5769 -YEROUCHALMI® Best-Of - Eté 2009 Merci à nos 11911 membres pour Israël et la Tradition .Excellent N° cliquez sur Yer 99
SCOOP Interview du Grand Rabbin de France Cliquez Gilles Bernheim
Idées Clé, Missions, Judaïsme et Religions, Fin de Vie
.
Notre
ami, Claude
Askolovitch nous a fait part d'une infiniment triste nouvelle sur
Facebook "Valérie, ma femme, mon rêve, ma vie même, est morte hier
soir. Rien n'existe plus que cela et nos enfants. Pas de messages, s'il
vous plait."
Les
11900 lecteurs du Yerouchalmi sont de tout coeur avec lui, partageant
sa peine, adressant leurs prières pour qu'il trouve la force
d'affronter ces moments et que la famille reste forte.
AU SOMMAIRE 1. Israël/Iran/Secrets Défense... Exclusif !
2. Prouesses du High Tech israélien
3. Psychiatrie et judaïsme, Boris Cyrulnik
4. Voyage, Psychanalyse § Religion
Gérard Haddad, Psychanalyste/Talmudiste
5. Tel-Aviv, 100 ans / Histoire et Tourisme
6. Relations entre époux dans le judaïsme.
Conférence du Pr Hayoun
7. Homme/Progrès/Langage :
Lecture Biblique du Rav Avigès =====================================
1. Israël - Iran : Secrets Défense
Enquête exclusive du Yerouchalmi
Alors
qu’Ahmadinejad répète « qu’Israël doit être rayé de la carte », Israël
a élaboré, si les USA refusaient d'agir, des plans secrets pour
utiliser des armes nucléaires à faible rendement afin d’éliminer une
menace nucléaire iranienne.Israël préfère certes user de moyens
diplomatiques pour arriver à ses fins mais Barak déclare qu’Israël
n’aura pas peur d’utiliser en dernier recours et pour assurer sa
survivabilité des frappes préventives.L'Iran menacée Tout se passe
comme si, exhibant déclarations et missiles, Téhéran voulait imposer
son fait accompli en prouvant l’impossibilité des frappes militaires
préventives, son pari étant que l'Amérique n'aura pas la volonté
politique de se lancer dans un conflit, qui générerait des menaces sur
le pétrole.
Cependant, le ‘Conplan 8022’ US est un scénario
militaire d’attaque rôdé et l’élimination des sites nucléaires qui
impose des centaines de sorties aériennes pendant des semaines est à la
hauteur des capacités américaines avec leurs 120 bombardiers capables
d'attaquer 5000 cibles en une seule mission. "J
e pense que la fabrication par l'Iran d'armes nucléaires est
inacceptable. Nous devons organiser un effort international pour
empêcher que cela puisse se produire. L'Iran
soutient des organisations terroristes. Je pense que c'est quelque
chose qui doit cesser", avait dit M. Obama lors de sa
première conférence de presse.
Israël peut et avec du 'mini-nuke'
Cependant et même si le nucléaire rendait l’Iran intouchable,
l’élection de l’aile pacifiste d’Obama lui redonne des ailes et
cantonne les USA à une pure non intervention, rendant, en conséquence,
une intervention israélienne quasi sûre.
Soucieux de ne pas
favoriser un "front arabo-musulman", Washington devrait dissuader
mollement Israël d'intervenir. Pour Tsahal, l'objectif serait plus
difficile à atteindre que le réacteur irakien Osirak en 1981. Ses 70
avions devraient franchir une distance bien plus importante de plus de
3000 KM aller-retour avec un ravitaillement en vol nécessitant bien
plus que leurs 5 petits C-130, c'est-à-dire un soutien logistique
américain qui, lui, ne serait pas refusé. Israël dispose de son propre
réseau de satellites espions qui surveille constamment tous les sites
considérés comme "suspects" disséminés en Iran. L’Air israélien a ciblé
ses investissements récents pour une frappe anti Iran.
2
escadres de l'armée de l'air d'Israël s'entraînent à utiliser des
bombes nucléaires "anti-bunkers"** ('mini-nukes') pour démolir
l’enrichissement d’uranium car des frappes conventionnelles ne seraient
pas suffisantes pour raser ces installations construites sous une chape
de 20 m de béton. Israël a identifié 3 cibles principales au sud de
Téhéran, dont Natanz pour l'enrichissement sous terre de l'uranium. Des
pilotes israéliens s’entraînent vers Gibraltar pour des voyages de plus
de 3000 km vers l'Iran.
**
Suivant des bombes conventionnelles à
guidage laser ouvrant des tunnels dans les cibles, des mini-bombes
nucléaires anti-bunkers seraient tirées, explosant profondément dans le
sol. De tels engins rompraient le tabou nucléaire, provoquant une
réprobation internationale et une solidarité des pays musulmans envers
l'Iran. Les américains y sont hostiles. L'alternative reste
l'héliportage de commandos chargés de la destruction des sites, avec
les risques inhérents à ce type d'opérations
Les Cibles d'Israël en IranLes cibles sont nombreuses et le secret du succès est d’identifier les
nœuds essentiels du développement d’armes nucléaires et les plus
durs à remplacer.
Parmi ces 100 sites :
- le réacteur de Bushehr, site vulnérable, fixe, hautement visible sur la côte sud de l’Iran.
- autre cible : l’usine d’eau lourde secrète près d’Arak, pour la production de plutonium.
- 3ème cible : la centrifugeuse de Natanz, enterré sous plusieurs couches de béton armé.
- autre objectif : l’Aciérie Nationale d’Ispahan, susceptible de fournir des produits métallurgiques liés au nucléaire.
-
l’installation d’eau lourde d’Arak et celle d’UF6 à Rudan près de
Shiraz sont accessibles, mais plus proches du centre de l’Iran
Les Routes des avions de Tsahal
Les avions passeraient probablement par une route contournant la
Jordanie par le sud – au-dessus des déserts saoudiens – puis débouchant
sur le Golfe Persique. Ce qui exigerait 2 ravitaillements en vol. Mais
il y aurait aussi l’option d’utiliser un corridor à travers l’espace
aérien jordanien, syrien ou irakien – tout en empêchant des missiles
sol-air ou des chasseurs ennemis d’engager d’autres éléments des forces
aériennes.
Israël préférerait frapper à partir d’un point de
départ dans l’espace aérien ami de la Turquie, mais cela nécessite
également une grande dextérité diplomatique. De plus, comme la plupart
des cibles se trouvent au sud et au centre de l’Iran, une frappe
aérienne israélienne à partir du sol turc aurait besoin de voler
exactement au-dessus de la ligne de front des défenses aériennes
iraniennes. Une route alternative à partir de la côte érythréenne,
au-dessus d’Oman et du Yémen, aux faibles défenses aériennes, pourrait
supprimer 1000 km que les chasseurs-bombardiers devraient franchir.
La riposte iranienne : 20000 morts israéliens
L'aviation de combat iranienne ne saurait offrir une résistance
crédible à une campagne aérienne massive. Mais la défense antiaérienne
et antimissile de l'Iran a bénéficié d'une montée en puissance grâce
aux matériels livrés par Moscou.
