versatilité
1- Le cœur, évidemment : Quand un homme prie, s’épanche devant D., se confesse, Le remercie pour Sa bonté, Lui demande avec plein de reconnaissance des choses comme un fils le ferait avec son père, c'est l'homme qui reste au centre de cette prière. Mais, si l’homme est au centre de sa prière, alors ce devrait être à lui de décider quand prier, quand le cœur y est, quand il sait qu’il va être tout à fait sincère, quand il a des choses à Lui dire. Cette orientation, toute différente de la prière juive, rappelle en fait celle du christianisme : se confesser lorsque l’on se sent coupable, prier lors d’élans spirituels, parler à D. en fonction de sa foi. Le judaïsme voudrait éviter que, dans certaines périodes plus tristes que d'autres, plus occupées, voire préoccupées, la prière puisse être alors occultée. C'est notamment là qu'il ferait intervenir le rituel du culte appelé "Avoda", qui signifie aussi "Travail". .Rituel et Permanence Divine
2- Le Rituel / Culte ou Travail s'il est difficile à comprendre est fondamental à la Tefila, du fait qu'elle entend placer D. en son centre. C'est tout le sens des obligations qu'Il nous donne, de la législation précise de la prière jusqu'à ses moindres détails (3 pas en avant/ se tenir les pieds joints/ réciter tel passage avant tel autre/ debout puis assis/ à voix basse puis à voix haute...). La Tefila doit absolument receler une puissance telle que nous ayions besoin d'une médiation comme celle du rituel, avec ses lois précises. Comme l'obligation de se concentrer 3 fois par jour pour parler à D. qui permet de nous élever en nous obligeant, quoiqu'il arrive, à nous concentrer sur Sa grandeur. C'est en quelque sorte une leçon de modestie. Il semble évident que, sans des prières imposées, avec des temps imposés, l'individu risque de se laisser submerger par sa vie, ses diverses occupations, quelque chose à faire puis quelque chose d'autre,... sans nécessairement alors penser à prier D.. .Rituel et Travail sur Soi
Au delà de la rencontre avec D., le moment de prier est également un moment pour se retrouver avec soi-même, quelque chose qui devient de plus en plus difficile de nos jours. Il est un temps de méditation, de réflexion sur soi, de "'heshbon nefesh" (compte rendu de ses actions, positives et moins positives), de travail sur soi. Le moment où on demande à D. un bienfait précis, va également être l'occasion d'une réflexion "Pourquoi vouloir absolument cette chose ? Est-ce vraiment nécessaire ?... Ce rendez-vous va ainsi permettre une réflexion plus profonde sur notre volonté et nos besoins, va entraîner de facto un recentrage sur nos vrais besoins, excluant les vaines tentations du moment qui nous détournent du service d'autrui ou de D. .Prières et Sacrifices d'antan
N'oublions surtout pas que la Tefila a été instituée en remplacement des Sacrifices apportés par l'individu au Temple depuis la destruction de celui-ci (les Korbanot). Ces Sacrifices étaient alors l'exemple même de l'élévation de l'homme vers D. selon Ses commandements précis. D. avait-t-Il donc besoin de recevoir un oiseau accompagné de telle quantité précise de farine et d'huile ? En fait les ordonnances correspondant aux Sacrifices d'antan ou aux Prières de nos jours ont été instituées pour prendre quelque chose de nous-mêmes, quelque chose qui coûte cher, du temps, de l'énergie,... Afin que l'on consacre à D ce "reste" imposé pour Lui montrer concrètement notre attachement au delà de simples pensées ci et là consacrées en fonction de nos bonnes dispositions du moment. Ces rituels précis permettent pour les juifs l'installation de D. dans leur vie quotidienne par le biais d'actions humaines rendues indépendantes des bonnes volontés humaines. .Rituel et Narcissisme
Afin de souligner la permanence divine certes. Mais sans doute aussi afin de rompre une certaine proximité de l'homme avec le divin qui ferait que les convenances humaines dominassent la rencontre. Au point de mêler dangereusement la centralité de D. et celle de l'individu et de risquer ainsi d'orienter le culte vers l'individu lui-même (par exemple, c'est ce souci qui a conduit les Rabbins à interdire de prier devant un miroir).
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