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SCOOP Interview du Grand Rabbin de France   
Cliquez   Gilles Bernheim  
Idées Clé, Missions, Judaïsme et Religions, Fin de Vie
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Notre ami, Claude Askolovitch nous a fait part d'une infiniment triste nouvelle sur Facebook "Valérie, ma femme, mon rêve, ma vie même, est morte hier soir. Rien n'existe plus que cela et nos enfants. Pas de messages, s'il vous plait."  
Les 11900 lecteurs du Yerouchalmi sont de tout coeur avec lui, partageant sa peine, adressant leurs prières pour qu'il trouve la force d'affronter ces moments et que la famille reste forte.


                       AU SOMMAIRE
           1. Israël/Iran/Secrets Défense...  Exclusif ! 
           2. Prouesses du High Tech israélien 
           3. Psychiatrie et judaïsme, Boris Cyrulnik
           4. Voyage, Psychanalyse § Religion
                       Gérard Haddad,
Psychanalyste/Talmudiste
           5. Tel-Aviv, 100 ans / Histoire et Tourisme
           6. Relations entre époux dans le judaïsme.
               Conférence du Pr Hayoun
           7. Homme/Progrès/Langage :
               Lecture Biblique du Rav Avigès
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1. Israël - Iran : Secrets Défense
Enquête exclusive du Yerouchalmi

Alors qu’Ahmadinejad répète « qu’Israël doit être rayé de la carte », Israël a élaboré, si les USA refusaient d'agir, des plans secrets pour utiliser des armes nucléaires à faible rendement afin d’éliminer une menace nucléaire iranienne.Israël préfère certes user de moyens diplomatiques pour arriver à ses fins mais Barak déclare qu’Israël n’aura pas peur d’utiliser en dernier recours et pour assurer sa survivabilité des frappes préventives.
L'Iran menacée
       Tout se passe comme si, exhibant déclarations et missiles, Téhéran voulait imposer son fait accompli en prouvant l’impossibilité des frappes militaires préventives, son pari étant que l'Amérique n'aura pas la volonté politique de se lancer dans un conflit, qui générerait des menaces sur le pétrole.
       Cependant, le ‘Conplan 8022’ US est un scénario militaire d’attaque rôdé et l’élimination des sites nucléaires qui impose des centaines de sorties aériennes pendant des semaines est à la hauteur des capacités américaines avec leurs 120 bombardiers capables d'attaquer 5000 cibles en une seule mission. "Je pense que la fabrication par l'Iran d'armes nucléaires est inacceptable. Nous devons organiser un effort international pour empêcher que cela puisse se produire. L'Iran soutient des organisations terroristes. Je pense que c'est quelque chose qui doit cesser", avait dit M. Obama lors de sa première conférence de presse.
Israël peut et avec du 'mini-nuke'
       Cependant et même si le nucléaire rendait l’Iran intouchable, l’élection de l’aile pacifiste d’Obama lui redonne des ailes et cantonne les USA à une pure non intervention, rendant, en conséquence, une intervention israélienne quasi sûre.
       Soucieux de ne pas favoriser un "front arabo-musulman", Washington devrait dissuader mollement Israël d'intervenir. Pour Tsahal, l'objectif serait plus difficile à atteindre que le réacteur irakien Osirak en 1981. Ses 70 avions devraient franchir une distance bien plus importante de plus de 3000 KM aller-retour avec un ravitaillement en vol nécessitant bien plus que leurs 5 petits C-130, c'est-à-dire un soutien logistique américain qui, lui, ne serait pas refusé. Israël dispose de son propre réseau de satellites espions qui surveille constamment tous les sites considérés comme "suspects" disséminés en Iran. L’Air israélien a ciblé ses investissements récents pour une frappe anti Iran.
       2 escadres de l'armée de l'air d'Israël s'entraînent à utiliser des bombes nucléaires "anti-bunkers"** ('mini-nukes') pour démolir l’enrichissement d’uranium car des frappes conventionnelles ne seraient pas suffisantes pour raser ces installations construites sous une chape de 20 m de béton. Israël a identifié 3 cibles principales au sud de Téhéran, dont Natanz pour l'enrichissement sous terre de l'uranium. Des pilotes israéliens s’entraînent vers Gibraltar pour des voyages de plus de 3000 km vers l'Iran.
** Suivant des bombes conventionnelles à guidage laser ouvrant des tunnels dans les cibles, des mini-bombes nucléaires anti-bunkers seraient tirées, explosant profondément dans le sol. De tels engins rompraient le tabou nucléaire, provoquant une réprobation internationale et une solidarité des pays musulmans envers l'Iran. Les américains y sont hostiles. L'alternative reste l'héliportage de commandos chargés de la destruction des sites, avec les risques inhérents à ce type d'opérations
Les Cibles d'Israël en Iran
Les cibles sont nombreuses et le secret du succès est d’identifier les nœuds essentiels du  développement d’armes nucléaires et les plus durs à remplacer.
Parmi ces 100 sites :
   - le réacteur de Bushehr, site vulnérable, fixe, hautement visible sur la côte sud de l’Iran.
   - autre cible : l’usine d’eau lourde secrète près d’Arak, pour la production de plutonium.
   - 3ème cible : la centrifugeuse de Natanz, enterré sous plusieurs couches de béton armé.
   - autre objectif : l’Aciérie Nationale d’Ispahan, susceptible de fournir des produits métallurgiques liés au nucléaire.
   - l’installation d’eau lourde d’Arak et celle d’UF6 à Rudan près de Shiraz sont accessibles, mais plus proches du centre de l’Iran
Les Routes des avions de Tsahal
       Les avions passeraient probablement par une route contournant la Jordanie par le sud – au-dessus des déserts saoudiens – puis débouchant sur le Golfe Persique. Ce qui exigerait 2 ravitaillements en vol. Mais il y aurait aussi l’option d’utiliser un corridor à travers l’espace aérien jordanien, syrien ou irakien – tout en empêchant des missiles sol-air ou des chasseurs ennemis d’engager d’autres éléments des forces aériennes.
       Israël préférerait frapper à partir d’un point de départ dans l’espace aérien ami de la Turquie, mais cela nécessite également une grande dextérité diplomatique. De plus, comme la plupart des cibles se trouvent au sud et au centre de l’Iran, une frappe aérienne israélienne à partir du sol turc aurait besoin de voler exactement au-dessus de la ligne de front des défenses aériennes iraniennes. Une route alternative à partir de la côte érythréenne, au-dessus d’Oman et du Yémen, aux faibles défenses aériennes, pourrait supprimer 1000 km que les chasseurs-bombardiers devraient franchir.
La riposte iranienne : 20000 morts israéliens
       L'aviation de combat iranienne ne saurait offrir une résistance crédible à une campagne aérienne massive. Mais la défense antiaérienne et antimissile de l'Iran a bénéficié d'une montée en puissance grâce aux matériels livrés par Moscou.