L’intervention israélienne
conduirait, dans tous les scénarios, à des pertes israéliennes très
sévères, même si Tsahal est assurée d’arriver, in fine, à ses fins. Il
faut savoir que l’Iran enverra, dès détection d’une attaque sur son
sol, des frappes aériennes suicides, nombreuses et destructrices sur
les environs de Tel Aviv. Les Etats Majors évaluent qu’une partie de
ces avions seront arrêtés par les défenses anti aériennes
mais restent
persuadés que les dégâts causés par les avions ennemis rescapés
occasionneront pas moins de 20000 victimes israéliennes. La
menace que fait peser Téhéran est également d'ordre "asymétrique" avec
d’autres menaces : son régime dispose de relais, avec le Hezbollah au
Liban et le Hamas en Palestine, où il pourrait déclencher des
violences. Ses missiles Shahab3 sont capables d'atteindre Israël et les
monarchies du Golfe. L'Iran peut aussi favoriser une recrudescence
d'attentats en Irak, en Afghanistan, et partout où des
commandos-suicides pourraient menacer les intérêts américains ou
occidentaux.
Israël est fin prêt "
Nous sommes convaincus que l'Iran continue d'agir pour obtenir l'arme
nucléaire et continue à tromper le monde en menant des négociations sur
le contrôle de cet armement". Tzipi Livni, a mis en garde
Obama, "
contre toute tentative de dialogue direct avec
l'Iran, qui serait interprété comme une
marque de faiblesse".
Israël, tous partis confondus, est donc prêt à affronter de tels risques et impacts :
a) après épuisement des essais de négociation, b) si sa survie était en jeu et
c) si les USA refusaient lâchement d’intervenir.
Au nom de la sacro sainte"doctrine" élaborée il y a plus de 25 ans par
Begin, qui prône l’action militaire pour empêcher les pays du
Moyen-Orient de se doter d'armes de destruction massive, notamment
nucléaires, qui pourrait rayer Israël de la carte.
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2. Dernières prouesses du High Tech israélien
Israël
est classé 15ème /138 nations par l'Organisation Mondiale de la
Propriété Intellectuelle et Artistique. Mettez à jour vos connaissances
des derniers nés de la R§D israélienne dont on peut être fiers ! Synthèse Yerouchalmi..
Santé
- Le «Tourisme Médical» se développe avec 20000 étrangers/an du
fait d'un meilleur coût/qualité. Les traitements visés sont psoriasis,
maladies de la peau, transplantations de moelle osseuse, chirurgie des
hanches, oncologie ou fertilisation in vitro.
-
Remplaçant les anti-coagulants pour éviter les effets collatéraux d'une thrombose
et les saignements. SFT (Technologie du flux synchronisé) est un
appareil compact qui repère les pulsations du flux sanguin et se
synchronise. Il est développé par MCS d’Adi Dagan, ingénieur, et du Dr
Jacob Barak, chirurgien du cœur.
-
Le jus de grenade prévient les attaques cardiaques, les effets du cholestérol,
atténue la pression sanguine et les complications dues au diabète, si
ce super anti-oxydant est absorbé régulièrement (Dr Michael Aviran,
Technion de Haifa).
.
- Traiter la dépression par signal magnétique sur la zone
du cerveau responsable des stimulis positifs, le Nucleus Accumbens (procédé DTMS). 80% des
personnes (traitées aux antidépresseurs) ont répondu
au traitement, avec pour 50 % d’entre eux des résultats extrêmement
positifs.Brainsway
a pu lever en ces temps de cauchemar pour le financement de la R§D
15 millions$ pour finaliser ses essais cliniques.
Agroalimentaire et Environnement- Avec 10 000 litres/an, les vaches laitières israéliennes détiennent le record du monde,
en hausse de 50% par vache depuis 1960, grâce à des essais génétiques
de l’Institut Volcani et ses cultures de sperme et ovaires de bétail de
haute qualité
- Israël en 48 ne cultivait que 15 types de légumes et aujourd’hui, une soixantaine,
selon les besoins du marché, la couleur, la période de production, de
sorte à assurer un approvisionnement toute l’année. Israël travaille
tout le temps à la recherche de telles innovations, ayant compris que,
pourdévelopper l’agriculture, il faut mettre la R & D au centre du
dispositif.
- Israël est championne pour déterminer les besoins précis des plantes :
A) pour l’irrigation, fournir l’eau exacte à la minute près, grâce à la ‘micro-irrigation’.
B) pour les engrais, détreminer quoi donner, quand donner, l’endroit et les quantités optimales. A
l’aide de contrôles centralisés des alimentations, automatisés, de
précision et homogénéité. Toute erreur conduit à des effets néfastes
sur les plantes ou l’environnement.
- Les agronomes israéliens sont à la pointe du goutte à goutte, de la solarisation des sols et de l’irrigation par les
eaux industrielles recyclées. But : la
commercialisation de produits allant des graines génétiquement
sélectionnées à des biopesticides, plastiques photo-dégradables et
systèmes informatisés d’irrigation/fertilisation.
- Israël est connecté aux chercheurs dans le monde qui sollicitent ses experts
comme ceux du Sénégal qui a lancé le programme Goana pour
l’autosuffisance alimentaire, avec technologies, connaissances et
formations en provenance d’Israël.
- La plante "Jatropha Curcas"fournit 3 fois plus de carburant à l’hectare
(3 Tonnes) que le maïs ou le soja. Utilisée par Galten Alternative
Energgy, elle résiste à la sécheresse, aux insectes et aux rongeurs,
est riche en huile et n'est pas en concurrence avec les cultures
vivrières. Le projet israélien est réalisé au Ghana.
- Vivez "écologique" à Nourit (Gilboaa) où on récolte l'eau de pluie, évite les déchets excessifs, limite le carbone émis, on utilise le vent, le soleil. Les lots coûtent 150 000 $.
- En cas de tremblement de terre Israël renforce les fondations des
50 000 immeubles sans frais avec Plan 38. Paiements assurés par la
vente des nouveaux appartements construits en surélevant l'immeuble
datant d’avant 1980, de 2 à 3 étages.
.
Archéologie & Tourisme - Datant de 3000 ans, un tunnel du Palais Roi David à Jérusalem
a été découvert par le Dr Mazar de l'Université Hébraïque. Ce conduit
d'eau menait à une piscine au sud-est du site ayant servi d'issue de
secours lors du siège de la Ville (cf. Rois II 25/4, II Samuel 5/6-8
& I Chroniques 11/4-6, narrant la prise de Jérusalem).
- L’inscription la plus ancienne, 3000 ans d’âge,
époque Davidienne, en langage précurseur de l'Hébreu a été découverte
sur un tesson de 15x15 cm à Bet Shemesh par le Pr Garfinkel,
archéologue à l'Université Hébraique. 150 ans de progression !
- Un fragment de sarcophage d'un Grand Prêtre du 2e Temple
(60 x 48 cm), découvert au Nord de Jérusalem et portant
"Ben HaCohen Hagadol", qui aurait officié entre 30 et 70 !
- Un sceau hébreu du nom «Hagab» mentionné dans la Bible
(!) Ezra 2/46 au 1er Temple (officier des rois Manassé et Josiah) a été
découvert près du Kotel. On y voit un guerrier tirant une flèche.
