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     AU SOMMAIRE
   Maudit soit le jour où les juifs lutteront seuls contre 
   l'antisémitisme !
Patrick Lozès, Président du CRAN
   Fofana et la Justice : Triste France, Bernard-Henri Lévy
1. L' Islam et l'Assassin
2. L'Antisémitisme et l'Assassin
3. L'Ecole, ses Barbares et l'Assassin
4. La Fiancée d'Ilan et l'Assassin
5. Le Procès et l'Assassin

6. L'émotion palpable de mes frères juifs
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Maudit soit le jour où les juifs lutteront seuls contre l'antisémitisme ! Patrick Lozès, Prdt du CRAN
Conseil Représentatif des Associations Noires de France.
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   Maudit
soit le jour où seuls les juifs lutteront contre l’antisémitisme.
   Maudit soit le jour où seuls les noirs dénonceront les discriminations liées à la couleur
   de peau.
  
Maudit soit le jour où les homos se battront isolément contre le fléeau de l’homophobie.
  
Maudit soit le jour où seuls les arabes et les berbères se dresseront contre les
   stéréotypes dont on affuble les maghrébins.
  
Si je ne suis pas noir, les discriminations envers mon concitoyen noir m’importent
   t-elles peu ?
  
Si je ne suis pas juif, suis-je pour autant insensible aux préjugés antisémites?
   Si je suis homo, en suis-je réduit à ne lutter que contre les violences homophobes?

   Pourquoi les juifs devraient-ils se retrouver seuls dans les manifestations contre l’antisémitisme, alors qu’un tel combat est universel ?
    La loi du silence, ce silence qui broie et qui a tué Ilan Halimi, nous interpelle.
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   Nous serions bien coupables de ne pas combattre l’antisémisme,
   au motif si facile que nous ne sommes pas juifs !

