Comment le Mossad recrute
et forme ses agents

Recrutement,
profilage psychologique, interrogatoires, examens théoriques, épreuves
pratiques, code secret, déploiement et "Plan Capture", entrée
officielle au Mossad
Tout savoir ou presque ...
Publié après autorisations gouvernementales
adaptation Yerouchalmi www.drzz.info et
leur consultant renseignement, Michael Ross, ex-agent du MossadA. RECRUTEMENT Le Bureau ("Hamisrad") a ouvert depuis quelques années un site internet qui permet de déposer
sa candidature, cependant, aucun analyste ou personnel «combattant»
n’est recruté via le Net.
C'est
la "Melukah", Division chargée du profilage, qui fait le premier pas
vers
une recrue potentielle. Ayant accès aux dossiers militaires, la
Melukah peut déterminer le profil qu’elle recherche et faire subir à
ses candidats des concours de présélection maquillés en exercices
militaires. Pour le travail au QG, sont ciblées en priorité les
ingénieurs et scientifiques
qualifiés. Seules constantes du recrutement : la citoyenneté
israélienne et la judéité. La recrue ne peut fréquenter un non
israélien qu'après autorisation. Le service ne recute pas d'homosexuels
ou de personnes dans les cas où l’ennemi pourrait se servir de zones
d'ombre les concernant comme outil de chantage.
B. PROFILAGE PSYCHOLOGIQUEB1. Les évaluations psychologiques font un premier tri dont voici 2 exemples a. Complétez "______" par un seul mot :
L’enfant ______ ses parents
Quand il est attaqué, le jeune homme ______
Le chien _________ chaque nuit
Toute histoire drôle est aussi ___________
Le soleil _________ dans le ciel
(
Pas de réponse "juste". La recrue est-elle rêveuse? Franche et
directe? Cherche-t-elle à plaire à l’examinateur? Plus la réponse
est complexe, plus elle est sujet au mensonge, moins elle
est fiable).
b.
Fermez les yeux, et cochez un « X » dans chaque cercle d’une feuille
blanche. La dimension d'origine des cercles doit être standard,
mais tous ont un diamètre équidistant.
(
La réussite de ce test est en fait un mauvais
indicateur : si le candidat place tous les « x » dans le cercle
imparti, cela signifie qu’il a une vraie tendance à mentir!)
B2. S'ensuit une batterie d’interrogatoires imposée à la recrue : a) sa vision du monde
b) sa situation financière
c) sa vision d’Israël (une remise en question du sionisme étant fatale)
d) son opinion sur les conflits au Moyen Orient
e) sa relation avec le sexe opposé (tout rapport conflictuel ruinant une candidature)
f) ses projets d’avenir
g) ses opinions politiques et sociales
h)
sa relation avec les parents (tout mauvais rapport avec la parenté du
même sexe indiquant un rejet de l’autorité supérieure).
B3. Des séances de détecteur de mensonges et une enquête auprès des proches de la recrue accompagnent ces questionnaires.
C. EXAMENS THEORIQUES Si l'agent passe l'étape B, il est envoyé à l'académie du Bureau où
il hérite d’un pseudonyme qui restera son seul code au sein du Mossad.
Aucun agent ne connaît ni le vrai nom ni la situation personnelle de
ses collègues, pour éviter qu’un officier capturé ne révèle des
informations sur les employés du service. La Division de Sécurité
Intérieure du Mossad procède à de régulières évaluation des risques et
juge des mesures à prendre au cas par cas.
- Les domaines couverts dépendent de l’affectation finale de l’officier
et peuvent inclure : sciences politiques, géographie, ingénierie,
balistique, traumatologie et, le plus souvent, la photographie. Durant
la durée de ces examens, tout ce que le candidat écrit ou consulte sera
envoyé au service psychologique de l'Institut pour qu'il cerne les
faiblesses et qualités du candidat. Les recrues apprennent aussi à
gérer factures et documents administratifs, systèmes d'imposition
fiscale, marché immobilier, systèmes de téléphonie des pays où ils
évoluent. A cette lourde charge de travail s'ajoute la gestion des
papiers d'identité factices. Les espions sont formés à prendre grand
soin de leur unique moyen de survie.
- Avant chaque opération, un agent reçoit son ordre de mission ou «pakam» qui comprend
a)
dates, lieux et objectifs de l'opération ; b) la logistique disponible
dans le pays-base (non-hostile) ou le pays-cible (hostile) ; c) les
sommes allouées pour l'opération ; d) les situations fâcheuses pouvant
résulter de l’opération, et les réactions attendues de l’agent; e) les
cotisations de retraite et le soutien financier à la famille en cas de
décès.
- Sur le théâtre d'opérations, l'agent a pour premier
réflexe de joindre son contrôleur (agissant sous couvert diplomatique)
pour a) lui remettre son ordre de mission et le passeport avec lequel
il a voyagé depuis Israël ; b) recevoir de l'argent, une nouvelle
identité et son matériel de travail.