- Un parc géant (350 ha) aux nombreux jardins botaniques, centres agricoles/ sportifs est en construction entre Tel Aviv et Ramat Hasharon.
- Payer son Parking avec son portable par SMS
c’est déjà possible -Park and Go – avec «PanGo» dans 34
villes avec Eilat. Il suffit de faire le *4500 et payer les 4
shekels/heure.
- Transformez vos photos en un film romantique : Animoto à http://animoto.com
Inventions et découvertes- Produire de l'électricité avec l'énergie d'une bactérie (!)
Des MégaWatts produits dans une usine de traitement d'effluents
avec «Emercy / Micobial Fuel Cell». 3 sortes de bactéries présentes
dans les eaux résiduaires décomposent les matières organiques des
effluents, créant de l'électricité. Sous 220 Volts, 1 kg de produits donne 1 kilowattheure.
- Concurrencer les canons à neige en dessalant l'eau salée pour
pistes de ski (neige rare avec le réchauffement). IDE Tech a construit un équipement mobile coûtant 1,4 m€
et produisant 1900 m3/j de neige (11m haut, 30 T). Système installé en
Suisse et Autriche.
- Le robot "Rewalk" permet à un quadriplégique de marcher.
Développé par Argo Medical Technologie son inventeur Amir Goffer,
lui-même handicapé, a créé son prototype pour améliorer sa qualité de
vie en marchant.
- Corriger un écrit à partir d’un texte lu / efficacité de 95% / plusieurs langues.
Ginger Software a mis au point cesystème pour dyslexiques (10% de la population).
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3. Psychiatrie et judaïsme, avec Boris CyrulnikDialogue adapté par YerouchalmiLire - Ed. Odile Jacob : "De chair et d’âme", "Les nourritures
affectives" et "Le murmure des fantômes". Ed. Le Chêne : "La fabuleuse
aventure des hommes et des animaux".
Boris Cyrulnik, le psy français le plus célèbre, est juif et rescapé.
Sous Vichy, à 5 ans, il est raflé
avec 1.700 juifs à Bordeaux. Parvenant à s'échapper il en est le seul
survivant ! «Si j'ai eu le culot de
m'évader, c'est parce que ma mère m'a donné confiance en moi». Prémices
de la fameuse «résilience»? Ce mot, emprunté à la physique, désigne
l'aptitude à se renforcer après un coup et Cyrulnik en est le vulgarisateur,
expliquant comment, même dans les pires cas, on peut
reprendre goût à la vie, grâce aux liens sociaux. Yerouchalmi, dans ces dialogues, a tenu à souligner les parallèles avec les enseignements du judaïsme (notés
NB et soulignés en italique).
Comprendre le Mal absolu J’ai cherché à
comprendre comment des hommes ont pu commettre de telles
horreurs : Ce sont des "pervers" ou des
"pervertis". Pour les "pervers", l’autre n’a jamais existé : ils sont
restés au stade du nouveau-né, pour qui l’autre n’existe que pour les nourrir. Les
"pervertis", vivent dans 2 mondes : l'un de
cruauté, l'autre où il rentrent chez eux embrasser leurs enfants…Dans Shoah, Lanzmann interviewe un polonais
d’Auschwitz, qui répond à «à deux pas des barbelés, ça
ne vous faisait pas mal ?» : «Pourquoi donc ? Si l’on vous coupe vos
doigts, les miens vont bien !». Si l’on brûle des milliers de
personnes, ce sont eux qui brûlent ; moi, je laboure mon champ ! Cet homme est un pervers par arrêt
d’empathie.
Terrible silence après la Shoah
On
faisait taire les enfants juifs qui avaient subi le
massacre de leur famille. En Europe, 9 enfants juifs sur 10 ont été
passés au
four en 3 ans. En France, «seulement» 11.400
enfants, car des chrétiens les ont
protégés, malgré Vichy et la Collaboration. Mais on ne pouvait pas en
parler car ça aurait
compromis la réconciliation nationale avec un risque de guerre
civile. Tout le monde était complice de ce déni. Avec un tel
traumatisme, on se sent
comme un épouvantail, on se vide de soi-même. Le déni protège de la
souffrance, mais empêche un nouveau développement. Sans solidarité, dur
de
réintégrer sa place
d’être humain : le dire permet d'enclencher le processus de résilience,
mais si la parole partagée est dite dans la confiance en
l'autre en sa volonté de comprendre.
Autrui est essentiel NB
: Lévinas avait insisté sur la dimension fondamentale et essentielle de
la rencontre avec autrui qui relève, dans le judaïsme, d'une certaine
transcendance.
Le premier facteur de résilience, c'est l'affection d'autrui, la
capacité à compter sur lui. Par des mots, je peux bien plus que vous
informer : modifier votre état
physique (vous faire pâlir, rougir, rire, bailler, hurler) ou affecter
vos sentiments (vous convaincre, vous amuser, vous irriter, vous
insulter, vous calmer)...
Au delà des mots, le stimulus de la présence d'autrui reste
indispensable : avec ce qu’elle communique par ses
formes, son odeur, ses vêtements, ses gestes, sa voix (touchant la
mémoire neuronale). Sans cette stimulation qui mobilise les
catécholamines, le dire d'autrui ne touche pas et il est difficile de
le mémoriser.
Dépasser le stade de victimeNB : Les palestiniens ou certains immigrés de banlieue insistent sans cesse sur leurs conditions de victimes. Il est bien sûr nécessaire de trouver des solutions concrètes aux réels malheurs mais ne se privent-ils ainsi pas de contribuer activement aux conditions de dépassement de leur état en proposant et en construisant leur futur.
Il n'y a résilience que si je fais quelque chose de ma blessure :
aujourd’hui, on encourage l’enfant blessé à faire une carrière de
victime. Si l’autre ne nous considère plus que comme une victime, on
peut plus sortir de cette peau. Il faut parvenir à ne pas se considérer
comme une "victime", mais comme
un "blessé de l’âme". Dans "victime" on démissionne, on se laisse
abattre on refuse de laisser la place à un "après-coup".
«Je
pense que la cause palestinienne mérite mieux que l'aide des nazis
et des antisémites. "Mein Kampf" est un best-seller dans cette région.
Il y a une propagande nazie dans les écoles. Tout ça fait renaître
l'antisémitisme et le racisme».
Bonheur et Malheur sont nécessairesNB
: Le judaïsme insiste depuis des millénaires sur la nécessité que le monde soit bâti sur "Yetser Tov" et "Yetser Ra"
(instinct du Bien et du Mal). Les Sages rajoutent même que, sans le
mal, l'homme n'aurait aucune incitation à se reproduire ni à évoluer.
Privé de dualité bonheur-malheur, il y a absence de vie psychique :
les animaux peuvent pousser leur recherche du bonheur jusqu’à se tuer.
Des gens dont rien ne vient contrarier leurs désirs se retrouvent
malheureux. Dans le malheur, les personnes vont souffrir, mais aussi
lutter : c’est dans la résistance qu'on s’associe,
construit, découvre le feu... Le bonheur de vivre vient de ce que l’on
a triomphé du malheur : j’ai faim, quelqu’un me nourrit - qu’est-ce que
je l’aime ! J’ai peur, quelqu’un me rassure - je l’aime !