       L’intervention israélienne conduirait, dans tous les scénarios, à des pertes israéliennes très sévères, même si Tsahal est assurée d’arriver, in fine, à ses fins. Il faut savoir que l’Iran enverra, dès détection d’une attaque sur son sol, des frappes aériennes suicides, nombreuses et destructrices sur les environs de Tel Aviv. Les Etats Majors évaluent qu’une partie de ces avions seront arrêtés par les défenses anti aériennes mais restent persuadés que les dégâts causés par les avions ennemis rescapés occasionneront pas moins de 20000 victimes israéliennes.
       La menace que fait peser Téhéran est également d'ordre "asymétrique" avec d’autres menaces : son régime dispose de relais, avec le Hezbollah au Liban et le Hamas en Palestine, où il pourrait déclencher des violences. Ses missiles Shahab3 sont capables d'atteindre Israël et les monarchies du Golfe. L'Iran peut aussi favoriser une recrudescence d'attentats en Irak, en Afghanistan, et partout où des commandos-suicides pourraient menacer les intérêts américains ou occidentaux.
Israël est fin prêt 
       "Nous sommes convaincus que l'Iran continue d'agir pour obtenir l'arme nucléaire et continue à tromper le monde en menant des négociations sur le contrôle de cet armement". Tzipi Livni, a mis en garde Obama, "contre toute tentative de dialogue direct avec l'Iran, qui serait interprété comme une marque de faiblesse".
       Israël, tous partis confondus, est donc prêt à affronter de tels risques et impacts :
a) après épuisement des essais de négociation,  b) si sa survie était en jeu et
c) si les USA refusaient lâchement d’intervenir.
       Au nom de la sacro sainte"doctrine" élaborée il y a plus de 25 ans par Begin, qui prône l’action militaire pour empêcher les pays du Moyen-Orient de se doter d'armes de destruction massive, notamment nucléaires, qui pourrait rayer Israël de la carte.
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2. Dernières prouesses du High Tech israélien  
Israël est classé 15ème /138 nations par l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle et Artistique. Mettez à jour vos connaissances des derniers nés de la R§D israélienne dont on peut être fiers !
  Synthèse Yerouchalmi.. Santé
- Le «Tourisme Médical» se développe avec 20000 étrangers/an
du fait d'un meilleur coût/qualité. Les traitements visés sont psoriasis, maladies de la peau, transplantations de moelle osseuse, chirurgie des hanches, oncologie ou fertilisation in vitro.
- Remplaçant les anti-coagulants pour éviter les effets collatéraux d'une thrombose et les saignements. SFT (Technologie du flux synchronisé) est un appareil compact qui repère les pulsations du flux sanguin et se synchronise. Il est développé par MCS d’Adi Dagan, ingénieur, et du Dr Jacob Barak, chirurgien du cœur.
- Le jus de grenade prévient les attaques cardiaques, les effets du cholestérol, atténue la pression sanguine et les complications dues au diabète, si ce super anti-oxydant est absorbé régulièrement (Dr Michael Aviran, Technion de Haifa). .
- Traiter la dépression par signal magnétique sur la zone du cerveau responsable des stimulis positifs, le Nucleus Accumbens (procédé DTMS). 80% des personnes (traitées aux antidépresseurs) ont répondu au traitement, avec pour 50 % d’entre eux des résultats extrêmement positifs.Brainsway a pu lever en ces temps de cauchemar pour le financement de la R§D 15 millions$ pour finaliser ses essais cliniques.
Agroalimentaire et Environnement
- Avec 10 000 litres/an, les vaches laitières israéliennes détiennent le record du monde, en hausse de 50% par vache depuis 1960, grâce à des essais génétiques de l’Institut Volcani et ses cultures de sperme et ovaires de bétail de haute qualité
- Israël en 48 ne cultivait que 15 types de légumes et aujourd’hui, une soixantaine, selon les besoins du marché, la couleur, la période de production, de sorte à assurer un approvisionnement toute l’année. Israël travaille tout le temps à la recherche de telles innovations, ayant compris que,  pourdévelopper l’agriculture, il faut mettre la R & D au centre du dispositif.
- Israël est championne pour déterminer les besoins précis des plantes :
A) pour l’irrigation, fournir l’eau exacte à la minute près, grâce à la ‘micro-irrigation’.
B) pour les engrais, détreminer quoi donner, quand donner, l’endroit et les quantités optimales. A l’aide de contrôles centralisés des alimentations, automatisés, de précision et homogénéité. Toute erreur conduit à des effets néfastes sur les plantes ou l’environnement.
- Les agronomes israéliens sont à la pointe du goutte à goutte, de la solarisation des sols et de l’irrigation par les eaux industrielles recyclées. But : la commercialisation de produits allant des graines génétiquement sélectionnées à des biopesticides, plastiques photo-dégradables et systèmes informatisés d’irrigation/fertilisation.
- Israël est connecté aux chercheurs dans le monde qui sollicitent ses experts comme ceux du Sénégal qui a lancé le programme Goana pour l’autosuffisance alimentaire, avec technologies, connaissances et formations en provenance d’Israël.
- La plante "Jatropha Curcas"fournit 3 fois plus de carburant à l’hectare (3 Tonnes) que le maïs ou le soja. Utilisée par Galten Alternative Energgy, elle résiste à la sécheresse, aux insectes et aux rongeurs, est riche en huile et n'est pas en concurrence avec les cultures vivrières. Le projet israélien est réalisé au Ghana.
- Vivez "écologique" à Nourit (Gilboaa) où on récolte l'eau de pluie, évite les déchets excessifs, limite le carbone émis, on utilise le vent, le soleil. Les lots coûtent 150 000 $.
- En cas de tremblement de terre Israël renforce les fondations des 50 000 immeubles sans frais avec Plan 38. Paiements assurés par la vente des nouveaux appartements construits en surélevant l'immeuble datant d’avant 1980, de 2 à 3 étages..Archéologie & Tourisme
- Datant de 3000 ans, un tunnel du Palais Roi David à Jérusalem a été découvert par le Dr Mazar de l'Université Hébraïque. Ce conduit d'eau menait à une piscine au sud-est du site ayant servi d'issue de secours lors du siège de la Ville (cf. Rois II 25/4, II Samuel 5/6-8 & I Chroniques 11/4-6, narrant la prise de Jérusalem).
- L’inscription la plus ancienne, 3000 ans d’âge, époque Davidienne, en langage précurseur de l'Hébreu a été découverte sur un tesson de 15x15 cm à Bet Shemesh par le Pr Garfinkel, archéologue à l'Université Hébraique. 150 ans de progression !
- Un fragment de sarcophage d'un Grand Prêtre du 2e Temple
(60 x 48 cm), découvert au Nord de Jérusalem et portant "Ben HaCohen Hagadol", qui aurait officié entre 30 et 70 !
- Un sceau hébreu du nom «Hagab» mentionné dans la Bible (!) Ezra 2/46 au 1er Temple (officier des rois Manassé et Josiah) a été découvert près du Kotel. On y voit un guerrier tirant une flèche.