Le "pakam" dûment signé par les 2 partis, comme un contrat, la mission peut commencer.
D. EPREUVES PRATIQUES 
-
Les premières évaluations pratiques
portent sur les "couvertures" des agents. Invitée dans un lieu sécurisé
en ville, la recrue doit se bâtir une identité crédible en 15 minutes
(le Bureau ayant appris à ses agents à privilégier les couvertures
complexes) avant d'être testée par des experts du Shabak, le
contre-espionnage israélien qui peut déceler la supercherie avec des
questions comme «votre code postal ?» ou «votre indicatif
téléphonique ?».
-
Le Bureau lui créée une identité factice
basée sur une autobiographie rédigée par la recrue. Elle sera plus
facile à défendre, car fondée en partie sur des éléments réels, et
renforcée sur le terrain par l’établissement de faux numéros de
téléphone/ sièges sociaux d’organisations fictives, établies dans des
lieux de bonne réputation.
- Au cours des stages en extérieur
(en zone habitée en Israël), les agents apprennent à créer et placer
des explosifs ou à neutraliser des charges ennemies. Ils s'entraînent
à manier l’arme de service (le Beretta) et les armes lourdes, le Mossad
imposant de strictement limiter l'usage de l'arme au «tirer pour tuer»
et de privilégier dans les autres cas le recours les arts martiaux
comme le Krav Maga. Les agents apprennent à fréquenter les hôtels, leur
premier lieu de travail, à y fixer des rendez-vous ou à étudier
l'environnement qui les entourent car une simple rencontre avec un
contact nécessite une organisation très rigoureuse.
Pour se
rendre à un lieu donné, l’agent apprend à faire un grand détour et à
passer devant une zone à large vision (comme une terrasse de café)
observée par un agent partenaire pour vérifier l'absence de filature.
Dès qu'il sait semer son instructeur, l'agent apprend à le filer. Une
filature classique demande 3 à 4 agents de façon à permuter les
suiveurs. Une filature motorisée exige 2 conducteurs derrière la
voiture et un véhicule de secours sur la route opposée, au cas où la
personne effectue un demi-tour.
- Les informations collectées doivent être transferrées par l'Agent vers la Base
soit par une «boîte aux lettres morte», lieu isolé où l'on cache des
documents, soit électroniquement par voie cryptée. Les agents
utilisent les méthodes de communication des plus simples (morse) aux
plus complexes (cryptages informatiques).
- Le "Naka", code secret qui régit la vie du Mossad,
fait l'objet, pendant les stages de formation, d'une grande attention.
Par exemple : «l'accident» signifie que l'officier veut consulter son
contrôleur en urgence; l'alias « Ram » renvoie au Directeur Général; la
«lumière du jour» déclenche le dernier cran d'alerte, tous les agents
de la filière devant alors quitter le pays-cible dans les 24 heures.
Les agents apprennent aussi l'utilisation des sayanim (volontaires de
la communauté juive) et des safanim (agents surveillant les groupes
palestiniens à l'étranger).
E. DEPLOIEMENT ET CAPTURE - La recrue est ensuite envoyée à l'étranger pour un ultime examen,
cette fois, en situation. Le Mossad y teste le candidat, bloquant à
escient ses cartes de crédit, annulant un vol à la dernière minute,
simulant des altercations violentes avec des résidents locaux, coupant
les contacts avec lui sans crier gare; à l'agent de s'adapter et de
prouver son indépendance sur le terrain.
- Au programme "Capture" qui clôt la formation,
survivent émotionnellement moins de la moitié des candidats. Il faut
avoir à l'esprit que 75 agents du Mossad sont morts en mission depuis
1949 pour un effectif annuel de
1200 employés, alors que la CIA déplore 84 victimes pour un personnel
20 fois supérieur. Etant entourés de pays arabes hostiles et
l'environnement immédiat du service comprenant des dictatures
pratiquant répression et torture, les agents israéliens doivent faire
preuve de la plus grande rigueur mentale.
"Capture" est une simulation en temps réel d’un interrogatoire
auquel l’agent soumis ignore qu’il s’agit d’un exercice. Les agents
peuvent s'y retrouver enchaînés, nus, dans un sous-sol, où des
policiers (en réalité des agents du contre-espionnage) le brutalisent
sans le moindre répit, le privant de sommeil et menacent de le torturer
sauvagement. L'agent testé qui ignore pourquoi il est ainsi torturé ne
doit ni briser sa couverture, ni avouer qu’il est du Bureau ni même ni
donner son vrai nom. La recrue qui a ainsi passé l'interrogatoire, son
superviseur et les agents du contre-espionnage étudient les images de
l'exercice et en débattent.
Puis le dossier de l’aspirant
part pour le quartier-général, où il est une nouvelle fois évalué par
une commission secrète. Si le verdict est positif, la recrue devient
officiellement employé du Mossad, 18 mois après y être entré.
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