Sans malheur, aucune chance de développer une quelconque
affectivité...
Mais, si le bonheur ne peut durer, le malheur non plus : si on laisse
pleurer le bébé un peu, ça peut aller, mais arrive un seuil où tout
bascule ; le bébé commence à s’éteindre. J'ai mis
à jour des atrophies cérébrales liées à des carences affectives : les enfants abandonnés ne
pleurent pas ; privées de stimuli, leurs cellules cérébrales s’étiolent,
la base du cerveau arrête ses sécrétions hormonales, puis le corps
dépérit. La maturation neurologique et hormonale qui induit la parole
chez l'enfant ne
se fait qu'en présence d'une enveloppe affective avec ses hauts comme
avec
ses bas.
Des Rituels plutôt que des Antidépresseurs !NB
: La fréquence des rituels juifs de vivre ensemble irritent parfois
certains voisins non juifs qui y voient un instinct communautaire. La
psychiatrie en retrouve, des siècles plus tard, le bien fondé absolu.
Nous sommes pétris par notre milieu autant que par
nos gènes, la mémoire, la
culture, l’histoire. On prend des molécules pour se sentir moins mal,
alors que la relation humaine devrait jouer ce rôle : familiale,
amicale, professionnelle, confessionnelle, politique, ... Dans le Var, les ex-réfugiés espagnols qui, comme tout le
monde, prennent des
antidépresseurs, arrêtent dès qu’ils vont en
famille en Espagne : avec ses fêtes, sa cuisine, ses
veillées... Notre culture a détruit tout ça, le plus grand
consommateur d'antidépresseurs est l’Iran ; l’on compense par la chimie une défaillance
culturelle.
Il faut multiplier les rituels de rencontres, les fêtes de quartiers,
les retrouvailles. Les
rituels d’interactions affectives ont un grand effet tranquillisant
vital pour l’humanité.bhqbcjqdb
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4. Pulsion de Voyage /Psychanalyse § Religion,
avec Gérard Haddad Adaptation Yerouchalmi
Les récits fondateurs de religions sont d’abord des récits de voyage.
Les 3 pélerinages juifs prescrits par la Thora sont appelés
"chaloch regalim" ou "3 voyages" et littéralement... "3
pieds". Que nous apprend la psychanalyse à cet effet?
L'homme pense avec... ses pieds!
En 1929, dans "Malaise de la civilisation", Freud notait que l’espèce
humaine est consécutive à la position debout des primates, c’est là la
grande mutation révolutionnaire : l’apparition des pieds. C’est le pied
qui fait l’homme, cet animal que l’on dit pensant et parlant, et qui
pense donc, comme le dira Lacan, avec ses pieds. Il ne s’agit pas là
seulement d’une boutade. Lorsqu’un paléontologue découvre un squelette
de primate, s’agit-il d’un singe ou d’un homme ? Le critère qui permet
sa décision n'est pas le crâne mais bel et bien le pied !
L’homme apparaît sur terre avec une vraie fringale de marcher, de
voyager, et, avant même d’être un être parlant, l’homme est un animal
qui marche, qui voyage. Il est avant tout homo viator. Cela ne peut
pas être sans conséquence sur sa structure psychique, sur le rapport
entre son psychisme et son corps, sur son rapport au monde. D’où le
concept d’une nouvelle pulsion, la "pulsion viatorique", qui pourrait
bien représenter la figure paradigmatique du désir humain.
Cette théorie est consignée dans "Freud en Italie" dont voici quelques propositions principales. Freud
adora l’Italie, son antidépresseur en quelque sorte, car quand il va
mal, il écrit «c’est l’Italie qu’il me faut», et, au retour de ses 10
voyages à Rome, sa joie de vivre lui revient. De chaque voyage en
Italie Freud ramène une moisson d’idées nouvelles, une restructuration
de ses conceptions, jusqu’au voyage crucial de 1897, au cours duquel il
découvre l’Œdipe et le fantasme.

Rome et le sentiment incestueux refoulé de Freud Le rapport amoureux de Freud à l'Italie est
supporté par un jeu de lettres qui résume son désir et qu’il apprend à
déchiffrer au cours de ses multiples voyages.
-
Le nom de
ROMA a pour
palindrome AMOR (c’est-à-dire : écrit à
l’envers). Ce
ROMA/AMOR est un classique qu'il ne pouvait ignorer.
-
L’addition des lettres du prénom de sa mère,
AMALIA et de son épouse
MARTA, donne
AMARTALIA, qui se découpe immédiatement en
AMAR ITALIA, ou
"
Amour de l’Italie".
Par ailleurs, en Italie Freud découvre la dimension de l’art, autant que la culture juive. On sait
qu'il n’y a pas de psychanalyste sans authentique émotion
artistique, causée par les arts plastiques et la peinture en
particulier. D’où la place que tient la peinture dans la réflexion des
psychanalystes depuis le Léonard de Vinci jusqu’aux Menines de
Velasquez.
Une réflexion sur ce riche dossier des voyages
de Freud en Italie conduit à l'idée de
la "pulsion viatorique" : le
voyage serait la forme paradigmatique du désir humain ; le voyage, comme
désir de découvrir de nouveaux espaces et cultures, avec effort, et non
pas tourisme en quête de farniente.
La Marche, une "pulsion" au sens psychique
La pulsion est une force à la limite psychique / somatique, qui
s’articule à un orifice corporel muni d’un sphincter, lieu d’échange
entre le Sujet et le Grand Autre Maternel.
- Qu’est-ce donc qui vient faire office de sphincter dans la marche du piéton ? La
plante de son pied, lequel dans le déroulement du mouvement de la
marche ouvre et referme un espace qui le sépare du sol, de la terre
mère. C’est dans la marche que le sujet s’arrache au sol, à sa nature
matérielle, pour amorcer un élancement dans l’espace qui ressemble à
une chute. La marche « est une suite de chutes évitées » dit-on.
- Quel est l'objet découpé par le trajet pulsionnel de la marche?Un
bout d’espace. Dans la pulsion viatorique ce qui est en jeu c’est
l’espace conquis, laissé derrière soi, ouvert devant soi. D’où une
certaine pathologie liée à cette pulsion.
Psychanalyse et pulsion viatorique Dans son séminaire
sur les Psychoses, Lacan a étrangement comparé ce qu'on appelle la
Grand-Route à un des Noms-du-Père. Opposant sans doute Grand-Route et
routes sinueuses, comme on opposerait sujet normal voyageant sans
égarements comme sur une Grand-Route et psychoses qui égareraient le
sujet sur des routes psychiques sinueuses... opposition aux petites
routes sinueuses où le psychotique s’égare. La pulsion viatorique est
déjà en germe chez Lacan!
Il y a enfin toute une pathologie
du voyage, de la fugue des adolescents, des voyages pathologiques dans
lesquels on perçoit une tentative de se construire, de fortifier une
métaphore paternelle défaillante. Il est tout de même curieux de noter
que le terme consacré par les toxicomanes est celui de
"trip", "bad trip", voyage bon ou mauvais, pour un sujet cherchant dans l’imaginaire du toxique la Grand-Route qu’il ne trouve pas.