- Un parc géant (350 ha) aux nombreux jardins botaniques, centres agricoles/ sportifs est en construction entre Tel Aviv et Ramat Hasharon.
- Payer son Parking avec son portable par SMS c’est déjà possible -Park and Go – avec «PanGo» dans 34 villes  avec Eilat. Il suffit de faire le *4500 et payer les 4 shekels/heure.
- Transformez vos photos en un film romantique : Animoto à    http://animoto.com 
Inventions et découvertes
- Produire de l'électricité avec l'énergie d'une bactérie  (!) Des MégaWatts produits dans une usine de traitement d'effluents avec «Emercy / Micobial Fuel Cell». 3 sortes de bactéries présentes dans les eaux résiduaires décomposent les matières organiques des effluents, créant de l'électricité. Sous 220 Volts, 1 kg de produits donne 1 kilowattheure.
- Concurrencer les canons à neige en dessalant l'eau salée pour pistes de ski (neige rare avec le réchauffement). IDE Tech a construit un équipement mobile coûtant 1,4 m€ et produisant 1900 m3/j de neige (11m haut, 30 T). Système installé en Suisse et Autriche.
- Le robot "Rewalk" permet à un quadriplégique de marcher. Développé par Argo Medical Technologie son inventeur Amir Goffer, lui-même handicapé, a créé son prototype pour améliorer sa qualité de vie en marchant.
- Corriger un écrit à partir d’un texte lu / efficacité de 95% / plusieurs langues.
Ginger Software a mis au point cesystème pour dyslexiques (10% de la population).
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3. Psychiatrie et judaïsme, avec Boris Cyrulnik
Dialogue adapté par Yerouchalmi
Lire - Ed. Odile Jacob : "De chair et d’âme", "Les nourritures affectives" et "Le murmure des fantômes". Ed. Le Chêne : "La fabuleuse aventure des hommes et des animaux".
Boris Cyrulnik, le psy français le plus célèbre, est juif et rescapé. Sous Vichy, à 5 ans, il est raflé avec 1.700 juifs à Bordeaux. Parvenant à s'échapper il en est le seul survivant ! «Si j'ai eu le culot de m'évader, c'est parce que ma mère m'a donné confiance en moi». Prémices de la fameuse «résilience»? Ce mot, emprunté à la physique, désigne l'aptitude à se renforcer après un coup et Cyrulnik en est le vulgarisateur, expliquant comment, même dans les pires cas, on peut reprendre goût à la vie, grâce aux liens sociaux. Yerouchalmi, dans ces dialogues, a tenu à souligner les parallèles avec les enseignements du judaïsme (notés NB et soulignés en italique).
Comprendre le Mal absolu
        J’ai cherché à comprendre comment des hommes ont pu commettre de telles horreurs : Ce sont des "pervers" ou des "pervertis". Pour les "pervers", l’autre n’a jamais existé : ils sont restés au stade du nouveau-né, pour qui l’autre n’existe que pour les nourrir. Les  "pervertis", vivent dans 2 mondes : l'un de cruauté, l'autre où il rentrent chez eux embrasser leurs enfants…Dans Shoah, Lanzmann interviewe un polonais d’Auschwitz, qui répond à  «à deux pas des barbelés, ça ne vous faisait pas mal ?»  : «Pourquoi donc ? Si l’on vous coupe vos doigts, les miens vont bien !». Si l’on brûle des milliers de personnes, ce sont eux qui brûlent ; moi, je laboure mon champ ! Cet homme est un pervers par arrêt d’empathie.
Terrible silence après la Shoah
        On faisait taire les enfants juifs qui avaient subi le massacre de leur famille. En Europe, 9 enfants juifs sur 10 ont été passés au four en 3 ans. En France, «seulement» 11.400 enfants, car des chrétiens les ont protégés, malgré Vichy et la Collaboration. Mais on ne pouvait pas en parler car ça aurait compromis la réconciliation nationale avec un risque de guerre civile. Tout le monde était complice de ce déni. Avec un tel traumatisme, on se sent comme un épouvantail, on se vide de soi-même. Le déni protège de la souffrance, mais empêche un nouveau développement. Sans solidarité, dur de réintégrer sa place d’être humain : le dire permet d'enclencher le processus de résilience, mais si la parole partagée est dite dans la confiance en l'autre en sa volonté de comprendre.
Autrui est essentiel 
NB : Lévinas avait insisté sur la dimension fondamentale et essentielle de la rencontre avec autrui qui relève, dans le judaïsme, d'une certaine transcendance.
        Le premier facteur de résilience, c'est l'affection d'autrui, la capacité à compter sur lui. Par des mots, je peux bien plus que vous informer : modifier votre état physique (vous faire pâlir, rougir, rire, bailler, hurler) ou affecter vos sentiments (vous convaincre, vous amuser, vous irriter, vous insulter, vous calmer)...
         Au delà des mots, le stimulus de la présence d'autrui reste indispensable : avec ce qu’elle communique par ses formes, son odeur, ses vêtements, ses gestes, sa voix (touchant la mémoire neuronale). Sans cette stimulation qui mobilise les catécholamines, le dire d'autrui ne touche pas et il est difficile de le mémoriser.
Dépasser le stade de victime
NB : Les palestiniens ou certains immigrés de banlieue insistent sans cesse sur leurs conditions de victimes. Il est bien sûr nécessaire de trouver des solutions concrètes aux réels malheurs mais ne se privent-ils ainsi pas de contribuer activement aux conditions de dépassement de leur état en proposant et en construisant leur futur.
        Il n'y a résilience que si je fais quelque chose de ma blessure : aujourd’hui, on encourage l’enfant blessé à faire une carrière de victime. Si l’autre ne nous considère plus que comme une victime, on peut plus sortir de cette peau. Il faut parvenir à ne pas se considérer comme une "victime", mais comme un "blessé de l’âme". Dans "victime" on démissionne, on se laisse abattre on refuse de laisser la place à un "après-coup".
«Je pense que la cause palestinienne mérite mieux que l'aide des nazis et des antisémites. "Mein Kampf" est un best-seller dans cette région. Il y a une propagande nazie dans les écoles. Tout ça fait renaître l'antisémitisme et le racisme».
Bonheur et Malheur sont nécessaires
NB : Le judaïsme insiste depuis des millénaires sur la nécessité que le monde soit bâti sur "Yetser Tov" et "Yetser Ra" (instinct du Bien et du Mal). Les Sages rajoutent même que, sans le mal, l'homme n'aurait aucune incitation à se reproduire ni à évoluer. 
        Privé de dualité bonheur-malheur, il y a absence de vie psychique :  les animaux peuvent pousser leur recherche du bonheur jusqu’à se tuer. Des gens dont rien ne vient contrarier leurs désirs se retrouvent malheureux. Dans le malheur, les personnes vont souffrir, mais aussi lutter : c’est dans la résistance qu'on s’associe, construit, découvre le feu... Le bonheur de vivre vient de ce que l’on a triomphé du malheur : j’ai faim, quelqu’un me nourrit - qu’est-ce que je l’aime ! J’ai peur, quelqu’un me rassure - je l’aime !