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Fofana et la Justice : Triste France, BHL
On rappellera qu’Ilan Halimi, a été retrouvé, le long d’une voie ferrée, torturé à mort, brûlé vif, son corps comme une plaie, jeté là comme un chien, agonisant, bientôt mort.
          On rappellera, pour mémoire, que la France est ce pays où, un homme peut être, au vu et au su de tout un quartier, séquestré, affamé et nourri, assassiné à petit feu, torturé, déplacé encore, et ce pendant 24 jours.
Ce, au seul motif qu’il était juif.
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          On rappellera, pour mémoire, Youssef Fofana, le chef du gang, est un antisémite de la plus bête et bestiale des espèces et que ses complices, le gardien de l’immeuble, la jeune femme baptisée l’appât, le livreur de pizzas, le geôlier, qui, pour obliger Ilan à se taire, lui écrasait son mégot sur le front, les autres, tous les autres, eurent 24 jours, une éternité, pour s’émouvoir, s’inquiéter de son corps flambé, déchiqueté au cutter, sanglant, se reprendre, et, d’un coup de fil, mettre fin à son calvaire. Ils n'en firent rien !
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          On rappellera, pour mémoire, qu’il s'en trouva pour expliquer/excuser ce meurtre en le situant dans un pseudo contexte de 'crise des banlieues', comme s’il y avait une misère au monde qui excusât que l’on profane un corps et un visage!
          On rappellera, pour mémoire, qu’il s’en trouva d’autres, pour s’interroger doctement sur son mobile : «attention! crime crapuleux d’accord, crime antisémite peut-être pas! » comme si les 2 n’allaient pas de pair; comme si l’antisémitisme n’était pas toujours, de l’ordre du crapuleux; comme si le nazisme lui-même, n’avait pas été d’abord, une entreprise d’extorsion de fonds, une spoliation massive et à l’échelle de l’Europe!
          On rappellera, pour mémoire, ceux qui, dans les rangs de la police, de la hiérarchie judiciaire, ou de la presse la mieux intentionnée, s’adressèrent aux juifs: «pour votre bien, nous vous exhortons à la prudence et à ne pas entonner le retour de la Bête et du nazisme» – comme si ce n’était pas assez, pour crier au loup, de cet homme-agneau égorgé!
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          On eût aimé que le Ministère public, par l’avocat général, rappelât ces vérités,  qu'il tirât parti de ce procès pour tourner, avec nous, le dos à ce ramassis d’idées fausses et, si l’on n’y prend garde, funestes pour l’avenir.
          Hélas, il n’en fut rien. Et le réquisitoire ne fut qu'un exercice plein de confusion, d'embarras à peine déguisés face à ce crime commis en commun et hors normes.
Ces incohérences, surprirent les observateurs ; la famille d’Ilan en fut abasourdie. Elle a tout perdu. Tout. Jusqu’à la force de pleurer.
Ne lui reste que l’humble mais ferme espoir de voir dite la justice. Il est temps !
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1. L' Islam et l'Assassin
Dans sa cité de Bagneux et au sein de sa bande de paumés qui ont marché dans ses «plans», Youssouf Fofana était appelé «barbarians’ brain» ou «Oussama» (allusion à Bin Laden son héros!). Né à Paris en 1980, il est le 5è de 7 enfants. Son père, venu de Côte-d’Ivoire il y a 35 ans et sa mère, Fatouma, les ont confortablement élevés dans un grand appartement de Bagneux. Youssouf n’a pas décroché son BEP, et, dès 16 ans, accumule 13 délits et 5 condamnations pour vols, violences et agression d’un policier.
         Youssouf a aussi tenté d’extorquer des fonds à des personnalités, dont beaucoup de juifs (Jérôme Clément, patron d’Arte; Rony Brauman, Médecins sans frontières; Me Cohen-Sabban, pénaliste ou de nombreux médecins juifs...). Fofana a monté 9  «plans enlèvements» avec des filles pour appâts. Ses anciens avocats ne le croient«pas fou» mais «profondément amoral». Cela n'empêche pas que pour son père, Youssouf soit  «très croyant» (!)  : "Il fait la prière 5 fois par jour et va à la mosquée de Bagneux"
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2. L'Antisémitisme et l'Assassin
2. 1  Didier Lapeyronnie, professeur de sociologie à la Sorbonne
a écrit "Ghetto urbain, ségrégation et violence" éd. Robert Laffont.
 L’acte lui-même crapuleux, a été alimenté par un antisémitisme évident : les juifs seraient riches, solidaires, communautaires...  La logique du groupe fait commettre des actes qu’on ne commettrait pas individuellement, et c'est l’antisémitisme qui circule dans le groupe qui le cimente, donnant à chacun l’illusion d’exister et d’être en possession d’une forme de compréhension supérieure qui échappe au commun des mortels. On est sur des logiques collectives assez classiques.
        Il y a beaucoup d’antisémitisme des quartiers et qui n’est pas importé du conflit israélo-palestinien. Au contraire, c'est la focalisation sur le Proche-Orient qui vient du fait que les gens sont antisémites, pas l’inverse. L’antisémitisme qui puise ses racines dans les conditions sociales et le vide politique est une forme de «socialisme des imbéciles» . Les propos antisémites sont des autoportraits à l’envers : les juifs sont puissants, je suis faible ; ils sont partout, je suis nulle part ; ils sont solidaires, je suis seul ; ils ont le droit de revendiquer leur identité, nous, au contraire, n’avons aucun droit, etc.
        La France est moins antisémite qu’elle ne l’a été ; toutefois, le vieil antisémitisme d’extrême droite ou d’extrême gauche demeure et reste dominant avec des gens comme Dieudonné ou Alain Soral (transfuge du PC et proche du FN). Et il y a, en bas, cette espèce d’antisémitisme populaire apparu dans les quartiers. Mais entre ces trois formes, pour l’instant, il n’y a pas de liens. Heureusement.
2.2  Sylvie Anne Goldberg, directrice à l'EHESS
(Htes Etudes Sciences Sociales) auteur de "La Clepsydre I et II" éd. Albin Michel
Comment appréhender les réticences à nommer l'antisémitisme dans ces événements odieux ?
Comment ne pas tressaillir devant le danger de cette routinisation de la violence, si commune qu'on la croirait anodine ? En ne nommant pas les faits, vont-ils pour autant s'évaporer ? Doit-on suspecter les juifs d'ourdir des représailles qui mettraient les banlieues à feu si l'on osait nommer la bête ? Pour être vraiment 'antisémite' faut-il maîtriser les définitions du français et du Droit ?
   - Ainsi, que des enfants à kippa ou d'une école juive soient insultés par d'autres enfants ne saurait être taxé 'd'acte antisémite' car ce ne seraient que des enfants, qui ne comprendraient pas ce qu'ils font (!)
   - Taguer des sépultures, envoyer des cocktails Molotov sur des synagogues, molester des juifs, le lot ordinaire, ne seraient que des manifestations d'une violence issue de la médiocrité et de l'ambiance des banlieues (!)
... Et, abandonner pour mort un jeune homme dont on a voulu rançonner les parents parce que juifs ne serait dès lors qu'un fait divers, puisque les malfaiteurs seraient trop minables pour être d'authentiques antisémites (!)   
          Quel est ce phénomène que l'on ne sait pas nommer et qui, néanmoins, aboutit à la mort d'un jeune homme juif ? Viendrait-il à l'idée de rançonner un Breton sous prétexte que les Bretons auraient plus d'argent? L'association des juifs à l'argent outrage nos valeurs républicaines dès qu'elle resurgit !  On sait que ces accusations (meurtres rituels, diffusion de peste, empoisonnement de puits, affameurs,  richesse, complot international...) ont, par leur absurdité, suscité des réactions d'incrédulité avant de déferler dans l'espace public avec les fantasmes usuels sur les juifs. Les juifs qui ont voulu s'en détourner sont souvent devenus sionistes.
          Cependant, les stigmatisations de richesse et puissance dont les "sionistes" sont l'objet, ne peuvent que nourrir des idées stupides dans les esprits les plus faibles. Au cours de l'histoire, le fait d'être juif a bien plus signifié pauvreté et humiliations qu'opulence et honneurs ? Ironie de l'histoire, es horreurs de l'humanité se définissent aujourd'hui à l'aune du peuple juif : diaspora, pogrom, génocide sont revendiquées par ceux qui estiment avoir suscité autant de détestation que les juifs. Etrange victoire du désenclavement des juifs qui en même temps les fait pénétrer malgré eux dans une compétition de victimes, jeu du qui-perd-gagne dont on ne se lasse apparemment pas.
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3. L'Ecole, ses Barbares et l'Assassin, Barbara Lefebvre enseignante auteur des "Territoires perdus de la République", éd. 1001 nuits.
Les tortionnaires d'Ilan Halimi sont  tous de jeunes Français d'origines diverses qui ont un point commun, s'être connus à l'école, véritable terreau de la haine verbale.
La violence verbale est le lot quotidien au collège où se forgent cette barbarie verbale du quotidien qui conduit au passage à l'acte. Pour que soient abolies les barrières morales, il faut déshumaniser l'Autre. Cela commence par les mots dans un langage de haine radical (fille = "pute" ou "pétasse"...). Celui qui a brûlé vive Sohane a été applaudi par ses supporters lors de la reconstitution. Ces adolescents amateurs de pornos et de raps "engagés" prétendent par ailleurs veiller au respect de leur mère et soeurs (!)
        Bienvenue dans le ghetto scolaire fabriqué par nos élites progressistes, adeptes de la contre-culture, surtout quand leurs enfants sont à l'abri dans des établissements privés. Merci à l'angélisme des chercheurs et sociologues qui ont ringardisé la fonction d'éduquer avec leur école "lieu de vie" où nous sommes tous, adultes comme élèves, des égaux.
        Inutile de s'étendre sur l'usage du mot "juif" dans les couloirs d'écoles depuis des années. Il est une insulte en soi : un collégien asiatique peut se voir traiter de "juif", parce que dans l'imaginaire antisémite il est hypocrite. Cela expliquant que des acteurs éducatifs n'y voient pas d'antisémitisme : "C'est leur façon de parler, ils ne l'entendent pas dans le même sens que nous." Mais c'est bien là tout le problème!!!  Les barbarismes langagiers qu'on refuse de voir et de corriger préparent le terrain aux crimes barbares.
        A sa secrétaire, Hitler avait dit : "La parole jette des ponts vers des horizons inconnus." Le mécanisme des "règles de langage" nazis, qui permit de maintenir l'ordre mental nécessaire à sa perpétration, se prolonge quand une société tolère que sa jeunesse vive à l'école dans la barbarie verbale. Cette société n'est-elle pas ensuite hypocrite lorsqu'elle s'indigne de compter des barbares dans ses rangs ? 
Et qu'on ne vienne pas nous parler de communautarisme : cette barbarie-là nous interpelle tous. Si ça ne vous concerne pas, rectifiez : pas encore... 
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4. La Fiancée d'Ilan et l'Assassin
La fiancée d'Ilan a 27 ans, garde l'anonymat
et travaille dans la finance.