Marche et ReligionsNous
savons que les orifices pulsionnels sont les lieux privilégiés
d’investissement du religieux et de son cortège de rites. Or rien n’est
plus important dans le religieux que la marche. Tous les récits
fondateurs de religions sont d’abord des récits de voyage.
- Les 3
pélerinages juifs prescrits par la Thora sont appelés les "chaloch
regalim" ou les "3 voyages" et littéralement les ... "3 pieds"(!). Ils
marquent l'obligation de voyager 3 fois par an (Soukot, Pessah,
Chavouot) à Jérusalem, pour y dédier les offrandes au Pemple
- Dans la Bible, il y a le voyage d’Abraham, au départ d’Ur, puis la longue marche du Sinaï.
-
Le christianisme commence par le voyage de Nazareth pour Bethléem . Il
connait aussi les pélerinages comme Saint Jacques de Compostelle,
fondateur du sentiment européen.
- L’Islam date le début de
l’Hégire par le départ de Mahomet de Médine vers la Mecque. Chaque
musulman doit voyager et péleriner à La Mecque, au moins une fois dans
sa vie
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5. Tel Aviv, 100 ans entre Histoire et Tourisme
Adapté par Yerouchalmi, notamment de S. Gromman, Jérusalem Post

Les Débuts
En 1906, 60 habitants juifs fondent la Société des bâtisseurs de maisons et se
donnent pour mission d'élever, en dehors de Jaffa, une ville moderne. Ils se
plaignaient des conditions de vie et sanitaires des Juifs à Jaffa, et surtout
du décret ottoman qui les y obligeait à changer de domicile tous les
ans. Leur projet deviendra réalité et le miracle de D. ieu sera tel que
l'Unesco déclarera la ville en 2003 « patrimoine culturel mondiale de
l'humanité » ; 2è agglomération juive après New
York avec 50 km2 / 400.000 habitants.
Et pourtant c’est d'un
terrain fait de malheureuses dunes de sables parsemées de vignes stériles qu’ils
héritent d’un empire ottoman en déliquescence ! C’est sur la dune centrale
de ce no man’s land que les 60 membres de la Société se réunissent le deuxième
jour de Pessah 1909 pour tirer au sort les noms des familles et les concessions
allouées. Leur « chimère » sera baptisée « Tel-Aviv »
ou « Colline du printemps » selon Ezéchiel (3, 15) « J'arrivai
à Tel Aviv, chez les exilés près du fleuve ». En 1934, ils y auront
déjà bâti une vraie « ville ».
Les ambitions
A l'aide du KKL et de l’Anglo
Palestine Bank, Akiva Weiss et Meir Dizengoff financent leur projet. La première
vague d'immigration est une alya volontaire de sionistes cultivés, imprégnés
d'idéaux socialistes et qui rêvent d'une ville exempte d'inégalités et dotée des
attributs d'une métropole européenne.
Tel-Aviv sera pensée dans
les styles les plus débridés, mais son cachet initial demeure le style « Bauhaus »
de l'école allemande de Gropius, dont 1000 sur 4000 édifices construits entre
1931 et 1956, sont répertoriés par l'Unesco. Des demeures d'Achouzat Baït,
datant de 1909, il ne reste quasiment plus rien à l'exception de l'incroyable
maison Mani, encastrée dans la tour de la banque Leumi et qui accueille un musée
décrivant l'histoire du peuple d'Israël dès le début du siècle dernier et en
particulier, l'épopée de Tel Aviv.
Les Années 20
Elles voient fleurir une
multitude d'édifices (dont beaucoup sont en cours de rénovation) dans un style
carrément kitsch (classicisme, colonnes et arcs de motifs orientaux, art déco
ou art nouveau) mais dont le charme n'est pas absent. La façade de l'immense
demeure « La Pagode » (1925), au croisement des rues Nahami et
Montefiore reprend le style d'un café new-yorkais japonisant et l'esprit des
centres d'amusement américains, faisant figure d'apparition fantastique et
incongrue ! On peut aussi mentionner, au coin de la place et de la rue Bialik
dédiées au célèbre poète, le siège de l'ancienne mairie de Tel-Aviv reconverti
en petit musée de l'histoire de la ville ou l'incontournable maison Bialik, qui
avec ses murs clairs, ses pergolas de bois sombre, ses arcades et sa cour
aménagée d'un bassin, s'est voulue le symbole d'une architecture hébraïque
néo-orientale.
Le syndicat Histadrout
décide d'avoir recours à l'architecte allemand Kauffmann et à l'urbaniste
écossais Geddes. Geddes conçoit un plan d'extension sur le modèle anglais de la
cité-jardin. Pour les architectes, il s'agit de construire des unités
d'habitation de deux ou trois étages avec une nette délimitation des espaces
publics et privés. L'influence de Le Corbusier, qui attache une importance
toute nouvelle au fonctionnel, marque la ville qui suit ses cinq principes :
construction sur pilotis, toits terrassés, plan libre, fenêtre-bandeau et
façade rideaux.
Les années 30
Dès les années 30 et jusque vers la fin des
années 50, Tel-Aviv, devient un terrain d'expérimentation inespéré pour les
architectes Bauhaus ayant fui l'Allemagne nazie et qui pensaient influencer un
nouvel ordre social : les balcons comme moyens de communication entre
voisins, reliant les couches de la population entre elles et les toits plats constituant
un lieu de rencontre entre les habitants d'un même immeuble. Enfin, ils avaient
conçu des appartements de tailles relativement modestes afin de réduire les
inégalités sociales.
Le Style international
continue à inspirer les nouvelles constructions, à l'exception des tours de
luxe et des gratte-ciel. Les Tel-Aviviens ont pris conscience de leur
patrimoine et n'ont de cesse que de le préserver. La ville n'en finit pas de se
refaire une beauté et d'avoir recours à la chirurgie reconstructrice !
De cette improbable cité levantine surgie du sable, l'urbaniste
biologiste Sir Patrick Geddes a conçu un espace au design aéré qui enchante et
régénère. Tel-Aviv, bientôt centenaire, a bel et bien tous les atours d'une
cité-jardin.
Le Judaïsme Tel Aviv est la ville des cafés, des restaurants, des
salles de sport et des discothèques qui font le plein justement les jours les
plus saints du judaïsme.
Cependant, on trouve à Tel
Aviv près de 500 synagogues dont 350 en service, des Yechivot, des cours du
soir et des mikvés. De nombreux maîtres hassidiques célèbres ont préféré venir
à Tel Aviv plutôt qu’ailleurs, à cause de la joie de vivre de ses habitants. Des
grands personnages rabbiniques y vécurent comme le Rav Kook dont l’influence sur le sionisme religieux fut déterminant ou le
célèbre cabaliste Rav Ravikov.
Les grattes-ciel (par ordre décroissant de hauteur)
De nombreux gratte-ciels sont en cours de construction ou devraient voir le
jour, sur le boulevard de Rothschild, sur le front de mer, dans le quartier
Neve Tzedek, Tzameret park, South Kirya, Ramat Gan.