Sans malheur, aucune chance de développer une quelconque affectivité...
        Mais, si le bonheur ne peut durer, le malheur non plus : si on laisse pleurer le bébé un peu, ça peut aller, mais arrive un seuil où tout bascule ;  le bébé commence à s’éteindre. J'ai mis à jour des atrophies cérébrales liées à des carences affectives : les enfants abandonnés ne pleurent pas ; privées de stimuli, leurs cellules cérébrales s’étiolent, la base du cerveau arrête ses sécrétions hormonales, puis le corps dépérit. La maturation neurologique et hormonale qui induit la parole chez l'enfant ne se fait qu'en présence d'une enveloppe affective avec ses hauts comme avec ses bas.
Des Rituels plutôt que des Antidépresseurs !
NB : La fréquence des rituels juifs de vivre ensemble irritent parfois certains voisins non juifs qui y voient un instinct communautaire. La psychiatrie en retrouve, des siècles plus tard, le bien fondé absolu.
        Nous sommes pétris par notre milieu autant que par nos gènes, la mémoire, la culture, l’histoire. On prend des molécules pour se sentir moins mal, alors que la relation humaine devrait jouer ce rôle : familiale, amicale, professionnelle, confessionnelle, politique, ... Dans le Var, les ex-réfugiés espagnols qui, comme tout le monde, prennent des antidépresseurs, arrêtent dès qu’ils vont en famille en Espagne : avec ses fêtes, sa cuisine, ses veillées...  Notre culture a détruit tout ça, le plus grand consommateur d'antidépresseurs est l’Iran ; l’on compense par la chimie une défaillance culturelle.
Il faut multiplier les rituels de rencontres, les fêtes de quartiers, les retrouvailles. Les rituels d’interactions affectives ont un grand effet tranquillisant vital pour l’humanité.bhqbcjqdb
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4. Pulsion de Voyage /Psychanalyse § Religion,
avec Gérard Haddad
       Adaptation Yerouchalmi
Les récits fondateurs de religions sont d’abord des récits de voyage. Les 3 pélerinages juifs prescrits par la Thora sont appelés "chaloch regalim" ou "3 voyages" et littéralement... "3 pieds". Que nous apprend la psychanalyse à cet effet?
L'homme pense avec... ses pieds!     
       En 1929, dans "Malaise de la civilisation", Freud notait  que  l’espèce humaine est consécutive à la position debout des primates, c’est là la grande mutation révolutionnaire : l’apparition des pieds. C’est le pied qui fait l’homme, cet animal que l’on dit pensant et parlant, et qui pense donc, comme le dira Lacan, avec ses pieds. Il ne s’agit pas là seulement d’une boutade. Lorsqu’un paléontologue découvre un squelette de primate, s’agit-il d’un singe ou d’un homme ?  Le critère qui permet sa décision n'est pas le crâne mais bel et bien le pied !
       L’homme apparaît sur terre avec une vraie fringale de marcher, de voyager, et, avant même d’être un être parlant, l’homme est un animal qui marche, qui voyage. Il est avant tout homo viator. Cela ne peut pas être sans conséquence sur sa structure psychique, sur le rapport entre son psychisme et son corps, sur son rapport au monde. D’où le concept d’une nouvelle pulsion,  la "pulsion viatorique", qui pourrait bien représenter la figure paradigmatique du désir humain.
       Cette théorie est consignée dans "Freud en Italie" dont voici quelques propositions principales. Freud adora l’Italie, son antidépresseur en quelque sorte, car quand il va mal, il écrit  «c’est l’Italie qu’il me faut», et, au retour de ses 10 voyages à Rome, sa joie de vivre lui revient. De chaque voyage en Italie Freud ramène une moisson d’idées nouvelles, une restructuration de ses conceptions, jusqu’au voyage crucial de 1897, au cours duquel il découvre l’Œdipe et le fantasme.

Rome et le sentiment incestueux refoulé de Freud

       Le rapport amoureux de Freud à l'Italie est supporté par un jeu de lettres qui résume son désir et qu’il apprend à déchiffrer au cours de ses multiples voyages.
- Le nom de ROMA a pour palindrome AMOR (c’est-à-dire : écrit à l’envers). Ce ROMA/AMOR est un classique qu'il ne pouvait ignorer.
- L’addition des lettres du prénom de sa mère, AMALIA et de son épouse MARTA, donne AMARTALIA, qui se découpe immédiatement en AMAR ITALIA, ou "Amour de l’Italie".
       Par ailleurs, en Italie Freud découvre la dimension de l’art, autant que la culture juive. On sait qu'il n’y a pas de psychanalyste sans authentique émotion artistique, causée par les arts plastiques et la peinture en particulier.  D’où la place que tient la peinture dans la réflexion des psychanalystes depuis le Léonard de Vinci jusqu’aux Menines de Velasquez.
       Une réflexion sur ce riche dossier des voyages de Freud en Italie conduit à l'idée de
la "pulsion viatorique" : le voyage serait la forme paradigmatique du désir humain ; le voyage, comme désir de découvrir de nouveaux espaces et cultures, avec effort, et non pas tourisme en quête de farniente.
La Marche, une "pulsion" au sens psychique
       La pulsion est une force à la limite psychique / somatique, qui s’articule à un orifice corporel muni d’un sphincter, lieu d’échange entre le Sujet et le Grand Autre Maternel.
- Qu’est-ce donc qui vient faire office de sphincter dans la marche du piéton ?
La plante de son pied, lequel dans le déroulement du mouvement de la marche ouvre et referme un espace qui le sépare du sol, de la terre mère. C’est dans la marche que le sujet s’arrache au sol, à sa nature matérielle, pour amorcer un élancement dans l’espace qui ressemble à une chute. La marche « est une suite de chutes évitées » dit-on.
- Quel est l'objet découpé par le trajet pulsionnel de la marche?
Un bout d’espace. Dans la pulsion viatorique ce qui est en jeu c’est l’espace conquis, laissé derrière soi, ouvert devant soi. D’où une certaine pathologie liée à cette pulsion.Psychanalyse et pulsion viatorique
       Dans son séminaire sur les Psychoses, Lacan a étrangement comparé ce qu'on appelle la Grand-Route à un des Noms-du-Père. Opposant sans doute Grand-Route et routes sinueuses, comme on opposerait sujet normal voyageant sans égarements comme sur une Grand-Route et psychoses qui égareraient le sujet sur des routes psychiques sinueuses...  opposition aux petites routes sinueuses où le psychotique s’égare. La pulsion viatorique est déjà en germe chez Lacan!
       Il y a enfin toute une pathologie du voyage, de la fugue des adolescents, des voyages pathologiques dans lesquels on perçoit une tentative de se construire, de fortifier une métaphore paternelle défaillante. Il est tout de même curieux de noter que le terme consacré par les toxicomanes est celui de "trip", "bad trip", voyage bon ou mauvais, pour un sujet cherchant dans l’imaginaire du toxique la Grand-Route qu’il ne trouve pas.