          "Dans mon entourage, très peu de gens sont au courant. Je témoigne au procès, au nom de l’amour que je portais à Ilan. Nous vivions ensemble depuis 10 mois, très soudés.  Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à lui.
        J’avais gardé l’espoir de revoir Ilan jusqu’au jour où les policiers m’ont dit de venir Quai des Orfèvres et m’ont annoncé sa mort. La terre s’est dérobée sous moi et j’ai eu une crise de nerfs. J’aurais préféré que cela m’arrive à moi plutôt qu’à lui. Je me suis transformée en morte-vivante. Je ne dormais plus, ne mangeais plus. J’ai quitté Paris où je ne pourrai plus jamais vivre, y ayant trop de souvenirs d'Ilan. J’ai voyagé à la rencontre de gens plus malheureux que moi et j'ai suivi une thérapie. Ilan me disait : « Toi, tu es trop forte ! » Quand ça ne va pas, ces mots, c’est ma petite musique à moi.
        Je veux que ceux qui ont fait du mal à Ilan soient punis. Je veux pouvoir les regarder dans les yeux au moment du verdict. À quoi pensait Ilan lorsqu’il était séquestré dans cette cave ? Lorsqu’on le torturait ? Ça me détruit. Ilan était un ange, il était généreux.
        Sans la jeune femme qui a servi d'appât, Ilan serait toujours là. Elle a fait un mauvais choix et doit l’assumer. Cette fille a eu trois semaines pour réfléchir. Un seul coup de fil à la police, même anonyme, aurait pu sauver Ilan. Je ne sais pas si je pourrai la regarder. Si on avait enlevé sa soeur ou sa mère, qu’aurait-elle pensé ?
        Je ne pardonnerai jamais, ni à elle, ni aux 29 autres accusés.
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5. Le Procès et l'Assassin
5.1. Les Avocats et l'Assassin