Les Tours Azrieli dont la première phase de construction a été achevée
avant les années 2000.
La construction de la troisième tour du complexe a été terminée en 2007.
Tours existantes : 244 m Moshe Aviv ; 187 m Circular
Azrieli ; 170 m Ayalon, Sheraton et Triangular Azrieli,…
Tours en projet : 400 m Tel Aviv 2000 ; 325 m Egged
Tower ; 250 m Ha’argaz Tower ; 244 m Trump Plaza et
Ampa ; 225 m Gadat Ayalon ; 200 m South Kirya.
Des bâtisses récentes à style
- Asia House 4 rehov Weizmann. Ce
batiment construit en 1979 abrite l'ambassade du Japon et de la Suède.
-
The Crazy House 181 haYarkon. Œuvre de l'architecte Leon Geneva et achevée en
1989. The Crazy House évoque le style de Gaudi. D'extérieur, le style architectural
est a l'opposé des autres styles de Tel Aviv. La façade est recouverte de
peintures murales et d'oliviers. L'intérieur est lui aussi unique en son genre.
- Kikar Levava de Dani Karavan – Parc Edith Wolfson
Kikar Levava est une sculpture environnementale située sur une petite colline,
au Parc Edith Wolfson, dont le nom signifie le Carré Blanc, allusion au surnom
de Tel Aviv, "la Ville Blanche". Le carré se trouve au plus haut
point de la ville, là où elle rencontre la localité de Givatayim. Ce n'est pas
un lieu trop fréquenté par les touristes, mais plutôt par les résidents qui
viennent se détendre au parc. L'artiste a utilisé le béton blanc. Le contraste
entre la sculpture, la verdure du parc et les bâtiments environnants de béton
armé, est absolu. Cette sculpture s'étend sur une surface de 30 mètres par 50
mètres. Elle présente beaucoup d'éléments familiers avec les autres travaux de
Karavan, une pyramide, un canal d'eau, une tour et un dôme avec un arbre en son
centre.
Informations Pratiques
- Site Internet officiel de Tel-Aviv
http://www.tel-aviv.gov.il/Hebrew/ Index.asp
- Centenaire début août 2008
http://digital.timeout.co.il/activemagazine/welcome/TLV_100ENG.asp
- Guides de la ville : Tel-Aviv, de Likwornik, Guysen Editions
(chaudement recommandé) et guide illustré des bâtiments Bauhaus : « Architecture
de Tel-Aviv, Jérusalem et Haïfa »
- Centre Bauhaus 99 rue Dizengoff. Tél: 03-522 02 49. Visites français. www.bauhaus-center.com
- Panoramic Azrieli, Tour ronde, 132 Begin. 03608 11 79. Restau. '2C' sommet / lunch à ne pas rater!
- La maison Mani, première période de Achouzat Baït. 03514 97 33
- Néveh Tsedek, maison de Shimon Rokach, pionnier 1887. 36, Rokach. www.rokach-house.co.il
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6. Relations entre époux dans le judaïsme.
Adapté d’extraits d’une conférence du Pr Hayoun
Contexte général : Homme et Femme
NDLR : Aucune des trois religions monothéistes n’a apparemment accordé aux femmes une place sociale de choix.
Mais certaines l’ont significativement amélioré par rapport aux mœurs
des pays dans lesquelles elles se sont implantées. Dans la Bible, on se
souvient de la malédiction contre Eve, responsable de la chute après
avoir tenté son époux pour le fruit interdit. On peut cependant citer
des figures comme Myriam, Debora, Judith ou Anne mère du prophète
Samuel, dont les suppliques sont le parangon de nos prières, des
matriarches qui orientent l’histoire humaine à ses moments cruciaux,
comme Sarah, Rivka, Leah ou Ra’hel. Cependant le devant de la scène est
occupé par l’homme, mais bien moins que dans les sociétés machistes
environnantes.
L’amour entre époux : les relations sexuelles.
Parler
du statut de la femme dans le judaïsme, c’est évoquer son statut face à
la loi ou à la règle religieuse. Comme d’habitude, le Talmud commence
par faire preuve d’un humour tout britannique. Avoda Zara (5a) rend un
hommage inattendu à Adam et Eve car, « s’ils n’avaient pas péché, nous
ne serions jamais venus au monde ». NDLR : l’inhabituelle redondance
des deux yods du mot « vayyetsé » (il a créé) de la Genèse est
interprété par nos Sages (hormis Rachi) comme la nécessité de
l’instinct du bien (Yetser Tov) ET du mal (Yetser Ra), car, sans ce
dernier poursuivent-ils, il n’y aurait pas de tentation sexuelle donc
pas de procréation et pas d’humanité !
Les rabbins ont toujours
insisté sur la nécessité pour l’homme de satisfaire les demandes
sexuelles de son épouse. NDLR : ils condamnent l’attitude de l’homme
qui ne se soucierait que de sa propre consommation sexuelle,
considérant qu’il a également le non moins important devoir de conduire
son épouse au plaisir.
Périodicité des relations
Se posent alors quelques questions :
comment fait-on l’amour et combien de fois par semaine, par mois ou par
an ? La périodicité des rapports sexuels s’appelle en hébreu biblique,
« ona ». Assez curieusement, le Talmud met cette fréquence en rapport
avec l’activité de l’époux. « Un chamelier qui part pour de longues
traversées du désert sera astreint à un laps de temps plus allongé
entre deux étreintes (une fois par mois) alors que celui qui s’occupe
des ânes devra aimer son épouse au moins une fois par semaine. Le
marin, lui, bénéficie d’un délai plus long, eu égard à la distance des
lieux… : une fois, au moins, tous les six mois ».
Il ne faut
pas oublier que les périodes des règles et « d’impureté » associée,
neutralisent près de deux semaines par mois, au cours desquelles aucun
contact n’est permis entre les époux (NDLR : périodes de pause
susceptibles de raviver des passions que l’usure du temps pourrait
autrement guetter). Les docteurs du Talmud ont toujours insisté sur
l’importance de relations sexuelles stables et régulières dans
l’équilibre de l’individu et du couple. Bien que le judaïsme
rabbinique ne soit pas contempteur du corps, il énonce quelques
principes de bon sens qui guident vers une certaine modération : Soukka
(52b ) dit ceci : « c’est un petit membre que le sexe de l’homme ;
s’il le rassasie, il est toujours affamé, mais s’il l’affame il est
rassasié ! »
Cabbale et symbiose masculin / féminin.
La Cabale évoque une telle symbiose. Au sommet de l’arbre, les premières sefirot, hochma et bina (la sagesse
et le discernement) étaient prises dans une étreinte éternelle et
qu’on les nommait abba ve-imma (papa et maman). De leur union
spirituelle émane une nouvelle sefira nommée Da’at (le savoir, la
connaissance).
NDLR : pour la Cabbale, les relations sexuelles sont
ainsi indispensables car génératrices d’une dimension qui dépasse le
domaine physique et la connivence entre époux pour leur donner accès à
des domaines spirituels de niveaux impossibles à atteindre autrement.
Ainsi comprend-on l’obligation assignée aux époux de pratiquer l’acte
sexuel au moins une fois par semaine, et si possible le jour du Chabat.