  Marche et Religions
Nous savons que les orifices pulsionnels sont les lieux privilégiés d’investissement du religieux et de son cortège de rites. Or rien n’est plus important dans le religieux que la marche. Tous les récits fondateurs de religions sont d’abord des récits de voyage.
- Les 3 pélerinages juifs prescrits par la Thora sont appelés les "chaloch regalim" ou les "3 voyages" et littéralement les ... "3 pieds"(!). Ils marquent l'obligation de voyager 3 fois par an (Soukot, Pessah, Chavouot) à Jérusalem, pour y dédier les offrandes au Pemple
- Dans la Bible, il y a le voyage d’Abraham, au départ d’Ur, puis  la longue marche du Sinaï.
- Le christianisme commence par le voyage de Nazareth pour Bethléem . Il connait aussi les pélerinages comme Saint Jacques de Compostelle, fondateur du sentiment européen.
- L’Islam date le début de l’Hégire par le départ de Mahomet de Médine vers la Mecque. Chaque musulman doit voyager et péleriner à La Mecque, au moins une fois dans sa vie
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5. Tel Aviv, 100 ans entre Histoire et Tourisme
Adapté par Yerouchalmi, notamment de S. Gromman, Jérusalem Post
Les Débuts
En 1906, 60 habitants juifs fondent la Société des bâtisseurs de maisons et se donnent pour mission d'élever, en dehors de Jaffa, une ville moderne. Ils se plaignaient des conditions de vie et sanitaires des Juifs à Jaffa, et surtout du décret ottoman qui les y obligeait à changer de domicile tous les ans. Leur projet deviendra réalité et le miracle de D. ieu sera tel que l'Unesco déclarera la ville en 2003 « patrimoine culturel mondiale de l'humanité » ; 2è agglomération juive après New York avec 50 km2 / 400.000 habitants.

                Et pourtant c’est d'un terrain fait de malheureuses dunes de sables parsemées de vignes stériles qu’ils héritent d’un empire ottoman en déliquescence ! C’est sur la dune centrale de ce no man’s land que les 60 membres de la Société se réunissent le deuxième jour de Pessah 1909 pour tirer au sort les noms des familles et les concessions allouées. Leur « chimère » sera baptisée « Tel-Aviv » ou « Colline du printemps » selon Ezéchiel (3, 15) « J'arrivai à Tel Aviv, chez les exilés près du fleuve ». En 1934, ils y auront déjà bâti une vraie « ville ».
Les ambitions
                A l'aide du KKL et de l’Anglo Palestine Bank, Akiva Weiss et Meir Dizengoff financent leur projet. La première vague d'immigration est une alya volontaire de sionistes cultivés, imprégnés d'idéaux socialistes et qui rêvent d'une ville exempte d'inégalités et dotée des attributs d'une métropole européenne.
                Tel-Aviv sera pensée dans les styles les plus débridés, mais son cachet initial demeure le style « Bauhaus » de l'école allemande de Gropius, dont 1000 sur 4000 édifices construits entre 1931 et 1956, sont répertoriés par l'Unesco. Des demeures d'Achouzat Baït, datant de 1909, il ne reste quasiment plus rien à l'exception de l'incroyable maison Mani, encastrée dans la tour de la banque Leumi et qui accueille un musée décrivant l'histoire du peuple d'Israël dès le début du siècle dernier et en particulier, l'épopée de Tel Aviv.

Les Années 20
                Elles voient fleurir une multitude d'édifices (dont beaucoup sont en cours de rénovation) dans un style carrément kitsch (classicisme, colonnes et arcs de motifs orientaux, art déco ou art nouveau) mais dont le charme n'est pas absent. La façade de l'immense demeure « La Pagode » (1925), au croisement des rues Nahami et Montefiore reprend le style d'un café new-yorkais japonisant et l'esprit des centres d'amusement américains, faisant figure d'apparition fantastique et incongrue ! On peut aussi mentionner, au coin de la place et de la rue Bialik dédiées au célèbre poète, le siège de l'ancienne mairie de Tel-Aviv reconverti en petit musée de l'histoire de la ville ou l'incontournable maison Bialik, qui avec ses murs clairs, ses pergolas de bois sombre, ses arcades et sa cour aménagée d'un bassin, s'est voulue le symbole d'une architecture hébraïque néo-orientale.
                Le syndicat Histadrout décide d'avoir recours à l'architecte allemand Kauffmann et à l'urbaniste écossais Geddes. Geddes conçoit un plan d'extension sur le modèle anglais de la cité-jardin. Pour les architectes, il s'agit de construire des unités d'habitation de deux ou trois étages avec une nette délimitation des espaces publics et privés. L'influence de Le Corbusier, qui attache une importance toute nouvelle au fonctionnel, marque la ville qui suit ses cinq principes : construction sur pilotis, toits terrassés, plan libre, fenêtre-bandeau et façade rideaux.

Les années 30
Dès les années 30 et jusque vers la fin des années 50, Tel-Aviv, devient un terrain d'expérimentation inespéré pour les architectes Bauhaus ayant fui l'Allemagne nazie et qui pensaient influencer un nouvel ordre social : les balcons comme moyens de communication entre voisins, reliant les couches de la population entre elles et les toits plats constituant un lieu de rencontre entre les habitants d'un même immeuble. Enfin, ils avaient conçu des appartements de tailles relativement modestes afin de réduire les inégalités sociales.
                Le Style international continue à inspirer les nouvelles constructions, à l'exception des tours de luxe et des gratte-ciel. Les Tel-Aviviens ont pris conscience de leur patrimoine et n'ont de cesse que de le préserver. La ville n'en finit pas de se refaire une beauté et d'avoir recours à la chirurgie reconstructrice !

De cette improbable cité levantine surgie du sable, l'urbaniste biologiste Sir Patrick Geddes a conçu un espace au design aéré qui enchante et régénère. Tel-Aviv, bientôt centenaire, a bel et bien tous les atours d'une cité-jardin.
Le Judaïsme    Tel Aviv est la ville des cafés, des restaurants, des salles de sport et des discothèques qui font le plein justement les jours les plus saints du judaïsme.
                Cependant, on trouve à Tel Aviv près de 500 synagogues dont 350 en service, des Yechivot, des cours du soir et des mikvés. De nombreux maîtres hassidiques célèbres ont préféré venir à Tel Aviv plutôt qu’ailleurs, à cause de la joie de vivre de ses habitants. Des grands personnages rabbiniques y vécurent comme le Rav Kook dont l’influence sur le sionisme religieux fut déterminant ou le célèbre cabaliste Rav Ravikov.
Les grattes-ciel (par ordre décroissant de hauteur)
De nombreux gratte-ciels sont en cours de construction ou devraient voir le jour, sur le boulevard de Rothschild, sur le front de mer, dans le quartier Neve Tzedek, Tzameret park, South Kirya, Ramat Gan.