          Après avoir usé plus de trente avocats en trois ans, Youssouf Fofana a choisi Me Emmanuel Ludot, qui fut le seul défenseur français de Saddam Hussein, ainsi que Me Isabelle Coutant-Peyre, mariée au terroriste Carlos et collectionneuse de clients islamistes intégristes. La défense a donné le ton en déposant une demande de remise en liberté de Youssouf Fofana, afin d’empêcher sa détention, au nom du respect de «la dignité humaine», dans une cellule «aveugle» et «insalubre» de 3 m2 de la «souricière» du Palais de justice de Paris le temps du procès. Cette demande a été rejetée. Une première provocation du «cerveau des barbares» qui fit enfermer durant vingt-quatre jours Ilan Halimi dans un appartement puis dans une cave étroite, sale et froide.
5.2 Le Huis Clos et l'Assassin par Yves Thréard du Figaro.
Pourquoi entourer de publicité ce procès et qu'apporterait le témoignage haineux de ce barbare à une époque où provocation et insulte sont pris pour de l'originalité?
 Il n'y a pas plus d'antisémitisme crapuleux qu'il n'existe d'antisémitisme idéologique. Il y a l'antisémitisme, un point c'est tout. Ce mal irrationnel qui frappe toutes les couches de la société, cette tare injustifiable qui n'a pas d'autre explication que l'ignorance, la bêtise et l'ignominie. Les insanités de quelques rappeurs suffisent  pour comprendre que l'antisémitisme reste une réalité. Il convient de le combattre sans répit.
        L'accusé veut profiter de l'occasion pour faire le fanfaron, pour salir les origines de sa victime, pour cracher un salmigondis islamiste. Rendre sa parole publique aurait ajouté la confusion à l'horreur. D'autant que ses deux avocats, l'épouse du terroriste Carlos, et le défenseur de Saddam Hussein, avaient affiché leur tactique : Fofana aurait été «maltraité par une campagne de marketing politique et religieux»!!!
        La décence exigeait que la mémoire d'Ilan Halimi soit épargnée de l'injure, de la manipulation, de la récupération. Sa mère souhaitait la levée du huis clos afin que tout le monde puisse connaître les motivations du barbare. Malheureusement, dans ces conditions, la lutte contre l'antisémitisme n'y aurait sans doute rien gagné.
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6. L'émotion palpable de mes frères juifs
par Julia Cresus, "artiste au singulier"
"Samedi dernier, vers midi, je passais devant la Synagogue de notre ville : la porte était ouverte et je suis entrée, pour participer à la prière de mes frères juifs. C'est la première fois que cela m'arrive. J'avais visité la Synagogue à l'occasion des Journées du Patrimoine et les lieux ne m'étaient donc pas inconnus. J'ai donc pu d'emblée me couler dans la "prière attitude" de la communauté juive rassemblée pour la Louange. Bien sûr, la langue m'était étrangère. Commencé à 9 heures du matin, l'office touchait à sa fin. Pendant la demi-heure où je l'ai suivi, ma connaissance des Psaumes - j'en sais une trentaine par coeur - m'a permis de bien me recueillir.
          Le plus fort de mon émotion s'est situé au moment où le Rabbin, accompagné d'un aide, a descendu l'équivalent de la nef de nos églises en portant des rouleaux de la Thora, puis est remonté par une nef latérale. J'ai senti, dans l'assemblée, et je l'ai ressentie moi-même, une émotion palpable. Ces rouleaux d'écriture sainte qui remontent très, très loin dans la mémoire de l'humanité et que la tradition juive a charge de garder religieusement, ces rouleaux parlent d'eux-mêmes.
          Ceux qui s'attaquent aux juifs sont des êtres incultes et cette inculture est la principale source de l'antisémitisme. L'interrogation fondamentale devrait porter sur les tenants et aboutissants de la négation du fait religieux comme vecteur culturel majeur..."
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