Autres évocations juives de l'amour
Encore 2 passages, l’un Talmudique et l’autre de Maimonide, sur la question de l’amour.
-
Dans le Talmud Chabbat (140b) «Rabbi Hisda donnait à ses filles des conseils en
matière amoureuse : offrir d’abord leurs seins et attendre que l’envie
du mari atteigne le paroxysme… pour passer à l’accouplement proprement
dit »…
- Maimonide, dans son Michné Tora : « Un mari a droit à sa
femme et peut faire tout ce qu’un homme a envie de faire. Il a le droit
de faire l’amour quand cela lui chante et d’embrasser quelque organe
que ce soit. Il peut faire l’amour de manière naturelle ou pas, tant
qu’il ne gaspille pas sa semence. Toutefois, la piété commande de ne
pas agir à la légère, de se sanctifier durant l’acte d’amour. L’homme
ne devrait pas dévier de la pratique habituelle car l’amour sert tout
d’abord à la procréation… »
Le mariage et l’acte sexuel
Le
mariage pourrait, à la limite, être engagé entre les conjoints par
simple relation sexuelle sans nécessairement qu’il y ait contrat entre
eux. Cependant, de plus en plus, on assimila ce mode d’union à de la
prostitution et Maimonide signifie clairement dans son Mishné Torah
qu’il est déconseillé. La législation a rattrapé l’évolution des mœurs
: on redoutait dans le cercle des famille, le mariage en cachette.
C’est aussi pour cette raison que les familles ont exigé que la
cérémonie soit suivie de l’acte sexuel afin de valider l’union sur tous
les plans.
Bien que l’homme ait le pouvoir discrétionnaire de
divorcer de son épouse, la loi rabbinique a établi des garde-fous au
bénéfice de la femme :
a) la Halacha prévoit une série de procédures
qui, sans empêcher l’homme de divorcer de sa femme, cherchent à limiter
les séparations dans le feu de la colère ;
b) le Talmud évoque des
cas où la femme contraint le mari à demander le divorce ;
c)
les rabbins ont introduit 'l’acte de mariage' (ketouba)
qui protège les femmes ;
d) enfin, à l’époque de la
première croisade, Rabbénou Gershom interdit de divorcer sans le
consentement de l’épouse.
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7. Lecture Biblique - Homme/Progrès/Langagedu Rav Avigès de New-York
Le but de ce cours est d’analyser, à travers le conflit qui agite Jacob
et Esaü dans le Midrach, la dialectique entre individu
comme sujet individuel, langage et progrès. Le Rav Uriel Avigès anime la Yechiva de Rav Feinstein à New York.
Ce jeune français, spécialiste mondialement réputé en méthodes de
déduction halakhiques (législatives), est également féru en pensée
juive. Pensée qu'il tient à analyser avec les Commentateurs
traditionnels et à confronter aux textes des écrivains et philosophes
de la modernité.
Il enseigne depuis des années tous
les mardis un cours biblique fort réputé aux jeunes juifs francophones
qui travaillent à New York. Nous devons à Yossi Perez de pouvoir
en disposer sur un site. Cliquez Cours Rav Avigès
Esaü et le christianisme
La
Torah nous dit que Jacob et Esaü se haïssent avant même de naitre, dans
le ventre de leur mère ils se battent déjà.Elle nous apprend aussi
qu’ils sont morts le même jour et qu’ils ne pouvaient pas vivre l’un
sans l’autre. Les midrashim expliquent qu’Esaü, c’est Rome et le
christianisme, "l’Evangile des ghettos" dit que Jésus est le guilgoul
(résurrection de l'âme) d’Esaü, on notera qu'en hébreu Esaü et Jésus
peuvent s’écrire avec les mêmes lettres.
L'antijudaïsme chrétien a généré un sentiment de culpabilité, dont
l'effort de sublimation par les chrétiens les a conduits à renforcer
leur devoir de transformer le monde et de le développer. Cet aiguillon
de civilisations oscillant entre haine et progrès tranche avec les
civilisation autochtones comme les indiens d’Amériques (
cf. les travaux de notre jeune centenaire ethnologue juif ex new yorkais, Levi Strauss)
, dont les mythes, étant basés sur l’amour fraternel de frères
jumeaux, sur des civilisations de l’amour et de la stabilité,
conduisent à l'absence de tout progrès et, in fine, à la dissolution du
sujet. En opposition à la civilisation judéo chrétienne, qui est la
civilisation de la haine, du progrès de la création et de
l’indépendance du sujet individuel.
1- L’enterrement de Jacob et Esaü Le
Talmud dans Sotah 13a décrit l’enterrement de Jacob à Hébron, dans la
grotte de Mahpela, là où Avraham et Sarah, Isaac et Rivkah ainsi que
Leah avaient été enterrés.
- Lors de l’enterrement, Esaü
s’interpose arguant que la moitié de la place restante dans la grotte
lui appartient, car à la mort d’Isaac il restait deux places libres :
Jacob en a utilisé une pour enterrer Leah ; Esaü pense que la 2ème
place dans la grotte lui revient de droit, étant aussi fils héritier.
-
Mais les enfants de Jacob lui répondent qu’il a vendu à Jacob ce droit
à être enterré là. Esaü leur demande de le prouver avec le contrat de
vente. Naftali court alors en Egypte pour l'y chercher.
- Pendant ce
temps, Hush le fils de Dan qui est sourd (et peut être aussi muet) n’a
pas compris pourquoi l’enterrement est arrêté. Un des enfants de Jacob
lui raconte l’histoire.
- Hush Ben Dan prend un bâton et frappe la
tête d’Esaü, le coup est si fort qu’il est décapité, sa tête roule dans
la grotte de Mahpela, et le sang d’Esaü mouille les pieds du cadavre de
Jacob.
Le Talmud décrit une haine de Jacob pour Esaü qui ne s’arrête pas avec la mort!
Ce
passage soulève de nombreuses questions : Pourquoi Jacob ne peut-il
voir la mort d’Esaü qu’après sa propre mort? Pourquoi est-ce Hush fils
de Dan qui tue Esaü et pas quelqu'un d’autre? Pourquoi faut-il qu’il
soit sourd? Pourquoi seule la tête d’Esaü est-elle enterrée dans la
grotte de Mahpela et pas le reste du corps?
2- Femme/Serpent/Cheval ou Levi Strauss avant l'heure Jacob avant de mourir a béni ses enfants et dit à Dan “que Dan soit
un serpent sur le chemin, un python sur la route qui mord les talons du
cheval,
en renversant celui qui le chevauche, c’est en ta délivrance que j’ai
espérée D!”. Cette bénédiction est une allusion à Samson qui est un
descendant de Dan, dont Jacob, décu prophétiquement qu'il ne fût pas le
messie, termine sa bénédiction “c’est en ta délivrance que j’ai espéré
Hashem”. Toutefois, les midrashim disent que Shimshon lors de la venue
du messie va ressusciter, et qu'il ira “déraciner les pieds d’Edom du
Mont Seir”. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre le fait que Dan
mord le talon du cheval de Edom,ennemi juré de Jacob.