Les Tours Azrieli dont la première phase de construction a été achevée avant les années 2000. La construction de la troisième tour du complexe a été terminée en 2007.
Tours existantes : 244 m Moshe Aviv ; 187 m Circular Azrieli ; 170 m Ayalon, Sheraton et Triangular Azrieli,…
Tours en projet : 400 m Tel Aviv 2000 ; 325 m Egged Tower ; 250 m Ha’argaz Tower ; 244 m Trump Plaza et Ampa ; 225 m Gadat Ayalon ; 200 m South Kirya.


Des bâtisses récentes à style
    - Asia House 4 rehov Weizmann.   Ce batiment construit en 1979 abrite l'ambassade du Japon et de la Suède.
    - The Crazy House 181 haYarkon. Œuvre de l'architecte Leon Geneva et achevée en 1989. The Crazy House évoque le style de Gaudi. D'extérieur, le style architectural est a l'opposé des autres styles de Tel Aviv. La façade est recouverte de peintures murales et d'oliviers. L'intérieur est lui aussi unique en son genre.
    - Kikar Levava de Dani Karavan – Parc Edith Wolfson  
Kikar Levava est une sculpture environnementale située sur une petite colline, au Parc Edith Wolfson, dont le nom signifie le Carré Blanc, allusion au surnom de Tel Aviv, "la Ville Blanche". Le carré se trouve au plus haut point de la ville, là où elle rencontre la localité de Givatayim. Ce n'est pas un lieu trop fréquenté par les touristes, mais plutôt par les résidents qui viennent se détendre au parc. L'artiste a utilisé le béton blanc. Le contraste entre la sculpture, la verdure du parc et les bâtiments environnants de béton armé, est absolu. Cette sculpture s'étend sur une surface de 30 mètres par 50 mètres. Elle présente beaucoup d'éléments familiers avec les autres travaux de Karavan, une pyramide, un canal d'eau, une tour et un dôme avec un arbre en son centre.
  Informations Pratiques
- Site Internet officiel de Tel-Aviv     http://www.tel-aviv.gov.il/Hebrew/ Index.asp
- Centenaire début août 2008           http://digital.timeout.co.il/activemagazine/welcome/TLV_100ENG.asp
- Guides de la ville : Tel-Aviv, de Likwornik, Guysen Editions (chaudement recommandé) et guide illustré des bâtiments Bauhaus : « Architecture de Tel-Aviv, Jérusalem et Haïfa »
- Centre Bauhaus 99 rue Dizengoff. Tél: 03-522 02 49. Visites français.  www.bauhaus-center.com
- Panoramic Azrieli, Tour ronde, 132 Begin. 03608 11 79. Restau. '2C' sommet / lunch à ne pas rater!
- La maison Mani, première période de Achouzat Baït. 03514 97 33
- Néveh Tsedek, maison de Shimon Rokach, pionnier 1887. 36, Rokach.   www.rokach-house.co.il
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6. Relations entre époux dans le judaïsme.
Adapté d’extraits d’une conférence du Pr Hayoun
Contexte général : Homme et Femme          
NDLR : Aucune des trois religions monothéistes n’a apparemment accordé aux femmes une place sociale de choix. Mais certaines l’ont significativement amélioré par rapport aux mœurs des pays dans lesquelles elles se sont implantées. Dans la Bible, on se souvient de la malédiction contre Eve, responsable de la chute après avoir tenté son époux pour le fruit interdit. On peut cependant citer des figures comme Myriam, Debora, Judith ou Anne mère du prophète Samuel, dont les suppliques sont le parangon de nos prières, des matriarches qui orientent l’histoire humaine à ses moments cruciaux, comme Sarah, Rivka, Leah ou Ra’hel. Cependant le devant de la scène est occupé par l’homme, mais bien moins que dans les sociétés machistes environnantes.
L’amour entre époux : les relations sexuelles.
        Parler du statut de la femme dans le judaïsme, c’est évoquer son statut face à la loi ou à la règle religieuse. Comme d’habitude, le Talmud commence par faire preuve d’un humour tout britannique. Avoda Zara (5a) rend un hommage inattendu à Adam et Eve car, « s’ils n’avaient pas péché, nous ne serions jamais venus au monde ». NDLR : l’inhabituelle redondance des deux yods du mot « vayyetsé » (il a créé) de la Genèse est interprété par nos Sages (hormis Rachi) comme la nécessité de l’instinct du bien (Yetser Tov) ET du mal (Yetser Ra), car, sans ce dernier poursuivent-ils, il n’y aurait pas de tentation sexuelle donc pas de procréation et pas d’humanité !
        Les rabbins ont toujours insisté sur la nécessité pour l’homme de satisfaire les demandes sexuelles de son épouse. NDLR : ils condamnent l’attitude de l’homme qui ne se soucierait que de sa propre consommation sexuelle, considérant qu’il a également le non moins important devoir de conduire son épouse au plaisir.
Périodicité des relations
       Se posent alors quelques questions : comment fait-on l’amour et combien de fois par semaine, par mois ou par an ? La périodicité des rapports sexuels s’appelle en hébreu  biblique, « ona ». Assez curieusement, le Talmud met cette fréquence en rapport avec l’activité de l’époux. « Un chamelier qui part pour de longues traversées du désert sera astreint à un laps de temps plus allongé entre deux étreintes (une fois par mois) alors que celui qui s’occupe des ânes devra aimer son épouse au moins une fois par semaine. Le marin, lui, bénéficie d’un délai plus  long, eu égard à la distance des lieux… : une fois, au moins, tous les six mois ». 
       Il ne faut pas oublier que les périodes des règles et « d’impureté » associée, neutralisent près de deux semaines par mois, au cours desquelles aucun contact n’est permis entre les époux (NDLR : périodes de pause susceptibles de raviver des passions que l’usure du temps pourrait autrement guetter). Les docteurs du Talmud ont toujours insisté sur l’importance de relations sexuelles stables et régulières dans l’équilibre de l’individu  et du couple. Bien que le judaïsme rabbinique ne soit pas contempteur du corps, il énonce quelques principes de bon sens qui guident vers une certaine modération : Soukka (52b ) dit ceci : « c’est un petit membre que le sexe  de l’homme ; s’il le rassasie, il est toujours affamé, mais s’il  l’affame il est rassasié ! »    
Cabbale et symbiose masculin / féminin.
        La Cabale évoque une telle symbiose. Au sommet de l’arbre, les premières sefirot, hochma et bina (la sagesse et le discernement) étaient prises dans une  étreinte éternelle et qu’on les nommait abba ve-imma (papa et  maman). De leur union spirituelle émane une nouvelle sefira nommée  Da’at (le savoir, la connaissance).
NDLR : pour la Cabbale, les relations sexuelles sont ainsi indispensables car génératrices d’une dimension qui dépasse le domaine physique et la connivence entre époux pour leur donner accès à des domaines spirituels de niveaux impossibles à atteindre autrement. Ainsi comprend-on l’obligation assignée aux époux de pratiquer l’acte sexuel au moins une fois par semaine, et si possible le jour du Chabat.
Autres évocations juives de l'amour
Encore 2 passages, l’un Talmudique et l’autre de Maimonide, sur la question de l’amour.
   - Dans le Talmud Chabbat (140b) «Rabbi Hisda donnait à ses filles des conseils en matière amoureuse : offrir d’abord leurs seins et attendre que l’envie du mari atteigne le paroxysme…  pour passer à l’accouplement proprement dit »…
   - Maimonide, dans son Michné Tora : « Un mari a droit à sa  femme et peut faire tout ce qu’un homme a envie de faire. Il a le droit de faire l’amour quand cela lui chante et d’embrasser  quelque organe que ce soit. Il peut faire l’amour de manière naturelle ou pas, tant qu’il ne gaspille pas sa semence. Toutefois, la piété commande de ne pas agir à la légère, de se sanctifier durant l’acte d’amour. L’homme ne devrait pas dévier de la pratique habituelle car l’amour sert tout d’abord à la procréation… »
Le mariage et l’acte sexuel
        Le mariage pourrait, à la limite, être engagé entre les conjoints par simple relation sexuelle sans nécessairement qu’il y ait contrat entre eux. Cependant, de plus en plus, on assimila ce mode d’union à de la  prostitution et Maimonide signifie clairement dans son Mishné Torah qu’il est déconseillé. La législation a rattrapé l’évolution des  mœurs : on redoutait dans le cercle des famille, le mariage en cachette. C’est aussi pour cette raison que les  familles ont exigé que la cérémonie soit suivie de l’acte sexuel afin de valider l’union sur tous les plans.
         Bien que l’homme ait le pouvoir discrétionnaire de divorcer de son  épouse, la loi rabbinique a établi des garde-fous au bénéfice de la  femme :
   a) la Halacha prévoit une série de procédures qui, sans empêcher l’homme de divorcer de sa femme, cherchent à limiter les séparations dans le feu de la colère ;
   b) le Talmud évoque des cas où la femme contraint le  mari à demander le divorce ;
   c) les rabbins ont introduit 'l’acte de mariage' (ketouba) qui protège les femmes ;
   d) enfin, à l’époque de la première croisade, Rabbénou Gershom interdit de divorcer sans le consentement de l’épouse.

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7. Lecture Biblique - Homme/Progrès/Langage
du Rav Avigès de New-York
Le but de ce cours est d’analyser, à travers le conflit qui agite Jacob et Esaü dans le Midrach, la dialectique entre individu comme sujet individuel, langage et progrès.
 
       Le Rav Uriel Avigès anime la Yechiva de Rav Feinstein à New York.
Ce jeune français, spécialiste mondialement réputé en méthodes de déduction halakhiques (législatives), est également féru en pensée juive. Pensée qu'il tient à analyser avec les Commentateurs traditionnels et à confronter aux textes des écrivains et philosophes de la modernité.
Il enseigne depuis des années tous les mardis un cours biblique fort réputé aux jeunes juifs francophones qui travaillent à New York. Nous devons à Yossi Perez de pouvoir en disposer sur un site.     Cliquez   Cours Rav Avigès      

Esaü et le christianisme
         La Torah nous dit que Jacob et Esaü se haïssent avant même de naitre, dans le ventre de leur mère ils se battent déjà.Elle nous apprend aussi qu’ils sont morts le même jour et qu’ils ne pouvaient pas vivre l’un sans l’autre. Les midrashim expliquent qu’Esaü, c’est Rome et le christianisme, "l’Evangile des ghettos" dit que Jésus est le guilgoul (résurrection de l'âme) d’Esaü, on notera qu'en hébreu Esaü et Jésus peuvent s’écrire avec les mêmes lettres.
         L'antijudaïsme chrétien a généré un sentiment de culpabilité, dont l'effort de sublimation par les chrétiens les a conduits à renforcer leur devoir de transformer le monde et de le développer. Cet aiguillon de civilisations oscillant entre haine et progrès tranche avec  les civilisation autochtones comme les indiens d’Amériques (cf. les travaux de notre jeune centenaire ethnologue juif ex new yorkais, Levi Strauss) , dont les mythes, étant basés sur l’amour fraternel de frères jumeaux, sur des civilisations de l’amour et de la stabilité, conduisent à l'absence de tout progrès et, in fine, à la dissolution du sujet. En opposition à la civilisation judéo chrétienne, qui est la civilisation de la haine, du progrès de la création et de l’indépendance du sujet individuel.
 1- L’enterrement de Jacob et Esaü
        Le Talmud dans Sotah 13a  décrit l’enterrement de Jacob à Hébron, dans la grotte de Mahpela, là où Avraham et Sarah, Isaac et Rivkah ainsi que Leah avaient été enterrés.
- Lors de l’enterrement, Esaü s’interpose arguant que la moitié de la place restante dans la grotte lui appartient, car à la mort d’Isaac il restait deux places libres : Jacob en a utilisé une pour enterrer Leah ; Esaü pense que la 2ème place dans la grotte lui revient de droit, étant aussi fils héritier.
- Mais les enfants de Jacob lui répondent qu’il a vendu à Jacob ce droit à être enterré là. Esaü leur demande de le prouver avec le contrat de vente. Naftali court alors en Egypte pour l'y chercher.
- Pendant ce temps, Hush le fils de Dan qui est sourd (et peut être aussi muet) n’a pas compris pourquoi l’enterrement est arrêté. Un des enfants de Jacob lui raconte l’histoire.
- Hush Ben Dan prend un bâton et frappe la tête d’Esaü, le coup est si fort qu’il est décapité, sa tête roule dans la grotte de Mahpela, et le sang d’Esaü mouille les pieds du cadavre de Jacob.
         Le Talmud décrit une haine de Jacob pour Esaü qui ne s’arrête pas avec la mort!
Ce passage soulève de nombreuses questions : Pourquoi Jacob ne peut-il voir la mort d’Esaü qu’après sa propre mort? Pourquoi est-ce Hush fils de Dan qui tue Esaü et pas quelqu'un d’autre? Pourquoi faut-il qu’il soit sourd? Pourquoi seule la tête d’Esaü est-elle enterrée dans la grotte de Mahpela et pas le reste du corps?
2- Femme/Serpent/Cheval ou Levi Strauss avant l'heure
        Jacob avant de mourir a béni ses enfants et dit à Dan “que Dan soit un serpent sur le chemin, un python sur la route qui mord les talons du cheval, en renversant celui qui le chevauche, c’est en ta délivrance que j’ai espérée D!”. Cette bénédiction est une allusion à Samson qui est un descendant de Dan, dont Jacob, décu prophétiquement qu'il ne fût pas le messie, termine sa bénédiction  “c’est en ta délivrance que j’ai espéré Hashem”. Toutefois,  les midrashim disent que Shimshon lors de la venue du messie va ressusciter, et qu'il ira “déraciner les pieds d’Edom du Mont Seir”. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le fait que Dan mord le talon du cheval de Edom,ennemi juré de Jacob.