Pourquoi Shimshon et Dan sont comparés dans la bénédiction de Jacob à un serpent
Il semble que Jacob veuille faire une allusion à la malédiction que D adresse au serpent, après qu'il ait fait fauter
Eve
en l'incitant à manger de l’arbre de la connaissance: “je mettrais la
haine entre toi et le serpent, il te mordra le talon et toi tu lui
écraseras la tête”. Encore une histoire de haine, de pied et de tête.
Remarque : après la faute du premier homme le serpent a perdu ses pieds
et rampe sur son ventre...
Parmi les anges, figure Samael qui a deux fois plus d’ailes que les
autres et qui est aussi deux fois plus jaloux d’Adam, qui "chevauche le
serpent comme on chevauche un cheval, pour le contrôler et faire fauter
Eve". Or Samael, nous dit le Midrcsh ailleurs, c’est l’ange d’Esaü,
avec lequel Jacob s’est battu. La dialectique Jacob - Esaü évoque donc
une dialectique, Adam - Samael, qui milieu tourne autrour de
femme/ serpent /cheval. (
Levi Strauss s’amuserait bien ici à faire de l’interprétation ethnographique).
Ce Midrach veut en fait mettre en opposition
Samael, "obligé de chevaucher le serpent comme un cheval, d'habiter de
son esprit comme lorsque quelqu’un est pris par un démon”, et Adam
capable quant à lui d'apprivoiser les animaux en les objectivant par le
nom et par le langage.
3- Le langage et l’identification à l’objet
En
effet, les anges furent jaloux d’Adam, capable de nommer tout les êtres
vivants, alors qu’eux en étaient incapables “ce à quoi l’homme donnait
un nom, le nom correspondait à l’essence même de sa vie”. Or, le
langage est toujours métaphorique et différentiel, nommant les choses
les unes en rapport aux autres, sans jamais en décrire la forme ou
l’essence : “une table” ce n’est pas un panneau avec quatre pieds, il
peut y avoir des tables de multiplication,... Le langage n’étant qu’une
convention, une structure, pourquoi les anges ne seraient ils pas
capable de faire une convention entre eux pour inventer un langage et
nommer les choses? Pourquoi seul l’homme peut-il le faire?
Dans le Talmud Chabat, Rav Yossef dit "Je n’ai jamais appelé mon
bœuf, un bœuf, mais mon champ. Je n’ai jamais appelé ma femme, ma
femme, mais ma maison”. Adam savait ainsi donner une fonction à l’animal
en l’objectivant, et lorsque l’animal avait reçu une fonction, l’animal
s’identifiait à la fonction que l’homme lui avait donnée. L'homme, en
nommant l’animal par un mot, l'objective dans une fonction ou dans une
signification qu’il prend en rapport à lui ; par phénomène de retour,
l'animal s’identifie au rôle que l’homme lui a donné, l’animal est
comme transformé par le langage, par mécanisme d’identification.
4- Le piège du langage : l’objectivation de celui qui parle
Rachi explique que ce qui a causé la faute, c’est qu’Adam et Eve
manquaient de connaissance du bien et du mal, ils ne se rendaient pas
compte que lorsqu’ils avaient des rapports sexuels publiquement,
excitant le désir des autres animaux, éveillant alors le désir du
serpent qui a causé la faute de l’homme. Eve est donc, pour Rachi, devenue objet de désir pour le serpent.
On retrouve le problème ci dessus énoncé du langage. Lorsque l’homme
objective par le langage un animal, il se retrouve lui même piégé par le
langage et devient lui même un objet, ne pouvant plus se comprendre lui
même qu’à travers le langage objectif qu’il a créé : pour l’animal
aussi, l’homme devient une fonction (le dompteur,qui amène la
nourriture) et l’homme se retrouve piégé par son propre piège
d’objectivation par le langage, et il finit par devenir lui même
objet.
5- Le libre arbitre, conséquence du langage
L’humain
a le choix soit d’accepter cette objectivation, et d’être un objet de
désir pour l’autre, (comme Eve qui se laisse séduire par le serpent),
soit de rejeter cette objectivation et de fuir l’image que le langage
veut lui renvoyer. Dilemne de l‘arbre de la connaissance du bien et du
mal! Le choix moral serait alors la conséquence directe et inéluctable
du langage : objectivation qui peut entrainer, soit une identification,
soit une prise de distance face à cette objectivation.
La séduction par la mise à nu du serpent symbolise le discours
séducteur d’Esaü qui fonctionne par ce qu’il s’identifie à son langage
pour séduire, en se mettant à nu. (Aroum ruse veut dire aussi nu en
hébreu).
Esaü séduit Isaac par le langage, comme le serpent a séduit Eve. Esaü
est capable de chevaucher les autres, car il s’identifie au langage
qu’il parle ; mais il n’a pas de pieds, car il n’a pas de locomotion
propre, il est comme le serpent qui rampe sur son ventre. Par
opposition, Jacob “porte ses pieds”. La locomotion de Jacob, ses deux
jambes, sont, dans la Cabbale, la
prière et l’étude, deux choses qui dépendent du langage !
On comprend ainsi mieux le paradoxe apparent :
a) D'une part, Esaü est l’homme de la parole qui “sait
chasser avec sa bouche”, c’est dire qui séduit son père Isaac par un
discours trompeur, à l’image du serpent.
b) D'autre part, Esaü est abattu par un sourd muet,
insensible à la séduction du langage. N'oublions pas que son ange Samael est
incapable de nommer les choses.
6- La prière et l’étude dépendent du langage et d’Esaü Pour
Rav Saadia
Gaon, lorsque l’homme prie il se trompe toujours, car les
adjectifs décrivant D ne peuvent être que métaphoriques (D n’est ni un
père ni un roi comme dans la Prière, tous ces noms sont des inventions
humaines, qui
sont fondamentalement fausses), mais nous devons utiliser ces
métaphores
pour prier. Faire la prière impose le recours à des métaphores
auxquelles on ne s’identifie pas, et auxquelles on n’identifie pas D.
C’est en rejetant l’identification du langage que l’on peut se
retrouver et retrouver D. Cependant ce rejet nécessite le langage,
c’est pourquoi Jacob ne peut pas vivre sans Esaü!
L’étude de la Torah est aussi un discours par rapport auquel on prend
position pour se retrouver soi même, faire des métaphores du texte et
le paraphraser, c’est donner du sens au texte et l’expliquer, pourtant
on sait que plus on parle, plus on explique, plus on ouvre des
questions, et plus on met à distance le langage. C’est pour cela que le
Talmud Avodah Zarah dit que le messie ne peut venir que lorsque la
civilisation occidentale d’Esaü aura régné sur le monde pendant 9 mois.
Le Maharal y voit les 9 mois de grossesse de la
civilisation occidentale chrétienne qui accouche du messie après avoir
exploité toutes les possibilités du langage et de la pensée, et avoir
fini par s’identifier par opposition à elle. La venue du messie dépend
du renouveau constant de la Torah, lié au renouveau du langage
occidental. C’est aussi pour cela que Jacob ne peut tuer Esaü qu’après
sa propre mort, il doit d’abord s’ouvrir à la séduction du langage
avant de s’en débarrasser.