Pourquoi Shimshon et Dan sont comparés dans la bénédiction de Jacob à un serpent
        Il semble que Jacob veuille faire une allusion à la malédiction que D adresse au serpent, après qu'il ait fait fauter Eve en l'incitant à manger de l’arbre de la connaissance: “je mettrais la haine entre toi et le serpent, il te mordra le talon et toi tu lui écraseras la tête”. Encore une histoire de haine, de pied et de tête. Remarque : après la faute du premier homme le serpent a perdu ses pieds et rampe sur son ventre...
         Parmi les anges, figure Samael qui a deux fois plus d’ailes que les autres et qui est aussi deux fois plus jaloux d’Adam, qui "chevauche le serpent comme on chevauche un cheval, pour le contrôler et faire fauter Eve". Or Samael, nous dit le Midrcsh ailleurs, c’est l’ange d’Esaü, avec lequel Jacob s’est battu. La dialectique Jacob - Esaü évoque donc une dialectique, Adam - Samael, qui milieu tourne autrour de femme/ serpent /cheval. (Levi Strauss s’amuserait bien ici à faire de l’interprétation ethnographique).
         Ce Midrach veut en fait mettre en opposition Samael, "obligé de chevaucher le serpent comme un cheval, d'habiter de son esprit comme lorsque quelqu’un est pris par un démon”, et Adam capable quant à lui d'apprivoiser les animaux en les objectivant par le nom et par le langage.
3- Le langage et l’identification à l’objet
En effet, les anges furent jaloux d’Adam, capable de nommer tout les êtres vivants, alors qu’eux en étaient incapables “ce à quoi l’homme donnait un nom, le nom correspondait à l’essence même de sa vie”. Or, le langage est toujours métaphorique et différentiel, nommant les choses les unes en rapport aux autres, sans jamais en décrire la forme ou l’essence : “une table” ce n’est pas un panneau avec quatre pieds, il peut y avoir des tables de multiplication,... Le langage n’étant qu’une convention, une structure, pourquoi les anges ne seraient ils pas capable de faire une convention entre eux pour inventer un langage et nommer les choses? Pourquoi seul l’homme peut-il le faire?
         Dans le Talmud Chabat, Rav Yossef dit "Je n’ai jamais appelé mon bœuf, un bœuf, mais mon champ. Je n’ai jamais appelé ma femme, ma femme, mais ma maison”. Adam savait ainsi donner une fonction à l’animal en l’objectivant, et lorsque l’animal avait reçu une fonction, l’animal s’identifiait à la fonction que l’homme lui avait donnée. L'homme, en nommant l’animal par un mot, l'objective dans une fonction ou dans une signification qu’il prend en rapport à lui ; par phénomène de retour, l'animal s’identifie au rôle que l’homme lui a donné, l’animal est comme transformé par le langage, par mécanisme d’identification.
4- Le piège du langage : l’objectivation de celui qui parle
Rachi explique que ce qui a causé la faute, c’est qu’Adam et Eve manquaient de connaissance du bien et du mal, ils ne se rendaient pas compte que lorsqu’ils avaient des rapports sexuels publiquement, excitant le désir des autres animaux, éveillant alors le désir du serpent qui a causé la faute de l’homme. Eve est donc, pour Rachi, devenue objet de désir pour le serpent.     
         On retrouve le problème ci dessus énoncé du langage. Lorsque l’homme objective par le langage un animal, il se retrouve lui même piégé par le langage et devient lui même un objet, ne pouvant plus se comprendre lui même qu’à travers le langage objectif qu’il a créé : pour l’animal aussi, l’homme devient une fonction (le dompteur,qui amène la nourriture) et l’homme se retrouve piégé par son propre piège d’objectivation par le langage, et il finit par devenir lui même  objet.
5- Le libre arbitre, conséquence du langage
L’humain a le choix soit d’accepter cette objectivation, et d’être un objet de désir pour l’autre, (comme Eve qui se laisse séduire par le serpent), soit de rejeter cette objectivation et de fuir l’image que le langage veut lui renvoyer. Dilemne de l‘arbre de la connaissance du bien et du mal!  Le choix moral serait alors la conséquence directe et inéluctable du langage : objectivation qui peut entrainer, soit une identification, soit une prise de distance face à cette objectivation.
         La séduction par la mise à nu du serpent symbolise le discours séducteur d’Esaü qui fonctionne par ce qu’il s’identifie à son langage pour séduire, en se mettant à nu. (Aroum ruse veut dire aussi nu en hébreu).
         Esaü séduit Isaac par le langage, comme le serpent a séduit Eve. Esaü est capable de chevaucher les autres, car il s’identifie au langage qu’il parle ; mais il n’a pas de pieds, car il n’a pas de locomotion propre, il est comme le serpent qui rampe sur son ventre. Par opposition, Jacob “porte ses pieds”. La locomotion de Jacob, ses deux jambes, sont, dans la Cabbale, la prière et l’étude, deux choses qui dépendent du langage !
         On comprend ainsi mieux le paradoxe apparent :
a) D'une part, Esaü est l’homme de la parole qui “sait chasser avec sa bouche”, c’est dire qui séduit son père Isaac par un discours trompeur, à l’image du serpent.
b) D'autre part, Esaü est abattu par un sourd muet, insensible à la séduction du langage. N'oublions pas que son ange Samael est  incapable de nommer les choses.
6- La prière et l’étude dépendent du langage et d’Esaü
        Pour Rav Saadia Gaon, lorsque l’homme prie il se trompe toujours, car les adjectifs décrivant D ne peuvent être que métaphoriques (D n’est ni un père ni un roi comme dans la Prière, tous ces noms sont des inventions humaines, qui sont fondamentalement fausses), mais nous devons utiliser ces métaphores pour prier. Faire la prière impose le recours à des métaphores auxquelles on ne s’identifie pas, et auxquelles on n’identifie pas D.  C’est en rejetant l’identification du langage que l’on peut se retrouver et retrouver D. Cependant ce rejet nécessite le langage, c’est pourquoi Jacob ne peut pas vivre sans Esaü!
         L’étude de la Torah est aussi un discours par rapport auquel on prend position pour se retrouver soi même, faire des métaphores du texte et le paraphraser, c’est donner du sens au texte et l’expliquer, pourtant on sait que plus on parle, plus on explique, plus on ouvre des questions, et plus on met à distance le langage. C’est pour cela que le Talmud Avodah Zarah dit que le messie ne peut venir que lorsque la civilisation occidentale d’Esaü aura régné sur le monde pendant 9 mois.
         Le Maharal y voit les 9 mois de grossesse de la civilisation occidentale chrétienne qui accouche du messie après avoir exploité toutes les possibilités du langage et de la pensée, et avoir fini par s’identifier par opposition à elle. La venue du messie dépend du renouveau constant de la Torah, lié au renouveau du langage occidental. C’est aussi pour cela que Jacob ne peut tuer Esaü qu’après sa propre mort, il doit d’abord s’ouvrir à la séduction du langage avant de s’en débarrasser.